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Le contraire du Courage, c’est le conformisme, c’est l’acceptation d’être comme tous les autres ou d’être comme les autres désirent que l’on soit.  Il faut  du Courage pour se tenir debout face à ses rêves, ses principes et ses valeurs.

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Il ne sortira rien du Sommet de Copenhague, sur le plan du climat, car les émissions anthropiques de CO2 ne peuvent contribuer ni au réchauffement planétaire ni au refroidissement planétaire. La science à façon du GIEC est à l’image de la science agronomique moderne qui a oublié que le sol est un organisme vivant et non pas le réceptacle inerte d’un cocktail de poisons et de fertilisants de synthèse; à l’image de la science médicale moderne qui a oublié que le corps humain est un organisme vivant et non pas le réceptacle d’un cocktail d’aliments empoisonnés, de vaccins pourris et transgéniques et de remèdes de synthèse iatrogéniques. La science réductionniste du GIEC a réussi l’exploit de réduire le climat de l’être planétaire à une équation unique à une seule molécule, le dioxyde de carbone; elle a oublié que l’être planétaire est un organisme vivant dont la complexité échappe, et échappera toujours, à la petite compréhension du bipède qui s’est auto-proclamé le maître de la création; et elle a évacué de sa vision globale climatique la présence du soleil et de l’entièreté du cosmos. C’est une immense farce.

Dominique Guillet - Président de KOKOPELLI

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La liste des pratiques agro-écologiques permettant de régénérer les sols agricoles est longue: le compost, les engrais verts, le BRF, les Microorganismes du Professeur Teruo Higa, l’agriculture de Fukuoka, la permaculture, les préparats de la biodynamie, les purins d’ortie et autres extraits fermentés, etc.

Et, bien sûr, la Terra Preta, “Black Earth”, les terres “noires” d’Amazonie. S’il est une technique qui illustre à merveille notre propos, la Révolution par le Carbone, c’est bien celle-là. Le cadre de cet article ne nous permet pas de développer cette technique quasi-miraculeuse (du point de vue de la science qui depuis 20 ans n’a pas réussi à en percer les mystères) et nous renvoyons le lecteur à des articles qui se trouvent sur la toile, ou au chapitre consacré à ce thème dans l’ouvrage “1491” et à un article de Bernard Leclercq, d’Auroville en Inde, sur le site de Liberterre.

N’est-il pas proprement fantastique que la Terra Preta (des “terres noires” créées par l’incorporation de charbons de bois activés en sus de débris de poteries d’argile et d’autres matières carbonées) puisse perdurer dans le sol durant des milliers d’années (qui plus est dans des zones tropicales où le lessivage est tel que les sols sont normalement très pauvres) et se “régénérer” naturellement au fil des années! Un gramme de charbon actif possède une surface “éclatée” de 500 mètres carrés.

Cela fait des années que nous avons mis en application les “Terra Preta” dans le sud de l’Inde: en l’espace d’une saison, des cultures de légumineuses croissent à 20 cm de hauteur, dans des sols hyper pauvres, et à 1m50 dans les mêmes sols agrémentés de ces charbons de bois actifs.

L’auto-régénération des sols agricoles par les charbons de bois actifs: c’est véritablement tout un programme politique.

Dominique Guillet Président de KOKOPELLI

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Nul homme ne peut vous révéler quoi que ce soit qui ne sommeille déjà dans l'aube de votre connaissance.
Car la vision d'un homme ne prête pas ses ailes à un autre homme.
Et comme chacun de vous se tient seul dans le savoir de Dieu ainsi chacun de vous doit rester seul dans sa connaissance de Dieu et dans sa compréhension du monde.
                Le Prophète - Khalil Gibran

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  • Enoch
  • L'Esprit d'Enoch
  • Homme
  • 07/04/1963
  • politique écologie économie mes enfants
  • Passionné d'habitat écologique depuis plus de 20 ans et précurseur dans ce domaine, je me bats surtout pour la qualité sanitaire des produits utilisés dans l'habitat. Passionné d'économie, de politique et de transversalité des religions.

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"Le monde arabe a un problème avec la liberté"

vendredi 14 janvier 2011, par Le Monde Arabe A Un Problème Avec La Liberté

Après la série d’attentats en Irak et en Egypte contre des citoyens de confession chrétienne, le Manifeste des libertés tient à exprimer sa solidarité avec toutes les victimes des violences perpétrées par des groupes extrémistes religieusement fanatisés

Mais, au-delà de cette indispensable solidarité, il nous faut tenter de cerner les causes de cette violence qui, loin de s’atténuer, ne cesse de s’exacerber partout dans le monde arabe : en Irak, des groupes extrémistes musulmans terrorisent depuis des années les chrétiens ; en Egypte, la population de confession copte subit des discriminations de toutes sortes ; au Maghreb, les conversions au christianisme sont punies comme des délits. Partout, du Maroc à l’Arabie saoudite, l’intolérance est la règle, et la liberté de conscience inexistante. Et ne parlons pas d’autres pays musulmans non arabes comme le Pakistan, où le blasphème est puni de mort.

Certes, on peut se réfugier derrière le fait que les exactions auxquelles on assiste sont commises par des groupes fanatisés. L’explication serait trop courte. En effet, ce ne sont pas ces groupes qui ont instauré partout une discrimination d’Etat envers les minorités religieuses, dont les membres sont de fait considérés comme des dhimmi et non comme les citoyens d’un Etat moderne. Ce ne sont pas ces groupes qui ont fait de l’islam la religion de l’Etat et ont, de ce fait, introduit des degrés dans l’appartenance nationale. Ce ne sont pas ces groupes qui ont fait de l’islam l’instance ultime de légitimation dans le monde arabe. Non seulement ils ne sont pas à l’origine des discriminations, mais eux-mêmes ont pu se développer et acquérir l’audience qu’ils ont aujourd’hui en raison du contexte propice à l’intolérance instauré par les pouvoirs en place.

Il faut le répéter : depuis bien longtemps, le monde arabe a un problème avec la liberté, et une partie des musulmans un problème avec ceux qu’ils considèrent comme "les autres". Ces derniers ne sont acceptés que dans une posture d’infériorité et se voient dénier toute aspiration à l’égalité. Hélas, depuis des décennies, seuls quelques individus et quelques militants, trop souvent solitaires, ont défendu dans nos pays les principes de liberté absolue de conscience et d’égalité de tous, quels que soient, entre autres, la religion, le sexe, l’orientation sexuelle et la langue. Les élites politiques, imprégnées d’un "islamo-nationalisme" faisant de l’islam et de l’arabité des critères d’identité intransgressibles, et nombre d’intellectuels qui se sont rangés derrière elles ont brillé, depuis les indépendances, par leur silence devant tous les scandales : ils se sont tus devant toutes les dérives antisémites, devant les massacres de Kurdes dans l’Irak de Saddam Hussein, devant la politique d’extermination menée par le pouvoir soudanais au Darfour.

Il est trop facile actuellement d’afficher sa compassion vis-à-vis des victimes des derniers attentats anti-chrétiens en oubliant que ces violences ne sont pas des accidents et en les attribuant – c’est commode – à la main de l’étranger. Certes, du déni des droits des Palestiniens à l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis et aux destructions qui ont suivi, les citoyens des pays du monde arabe peuvent se sentir, à juste titre, victimes du cynisme des puissants. Mais le mal est plus profond, il vient de loin et s’inscrit dans l’histoire longue de la région. Il serait temps de le reconnaître.

Aujourd’hui, nous voyons avec inquiétude grandir arabophobie et islamophobie dans nombre de pays occidentaux. Mais leur dénonciation ne prend tout son sens que si, en même temps, dans les pays du monde arabe, des voix fortes s’élèvent contre les discriminations et violences que subissent chez eux leurs propres minorités. Le droit ne se divise pas, ni les principes. On ne peut réclamer aux autres l’égalité et la liberté tout en la refusant chez soi à ses propres "autres". Tant que les citoyens, les intellectuels, du monde arabe ne résoudront pas cette contradiction et ne se mobiliseront pas pour donner tout son sens à l’exigence de liberté de conscience, tant qu’ils ne reconnaîtront pas que l’égalité ne se divise pas, ils ne pourront se réclamer légitimement du droit pour eux-mêmes.

par Tewfik Allal

Association du Manifeste des libertés


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Les fuites bien ordonnées d’Al-Jazeera

mardi 25 janvier 2011, par Al Jazeera, par Palestiniens, par Mahmoud Abbas

Qui a intérêt aujourd’hui à faire passer les principaux dirigeants de l’Autorité palestinienne pour des traîtres prêts à tout céder à Israël ?

La chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera et le quotidien britannique The Guardian ont publié, le 23 janvier, plus de 1.600 documents confidentiels relatifs aux négociations israélo-palestiniennes au cours de la dernière décennie qu’ils qualifient de « plus importante fuite dans l’histoire du conflit ». La première vague de documents révélés a pour caractéristique première de présenter les négociateurs arabes comme des traîtres voulant brader les intérêts palestiniens concernant Jérusalem et les réfugiés. Il est difficile d’imaginer que ces « révélations » ne participent pas à l’offensive visant depuis plusieurs mois à discréditer l’Autorité palestinienne et ses dirigeants notamment Mahmoud Abbas et de Saeb Erekat. D’autant plus que la grande sensibilité d’Al-Jazeera aux thèses du Hamas et la proximité du Qatar avec le mouvement islamiste palestinien ne sont un secret pour personne. La question que l’on se pose aujourd’hui en Israël est avant tout de savoir à qui cela profite, d’autant plus que les erreurs, parfois grossières, ne manquent pas dans ces soi-disant révélations.

 

Des erreurs manifestes

Ainsi, selon les textes dévoilés, les Palestiniens seraient prêts à renoncer à des quartiers entiers de Jérusalem notamment ceux de Ramot, Talpiot et Guivat Tsarfatit (la colline française). Ces quartiers, dépeuplés en 1967 et annexés par Israël après la guerre de Six-Jours qui contiennent aujourd’hui des dizaines de milliers d’habitants, ne font l’objet d’aucun contentieux entre les deux parties puisqu’aucun habitant arabe n’y vivait dans le passé. Les Palestiniens n’ont jamais exigé de récupérer ces quartiers qui font partie intégrante de Jérusalem-ouest depuis plus de quarante ans.

Les révélations apportent par ailleurs un éclairage nébuleux sur un certain nombre d’implantations israéliennes de Cisjordanie, les plus importantes : Maaleh Adoumim, Efrat, Givat Zeev et Ariel. Selon les documents, l’ancien Premier ministre Ahmed Korei (au nom de guerre Abou Alaa) aurait fait deux déclarations contradictoires. D’une part, il estime que ces implantations sont profondément ancrées à l’intérieur de la Cisjordanie et que leur intégration à Israël mettrait en danger la continuité du futur Etat palestinien. D’autre part, il admet que leur démantèlement pose un problème et qu’en fait il accepterait de maintenir leur existence sous souveraineté palestinienne. Dialectique classique lors de négociations ! En outre, les Israéliens ont toujours proposé dans ces négociations un échange de territoires en contrepartie de certaines implantations de Cisjordanie. Les documents révélés prétendent que ces initiatives proviennent de l’extrême droite israélienne qui milite pour des « transferts de population » . Les négociations n’ont jamais été menées et guidées par l’extrême droite israélienne et l’amalgame est assez grossier.

Pour les services israéliens, les documents ont été vendus à Al-Jazeera par un membre de la délégation des négociateurs palestiniens, mécontent d’avoir été évincé de l’équipe. En montrant que les dirigeants palestiniens étaient prêts à faire des concessions importantes sans contrepartie israélienne, il règle ses comptes.

Déstabilisation

Car la première vague de révélations n’apporte en fait aucun scoop sur la teneur des négociations israélo-palestiniennes. En revanche, il s’agit clairement d’une tentative de déstabilisation de l’Autorité palestinienne et de ses dirigeants actuels. Menée par qui ?

Elle coïncide aussi avec les manœuvres de Mohammed Dahlan, l’ancien homme fort de Gaza, qui serait en train de recruter, de payer et d’envisager de prendre le commandement d’une nouvelle milice en Cisjordanie. Il est directement accusé de vouloir renverser Mahmoud Abbas.

Des sources du Fatah de Cisjordanie précisent que des hommes ont été recrutés après avoir reçu de l’argent pour acheter des armes. Celui qui aurait été financé par la CIA dans les années 1990 tient absolument à en découdre avec le Hamas pour extirper ses dirigeants de Gaza et retrouver la place qui lui a été ravie. Il ne fait pas mystère des tensions accrues avec le comité central et avec son président Mahmoud Abbas.

Mahmoud Abbas a décidé de prendre des mesures contre Dahlan en lui retirant ses hommes de sécurité et en évinçant ses amis du gouvernement et de l’équipe des négociateurs palestiniens. L’un d’entre eux pourrait bien être l’auteur des fuites qui mettent à mal la réputation de la direction actuelle. Al Manar avait déjà annoncé en décembre 2010 que les partisans de Dahlan avaient menacé de révéler des documents confidentiels concernant Mahmoud Abbas. Il semble bien que la menace ait été mise à exécution et que l’ancien homme fort de Gaza tient à prendre de vitesse ceux qui cherchent à l’éliminer de la scène politique palestinienne.

Jacques Benillouche


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Moubarak en danger.

mardi 25 janvier 2011, par Egypte, par Moubarak

Environ 15.000 personnes ont défilé mardi dans les rues du Caire où la police a tiré des gaz lacrymogènes. D’autres rassemblements ont eu lieu dans tout le pays.

Comme un parfum de jasmin en Égypte. S’inspirant de la révolte tunisienne, des milliers de manifestants ont défilé mardi au Caire et dans d’autres villes du pays en lançant des slogans hostiles au pouvoir. Les protestataires, menés par des mouvements d’opposition, ont fait face à un déploiement policier massif.

 

Au Caire, environ 15.000 personnes ont manifesté dans plusieurs quartiers, notamment aux abords de bâtiments officiels du centre-ville. En face, entre 20 et 30.000 policiers étaient mobilisés. Pour tenter de disperser la foule, ces derniers ont utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Des rassemblements ont également eu lieu en province, d’Alexandrie, au nord, à Assouan, au sud, dans le delta du Nil ou dans la péninsule du Sinaï.

Les manifestants, parmi lesquels de très nombreux jeunes, lançaient des slogans en faveur de réformes sociales et politiques. Certains, comme « La Tunisie est la solution » ou « Après Ben Ali, à qui le tour ? », étaient directement inspirés par les événements tunisiens qui ont conduit à la chute du président après 23 ans de règne. Des manifestants ont également scandé « Moubarak dégage », visant directement le président égyptien en place depuis 29 ans.

« Journée de révolte contre la corruption et le chômage » Les manifestants répondaient à l’appel de plusieurs mouvements militant pour la démocratie à faire de mardi une « journée de révolte contre la torture, la pauvreté, la corruption et le chômage ». Cette journée coïncide avec la « Journée de la police », un jour férié destiné à rendre hommage aux forces de l’ordre. L’initiative a été fortement relayée, en particulier auprès des jeunes, sur Internet à travers les réseaux sociaux. Sur Facebook, plus de 90.000 personnes se sont ainsi déclarées prêtes à manifester. La journée a par ailleurs reçu le soutien de l’opposant Mohamed ElBaradei, ancien responsable de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Les Frères musulmans, à la forte capacité de mobilisation, et le Wafd, premier parti d’opposition laïque, ne se sont pas officiellement associés à ce mouvement, tout en indiquant que leurs jeunes militants pourraient se joindre aux cortèges.

Ces appels « n’auront pas d’impact », avait assuré le ministre de l’Intérieur, Habib al-Adli, au journal gouvernemental al-Ahram daté de mardi. Qualifiant les organisateurs des manifestations d’« inconscients », le ministre avait assuré que « les forces de l’ordre sont capables de faire face à toute menace contre la sécurité de la population ». « Nous ne prendrons à la légère aucune atteinte aux biens ni aucune infraction à la loi », avait-il ajouté.

Avec plus de 80 millions d’habitants, l’Égypte est le pays le plus peuplé du monde arabe. Plus de 40% de sa population vit en-dessous d’un seuil de pauvreté de deux dollars par jour. Ces derniers jours, plusieurs immolations par le feu ont eu lieu dans le pays, rappelant celle d’un jeune vendeur ambulant qui avait déclenché la révolte en Tunisie. Suite à celle-ci, le pouvoir égyptien a multiplié les déclarations assurant que l’Égypte ne présentait pas de risque de contagion. Les autorités ont toutefois laissé entendre qu’elles prenaient des dispositions pour éviter toute hausse des prix ou pénurie des produits de base, afin de ne pas aggraver le climat social.


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Qui sont vraiment les "nouveaux fachos" ?

lundi 17 janvier 2011

Comme nous l’avions annoncé, l’émission "Les nouveaux fachos", programmée sur France 4, a été un grand moment de manipulation médiatique, digne des pires pratiques totalitaires. Nous sommes submergés de lettres de protestations de lecteurs indignés. Certains n’hésitent pas à comparer ce type de reportage à la propagande de"Radio Paris" de 1940, d’autres parlent de modèle stalinien ou fasciste de l’information.

http://www.youtube.com/watch ?v=z7CKMq09-Ew

Pour résumer la première partie de l’émission, "Les nouveaux fachos", Sébastien Lafargue, le jeune Rouletabille, est parti à la recherche des vilains fachos racistes (les Identitaires) et de leurs complices (Riposte Laïque), et il espérait bien se faire un nom en les démasquant. Manque de chance, en 80 heures d’entretien (40 heures de chaque côté), il n’a pas trouvé un seul dérapage raciste à se mettre sous la dent. Pire, lors de la journée du 18 décembre, 25 intervenants, plus de 1.000 personnes, et pas un seul "Heil Hitler", "Les bougnoules à la mer", ou "Les Juifs au four" à filmer pour la postérité ! Donc, il lui faut, en voix "off" faire dire ce qu’il espérait entendre, et n’a jamais entendu, quitte à attribuer auxIdentitaires un collage négationniste qu’ils n’ont jamais fait ! Sa conclusion, sur le plateau, est sublime, on peut la résumer ainsi : "Ils sont encore plus dangereux par ce qu’ils ne disent pas !".

 

Rêvons un peu, faisons-nous une planante, et supposons que France 4 nous appelle, et donne à Riposte Laïque une heure et demie pour traiter le même thème : "Les nouveaux fachos". Que ferions-nous ? Il nous semble d’abord indispensable de bien s’entendre sur le mot"fascisme".

Dans un article fort intéressant, à l’époque de Durban 2, Alain Rubin caractérisait l’Iran des ayatollahs comme le symbole du fascisme, tel que le définissait Léon Trotski. Le fascisme, c’est la destruction de tous les éléments de la démocratie politique, et notamment la liberté d’expression et d’organisation. C’est l’anéantissement de toute représentation indépendante du mouvement ouvrier, et la violence physique, de la part des forces répressives de l’Etat, contre tout embryon d’une société civile qui ne doit plus exister. C’est enfin le refus de l’égalité, et une conception élitiste de la société, souvent basée sur une vision raciale du monde stigmatisant un type de population à cause de ses origines.

Dans un autre registre, Jean Robin, dans un livre intitulé "La nouvelle extrême droite" (éditions Xenia), définit, de manière pertinente, ce qu’il appelle les quatre piliers de la nouvelle extrême droite, et y voit plutôt, dans sa définition, une nouvelle extrême gauche.

1) Ils sont contre les principes de la démocratie, à commencer par la représentation nationale et le vote.

2) Ils sont autoritaires, et veulent imposer leur conception de la vérité sans avoir recours au débat.

3) Ils ont une obsession de la race, au détriment de l’égalité républicaine issue des droits de l’homme.

4) Enfin, ils sont des soutiens indéfectibles à l’intégrisme religieux le plus violent et le plus rétrograde.

Et nous, à Riposte Laïque, si nous avions disposé d’une heure et demie, sur France 4 pour traiter ce thème, qu’aurions-nous fait ?

Nous aurions proposé cinq sujets, de 18 minutes chacun.

Nous aurions commencé par un reportage sur les racailles. Nous aurions interviewé Myriam Picard, pour que la France entière connaisse ce qui a failli arriver à son mari, son bébé et elle-même, à Perpignan, information que seule la presse Internet a relayé.

http://www.ripostelaique.com/Interview-de-Myriam-Picard.html

Nous aurions montré des images d’agressions de manifestations citoyennes (lors du CPE), en 2006, ou étudiantes, par des jeunes issus presque tous de la diversité, qui attaquaient, au faciès, des manifestants pour les dépouiller. Nous aurions multiplié les témoignages de personnes de toutes origines, victimes, dans leur quotidien, des agressions verbales et physiques, parfois mortelles, de ces nouveaux fascistes. Nous aurions donné la définition de Marx et d’Engels sur les lumpen-prolétaraires, qualifiés alors d’ennemis des travailleurs, à combattre sans concession, par les grands ancêtres, et démontré que ces racailles en sont le prolongement, au XXIe siècle.

Nous aurions donné la parole à des dizaines de personnes, qui, par leur témoignage, auraient évoqué la peur, la souffrance et l’humiliation qu’ils ont subies, plusieurs fois dans leur vie, dans les transports ou dans la rue. Nous aurions laissé parler des Français minoritaires dans leurs quartiers, pour qu’ils évoquent leur quotidien. Nous aurions donné la parole à des immigrés qui souhaitent s’intégrer, et qui vivent un enfer à cause de la dictature des petits caïds. Nous aurions diffusé les clips de rappeurs haineux, dont les propos appellent à la violence contre les Français d’origine européenne, et contre les policiers.

Nous aurions donné la parole à des enseignants, pour qu’ils révèlent les insultes et les menaces dont ils sont l’objet de la part de jeunes barbares, en classe. Nous aurions interviewé des policiers, pour qu’ils nous racontent la réalité de leur quotidien. Nous aurions démontré ainsi qui tient la rue, dans certains territoires perdus de la République, quelle est leur idéologie, basée sur la loi du plus fort, les pratiques mafieuses, et un antisémitisme qui s’est révélé au grand jour lors du meurtre d’Ilan Halimi par le musulman Fofana et ses complices. Et nous aurions conclu cette partie en montrant que ces racailles correspondent parfaitement à la définition initiale du mot "fasciste", et sont les "nouveaux fachos" de la France, nous aurions terminé en passant une vidéo du sympathique rappeur musulman Cortex.

Dans un deuxième reportage, nous aurions montré la réalité de l’islamisation de la France. Le voile, porté par des femmes de plus en plus nombreuses, et des fillettes de plus en plus jeunes, ce qui n’a pas dérangé Fillon à Argenteuil. Le voile intégral, toujours autorisé en France malgré la loi votée il y a quelques mois, la tenue des hommes, habillés en kamiç. L’offensive du halal, les constructions de mosquées, les écoles coraniques, la réalité des hôpitaux, les prières musulmanes dans les rues de France. La mise sous coupe des quartiers par les islamistes, grâce à la politique immigrationniste de la gauche et d’une partie de la droite.

Nous aurions expliqué, par la lecture de quelques versets du Coran, ce qu’est le projet politique de l’islam. Nous aurions diffusé quelques propos de Youssouf al Qaradawi, d’Erdogan, de Kadhafi, du trésorier de la mosquée de Roubaix, de Tariq Ramadan, de l’illuminé de Limoges de Forsane Alizza, pour expliquer que l’islam ne peut avoir qu’une seule stratégie : la conquête. Nous aurions donné la parole à Jean-Paul Gourevitch, ou à Michèle Tribalat, pour qu’ils expliquent la réalité démographique de la France, et le scenario qui nous attend, si les choses continuent en l’état, en 2050.

Nous aurions naturellement interviewé Wafa Sultan, Ayaan Hirsi Ali et Taslima Nasreen, pour qu’elles expliquent les enjeux civilisationnels du refus de l’islam en France, et en Europe. Nous aurions peut-être rappelé la connivence des islamistes et des nazis, lors de la dernière guerre mondiale, et montré le sort qu’ils réservent aux Juifs, aux homosexuels, aux femmes, aux athées et aux autres croyants, quand ils gouvernent. Et nous aurions conclu cette partie en montrant que les islamistes correspondent parfaitement à la définition du mot "fasciste", et sont, eux aussi, un autre pan des "nouveaux fachos" de la France.

Dans un troisième reportage, nous nous serions occupés des associations dites anti-racistes, qui viennent de se faire laminer lors du procès qu’elles ont intenté à Eric Zemmour. Nous aurions montré, à travers quatre ou cinq affaires révélatrices (dont celle de Fanny Truchelut) comment, depuis qu’on leur a donné la possibilité de se porter partie civile, et le vote de la loi Gayssot, elles ont traîné devant les tribunaux des dizaines de malheureux, parfois déshonorés et ruinés à vie. Nous aurions donné la parole aux Aounit (qui vient de se faire éjecter du Mrap, nous sommes tout tristes), Tubiana, Sopo, pour qu’ils expliquent, devant la France, leur conception de la liberté d’expression, et nous l’opposerions à la conception voltairienne de nos concitoyens.

Nous aurions fait le parallèle entre la propagande des pays totalitaires, qu’ils soient fascistes ou staliniens, et les pratiques de ces associations, et nous laisserions Alain Finkielkraut nous expliquer en quoi elles reproduisent, au XXIe siècle, des schémas de pensée qui ont fait bien des dégâts un siècle plus tôt. Nous aurions montré la sélection de leurs combats anti-racistes, et le fait que les insultes anti-françaises et anti-blancs des racailles ne soient jamais poursuivies par Sopo et les siens, quand ils ont osé traîner devant les tribunaux un Eric Zemmour. Nous aurions naturellement diffusé les appels à la violence d’Houria Bouteldja et des "Indigènes de la République" contre les enfants de colonisateurs que nous sommes, et constaté l’assourdissant silence du commissaire Sopo et ses frères devant de tels propos racistes.

Nous n’aurions pas résisté au plaisir de diffuser Sifaoui réclamant l’interdiction de chaîne publique pour Eric Zemmour. Nous aurions conclu en expliquant qu’il ne peut pas y avoir de démocratie sans liberté d’expression, et que ces associations, en devenant une police politique de la pensée et de la liberté d’expression, constituent, à leur façon, un totalitarisme digne de celui de nouveaux fachos.

 

Dans un quatrième reportage, nous nous serions occupés des journalistes bien-pensants. Nous aurions, sans peine, montré comment ils font peur aux hommes politiques, qui n’osent plus parler spontanément, de peur de se faire lyncher. Nous aurions rappelé quelques hauts faits de leurs glorieuses méthodes. Comment Patrick Sébastien a été sali, pour avoir imité Le Pen et chanté"casser du noir" sur l’air de "Allumer le feu". Comment Jean-Pierre Chevènement a été traîné dans la boue pour avoir utilisé le mot"sauvageon", comment les Renaud Camus, Georges Frêche, et des personnes plus modestes comme cet ophtalmologiste d’Aix en Provence, récemment, ont été victimes de méthodes indignes de journalistes professionnels.

Nous aurions rappelé comment ils ont traité les citoyens français lors du référendum européen, en 2005. Nous aurions demontré les pratiques d’une Caroline Fourest, et sa manière de traiter de"raciste", de "fasciste" et de "faux laïque" quiconque n’accepte pas l’islamisation de la France, voire des électeurs suisses qui osent s’opposer aux minarets. Nous aurions fouillé l’empire de Bernard-Henri Levy, son poids dans les médias, et surtout les dessous de quelques campagnes qu’il a menées, en usant de sa médiatisation. Nous aurions enquêté sur le milieu social des journalistes, sur leur formatage, et sur leurs connivences avec le monde politique. Et il ne nous aurait pas été difficile de démontrer qu’il n’y a pas une grande différence, entre des journalistes en uniforme, dans des pays totalitaires, et nombre de ceux (pas tous, heureusement) que nous avons dans les grands médias, qui, dans une démocratie, se permettent de traiter les mal-pensants avec une brutalité souvent semblable à celle de fascistes de la plume et de la pensée.

Nous aurions conclu par un cinquième reportage, sur les vaillants"anti-fascistes" de gôche et d’extrême gôche. Nous aurions montré les méthodes de Sopo (encore lui), quand il veut faire interdire, au nom de la démocratie, l’apéro saucisson pinard. Nous nous serions interrogés sur la conception de la démocratie d’un Val ou d’un Mélenchon, qui veulent faire interdire le Front national. Nous aurions porté à la connaissance des téléspectateurs les manifestations de l’ultra gauche, en France et en Europe, dès qu’une initiative, comme celle de nos amis de Résistance républicaine à Toulouse, a le malheur de ne pas leur plaire.

Nous nous serions délectés en écoutant Corbière et Delanoé expliquer pourquoi il fallait interdire les "Assises de la haine du 18 décembre", mais pourquoi il faut autoriser les prières musulmanes illégales dans les rues de Paris. Nous aurions montré René Stadtkewitz, ovationné à Paris, le 18 décembre, quand il conclut son discours, et que la salle se lève spontanément, et crie "Liberté" pendant plusieurs minutes... et le spectacle de René, en Allemagne, empêché de tenir sa réunion de création du Parti de la Liberté par les petits nervis de l’extrême gauche, qui, avec les mots d’ordre que les contre-manifestants français, scandent : "Pas de fachos dans nos quartiers, et pas de quartiers pour les fachos".

Nous aurions prouvé également comment ils qualifient de facho quiconque défend la Nation. Nous aurions illustré sans difficulté comment ces petits fascistes qui se réclament de l’extrême gauche exercent la violence contre les patriotes, souvent contre les catholiques, et jamais contre les racailles et les islamistes. Il nous aurait été vraiment aisé de conclure en montrant les pratiques souvent violentes, fascistes et liberticides d’une partie de la gauche extrême, hostile à toute liberté d’expression, sauf à la sienne.

Pour équilibrer, nous aurions pu faire plaisir à Fourest, et parler des intégristes catholiques, rappeler les commandos anti-IVG, les demandes d’interdiction de certaines publicités, ou de certaines oeuvres artistiques, par des personnes qui réclament le retour du délit de blasphème. Mais très franchement, au-delà du côté peu progressiste et peu féministe de leurs revendications, représentent-ils vraiment, en 2011, un danger majeur pour la société française ?

Nous n’aurions pas parlé, dans ce reportage, des horriblesIdentitaires, et pas davantage de Marine Le Pen, qui vient d’être élue à la tête du Front national en tenant un discours qui tourne le dos à celui de l’extrême droite classique. Ils ne nous paraissent pas dangereux pour la démocratie, quelles que soient les divergences qu’on puisse avoir avec eux. Ils aiment la France, leurs militants n’agressent personne gratuitement, et ils n’ont jamais, à notre connaissance, demandé l’interdiction d’une manifestation. Pour nos bobos, l’élection de Marine Le Pen complique le jeu. Il était sans doute bien plus confortable, idéologiquement, de s’opposer aux intégristes catholiques qu’à une femme qui défend le droit à l’IVG, et à des adversaires des idéaux de la Révolution française, plutôt qu’à une nouvelle présidente qui défend les valeurs républicaines et laïques, souvent mieux - hélas - que les postulants actuels aux présidentiels de l’UMPS ou de l’extrême gauche.

Nous n’aurions pas perdu de temps avec de tels sujets, nous aurions parlé du vrai fascisme qui menace la France, du véritable obscurantisme qui gagne du terrain, du vrai racisme qui progresse dramatiquement. Nous n’aurions pas fait du Sébastien Lafargue, et du déni de réalité, nous aurions dit tout haut ce que les Français qui souffrent de plus en plus, et ouvrent les yeux, vivent au quotidien.

Pourquoi, dans ce contexte, nos adversaires s’acharnent-ils avec tant de férocité contre nous ? Pourquoi, au-delà de ce reportage grotesque, une Fiammetta Venner se ridiculise-t-elle, dans le journal de la Licra, en agressant Riposte Laïque d’une manière tellement grossière que cela nous profite, et que Roger Heurtebise a toute latitude pour la pulvériser avec beaucoup de facilité ?

http://www.ripostelaique.com/La-Licra-sous-traite-a-Fiammetta.html

Pourquoi Caroline Fourest a-t-elle la bave aux lèvres, dès qu’elle évoque notre journal, et ne peut s’empêcher, de manière toute aussi ridicule, de dire que nous sommes racistes parce que nous aimons nos traditions et la Nation, et que nous ne sommes pas laïques, parce que nous combattons l’islamisation de nos pays ? Pourquoi Bernard-Henri Levy fait-il rire toute la France, en se trompant de Cassen ? Pourquoi Dominique Sopo, quand il ne se ridiculise pas en demandant l’interdiction de l’apéro saucisson-pinard, ou quand il traîne Eric Zemmour au tribunal, n’a-t-il que le mot "raciste", "extrême droite" à la bouche ? Parce que toute cette bien-pensance, qui a fait la loi dans les médias depuis trente ans, a perdu la partie. Ils tirent leurs dernières cartouches, celles de la haine, et du désespoir.

 

Plus rien ne sera comme avant depuis les Assises du 18 décembre, le sondage du "Monde" et le procès d’Eric Zemmour. Un reportage comme celui de France 4 ne peut qu’être ressenti par la France du peuple que comme le coup de pied de l’âne du système. Les citoyens de ce pays en ont assez des BHL-Sopo-Fourest, de leurs discours culpabilisants, et du déni de réalité.

Si nous étions France 4, nous inviterions Riposte Laïque et nos amis à monter une telle émission, et nous sommes certains que l’audimat exploserait !

En attendant ce jour hypothétique, il faut continuer à enfoncer le clou. La meilleure réponse à faire à nos adversaires, c’est de nous faire connaître encore davantage. Achetez, offrez, le livre des Assises, et le DVD. Nous précisons que ce DVD n’est pas le simple résumé des interventions que vous avez entendues le 18 décembre (bientôt 1 million de visiteurs sur le site), mais qu’il comprend aussi des interviews exclusives des intervenants et organisateurs. Le livre comprend également une valeur ajoutée, par l’introduction de Maurice Vidal, et la conclusion de Christine Tasin, Fabrice Robert et Pierre Cassen, les vedettes du reportage du jeune Rouletabille de France 4.

Continuez également à signer la pétition, et, plus que jamais, en 2011, vous aussi, entrez en Résistance contre l’islamisation de notre pays, et les collabos qui l’encouragent.

http://www.france-petitions.com/petition/19/soutenons-l-appel-de-paris-contre-l-islamisation-de-nos-pays

C’est maintenant ou jamais...


COMMANDER LE LIVRE ET LE DVD DES ASSISES

La promotion exceptionnelle que nous avions proposée, pour le lancement, est terminée depuis le 15 janvier. Mais nous continuons à vous proposer des conditions intéressantes pour l’ensemble Livre-DVD, à 35 euros, frais de port compris.

Si vous voulez acheter le livre seul, il coûte 21 euros (frais de port compris).

Envoyez les chèques à Riposte Laïque, BP 82035, 13201 Marseille Cedex 1

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Si vous voulez acheter le DVD seul, il coûte 20 euros (et 15 euros par DVD supplémentaire, à envoyer à Enquête et Débats, 5 rue Lalo, 75116 Paris.


COMMENT AIDER RIPOSTE LAIQUE

Nous avons dû puiser dans notre trésor de guerre pour que ces assises puissent se dérouler. Si vous souhaitez nous aider à continuer, plusieurs solutions :

 Chèque de soutien à envoyer à l’ordre de Riposte Laïque, à Riposte Laïque, BP 82035, 13201 Marseille Cedex 1.

 Commander "Les dessous du voile", "La colère d’un Français" : chèque de 19 euros par livre (frais de port compris) à l’ordre de Riposte Laïque

 Commander "Résistance Républicaine" : chèque de 20 euros (frais de port compris) à l’ordre de Riposte Laïque.


Contact avec Résistance Républicaine :http://resistancerepublicaine.info/

Commander le livre "Résistance Républicaine" : Envoyer un chèque de 20 euros (16 euros et 4 euros de frais de port) à l’ordre de Riposte Laïque, BP 82035, 13201 Marseille Cedex 1.

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John Jeavons : Sens de l'Humus

Ce soir, le sujet de ma conférence est “Développer un meilleur sens de l’humus pour une micro-agriculture durable et biointensive”. Ce thème est d’une importance vitale tant du point de vue de la diversité génétique que du point de vue du sauvetage des semences. La finalité fondamentale de ma conférence est de vous faire prendre conscience, ce soir, de l’importance des grains, de l’importance de la préservation des plantes à grains.
Il nous faut préserver les plantes à grains non seulement pour l’alimentation humaine (comme la plupart d’entre nous seraient enclins à le penser, habitués qu’ils sont à ne raisonner qu’en termes de ce qui est important pour l’homme) mais surtout pour la vie des sols. Alors, ce soir, nous allons tenter de “solir” quelque peu nos réputations et de découvrir, par là-même, comment nous pouvons créer un futur réellement durable.

Je vais commencer en posant à chacun d’entre vous une seule et unique question et je puis vous assurer que cette question n’a rien de théorique. La poser dans un tel environnement, à savoir au coeur des grandes plaines américaines, abondantes pourvoyeuses d’aliments, et plus spécifiquement ce soir au coeur d’un conservatoire riche d’une telle diversité génétique, pourrait même sembler totalement absurde. Je suis convaincu, cependant, qu’au fil de notre causerie, vous découvrirez qu’elle est strictement pertinente. Ma question est la suivante : si dans six ans vous deviez produire par vous même la totalité de votre nourriture ( vous ne pourriez pas l’acheter ou l’acquérir de quelqu’un d’autre) et qui est plus selon des modalités de production totalement durables et autarciques (vous ne pourriez pas acquérir de l’extérieur des fertilisants ou des matières organiques), de quelle façon transformeriez-vous votre vie aujourd’hui même et durant les cinq années à venir? C’est la question que je veux vous laisser, que je veux vous offrir, en forme de bénédiction, bien qu’au prime abord, elle ne soit pas forcément perçue comme telle.

Ensuite, je souhaite exposer une requête. Si chacun d’entre vous ne peut pas consacrer les douze prochains mois à apprendre à produire sa nourriture de façon réellement durable ( et nous allons découvrir ce soir que l’agriculture biologique, telle qu’elle est pratiquée sur toute la planète, est strictement une agriculture non-durable), peut-il alors créer avec 19 autres personnes un groupe de 20 personnes qui va sponsoriser une, deux ou trois personnes à se consacrer, durant toute la prochaine année, à apprendre comment produire de la nourriture de selon un mode totalement durable? C’est une des impulsions fondatrices du “Ecology Action’s Common Ground Mini-Farm Project”. Il y a deux coordinateurs dans ce jardin : je suis l’un d’eux et le second est Craig Cook. Une association sans but lucratif, de Palo Alto en Californie, du nom de “Involvement Corps” rassembla environ 15 personnes: certains donnèrent à Craig 10 dollars, 15 dollars ou 25 dollars par mois tandis qu’un autre lui prêtait une chambre et que d’autres lui offraient à manger. Cette action commune permit à Craig de consacrer la totalité de son temps à l’apprentissage de cette technique.

C’est l’objet de ma requête : si vous ne pouvez pas, vous-mêmes, consacrer tout ce temps, pouvez-vous aider quelqu’un d’autre à le faire? Il faut également préciser que les “sponsors” de Craig se rassemblaient une fois par semaine (ou au moins une fois par mois) autour d’un repas durant lequel Craig leur parlait de tout ce qu’il avait appris depuis leur dernier repas collectif.

La troisième chose que je souhaiterais vous demander (et je suis sûr que chacun d’entre vous peux le faire, même si ce n’est pas à plein temps), c’est d’élaborer une planche de culture. Qu’est qu’une planche de culture? C’est un modèle : sa largeur est d’1m50, ou d’1m20 si vous préférez, et sa longueur varie de 6 à 8 mètres. Consacrez tous les jours de 10 à 15 minutes, à cette planche de culture, et vous apprendrez à faire pousser toutes les plantes qu’il est essentiel de connaître afin de produire toute votre nourriture, tout votre compost, qui est la nourriture du sol, et toute votre fortune. Lorsque vous avez bien maîtrisé cette planche de culture , vous pouvez ensuite en élaborer une quarantaine et c’est alors que vous pouvez réellement produire toute votre nourriture, tout votre compost et toute votre fortune.

Pourquoi suis-je en train d’évoquer toutes ces choses? Pourquoi vous demandais-je d’acquérir les fondements d’une agriculture réellement durable? La solution véritable pour le futur ne va pas consister en la seule production de fruits et de légumes quelle que soit leur importance pour l’acquisition des vitamines et des oligo-éléments qui sont essentiels à notre vie. Il va vous falloir, dans un second temps, également produire toutes vos calories et tout votre carbone. Je vais maintenant vous expliquer pourquoi.

Durant trois des quatre dernières années, l’humanité a consommé plus de nourriture qu’elle n’en a produit. Dorénavant, nous ne sommes plus un monde générant des surplus de nourriture. Qui plus est, nous sommes en train de perdre notre sol très rapidement. Qu’allons nous faire à ce sujet, d’autant plus lorsque nous prenons conscience que la population de la planète augmente tous les jours de 250 000 personnes? C’est comme si San Francisco doublait sa population tous les deux jours.


Qu’est que cela signifie réellement en termes de sol? Même si nous ne perdions pas notre sol, cela signifierait que, au vu des pratiques de l’agriculture chimique mécanisée et des pratiques de l’agriculture biologique mécanisée, il nous faudrait chaque jour augmenter la surface agricole en production de 125 000 hectares. Ou bien alors, il nous faudrait découvrir une nouvelle semence, ou de préférence une ancienne qui a bien fait ses preuves, afin de produire beaucoup plus de nourriture. Ou bien alors, il nous faudrait accorder quelque attention au planning familial.

Que s’est-il donc passé globalement? Vous savez que la Révolution Industrielle fut bâtie sur le feu , sur l’énergie. Vous savez que l’île de Manhattan, une petite partie de New-York City qui est un district de business, consomme durant un court laps de temps plus d’énergie que toute l’Afrique durant une année entière. Le monde entier se met à “consumer” la planète de feu et d’énergie. Le témoin le plus probant de ce phénomène est l’évolution des déserts qui couvraient, en 1977, 44% de la surface terrestre de la planète et qui, selon une étude de l’ONU, vont couvrir, en l’an 2000, 63%, ou plus, de la surface des terres.

S’il n’y avait qu’une seule chose que vous puissiez emmener avec vous ce soir de notre conférence, je souhaiterais que ce soit la requête suivante. Je voudrais demander à chacun d’entre vous qu’il arrête de faire croître des plantes. Je voudrais vous demander de ne plus jamais, au cours de votre vie, cultiver de plantes. C’est la chose la plus importante que vous puissiez faire pour la planète. Une fois que vous avez pris cette décision, je voudrais vous demander de faire quelque chose d’autre à la place. Je voudrais vous demander de commencer à faire croître du sol. Il y a quelque chose de magnifique dans le fait de générer du sol. Lorsque vous voulez faire croître du sol, vous devez faire croître des plantes ; cependant, la finalité est différente. Les agriculteurs conventionnels, ainsi que la majorité des agriculteurs biologiques, agissent dans leurs pratiques culturales et dans leurs façons de tirer profit du sol tout comme un éleveur qui voudrait que ses poules produisent des oeufs et que ses vaches produisent du lait sans jamais les nourrir. Tout cela est complètement étonnant! L’agriculture biologique quant à elle, plus précisément, telle qu’elle est pratiquée aux USA, importe de 50 à 84 % de ses fertilisants et de ses matières organiques! Cela signifie que les sols de quelqu’un d’autre sont spoliés, même si ce processus n’est pas intentionnel, afin de produire une agriculture “pure”. Il nous faut résoudre toutes ces incohérences et développer un sens plus aigu de l’humus.

La solution de ce problème réside dans la culture de plantes génératrices de compost, de plantes génératrices de carbone et de plantes génératrices de calories. Un de mes héros est Lorenz Schaller, qui est présent ce week-end. Lorenz, durant les 20 dernières années, a sauvé 3500 variétés de plantes à grains et il les conserve chez lui en congélation. Il a réalisé tout cela quasiment sans soutien financier. Il a ainsi contribué, avec d’autres, à élaborer les fondations de l’édifice de carbone que nous allons bâtir.


Maintenant, je voudrais vous faire partager, d’une façon moins verbale, ma compréhension de la situation actuelle. Voici une pomme. Elle représente la Terre. C’est une pomme bio et elle a d’autant plus de valeur pour ma démonstration qu’elle reste ferme contrairement à toutes les autres. Je vais d’abord, de toute manière, couper et enlever les 3/4 de cette pomme. Si la pomme entière représente la Terre, les 3/4 que nous venons de couper représentent les océans. Je vais me débarrasser de ce gros morceau. Pourquoi? Parce que les océans de la Terre sont en train de mourir. Je vais arrondir certains chiffres pour plus de simplicité. Il existe à peu près 15 zones de pêche majeures. Parmi ces quinze, cinq déjà ne sont plus productives et les dix autres sont en train de s’appauvrir très rapidement. Selon une étude Britannique, l’Océan Antarctique a perdu 15 % de son phyto-plancton, en raison des trous dans la couche d’ozone et bien d’autres facteurs. Les scientifiques estiment, de façon globale, que la totalité du phyto-plancton des océans de la planète produit de 20 à 50 % de l’oxygène planétaire. Ainsi nous avons non seulement une accumulation de dioxide de carbone, en raison de la combustion des énergies fossiles et de la déforestation, mais, qui plus est, nous allons peut-être voir une diminution de la production d’oxygène atmosphérique. A ce propos, les forêts de l’Amazonie produisaient, il y a 25 ans, de 10 à 20 % de l’oxygène planétaire. Plus de la moitié de ces forêts ont été coupées.

Revenons à la Terre maintenant afin de nous y relier. On entend beaucoup parler de savoir informatique mais qu’en est-il du savoir agricole? Pouvez vous consommer une Réalité Virtuelle? Et si vous le pouvez, en êtes-vous nourris? Le 1/4 restant de la pomme représente les surfaces terrestres de la planète. Je vais maintenant enlever 2/3 de cette surface terrestre parce que ce sont les terres qui sont déjà désertifiées ou alors recouvertes de glace. On ne peut donc pas dire que l’on vit sur la terre : en fait, on vit sur un douzième de la terre. Avant de continuer, il nous faut nous pencher sur l’état de nos sols.

Je vais maintenant enlever les 3/4 de l’écorce terrestre, enlever les 3/4 du sol arable du douzième restant de la planète car c’est cette proportion de sol qui a déjà disparu en raison de l’érosion par l’eau et l’air. En fait, on ne vit réellement, en ce moment, que sur 1/48 ème de la Terre. Si toute cette terre arable, cette bonne vie du sol, cette matière organique et ces nutriments étaient présents au même endroit, ils seraient plus puissants. En fait, tout cela est dispersé sur le quart terrestre de la planète. Vous vous demandez peut-être ce qu’il va advenir du 1/48 ° restant de la Terre. Durant les 44 prochaines années, peut-être même avant... (le conférencier mange le reste de la pomme).

Je ne me permettrais pas de vous décrire un seul de ces désastres s’il n’existait pas quelque solution permettant d’y remédier. Il existe quelque chose que tout un chacun puisse réaliser dans son jardin, sur sa ferme, et au travers du choix de nourriture qu’il acquiert. Un sociologue, professeur éminent de l’Université de Californie de Davis, le Docteur Kenneth Watt, a écrit un ouvrage dont le titre est “The Titanic Effect”. L’agriculture en est le thème et cet ouvrage fut écrit dans les années 1970 mais il est encore d’actualité. Ce que le Docteur Watt a mis en valeur c’est que les êtres humains sont tellement magnifiques, différents et talentueux que, s’ils examinent o combien une situation est mauvaise, ils vont la solutionner. S’ils ne le font pas, ce sera à leur détriment et c’est pour cela qu’il appela son ouvrage “The Titanic Effect”. Le capitaine du Titanic “savait” que son navire ne pouvait pas couler. Il fonça donc au travers d’une zone d’icebergs afin d’établir un record de l’Océan Atlantique. Et il établit effectivement un record.

Avant que je n’ébauche la description des solutions, je souhaiterais que vous puissiez comprendre d’une façon encore plus personnelle ce qui se manifeste dans notre relation avec la Terre et le sol. Et le mot clé est “relations”. Vous savez combien sont dures les relations. C’est comme deux personnes mariées et qui forment une équipe et qui s’aiment à jamais et pour toujours. Et bien, c’est la relation qu’il nous faut établir avec le sol. Ce n’est pas aisé de prendre cette responsabilité.

Le conférencier demande à quelqu’un de tenir une boîte près du podium.
Je vais manger une cuillère de compote de pomme et cette cuillère de compote va représenter un kilo de nourriture. Tout en mangeant ce kilo de nourriture, je vais vous montrer combien de kilos de sol sont détruits en raison de l’érosion de l’eau et du vent occasionnée par la production de cette nourriture par l’agriculture chimique mécanisée des Etats-Unis. (Le conférencier mange une cuillère de compote et il enlève six cuillères de sol de la “banque de sol”). Ainsi, six kilos de sol sont détruits par l’érosion du vent et de l’eau à chaque fois que nous consommons un kilo de nourriture produite par l’agriculture chimique mécanisée des Etats-Unis. On peut également dire que l’on perd six kilos de sol à chaque fois que nous achetons un kilo de nourriture produite de cette manière parce que par notre façon d’acheter la nourriture, nous choisissons la façon dont elle a été produite.

Chacun d’entre nous consomme a peu près une tonne de nourriture par an. Cela veut dire que chacun d’entre nous provoque, indirectement et de façon non intentionnelle, la destruction de six tonnes de sols annuellement. Et ce sont de bonnes nouvelles . Pourquoi de bonnes nouvelles?
Parce que tout d’abord, la destruction fut auparavant de huit tonnes annuellement tant que des mesures ne protection des sols ne furent pas appliquées. Malheureusement, ce taux de destruction des sols ne va plus baisser à moins que des mesures drastiques soient envisagées.
Ce sont également de bonnes nouvelles parce que le peuple des USA ne représente que 5% de la population mondiale. Jetons un coup d’oeil sur les 80% de la population mondiale vivant en l’an 2000 dans les pays en voie de développement. Dans une quinzaine d’années, à savoir en l’an 2014, ce sera d’ailleurs 90 % de la population mondiale qui vivra dans les pays en voie de développement. Quant aux personnes qui vivent dans ces pays en voie de développement, voici ce qui se passe lorsqu’elles consomment un kilo de nourriture. (Le conférencier mange une cuillère de compote et il enlève douze cuillères de sol de la “banque de sol”). Ainsi, ce sont douze kilos de sol qui sont détruits par l’érosion du vent et de l’eau à chaque fois qu’un kilo de nourriture est ingéré par une personne vivant dans les pays en voie de développement. Puisque ces personnes consomment à peu près autant de nourriture que nous-mêmes, cela veut dire que dans les pays en voie de développement, ce sont douze tonnes de sol qui sont perdues chaque année par habitant. C’est en Chine, pays constituant 20% de la population mondiale, que les pratiques de production alimentaires bio-intensives virent le jour. Elles furent remplacées, dans les années 1950, par un mélange de pratiques d’agriculture biologique et de pratiques empruntées au système agricole fondé sur la chimie et la mécanisation des Etats-Unis. Dans ce pays, accueillant 1,3 milliard d’habitants, ce sont 18 tonnes de sol qui sont perdues par année et par habitant.

Qu’en est-il de l’agriculture biologique? (Le conférencier mange une cuillère de compote et il enlève d’abord 3 cuillères, puis 2 cuillères 1/4, de sol de la “banque de sol”). Ainsi, chaque fois que nous consommons 1 kilo de nourriture produite par l’agriculture biologique mécanisée des Etats-Unis, ce sont probablement entre 3 et 5 kilos 1/4 de sol qui sont perdus en raison de l’érosion par l’eau et le vent. Ce n’est pas que le mode d’agriculture biologique, en soi, soit un facteur d’épuisement des sols. Ce phénomène est dû au fait que l’agriculture biologique importe de l’extérieur du domaine agricole la plus grande partie de ses fertilisants organiques. Savez-vous ce qui serait une des pires choses à arriver dans le monde d’aujourd’hui? Ce serait que le monde entier décide de développer une agriculture biologique et un jardinage biologique. ( Ce serait bien sûr une des choses les plus merveilleuses aussi). Étant donné la manière dont nous utilisons les nutriments et la matière organiques, il est très peu probable qu’il y ait suffisamment de matières, de nutriments et de fertilisants organiques pour qu’on puisse développer immédiatement chez tous les peuples de la terre une agriculture de type biologique sans transformer tout d’abord la façon dont nous pratiquons l’agriculture. L’Institut Borlaug a récemment annoncé qu’il est impossible de développer l’agriculture biologique sur une large échelle en Afrique parce qu’il n’y a pas assez de matières ou de nutriments organiques pour la dynamiser dans un premier temps. Cependant, ce n’est qu’un des scénarios possibles. L’agriculture biologique peut être durable mais la façon dont nous la pratiquons de nos jours est bien souvent loin d’être totalement durable.
Cela fait maintenant 27 années que je pratique la production alimentaire biointensive et, durant tout ce laps de temps, j’ai cherché un exemple dans la Nature de plantes croissant en ligne. Combien de personnes présentes dans cette salle ont pu observer une croissance de plantes en ligne qui soit naturelle et non point le résultat de pratiques agricoles? La Nature a horreur du vide. Lorsque nous plantons en ligne, nous générons entre chaque rang un petit désert. L’existence de ces déserts entre les rangs constitue l’une des raisons majeures pour lesquelles l’agriculture chimique tout comme l’agriculture biologique épuisent les sols. Peut-être cela n’est-il pas aussi patent avec les techniques agricoles locales: les maïs sont semés de façon rapprochée et il en est de même, parfois, pour le soja. Tout cela est beaucoup mieux.

Il existe une autre raison majeure pour laquelle nous sommes en train d’épuiser le sol très rapidement et nous ne pouvons, dans le cadre de cette conférence, que l’évoquer brièvement. Admettons que ce podium soit un champ d’un demi-hectare : c’est de cette surface, en moyenne, dont nous avons besoin pour cultiver le fourrage nécessaire annuellement à un boeuf ou à une vache. Cela peut être un peu plus ou un peu moins, mais en moyenne il faut un demi-hectare par animal et par année. Tout le carbone de la paille, du foin, de la luzerne ou toute sorte de fourrage consommé par le boeuf ou la vache et produit sur ce demi-hectare, nous allons l’appeler une “unité de carbone”. Cette unité va nourrir une vache ou bien alors deux chèvres, puisque deux chèvres consomment autant qu’une vache. La bouse de vache, ou le crottin de chèvre, qui résulte de cette consommation ne contient qu’une demi-unité de carbone car l’autre moitié a été métabolisée dans les processus de vie de l’animal. (Ne vous méprenez pas : je ne suis ni contre les vaches, ni contre les chèvres ou les poulets). Ensuite, vous compostez ce fumier et les microbes utilisent pour leurs propres processus métaboliques une moitié de la demi-unité restante. Il vous reste donc, lorsque le processus de compostage est achevé, un quart d’unité de carbone que vous allez pouvoir épandre sur le quart de la surface de départ, à savoir le quart d’un demi-hectare. Il existe à peu près trois milliards de vaches et de boeufs sur la planète actuellement. Les quantités phénoménales de nourriture nécessaire à l’alimentation de ce bétail et de l’humanité constituent donc un véritable défi parce que le carbone est, pour l’un comme pour l’autre, utilisé de façon irrationnelle. Il existe des solutions à minima et vous pouvez en fait cultiver tout le fourrage essentiel à une vache sur une surface d’un dixième d’hectare et même moins mais ce point est également en dehors du sujet de la conférence de ce soir.

Nous avons distribué un petit livret sur les pratiques d’agriculture biointensive, sur la situation alimentaire mondiale et sur la santé des sols. Je vous prie de consulter les trois schémas qui mettent en valeur la surface nécessaire pour l’alimentation d’une personne en fonction des différents régimes, des différentes cultures et des diverses modalités agricoles. Le premier schéma concerne les pratiques agricoles mécanisées chimiques ou biologiques aux Etats-Unis. Le second schéma concerne l’agriculture des nations en voie de développement et le troisième schéma est relatif aux pratiques de l’agriculture biointensive. Dans ce troisième schéma, le chiffre 4 en bas à droite signifie qu’un certain nombre de nations de la planète n’ont actuellement de l’eau que pour arroser quatre unités de terre. Quatre unités de terre correspondent, approximativement, à 500 m2. Selon la Banque Mondiale, un tiers des nations du monde manquent d’eau, à un degré ou à un autre. En fait, la Banque Mondiale conseille à ces nations d’utiliser leur eau non pour la production alimentaire mais pour la confection de produits manufacturés dont la vente leur permettra d’acheter de la nourriture. C’est une vue à court terme, car actuellement le surplus de nourriture sur la planète ne représente que 50 jours de consommation et ce chiffre est à la baisse. Prenons conscience que nous avons tendance à consommer plus que nous ne produisons. Vers où ces nations vont-elles bientôt se tourner pour acheter de la nourriture? Avec des pratiques Biointensives cependant, ainsi qu’une meilleure compréhension de l’alimentation, vous pouvez réellement produire toute la nourriture nécessaire à une personne annuellement et, grâce à de bonnes plantes de carbone, vous pouvez produire tout le compost nécessaire à la production alimentaire d’une personne sur une surface aussi petite que 500 m2. Et vous pouvez produire toute cette nourriture sur un mode durable.
Regardons maintenant les colonnes du second schéma. Dans une quinzaine d’années, en l’an 2014, 90 % de l’humanité ( à savoir les peuples des pays en voie de développement) ne possédera que 9 unités de terre, à savoir 1100 m2, pour produire les aliments d’une personne à l’année.

De plus, selon une étude menée par l’Université de Stanford, dès l’année 2025, l’humanité manipulera la moindre parcelle de la biomasse vivante de cette planète: tous les animaux, tous les arbres, tous les brins d’herbes... Plus rien ne croîtra de façon naturelle.
Bien sûr, nous n’arriverons jamais à une telle situation. Pourquoi? Parce que la plupart ces cycles naturels animaux et végétaux vont se briser. Les cycles naturels vont être détruits par l’extinction des espèces, y compris les espèces de microbes, dont certaines sont déjà en voie d’extinction. Un des avantages de l’agriculture Biointensive est de permettre de produire toute la nourriture nécessaire à une personne sur à peine la moitié de la parcelle de terre fertile qui lui est disponible, à condition de développer un niveau raisonnable de compétences quant à la pratique Biointensive et un niveau raisonnable de fertilité des sols. Qu’est ce que cela signifie? Cela signifie que plus de la moitié de la terre fertile peut être conservée sauvage. Si nous voulons survivre en tant qu’espèce, il va falloir nous assurer que d’autres espèces survivent également. Il va nous falloir sauver non seulement les semences mais aussi la diversité génétique des autres plantes et des autres animaux. C’est le propos essentiel des dynamiques de protection de la biodiversité. Cependant, ce sont de nombreuses espèces que nous ne pourrons jamais sauver à moins que nous ne laissions une partie des terres à l’état sauvage.
Examinons maintenant le premier schéma qui concerne les pratiques agricoles mécanisées chimiques et biologiques des USA. Les rendements de l’agriculture biologique sont équivalents à ceux de l’agriculture chimique. Si vous êtes végétalien, à savoir si vous ne consommez aucun produit ou sous-produit animal (oeufs, viande, lait...), vous n’avez besoin que de dix unités de terre pour votre consommation alimentaire annuelle. Cependant, la plupart de l’humanité n’aura que 9 unités de terre : cela veut dire que si tout le monde suivait un régime végétalien, (et je ne souhaite mettre en avant aucun régime alimentaire), seulement 90 % des personnes des pays en voie de développement pourraient manger à leur faim. La consommation alimentaire moyenne des USA, quant à elle, comprenant viande, oeufs, fromage et lait, requiert jusqu’à 42 unités de terre. Si tout le monde consommait ce type de régime, seulement 25 % des personnes des pays en voie de développement pourraient manger à leur faim, car il n’y aurait bien sûr pas assez de terres agricoles pour produire ce type de régime alimentaire pour tout un chacun. (Vous pouvez maintenant comprendre pourquoi on utilise ces arguments pour promouvoir les biotechnologies). Maintenant, si votre régime alimentaire comprend énormément de viande, il requiert jusqu’à 85 unités de terre, ce qui fait à peu près un hectare. Avec ce type de régime alimentaire, seulement un peu plus de 10 % des personnes des pays en voie de développement pourraient manger à leur faim.

Voici ce qui est magnifique avec la micro-agriculture durable et Biointensive : en réinsufflant la vie dans le sol, nous avons été capables d’élaborer l’équivalent de 500 ans de sol en l’espace de huit années et demies, quant à sa structure de carbone humifère, selon une Maîtrise tenue à l’Université de Californie à Berkeley, dans la section des sciences des sols. En nous focalisant sur la création d’un sol riche, nous avons développé la capacité de générer des productivités très élevées (de type Révolution Verte) avec une fraction seulement des intrants. Ce type d’agriculture peut générer de deux à six fois plus de productivité, par unité de terre, que l’agriculture commerciale tout en consommant de 67 à 88 % moins d’eau par kilo de nourriture produite que l’agriculture conventionnelle. Cela veut dire concrètement que la micro-agriculture durable et Biointensive utilise de 6 à 8 fois moins d’eau que l’agriculture conventionnelle. Récemment, la Californie a subi une sécheresse de sept ans. Si l’on avait eu recours à ce type d’agriculture depuis déjà un certain nombre d’années, il n’y aurait pas eu du tout de sécheresse car une “année normale d’eau” aurait duré de 6 à 8 années. L’agriculture Biointensive utilise également de 50 à 100 % moins de nutriments organiques achetés par kilo de nourriture produite en comparaison des intrants que l’agriculture conventionnelle achète. Toujours en comparaison avec cette agriculture conventionnelle, l’agriculture Biointensive utilise 99 % moins d’énergie. Ainsi, les semences véritables, telles que celles que nous protégeons, peuvent produire tout autant et même plus que les semences de ce que l’on appelle la Révolution Verte. De plus, dans le cas des céréales, les variétés traditionnelles peuvent produire plus de carbone que les variétés de la Révolution Verte qui ont été développées pour ne produire qu’une petite quantité de carbone. Dans une certaine mesure, il se peut que les variétés de la Révolution Verte ne soient pas des variétés d’agriculture durable en termes de production de carbone pour le compost sans même parler du fait qu’elles ont été développées pour un spectre de températures très étroit. Ces variétés ne vont plus fonctionner aussi bien si la température de la planète augmente ou décroît de façon significative. Dans ce cas, cela va prendre de cinq à dix années pour en développer de nouvelles qui soient adaptées aux variations climatiques. Et que ferons-nous pendant ce laps de temps?

L’agriculture Biointensive peut également réhabiliter des sols. Nous avons déjà évoqué le fait que la terre se désertifie de plus en plus et qu’il y a de moins en moins de terres agricoles. Cette situation de fait ne peut nous satisfaire et nous pouvons réellement réhabiliter les sols mais pour ce, il nous faut des plantes à carbone. Dans la nature, il faut en moyenne 500 ans pour produire 2,5 cm de terre fertile ; il faut, de plus, environ 15 cm de terre fertile pour produire de bonnes plantes en agriculture. Cela veut dire que l’élaboration d’un bon sol agricole requiert 3000 années. Aux Etats-Unis, nous avons détruit 75 % de notre sol arable en 220 années, de par nos pratiques agricoles. Il nous faut maintenant renverser la vapeur.

Je souhaiterais maintenant vous montrer ce qui se passe lorsque nous utilisons les pratiques de l’agriculture Biointensive et lorsque nous consommons un kilo de nourriture produite de façon Biointensive. Ces pratiques peuvent produire de deux à six fois plus mais elles peuvent probablement détruire les sols de deux à six fois plus vite si elles ne sont pas utilisées à bon escient. Il est ainsi de notre responsabilité d’appliquer correctement ces techniques. ( Le conférencier mange une cuillère de compote et remet 20 cuillères de sol dans la “banque de sol”). Ainsi, pour tout kilo de nourriture produite et consommée, nous pouvons créer 20 kilos de sol. Nous pouvons générer 20 tonnes de sol par an et par personne lorsque nous utilisons correctement les méthodes de l’agriculture Biointensive.
Au début de ma conférence, je vous ai dit que je ne permettrais pas d’évoquer les mauvaises nouvelles si nous ne pouvions rien faire pour leur trouver des solutions. La question reste de savoir comment. Lorsque vous consultez la première page de votre petit manuel, vous y trouvez un cercle mettant en valeur les pourcentages des diverses cultures nécessaires à une production maximale et durable de calories. C’est un cercle holistique dont tous les éléments sont en relation d’harmonie.
Imaginons que ce cercle représente votre ferme ou votre jardin. Il vous faut consacrer 60 % de la surface à la production de céréales ou de plantes à grains afin de générer une abondance de carbone. Cela peut être du maïs doux : cela ne donne pas beaucoup de calories mais cela possède une belle saveur. Cela peut être du maïs dur, de l’amaranthe, de la quinoa, du millet, du blé, du seigle, de l’avoine, de l’orge et beaucoup d’autres plantes similaires. La plupart de ces plantes vont générer une certaine quantité de calories (qui n’est pas considérable mais qui est cependant moyenne) ainsi qu’une grande quantité ou une très grande quantité de carbone.
Il vous faut ensuite consacrer 30 % de la surface de votre jardin à la culture de plantes à racines primordiales tels que la pomme de terre, la patate douce, l’ail, le salsifis, le panais, le manioc... Toutes ces plantes vont produire une abondance de calories. Ce qu’il y a de magnifique avec l’ail, c’est que vous pouvez en consommer 2 kilos par jour qui vont vous donner toutes les calories dont vous avez besoin quotidiennement. Vous ne serez jamais malade parce que personne n’osera vous approcher!
Il vous faut ensuite cultiver 10 % de la surface de votre jardin en légumes verts pour les vitamines et les minéraux. En fait, 5 % suffiraient même. Vous pouvez évidemment en cultiver plus si vous aimez beaucoup les légumes, mais d’un point de vue nutritionnel, cette surface suffit.

Faisons comme si nous avions une micro-ferme sur ce podium - une sorte de petit monde, de Petit Prince. Quelle culture va générer le plus de nutrition en ce qui concerne les calories? Le soja ou la pomme de terre? La réponse n’est pas évidente. C’est en fait la pomme de terre qui produit le plus de calories. Cependant, ce qu’il va être important de concevoir, dans le futur, ce n’est pas la quantité de calories par kilogramme de nourriture ou le ratio calorie-poids. Les légumineuses et les grains possèdent un haut pourcentage de calories et ils sont donc très performants quant au contrôle du poids. Cependant, l’aspect essentiel qu’il va nous falloir développer dans le futur est de déterminer les performances des pratiques agricoles en termes de production de calories, et de gestion de surface. Nous allons découvrir qu’il existe des économies de petite échelle telle l’informatique qui est la miniaturisation de l’électronique.

Ce dont nous parlons maintenant est la miniaturisation de l’agriculture. Nous ne l’avons pas inventée. Ce sont les Chinois qui l’ont mis en oeuvre il y a 4 à 6000 ans et les Grecs et les Boliviens il y a à peu près 2000 ans. La question est maintenant de savoir, en termes de production de calories, de combien la pomme de terre est plus performante que le soja. De 25 %, de 100 %, de 200 %, de plus de 200 %? En fait, la pomme de terre possède la capacité de produire 2000 % plus de calories que le soja, par unité de terre! C’est un phénomène très complexe que l’on ne peut qu’évoquer ce soir mais la pomme de terre peut produire 20 fois plus de calories que le soja sur une même surface de terre.
Cela signifie que vous pouvez produire toutes les calories nécessaires durant une année pour une personne avec des pommes de terre sur une surface aussi petite que 0,6 unité de terre. Pas 4, ni 6 mais 0,6 unité de terre, ce qui équivaut approximativement à 75 m2 . Par contre, la production de ces mêmes calories avec du soja requiert jusqu’à 12 unités de terre, à savoir plus que les 9 unités de terre qui seront disponibles pour les habitants des pays du Tiers Monde en l’an 2014. Je vais m’attirer des ennuis ici en plein milieu des plaines du Mid-West et je ne devrais sans doute pas dire cela mais le soja n’est pas la nourriture du futur car il n’est pas assez performant en termes de ratio surface/calories. J’aime beaucoup le tofu, le miso, le tamari et j’apprécie parfois de manger de la viande d’animaux nourris avec du soja, mais il y a de plus un autre problème avec le soja, tout aussi bien d’ailleurs qu’avec la pomme de terre. Ni l’un, ni l’autre ne produisent beaucoup de carbone. Vous obtenez à peu près 2,5 kg de matière compostable sèche avec une culture de soja ou de pomme de terre sur une parcelle de 10 m2 alors qu’il nous est nécessaire de produire entre 7,5 kg et 15 kg de matière sèche compostable sur une parcelle de cette surface afin de générer une fertilité du sol qui soit durable. Ainsi, afin qu’un régime alimentaire fondé sur la pomme de terre soit viable quant à l’aspect de la durabilité, il est nécessaire de cultiver six autres planches d’une culture tel que le maïs, parce que cette plante peut produire assez de carbone pour la surface sur laquelle il croît. En fait, le maïs peut même en produire assez pour le double de la parcelle sur laquelle il croît, et peut-être même plus. Cette performance dans la capacité de produire du carbone est essentielle. Dans le futur, une agriculture et un jardinage générateurs de carbone seront les seules issues de secours pour assurer la fertilité des sols. De plus, une agriculture et un jardinage générateurs de calories seront essentiels à l’équilibre nutritionnel et ce sont les plantes à racines qui permettront en grande partie de produire ces calories.

Venons maintenant à encore plus de détails car je souhaite réellement aiguiser votre appétit à faire croître des plantes à grains en voie d’extinction. Je souhaite que vous puissiez cultiver toutes les plantes en danger d’extinction : les légumes, les baies, les noix, les fruits et en plus les plantes à grains. Qu’en est-il du sorghum? Ce n’est pas une plante parfaite et sa culture peut entraîner des effets négatifs que nous n’avons pas le temps d’approfondir. Néanmoins, le sorghum a la capacité de produire, dans des conditions dures et sèches de culture, assez de carbone pour lui-même et, en fonction des variétés, assez de carbone pour une fois, deux fois, trois fois et parfois quatre fois plus de surface que la parcelle sur laquelle il croît. Il va nous falloir des plantes pour contre-balancer les laitues, les radis et les tomates qui ne produisent pas suffisamment de carbone pour leur propre fertilité de sol. Il existe quelques variétés de sorgho au potentiel intéressant tels que Santa Fe, Black Kaffir et Lesotho. La variété Lesotho est particulièrement intéressante parce qu’elle est bonne à manger et qu’elle produit beaucoup de carbone. Dans le futur, alors que la planète se désertifie de plus en plus, il va être essentiel de prendre en considération non seulement la production de carbone et de calories en relation avec les paramètres de la surface et du temps mais aussi en relation avec le paramètre de l’eau. Il existe, par exemple, une espèce de millet japonais pour gourmet qui croît en 45 jours et qui utilise 1/3 de l’eau utilisée par d’autres plantes à grains ou céréales. Ainsi, en très peu de temps ce millet produit autant de carbone et de calories que ce que produisent d’autres plantes à grains en beaucoup plus de temps. Peut-être pourriez-vous tenter la culture de cette espèce dont il est peu aisé d'obtenir des semences : on en connaît, cependant, une trentaine de variétés.
C’est sans doute parce qu’elle utilisait des pratiques d’agriculture Biointensive que la culture Maya survécut, il y a à peu près un millénaire, alors que les autres cultures s’effondrèrent. Des recherches récentes ont mis en valeur que les régions de la culture Maya qui survécurent le plus longtemps furent de petites communautés de production alimentaire à l’image de ce que nous faisons dans nos jardins et de ce que beaucoup de jardiniers réalisent dans leurs jardins. Nous avons la possibilité de sauver des semences, de créer du sol et de produire nos aliments durant une période de l’évolution du monde pour laquelle ces trois aspects vont devenir essentiels. Nous allons être ainsi capables de transformer la pénurie en abondance.

Les pratiques Biointensives sont constituées des éléments suivants :

* Tout d’abord, nous préparons le sol en le travaillant sur 60 cm de profondeur, au lieu de 15 cm de profondeur tel que le fait l’agriculture, en faisant pour ainsi dire du quadruple bêchage. La finalité est d’améliorer la structure du sol et lorsqu’elle est améliorée, il n’est plus nécessaire de réaliser un double bêchage. Il est ensuite suffisant d’ameublir le sol sur 5 cm et de travailler en surface.

* Secondement, nous utilisons du compost. Si vous avez dans la main un morceau de compost de la taille d’une grosse pièce de monnaie, ce que vous tenez est approximativement 6 milliards de formes de vie microbienne. Que la Force soit avec vous!

* Troisièmement, du fait que le sol soit travaillé très en profondeur, ce qui permet aux racines de s’étendre en profondeur plutôt que vers la périphérie, et du fait de la fertilité générée par le compost et la vie microbienne, nous pouvons planter nos plantes de façon si rapprochée que leurs feuilles se touchent quasiment. Lorsque les plantes sont mâtures, le rendement est de deux à six fois supérieur, en comparaison avec une pratique conventionnelle de jardinage. Le résultat semble être une scène de la nature plutôt qu’un tableau de peinture abstraite plein de petits déserts entre les rangs. La racine est l’organe de contrôle de la plante. Dans les années 1950, le Professeur Snyder de l’Université de Californie à Berkeley, découvrit que lorsque l’on améliore la vitalité des racines, de la plupart des plantes cultivées traditionnellement dans nos champs, dans une toute petite mesure, de 2 à 4 %, la productivité de ces plantes peut augmenter de deux à quatre fois. Une petite amélioration du système racinaire génère une très grande augmentation de productivité et de nutrition. Pour résumer, le troisième élément est donc un espacement très serré, parce que les racines des plantes ont la capacité de s’étendre en profondeur plutôt que de façon horizontale.

* Quatrièmement, nous pouvons mettre en oeuvre le compagnonnage des plantes. C’est une association de culture des plantes qui croissent mieux ensemble que séparément. Par exemple, les haricots verts et les fraises croissent plus harmonieusement ensemble que séparément. Il en est de même avec les laitues pommées qui ont une meilleure saveur lorsqu’on les associe avec des épinards, à raison d’un plant d’épinard pour quatre têtes de laitues. Elles ont de plus une meilleure saveur lorsqu’on les cueille tôt le matin avant même que le soleil ne se lève, non pas avant que le soleil levant les effleure mais plutôt avant que le soleil ne se lève.

* Cinquièmement, ces pratiques agricoles Biointensives constituent un système global. Il ne suffit pas de préparer un sol épuisé sur 5, ou 10, ou 15 cm et de placer les plantes de façon très serrée. Si vous n’utilisez pas de compost, le système ne peut pas fonctionner.

* Le sixième point concerne la production de carbone à la ferme ou dans le jardin.

* Le septième point concerne la production de calories pour un équilibre nutritionnel total.

* Le huitième point qui est le dernier, mais non le moindre, concerne l’utilisation de semences de variétés fixées, afin de promouvoir la protection de la diversité génétique.

Ce que j’aimerais que vous fassiez maintenant est que vous placiez vos mains en face de vous et que vous les teniez en coupe ouverte. Fermez vos yeux. Candide a dit et je vais le paraphraser : “Le monde entier est un jardin et quel endroit magnifique ce pourrait être si chacun d’entre nous prenait soin de notre partie de monde, à savoir notre jardin.” La Terre est notre jardin et tout cela peut faire un monde de différence!

Voici un résumé des tableaux graphiques présentés par le conférencier. La surface indiquée est la surface de terre cultivée par année et par personne, en fonction des régimes alimentaires.
John Jeavons précise que, déjà, de nombreux pays du Tiers-Monde ne peuvent irriguer que 450 m2 par année et par personne.

Agriculture mécanisée, biologique ou chimique aux Etats-Unis.

Régime très carné : 9350 m2 par année et par personne.
Régime moyen : 4700 m2 par année et par personne.
Régime végétalien : 1100 m2 par année et par personne.

Agriculture des pays du Tiers-Monde.

Régime moyen en 1988: 2420 m2 par année et par personne.
Régime moyen en projection de l'an 2000 : 1760 m2 par année et par personne.
Régime moyen en projection de l'an 2014 : 990 m2 par année et par personne.

Agriculture biointensive.

Avec des rendements moyens et un régime végétalien: 440 m2 par année et par personne.

Conférence de John Jeavons donnée durant le Rassemblement annuel du Seed Savers Exchange. USA.
Eté 1998.
Traduction de l'anglais de Dominique Guillet.


John est également l'auteur d'un célèbre ouvrage, publié à 300 000 exemplaires : How to grow More vegetables

Pour le contacter :
Ecology Action
5798 Ridgewood Road
Willits, CA 95490. USA
Phone: (707) 459-0150
e-mail: bountiful@sonic.net
Web site: http://www.growbiointensive.org
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Quelles semences pour nourrir les peuples?

La semence, c’est le début de la chaîne alimentaire. Celui qui contrôle la semence, contrôle la chaîne alimentaire et donc contrôle les peuples.

Pendant 12 000 ans, au moins, les paysans et les paysannes du monde entier ont produit leurs propres semences, ont amélioré, sélectionné et créé de nouvelles variétés de céréales, de légumes, de fruits et de plantes à fibres. Qui plus est, les agricultures paysannes étaient des agricultures respectueuses de la Terre Mère. Dans les temps anciens, on ne parlait pas de “protection de ressources génétiques” et “d’agriculture durable” : on savait intimement qu’une civilisation qui perd ses semences et qui détruit ses sols est une civilisation qui est en train de mourir.

Depuis plus d’un siècle, les promoteurs de l’agriculture moderne occidentale, soutenus par les puissances financières de la pétrochimie, se sont acharnés à détruire les semences paysannes et les variétés traditionnelles tout en détruisant les sols en les asphyxiant de poisons violents. L’agrochimie a volé leur terre aux paysans et elle prospère au détriment de l’humanité et de la planète. Le secret de cette réussite est très simple, c’est un véritable tour de prestidigitation. Depuis 1900, l’agriculture moderne a créé des variétés hautement susceptibles à une pléthore de parasites et de maladies (tout en prétendant, bien sûr, le contraire) et qui nécessitent, dans le champ, le recours à une chimie très lourde.

Ce paradigme “farceur”, qui est le fondement de l’agriculture moderne, sévit encore pleinement de nos jours. Prenons le cas de l’Inde qui file véritablement un mauvais coton : elle vient juste de donner son feu vert à la culture et à la commercialisation de trois variétés de coton génétiquement modifié sur des surfaces, représentant un quart des surfaces cotonnières de la planète, qui sont cultivées par un million de petits paysans Indiens. Cette autorisation ouvre la porte à l’introduction d’autres espèces génétiquement modifiées, c’est-à-dire la moutarde, le soja et bien sûr le célèbre “golden rice”, amélioré en vitamine A par l’introduction d’un gène de jonquille et dont il faut consommer plusieurs kilos quotidiennement pour obtenir sa ration de la dite vitamine (une mini-farce). Le terreau Indien a été préparé depuis très longtemps afin de faciliter l’imposition de ces bricolages technologiques. Dès 1986, le professeur Swaminathan partait en croisade afin d’éclairer (d’endormir) la classe politique pour que l’Inde puisse intégrer les OGMs sans trop de remous. Le professeur Swaminathan, qui fut le père de la révolution verte en Inde et directeur de l’IRRI (l’institut des Philippines qui a créé les variétés de riz “à haut rendement”) est un grand ami de Monsanto et il se fait actuellement l’apôtre, en Inde, du développement de l’agriculture biologique (et durable s’entend) par l’adoption des organismes génétiquement modifiés (une méga farce). Pendant ce temps, les paysans producteurs de coton se suicident (de 10 à 15 000 en l’espace de quelques années) et près de 300 millions de personnes en Inde souffrent de la faim ou de la malnutrition.

Il faut remonter au début des années 1900 pour découvrir les différents tours de prestidigitation qui sont sortis du grand chapeau des mentors, ou menteurs, de l’agrochimie. Plusieurs niveaux de réalités illusoires peuvent être ainsi appréhendés : des réalités scientifiques, juridiques et techniques qui s’entrelacent intimement pour former de beaux mirages dans le désert de la pensée unique.

En 1907, Hugo de Vries redécouvre les “lois génétiques” de Mendel et deux écoles de génétique s’affrontent alors farouchement : l’école des Mendéliens et l’école des Biometriciens. Les Mendéliens étudient avant tout les caractères monogéniques dans les plantes : la fleur d’une espèce, ou variété, donnée est soit blanche, soit rouge, lorsque la couleur est codée par un seul gène. Les Biometriciens étudient avant tout les caractères polygéniques dans les plantes : la fleur d’une espèce, ou variété, donnée peut être blanche ou rouge mais aussi rose, dans ses nombreuses nuances, lorsque la couleur rouge est codée par plusieurs gènes. Dès le début de leur carrière, les Mendéliens ont la chance de découvrir une résistance à une rouille de blé de caractère monogénique et ils érigent cette simple découverte en philosophie : les résistances des plantes aux différentes agressions (champignons, virus, bactéries, etc.) se doivent d’être monogéniques. Le grand phytopathologiste Vanderplank qualifiera par la suite la résistance monogénique de résistance verticale et la résistance polygénique de résistance horizontale.

Comble de malchance pour les vendeurs de chimie, la quasi-totalité des variétés traditionnelles paysannes (améliorées depuis des centaines d’années, voire des millénaires, par sélection massale) possédait une résistance polygénique ou horizontale : lorsque, dans une plante, un niveau de résistance flanchait, d’autres faisaient front. Comble de chance pour les vendeurs de chimie, lorsque la résistance monogénique ou verticale, des variétés agricoles nouvellement créées à partir de 1910, succombait, la plante mourrait si le paysan ne faisait pas appel à la chimie.

Que pensez-vous qu’il arrivât ? Les variétés traditionnelles furent totalement éradiquées au profit de variétés modernes dotées de résistances monogéniques verticales. Au jour d’aujourd’hui, ce sont 36 milliards de dollars qui sont dépensés chaque année en fongicides et autres pesticides et malgré cela, ce sont 20 % des récoltes alimentaires qui sont perdues tous les ans, à l’échelle planétaire, sous l’assaut de bactéries, champignons, virus… Qui plus est, l’augmentation du nombre de maladies végétales est proportionnelle à l’augmentation, au fil des ans, de l’usage de la chimie lourde dans les champs. Aujourd’hui, ce sont plus de 300 maladies graves qui “attaquent” les plantes alimentaires. Tout cela constitue un cercle vicieux inexorable : l’augmentation de la chimie dans les sols, par les disharmonies qu’elle suscite, permet à de nouvelles maladies végétales de se manifester et les scientifiques ont beau jeu d’introduire tous les ans de nouvelles variétés exprimant de nouvelles résistances.

Peu de gens semblent se poser la question évidente de savoir pourquoi des variétés modernes prétendument résistantes requièrent tous les ans l’utilisation de 36 milliards de dollars de produits phytosanitaires et pourquoi, malgré cet arsenal, un cinquième des récoltes planétaires est perdu annuellement. Serait-ce un enchantement collectif ?

Il faut préciser, à ce point de notre exposé, que vers les années 1920, l’introduction des hybrides F1 a grandement précipité l’éradication systématique des variétés traditionnelles. Les hybrides F1, à l’instar du dogme de la résistance monogénique des Mendéliens, constituent un autre morceau de choix dans la soupe d’une pseudoscience que l’on pourrait aisément qualifier de mythologie. Bercés par les illusions d’une super productivité, les paysans ont abandonné leurs variétés anciennes, qui se reproduisaient conformément au type, pour adopter des hybrides de première génération. Les variétés F1 (obtenues à partir de lignées dites pures mais, en fait, complètement affaiblies) sont dégénérescentes, par définition, et induisent un marché captif royal : les paysans, les maraîchers et les jardiniers doivent racheter leurs semences tous les ans. Jean-Pierre Berlan, directeur de recherches à l’INRA en France, a amplement démontré la supercherie du concept d’hétérosis ou de vigueur hybride.

Une autre vague d’envoûtement collectif se manifeste dès 1961, lors de la Convention de Paris, par la création de l’UPOV : une Union internationale pour la Protection des Obtentions Végétales. Les états, ou plutôt les multinationales qui les “conseillent”, se créent de toutes pièces un cadre légal qui leur permet d’asseoir leur hégémonie sur un secteur qu’ils ne contrôlaient encore que peu, c’est-à-dire le secteur semencier : en l’espace de 30 ans, plus d’un millier de maisons semencières sont rachetées dans l’hémisphère nord par les multinationales de la pétrochimie. L’UPOV institue la possibilité d’un dépôt de brevet sur toute variété nouvellement créée. Le concept d’obtention végétale est en soi une vaste supercherie : comment peut-on déposer un brevet sur une variété légèrement modifiée ou sélectionnée et qui est le fruit de centaines ou de milliers d’années de labeur paysan ?

Au jour d’aujourd’hui, 10 multinationales contrôlent près de 50 % du secteur semencier planétaire. Les quatre premiers sont DuPont (qui a racheté Pioneer Hi-bred), Syngenta (une fusion de Novartis et d’Astra-Seneca, Novartis étant elle-même une fusion de Ciba-Geigy et de Sandoz, les deux plus grands pollueurs du Rhin), Monsanto (très réputé pour son Terminator) et Limagrain (une petite coopérative de la Limagne qui a fait sa fortune grâce aux maïs hybrides F1 de l’Inra, et donc grâce à l’argent du contribuable Français). Ces mêmes 10 multinationales, mais ce n’est sans doute qu’une coïncidence, contrôlent également 60 % de l’agrochimie.

Il est édifiant aujourd’hui d’ouvrir le catalogue du GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences, créé par Pétain en 1945 et remanié en 1961, comme par hasard, l’année de la Convention de Paris). A la rubrique “tomates”, on découvre que 87 % des variétés inscrites sont des hybrides F1, 11 % sont des variétés fixées (reproductibles conformément au type) protégées par des brevets sur 20 ans et 2 % seulement sont des variétés du domaine public.

Il est essentiel de préciser que tout ce qui est consommé dans l’assiette d’un Européen est enregistré dans l’un des catalogues nationaux de la Communauté Européenne. Cela veut dire qu’il est strictement interdit par la loi de cultiver, pour la consommation ou pour la semence, un légume ou une céréale de toute variété qui ne serait pas inscrite sur l’un de ces catalogues.

L’UPOV a tenté d’engloutir l’Afrique de l’Ouest (qui a poliment refusé, mais pour combien de temps) mais par contre a bel et bien englouti récemment l’Asie. L’UPOV parachève, ainsi, l’œuvre d’une autre vaste mythologie à l’échelle planétaire, à savoir la révolution verte, nommée sans doute ainsi à cause de la couleur du dollar, à la prospérité duquel elle a fortement contribué. La révolution verte, selon la théorie officielle, a créé et mis en culture des variétés hautement productives de riz et de blé qui ont sauvé l’Inde de la faim.

Premièrement, que veut dire haute productivité lorsque l’on sait que, selon les archives Britanniques, l’Inde produisait dans l’Etat du Tamil Nadu, vers 1750, du riz à hauteur de 13 tonnes l’hectare, et ce, dans des conditions d’agriculture totalement durable ? Le professeur Richcharia, grand expert du riz en Inde, avait obtenu, il y a quelques années, des rendements de 10 tonnes l’hectare avec des variétés traditionnelles.
Secondement, qu’en est-il de la facture cachée ? Les variétés de la révolution verte ont été hautement productives de par l’utilisation massive d’intrants (fertilisants de synthèse, pesticides, herbicides) et de par l’utilisation de systèmes très modernes d’irrigation intensive. Il en résulte que les nappes phréatiques sont épuisées, que l’air, la terre et l’eau sont extrêmement pollués. De plus, les ressources génétiques ont été éradiquées : il existait plus de 100 000 variétés de riz en Inde avant la révolution verte, il en reste maintenant une cinquantaine. Les paysans pauvres sont allés s’entasser dans les bidonvilles, les paysans ruinés se sont suicidés ou bien ont vendu leurs terres aux banquiers ou à Cargill. Les femmes ont perdu leur rôle privilégié de pourvoyeuse de la nutrition de la cellule familiale. L’agriculture qui était fondamentalement féminine, diversifiée et orientée vers la sécurité alimentaire est devenue une monoculture masculine avec des produits ayant une valeur commerciale sur le marché national ou international.

La grande farce continue : une seconde révolution verte envahit le Tiers Monde, celle des biotechnologies et des organismes génétiquement modifiés alors que, pendant quarante ans, les chantres de la première déclarèrent qu’elle était la solution-miracle et définitive à la faim dans le monde. Les multinationales, dans un grand élan humanitaire, estiment que l’hémisphère nord peut également bénéficier de leurs largesses et profiter des milliards de dollars qu’elles ont investis (avec l’aide financière conséquente des états et donc des peuples) dans l’élaboration de créatures végétales tellement fantastiques que l’on y perd son latin : lycopersicon lycopersicum ssp. porcus ou bien zea mays ssp. scorpionus !

Les premières créatures des apprentis sorciers agronomes du début du siècle passé avaient été dénommées “hybrides”, du grec “hybros”, pour monstre ou chimère. Comment va-t-on pouvoir appeler ces nouvelles chimères dont le génome est un méli-mélo de gènes provenant de l’homme, de l’animal, de la plante ainsi que d’antibiotiques, de virus et autres substances pathogènes ?

Ce monde de chimères transgéniques n’a pu voir le jour que grâce à la vitesse fulgurante d’évolution de l’informatique.

Nous allons maintenant nous pencher sur la nature de la semence et sur la relation qu’elle entretient avec son environnement.

Comme tout être vivant, la semence se définit comme ayant deux facultés complémentaires : celle de se reproduire tout en conservant ses caractéristiques existantes et celle de se modifier, d’évoluer. L’agriculture et la conservation des semences sont fondées sur cette première faculté tandis que la sélection et l’amélioration variétales sont fondées sur cette seconde faculté. Il existe, de plus, une relation très intime entre d’une part la semence, et ce qu’elle manifeste, à savoir la plante, et d’autre part l’environnement. La semence crée un environnement tout comme l’environnement crée la semence.

Pendant des millénaires, la semence était libre, elle est maintenant emprisonnée. Elle ne peut plus se reproduire : les hybrides F1 sont stériles ou dégénérescents. Cette stérilité atteint son paroxysme avec le gène “Terminator” (qui a été légalisé, il y a quelques mois, de façon très discrète, aux USA) qui programme génétiquement la plante pour se suicider. La culture in vitro (création de plantes à partir de quelques cellules) est un autre exemple de cette annihilation du cycle vital de la plante, de la semence à la semence. L’agriculture moderne occidentale a détruit le principe féminin au sein de la semence. Quant à sa capacité d’évolution dans le champ, n’y pensons plus ! Cette capacité a été remplacée par un concept nébuleux de “fixisme”, une autre pièce maîtresse de la mythologie agricole occidentale. Les semences n’évoluent plus en champs, elles sont fabriquées de toutes pièces dans les laboratoires de l’agrochimie.

L’emprisonnement des semences atteint aujourd’hui son paroxysme avec les GURTS “Genetic Use Restriction technologies”, dont la FAO est en train d’étudier les impacts potentiels sur l’agro-biodiversité et les systèmes de production de système agricoles. Qui plus est, non seulement la semence ne peut-elle plus se reproduire et évoluer mais elle ne peut plus produire par elle-même ! Les hybrides F1, les variétés de la révolution verte et les transgéniques ne peuvent se développer que grâce à tout un arsenal d’intrants. Elles sont en quelque sorte stériles et improductives.

C’est dans le cadre de cette imposture qu’il faut resituer la première offensive de l’industrie semencière, au début du siècle passé, qui a vendu très cher, aux paysans, des semences “certifiées”, à savoir indemnes (extérieurement) de tout parasite, mais programmées génétiquement pour être hautement susceptibles à une pléthore de maladies. Ce type de programmation, ou “emprisonnement”, atteint de nos jours son paroxysme avec les gènes dénommés “traitor” ou avec les GURTs “ Genetic Use Restriction technologies” dont la FAO est en train d’étudier les impacts potentiels sur l’agro-biodiversité et les systèmes de production de système agricoles. La semence est programmée génétiquement pour ne se développer qu’à condition qu’on la traite dans le champ avec tel ou tel produit chimique.

Nous espérons que cet exposé met clairement en valeur le fait que la nature de la semence génère, appelle, un type d’agriculture.
Les anciennes semences, les variétés alimentaires traditionnelles appellent une agriculture durable, respectueuse de la Terre Mère. Les semences F1, ou à haute productivité, ou génétiquement modifiées, appellent une agriculture totalement assistée par la technologie : irrigation massive, fertilisants de synthèse, fongicides, pesticides, herbicides, récolte mécanique, etc. Et réciproquement.

L’agriculture biologique intensive et productiviste offre un exemple poignant de ce principe fondamental : actuellement, 95 % des légumes bios produits sont issus de semences hybrides F1 provenant de l’agrochimie. Lorsque l’on veut produire des hectares de laitues bios, on ne pourra qu’utiliser des variétés très modernes résistantes aux 23 souches de bremia, une pourriture blanche de la laitue. Lorsque l’on veut produire des tomates bios en hiver sous des tunnels en plastique chauffés au fioul, on ne pourra qu’utiliser des variétés très modernes résistantes au verticillium, au fusarium, etc.

Ce type d’agriculture biologique qui a recours à des monocultures, à des cultures hors saison, à des intrants “organiques” qui sont les déchets de l’agro-industrie (farine de sang, farine d’os, farine de plumes, fumiers conventionnels chauffés à très haute température, moult de raisin…) ou à des intrants “organiques” qui sont de la biomasse volée au Tiers-Monde (guano, tourteau de ricin, fibre de coco ...) est très peu différente de l’agriculture conventionnelle et, d’ailleurs, elle en utilise les mêmes semences. On trouve sur les marchés bios, depuis plusieurs années, plus d’une vingtaine de variétés de choux-fleurs possédant un gène de radis (c’est une forme de transgénèse) et nous avons de sérieux doutes quant à la nature de certaines tomates bios dites “long life”.

Depuis plusieurs années également, il se trouve, sur le marché, des semences bios, et même “Demeter” (cultivées selon les cahiers de charge de l’A.B.) et qui sont des semences hybrides F1 ! À quand les semences OGM bios ?

D’aucuns nous considèreront peut-être comme de doux rêveurs passéistes. Cependant, essayons d’imaginer o combien “performantes” seraient les variétés paysannes traditionnelles si l’on avait confié, à la paysannerie, des milliards de dollars (ceux que l’on a utilisés pour faire des bricolages technologiques) afin de les améliorer, de les sélectionner et afin de conserver les ressources génétiques pour nourrir une population planétaire sans cesse croissante.

De bonnes vieilles semences bien fortes et un sol très fertile font des miracles. John Jeavons, avec son association Ecology Action en Californie, a prouvé, depuis trente ans, qu’un jardinage bio intensif peut nourrir annuellement une personne (végétarienne) sur seulement un dixième hectare, en climat tempéré. Selon son système, le jardin est constitué de 60 % de plantes à fibres (maïs, tournesols, quinoas, amaranthes à grain..) qui vont permettre de refertiliser le sol en faisant du compost végétal, de 30 % de plantes à calories (carottes, betteraves, navets…) et de 10 % de plantes à vitamines et à oligo-éléments (tomates, aubergines, piments, melons…).

En climat tropical, ou sub-tropical, on peut ainsi nourrir deux personnes (végétariennes) par dixième d’hectare seulement à condition bien sûr d’avoir de l’eau pour irriguer. Selon ces principes de jardinage bio intensif, les 150 millions d’hectares de terre arable qui sont disponibles actuellement en Inde pourraient nourrir trois milliards de végétariens. Où est le problème ?

Nous n’aurions pas à cœur de clore ce trop bref exposé sur la nature de la semence sans évoquer quelques belles images issues de cosmogonies beaucoup plus spirituelles que le paradigme occidental moderne sec et stérile. Dans la cosmogonie Andine, par exemple, celle du Royaume des Quatre Terres, l’ancien royaume Inca, la semence est un être vivant, et elle fait partie de Pachamama, la Terre Mère, et de la communauté au même titre que les hommes, les animaux, l’eau, les vents, les divinités et les esprits de la nature. La semence possède sa propre culture : elle vit avec vous et prend soin de vous mais elle s’en va, aussi, lorsqu’elle n’est pas appréciée ou lorsqu’elle est maltraitée. Lorsqu’une nouvelle semence arrive dans le jardin, il faut lui témoigner de l’affection, il faut la courtiser afin qu’elle puisse y rester. Et lorsqu’elle est fatiguée, les paysans Andins pensent qu’il faut la faire voyager dans d’autres biotopes, dans d’autres jardins.

Quant à Rudolf Steiner, fondateur de l’anthroposophie et de l’agriculture biodynamique, la semence est une entité mâle, un morceau de soleil, une semence d’étoile, qui va féconder la Terre Mère : la plante émerge de cet accouplement.

Puissent les semences d’étoiles revenir afin que la Terre Mère soit de nouveau fertile et accueillante car les semences ne sont pas nos semences, elles sont le cadeau de la Vie à elle-même.

Dominique Guillet


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L’Europe se met au tout halal

« un islam dissimulé et qui s’impose dans la vie quotidienne des centaines de millions d’Européens non-musulmans.»

Un remarquable article de synthèse sur la soumission au  halal des institutions  et de toute une série d’acteurs sociaux dans les pays européens.

——  Merci à Franco-français pour la traduction  ——–

 

L’Union Européenne, cédant aux groupes de pression musulmans, a discrètement renoncé à une nouvelle mesure qui aurait exigé des viandes halal (religieusement approuvées pour les musulmans) de porter une mention avertissant les consommateurs que les animaux n’ont pas été étourdis, et donc étaient conscients au moment de leur abattage.

Corollaire de la croissance exponentielle de la population musulmane européenne de ces dernières années, des milliers de tonnes de viande halal abattus selon le rite religieux musulman sont maintenant dans la chaîne de distribution, achetés et consommés à son insu par la population non-musulmane.

Les musulmans ont le droit de choisir des aliments halal, mais les non-musulmans n’ont pas le droit de choisir de ne pas manger la viande issue d’animaux abattus selon le rite musulman. “Halal“, qui en arabe signifie “légal” ou “moral“, est un terme désignant un objet ou une action qui est permise selon la charia, la loi islamique.

Dans le contexte de la nourriture, la viande halal provient d’animaux abattus à la main selon les méthodes prévues dans les textes religieux islamiques. Un tel procédé, appelé “dhabihah“, consiste à faire une rapide et profonde incision au niveau du cou avec un couteau tranchant de façon à sectionner la veine jugulaire, puis à laisser l’animal saigner à mort sans étourdissement, donc conscient. Il serait d’une importance vitale, selon le Coran, que le sang de l’animal s’écoule de son corps par “convulsion naturelle.”

« Cet égorgement de l’animal totalement conscient induit “une douleur et une détresse significatives.” » De nombreux vétérinaires non-musulmans déclarent la méthode cruelle et que, en tant que telle, elle devrait être interdite. En Grande-Bretagne, par exemple, le Farm Animal Welfare Council (FAWC), un organe consultatif auprès du gouvernement britannique, affirme dans un rapport que cet égorgement de l’animal totalement conscient induit “une douleur et une détresse significatives.” Le FAWC en déduit que :  “L’abattage sans étourdissement préalable est inacceptable et que le gouvernement doit abroger l’exemption actuelle.”

La British Veterinary Association (BVA) indique pour sa part qu’elle “estime que tous les animaux doivent être efficacement étourdis avant l’abattage pour améliorer le bien-être de ces animaux à l’abattoir. Toutefois, aussi longtemps que l’abattage sans étourdissement sera autorisé, le BVA plaidera en faveur d’un étiquetage clair de la viande provenant de cette source permettant à tous les consommateurs de bien comprendre les choix qu’ils font.”

« Des critiques s’élèvent, et dénoncent la violence faite aux animaux au nom de ces exemptions pour motif religieux .»

La législation sur la protection des animaux en Europe exige des abattoirs qu’ils étourdissent tous les animaux avant l’abattage, sauf s’ils sont rituellement mis à mort selon les pratiques d’une religion non-chrétienne. Mais des critiques s’élèvent, dénonçant la violence qui est faite aux animaux au nom de ces exemptions pour motif religieux.

Des millions de vaches, chèvres, dindes et de poulets sont abattus selon les normes halal, puis vendus à leur insu aux clients non-musulmans, permettant aux producteurs d’uniformiser leurs produits en un seul et même marché, important et donc plus rentable.

En Grande-Bretagne seulement, on estime que plus de 150 millions d’animaux sont tués chaque année selon le rite halal. Les critiques disent que ce nombre dépasse de beaucoup les besoins de la communauté musulmane et que le succès croissant des produits halal en Europe est résulte en partie du fait que le public non-musulman n’est pas au courant de l’origine halal de la viande.

« Des millions de vaches, chèvres, dindes et de poulets sont abattus selon les normes halal, puis vendus à leur insu aux clients non-musulmans  » Ils estiment que ce système permettant de vendre des produits de viande halal dans le secret a permis aux producteurs de s’ouvrir de nombreux nouveaux marchés à travers l’Europe, ce qui conduit à une augmentation énorme du nombre d’animaux abattus selon les méthodes halal. Le marché des aliments halal européen est actuellement évalué à 50 milliards d’euros (67 milliards de dollars), et devrait croître d’au moins 25% d’ici à 2020.

Les critiques de cette suppression de l’étiquetage du halal déclarent que l’UE a ainsi mis en place l’institutionnalisation effective d’une approche discriminatoire à deux niveaux dans l’identification de l’origine des viandes.

Cette controverse, comme tant d’autres, met en évidence la croissance de la communauté musulmane d’Europe, et démontre une fois de plus la montée d’un islam dissimulé et qui s’impose dans la vie quotidienne des centaines de millions d’Européens non-musulmans.

L’amendement 205 à la réglementation de l’UE sur l’information relative aux aliments, adopté par les membres du Parlement européen en Juin 2010 par un vote à 559 voix contre 54, aurait dû exiger que tous les  viandes ou  produits de viande provenant d’animaux abattus sans étourdissement préalable soient étiquetés comme suit: “issus d’animaux qui n’ont pas été étourdis avant l’abattage.”

Bien que la viande halal soit correctement étiquetée dans les boucheries et magasin spécialisés dans le halal, la réglementation de l’UE aurait dû informer les consommateurs non-musulmans de son apparition dans la distribution alimentaire traditionnelle.

Sans surprise, le passage du texte exigeant des producteurs de viande halal à fournir aux consommateurs plus d’informations sur l’emballage de leurs produits a exaspéré les musulmans, qui prétendent que ce marquage aurait peu à voir avec le bien-être animal, et refléterait un parti pris contre l’Islam.

Quoi qu’il en soit, l’abattage halal est autorisé dans tous les pays européens sauf quatre (Islande, Norvège, Suède et Suisse) et les controverses liées aux halal y sont de plus en plus monnaie courante.

En Grande-Bretagne, par exemple, une enquête du London Daily Mail a démontré que les chaînes de supermarchés du pays, les restaurants fast-food, et même certains hôpitaux et écoles servent des aliments halal sans en informer leur clientèle.

L’établissement scolaire Cheltenham College, qui se vante d’une éthique chrétienne forte, est l’une des écoles britanniques servant du poulet halal aux élèves sans les en informer. Même la plus grande chaîne d’hôtels et de restaurants de Grande-Bretagne, Whitbread, par ailleurs propriétaire des chaînes Beefeater et Brewers Fayre, admet que plus des trois-quarts de ses volailles sont halal.

A Londres, le Conseil Harrow  a provoqué une tempête de protestations après l’annonce de plans pour offrir uniquement des menus halal dans les 52 écoles primaires publiques de l’arrondissement. Les parents sont scandalisés de voir que la viande préparée selon la charia est imposée aux enfants non-musulmans.

A Derby, l’école primaire Dale  ne sert que de la viande halal certains jours de la semaine pour éviter la contamination croisée avec de la viande non halal. A Blackburn, l’école primaire Daisyfield est la première école non-musulmane a avoir été certifiée par le Halal Monitoring Committee.

A Birmingham, la chaîne Domino’s Pizza a ouvert un restaurant uniquement halal qui n’offre à ses clients ni jambon ni bacon. Les critiques estiment cette nouvelle politique discriminatoire à l’égard des non-musulmans. Domino’s affirme qu’il a “longuement réfléchi” avant de décider de ne plus offrir des produits à base de porc dans ce restaurant qui dessert un quartier à forte population musulmane.

La société indique qu’il y a “des solutions de rechange, tels que le jambon de dinde.” Dans le même temps, la plupart des repas en vol sur les avions de la British Airways pourraient bientôt devenir halal.

Grande-Bretagne toujours, à Londres s’est tenue la deuxième édition du forum “World Halal Forum Europe 2010” . Le thème en était: “Les produits et services Halal - Vers leur mise en place globale“.

En Espagne, les musulmans ont rejeté les efforts déployés par l’entreprise ferroviaire RENFE pour offrir des menus halal sur ses trains à grande vitesse. Le Conseil musulman d’Espagne estime qu’il n’est pas suffisant pour RENFE de simplement retirer l’alcool et le porc de ses menus. L’entreprise doit également prendre en considération la façon dont les animaux sont abattus, le type d’huile utilisé en cuisine, ainsi que se conformer à une liste d’autres revendications.

En Espagne toujours, dans son ensemble, la population musulmane a crû de près de vingt fois en seulement deux décennies et le marché intérieur des produits halal est aujourd’hui estimé à plus de 2 millions de consommateurs, auxquels s’ajoutent les quelque 7 millions de musulmans qui passent par l’Espagne chaque année, traversant le détroit de Gibraltar à destination de l’Afrique du Nord.

En Belgique, le ministère de la Justice a récemment lancé un projet pilote de formation des gardiens de prison, des médecins et des infirmières sur les problèmes pratiques liés au halal. Les détenus musulmans dans les prisons belges refusent souvent les médicaments parce qu’ils contiennent des graisses animales et les patients musulmans des hôpitaux belges refusent parfois des soins médicaux pendant le Ramadan. Dans le cadre de ses efforts de formation au halal, le ministère de la Justice a fait éditer un guide pratique intitulé “Comprendre le halal” .

En Belgique encore, les parents des enfants fréquentant la maternelle “De Kleine Kunstenaar“, dans la ville de Houthalen, ont récemment signé une pétition s’opposant à ce que leurs enfants soient obligés de manger de la viande halal lors des déplacements scolaires. “En raison de leurs croyances religieuses, les musulmans ne peuvent consommer que de la viande halal, mais cela ne signifie pas que nos enfants doivent la manger“, dit la pétition. Les parents sont en faveur d’un sandwich de remplacement pour leurs enfants, mais l’école rétorque que répondre à cette demande serait “pratiquement impossible“.

Au Danemark, une enquête a révélé que des milliers de tonnes de viande bovine dans les supermarchés danois sont abattus selon le rite du halal. En Finlande, une enquête a révélé que McDonald’s a servi secrètement de la viande de poulet abattus selon la charia à ses clients finlandais.

En France, la chaîne franco-belge de restauration rapide, Quick a retiré les hamburgers à base de bacon de son menu et les a remplacés par une version utilisant du bœuf halal et une tranche de dinde fumée. René Vandierendonck, le maire socialiste de Roubaix, déclare que ce changement n’est autre qu’une discrimination contre les clients non-musulmans.

Il a entamé des actions en justice contre Quick pour pratique préjudiciable d’une restauration religieuse. Il a également déposé une plainte auprès de la principale autorité anti-discrimination (NDLT: LICRA). Marine Le Pen, vice-président du Front national, déclare que le halal de Quick est “un impôt islamique“. Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, déclare pour sa part que cette politique de Quick une est atteinte à la laïcité franτaise, modèle d’intégration sociale.

En France toujours, où le marché de l’alimentation halal a doublé en cinq ans et est maintenant évalué à 5,5 milliards d’euros (7 milliards de dollars), Brigitte Bardot, défenseure des droits des animaux, explique que 80% des abattoirs français sont désormais halal : parce que la méthode est moins chère, plus rapide, et donc plus rentable.

En juillet 2010 en Italie, le gouvernement a signé un accord avec la communauté italienne musulmane établissant une organisation de certification halal. Ce nouvel organisme de certification, “Halal Italia”, garantira le respect des lois islamiques pour les produits alimentaires italiens comme les tortellini et les lasagnes. Le marché italien des produits halal est évalué à 5 milliards d’euros (6,5 milliards de dollars).

Le Ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, affirme que la certification “Made in Italy, islamiquement-correct” est destinée à faciliter “l’intégration progressive dans le tissu social des communautés musulmanes résidant en Italie.”

En Suède, où a été interdit l’abattage religieux des animaux depuis 1937, l’Association des musulmans de Suède (SMF) exige que les pratiques d’abattage halal soient légalisées. Le président de la SMF, Mahmoud Aldebe, dit que le gouvernement suédois doit respecter le droit démocratique des musulmans de Suède à exercer leur “libertés religieuses” et aider à trouver des moyens d’en permettre la pratique.

En Hollande, l’école primaire catholique de Weert a décidé de ne servir que de la nourriture halal pour son repas de Noël. L’école compte environ 400 élèves, seuls dix d’entre eux sont musulmans. Margo Janssen, directeur de l’école, estime que servir seulement de la nourriture halal pour Noël est la chose chrétienne à faire, car elle met les autres - les musulmans - en priorité.

Toujours en Hollande, plusieurs prisons néerlandaises servent dorénavant uniquement de la nourriture halal. Le ministère de la Justice néerlandais affirme qu’il est trop coûteux d’offrir aux prisonniers deux menus, halal et non halal, et qu’il a par conséquent été décidé de ne plus offrir que de la nourriture halal.

La prison de la ville néerlandaise de Sittard est actuellement poursuivie en justice par un prisonnier qui estime, en étant obligé de manger de la nourriture halal, recevoir une punition supplémentaire.

Source : http://www.hudson-ny.org/1799/europe-goes-halal


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