Texte Libre

Il faut redonner au Citoyen le pouvoir de maîtriser à nouveau son Avenir.
DEBOUT LA REPUBLIQUE !
2037535799_e469262c37.jpg
Construire en Terre, l'habitat écologique par excellence !


Articles récents

liste complète

Texte Libre

Le contraire du Courage, c’est le conformisme, c’est l’acceptation d’être comme tous les autres ou d’être comme les autres désirent que l’on soit.  Il faut  du Courage pour se tenir debout face à ses rêves, ses principes et ses valeurs.

DEBOUT LA REPUBLIQUE

Texte Libre

Le Courage c'est quand la Raison entre en Action,
pour un  Engagement   Altruiste.

DEBOUT LA REPUBLIQUE !

Texte Libre

Il ne sortira rien du Sommet de Copenhague, sur le plan du climat, car les émissions anthropiques de CO2 ne peuvent contribuer ni au réchauffement planétaire ni au refroidissement planétaire. La science à façon du GIEC est à l’image de la science agronomique moderne qui a oublié que le sol est un organisme vivant et non pas le réceptacle inerte d’un cocktail de poisons et de fertilisants de synthèse; à l’image de la science médicale moderne qui a oublié que le corps humain est un organisme vivant et non pas le réceptacle d’un cocktail d’aliments empoisonnés, de vaccins pourris et transgéniques et de remèdes de synthèse iatrogéniques. La science réductionniste du GIEC a réussi l’exploit de réduire le climat de l’être planétaire à une équation unique à une seule molécule, le dioxyde de carbone; elle a oublié que l’être planétaire est un organisme vivant dont la complexité échappe, et échappera toujours, à la petite compréhension du bipède qui s’est auto-proclamé le maître de la création; et elle a évacué de sa vision globale climatique la présence du soleil et de l’entièreté du cosmos. C’est une immense farce.

Dominique Guillet - Président de KOKOPELLI

Recommander

Texte Libre

La liste des pratiques agro-écologiques permettant de régénérer les sols agricoles est longue: le compost, les engrais verts, le BRF, les Microorganismes du Professeur Teruo Higa, l’agriculture de Fukuoka, la permaculture, les préparats de la biodynamie, les purins d’ortie et autres extraits fermentés, etc.

Et, bien sûr, la Terra Preta, “Black Earth”, les terres “noires” d’Amazonie. S’il est une technique qui illustre à merveille notre propos, la Révolution par le Carbone, c’est bien celle-là. Le cadre de cet article ne nous permet pas de développer cette technique quasi-miraculeuse (du point de vue de la science qui depuis 20 ans n’a pas réussi à en percer les mystères) et nous renvoyons le lecteur à des articles qui se trouvent sur la toile, ou au chapitre consacré à ce thème dans l’ouvrage “1491” et à un article de Bernard Leclercq, d’Auroville en Inde, sur le site de Liberterre.

N’est-il pas proprement fantastique que la Terra Preta (des “terres noires” créées par l’incorporation de charbons de bois activés en sus de débris de poteries d’argile et d’autres matières carbonées) puisse perdurer dans le sol durant des milliers d’années (qui plus est dans des zones tropicales où le lessivage est tel que les sols sont normalement très pauvres) et se “régénérer” naturellement au fil des années! Un gramme de charbon actif possède une surface “éclatée” de 500 mètres carrés.

Cela fait des années que nous avons mis en application les “Terra Preta” dans le sud de l’Inde: en l’espace d’une saison, des cultures de légumineuses croissent à 20 cm de hauteur, dans des sols hyper pauvres, et à 1m50 dans les mêmes sols agrémentés de ces charbons de bois actifs.

L’auto-régénération des sols agricoles par les charbons de bois actifs: c’est véritablement tout un programme politique.

Dominique Guillet Président de KOKOPELLI

Présentation

Calendrier

Mars 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Catégorie

Texte Libre

Nul homme ne peut vous révéler quoi que ce soit qui ne sommeille déjà dans l'aube de votre connaissance.
Car la vision d'un homme ne prête pas ses ailes à un autre homme.
Et comme chacun de vous se tient seul dans le savoir de Dieu ainsi chacun de vous doit rester seul dans sa connaissance de Dieu et dans sa compréhension du monde.
                Le Prophète - Khalil Gibran

Profil

  • : Enoch
  • L'Esprit d'Enoch
  • : Homme
  • : 07/04/1963
  • : Paris
  • : politique écologie économie mes enfants
  • : Passionné d'habitat écologique depuis plus de 20 ans et précurseur dans ce domaine, je me bats surtout pour la qualité sanitaire des produits utilisés dans l'habitat. Passionné d'économie, de politique et de transversalité des religions.

Texte Libre


Parle à la Terre et elle t'enseignera.
Job 12.7

Syndication

  • Flux RSS des articles

Retraites : 2010, une année décisive

dimanche 24 janvier 2010 par Jean-Jacques Chavigné   Des années décisives, notre système de retraites en a déjà connu depuis 1993 : 1995, 2000 (pour les retraites complémentaires du secteur privé), 2003… Mais 2010 sera de nouveau une année décisive parce que le gouvernement et le Medef ne sont pas encore arrivés à leurs fins et qu’ils comptent bien utiliser le déficit record laissé par la crise (produit direct de leurs politiques néolibérales) pour aller encore plus loin dans leur contre-réforme de notre système de retraite.

17 ans de contre-réformes

L’offensive de la droite et du patronat a commencé en 1993, en plein mois d’août lorsqu’Edouard Balladur et Simone Veil firent voter leur loi contre le système de retraite par répartition du secteur privé. La durée de cotisation passait de 37,5 à 40 annuités. Le calcul du salaire de référence servant au calcul de la retraite s’allongeait des 10 aux 25 meilleures années. Le montant des retraites n’était plus indexé sur les salaires mais sur les prix.

En 1994 et 1996, le patronat faisait subir aux retraites complémentaires du secteur privé une régression de même ampleur que celle qui avait été imposée aux retraites de base par la loi Balladur-Veil.

Au total, les réformes de 1993 et 1994-1996, entraineront mécaniquement une diminution de 20 points (de 78 % à 58 % du salaire moyen net) de la retraite moyenne des salariés du secteur privé, entre 1996 et 2030. Tous les effets de ces contre-réformes ne se sont donc pas encore fait sentir, loin de là.

En 1995, Juppé commit (du point de vue de la droite) une lourde erreur. Il s’attaqua à la fois aux retraites de la Fonction publique et à celles des services spéciaux (SNCF, RATP, EDF-GDF…) Il du ravaler ses 40 annuités. En 2003, Fillon ne commit pas la même erreur, il s’attaqua uniquement aux salariés de la Fonction publique et jura, la main sur le cœur, que les salariés relevant des régimes spéciaux n’étaient pas concernés par l’allongement de la durée de cotisation. Malgré des millions de manifestants, une unité syndicale (rompue la par direction de la CFDT après un aval donné à Raffarin et Fillon) et près de six mois de luttes, le mouvement social fut battu et se vit imposer les 40 annuités de cotisation pour qu’un salarié puisse bénéficier d’une retraite de base à taux plein.

En 2007, le gouvernement remettait cela et imposait (malgré des concessions très substantielles et de plus en plus perceptibles) les 40 annuités aux salariés des régimes spéciaux.

Aujourd’hui, c’est tout le salariat que la droite a en face d’elle

La droite n’a pas atteint son double objectif.

Le premier de ses objectifs est de bloquer le niveau des cotisations retraites là où il se trouve et financer un nombre de retraités qui va doubler entre 2000 et 2040 avec les mêmes ressources. A l’évidence, cela ne marge pas, le déficit des régimes de retraites (même si l’on fait abstraction des effets de la crise économique) s’accroît.

Son deuxième objectif est de faire reculer suffisamment la retraite par répartition pour faire une place de choix aux fonds de pension et ne plus laisser à un financement socialisé tout un champ d’accumulation qu’il veut voir revenir au capital. Un champ d’accumulation particulièrement juteux puisque, au Royaume-Uni, les adhérents d’un fonds de pension ne retrouvent que 50 % des sommes qu’ils ont versées sur leurs fonds de pension. Les 50 % restants s’étant évanoui en frais de gestion divers et en dividendes pour les actionnaires.

La droite ne peut pas compter aujourd’hui, sur le seul attrait de la retraite par capitalisation (les fonds de pension) et prétendre qu’elle construira avec eux un « troisième étage » de nos retraites. Qui n’a pas compris que ce troisième étage n’existerait qu’en siphonnant les ressources des deux autres régimes, de base et complémentaires ? Ce que font d’ailleurs déjà aujourd’hui les entreprises qui financent l’ « épargne-retraite » de leurs salariés alors que le Medef s’est refusé à consacrer des sommes équivalents au financement de la retraite par répartition en augmentant sa part des cotisations retraites. Qui n’a pas, également, compris que siphonner les ressources de notre système de retraite pour aller les jouer en bourse n’était pas vraiment, après la crise des nouvelles technologies et celles des « suprimes », un gage de pérennité pour nos retraite ?

La droite et le Medef doivent donc imposer un recul encore plus important aux retraites par répartition pour que tous les salariés qui en ont les moyens n’aient plus d’autres recours que de se tourner vers les fonds pension, qu’ils soient individuels ou collectifs (épargne retraite). Aux autres, il restera l’assistance et la grande majorité des retraités redeviendront, comme avant la retraite par répartition, des « vieux » et des « pauvres ».

La loi Fillon prévoit l’augmentation d’un an de la durée de cotisation en 2012, aussi bien pour les salariés du secteur privé que pour ceux du public. Et c’est cette augmentation que la droite devrait imposer à l’ensemble d’un salariat qui est pourtant encore loin d’avoir subi tous les effets de la crise économique. Or, la droite ne possède plus le levier magique qui lui avait tant servi depuis le mauvais coup perpétré contre les salariés du secteur privé en 1993 : à niveler par le bas les systèmes de retraites au nom de l’ « équité » du public et du privé puis du privé et du public face aux régimes spéciaux. Rares, de surcroît, sont aujourd’hui les salariés qui n’ont pas compris que (dans le public mais surtout dans le privé) augmenter la durée de cotisation revient à diminuer le montant de la retraite puisque la durée moyenne réelle d’une carrière dans ce secteur est de moins de 37 ans !

Du coup, la droite hésite et essaie de trouver un biais, un moyen pour ne pas heurter de face l’ensemble du salariat dont la revendication serait alors claire comme de l’eau de roche : « Non, à l’augmentation de la durée de cotisation ».

Le plus probable est donc que la droite tentera de nous imposer un système (le système suédois ou l’un de ses avatars) qui a pour elle un avantage évident : il permet de brouiller toutes les pistes. Avec ce système, il n’est pas possible, même quelques années à l’avance, de savoir à quel moment il sera possible de prendre sa retraite, ni à quel montant il sera possible de prétendre le faire. Chacun est renvoyé à sa propre carrière et à ses comptes « notionnels » sans qu’aucune mobilisation collective sur une revendication unifiante (« Pas d’augmentation de la durée de cotisation ») ne soit possible. On peut comprendre que le Medef et le gouvernement Sarkozy soient tentés par un tel système. Un système qui a, de surcroît, l’avantage de faire disparaître les âges butoirs de 60 et de 65 ans.

Le « modèle » suédois

Ce modèle est en train de faire des petits dans toute l’Union européenne. Non pas parce qu’il répond aux besoins des salariés ou des retraités mais parce qu’il répond parfaitement aux exigences du patronat.

Ce système resterait un système de retraite par répartition. Les cotisations d’aujourd’hui y assureraient toujours le paiement des retraites d’aujourd’hui. Il n’y aurait pas de passage par la case « épargne » mais tout serait calculé comme si tel était bien le cas. La logique de la retraite par répartition deviendrait une logique de retraite par capitalisation, selon la logique de la retraite par points, mais sans aucune concession. Chacun recevrait uniquement en fonction de ce qu’il aurait cotisé. La dimension solidaire de notre système de retraite disparaîtrait complètement.

Tant pis si vous avez eu une carrière difficile, si vous avez connu le chômage, si vous avez eu des difficultés à trouver un premier emploi un tant soit peu stable. Tant pis si votre employeur s’est débarrassé de vous dès que vous avez atteint l’âge de 50 ans : les périodes « « non cotisées » ne seraient pas prises en compte pour le calcul de votre retraite, alors qu’aujourd’hui, elles peuvent être, sous certaines conditions, « validées » et compter dans le nombre de trimestres nécessaires à l’obtention d’une retraite à taux plein.

Tant pis si vous êtes une femme et si votre carrière a beaucoup pâti du fait que vous ayez élevé deux enfants : aucun trimestres de cotisations supplémentaires ne vous serait du à ce titre. La base de calcul de la retraite de chacun serait uniquement ce qu’il aurait cotisé.

Pour Antoine Bozio et Thomas Piketty, les promoteurs de ce système en France, tout ce qui relève de la solidarité n’aurait plus rien à faire dans ce régime de retraite. Les budgets publics se chargeraient de la solidarité. Et chacun sait que tous les moyens leur seraient donnés. Il suffit de regarder d’un peu près le sort réservé aux aides accordées sous conditions de ressources : RMI, Assistance Médicale d’Etat (AME) ou CMU pour s’apercevoir qu’elles deviennent, à terme, la cible privilégiée de tous les gouvernements de droite.

Avec un système de ce type, il n’y aurait plus besoin de se poser le problème de savoir comment imposer une année de plus de cotisation à 26 millions de salariés. Le besoin de financement lié à l’allongement de la durée de la vie se traduirait automatiquement par une baisse du niveau des pensions ou par un allongement de la durée de cotisation. Et tout cela serait calculé individuellement pour chaque retraité, en fonction des tables d’espérance de vie, au moment où il prendrait sa retraite. Le repère collectif que représente l’objectif d’un taux de remplacement à un âge déterminé disparaitrait. Tout cela rendrait beaucoup plus difficile les luttes collectives pour améliorer les retraites. C’est bien ce que souhaitent la droite et le patronat.

D’autant qu’il est évident que si ce système s’imposait pour le régime de base des retraites du secteur privé, le patronat s’emploierait aussitôt à supprimer les quelques avantages « non contributifs » (non directement liés aux cotisations versées par le salarié) qui figurent encore dans les régimes de retraites complémentaires.

C’est bien pourquoi il ne faut, à aucun prix, mettre un doigt dans ce piège.

Le principal obstacle

L’obstacle le plus important à franchir dans la course qui s’engage, c’est la perte de confiance des salariés envers leur système de retraite par répartition qui s’accroît au fur et à mesure des attaques (couronnées de succès) subies par ce système.

Certes, tous les salariés devraient finir par recevoir un point annuel sur leur propre retraites, les trimestres cotisés, les points acquis dans les régimes complémentaires... Mais chaque salarié qui reçoit ce document sait fort bien que sa consistance et sa signification dépendront de l’évolution qu’aura subie la législation au moment même où il prendra sa retraite. Dix-sept ans de dégradation des retraites l’ont vacciné contre un trop plein d’optimisme.

La gauche, les syndicats devraient donc répondre à tout le travail de sape du patronat depuis près de 20 ans pour redonner confiance dans la retraite par répartition. Nous sommes aidés en cela par la méfiance des salariés de notre pays envers les fonds de pension. Une méfiance cultivée par des années de déboires financiers de ces mêmes fonds de pension.

Cela ne doit pas nous amener à nier les imperfections du système actuel : son incapacité (sans augmentation des ressources !) à assurer l’équilibre des retraites ; la perte de lisibilité du système (il suffit de rencontrer un pluri-pensionné pour comprendre l’ampleur du problème) ; la complexibilité du calcul des pensions ; la difficulté de piloter un système aussi parcellisé…

Tout cela est vrai et doit nous amener à proposer des solutions pour palier tous ces défauts. Mais il ne faut pas pour autant, « jeter le bébé avec l’eau du bain ». Car, avec un système « à la suédoise, tout serait plus complexe, plus opaque et plus inégalitaire qu’avec le système actuel. Le seul avantage serait son mode de pilotage automatique, mais seuls le patronat et le gouvernement actuel en seraient bénéficiaires.

Il faut donc revenir sans cesse sur le cadre dans lequel se déroule le débat sur les retraites et que la droite, le patronat, les grands médias s’acharnent à rendre totalement opaque. Il s’agit, bien sûr de la responsabilité de la crise économique dans le déficit actuel de nos régimes de retraites mais surtout du doublement prévisible de la richesse de notre pays dans les 40 années à venir, de la fin du papy-boom entre 2035 et 2040, du poids du chômage sur les retraites, de la soi-disant fatalité démographique qui voudrait que dans notre pays, le poids de « vieux » de plus en plus nombreux soit de plus en plus insupportable à des « jeunes » de moins en moins nombreux.

Il n’y a pas de fatalité démographique

Si l’on en croit la droite, le Medef et les principaux médias, nos retraites seraient victimes d’une véritable fatalité démographique.

A la fin des années 1990, tout ce beau monde annonçait que le taux de fécondité allait s’effondrer. En réalité, les démographes se sont aperçu qu’il n’en était rien et que la France était l’un des pays d’Europe où le taux de fécondité était le plus important (1,9 au lieu des 1,8 prévus). Les femmes n’avaient pas renoncé à avoir des enfants mais différaient leur arrivée à un âge plus avancé.

Quant aux nombres de retraités, il devrait certes augmenter de près de 63 % (selon l’INSEE) entre 2006 et 2050 : de 13 millions de retraités en 2007 à 21 millions en 2050. Mais cette augmentation sera le produit de deux facteurs, pesant chacun de l’ordre de 50 % dans cette augmentation : l’arrivée à l’âge de la retraite de la génération du baby-boom (les personnes nées entre 1945 et 1975) et l’allongement de la durée de la vie.

Ces deux facteurs n’ont pas la même durée. Le premier est limité dans le temps. Entre 2036 et 2040 commenceront à arriver à la retraite les classes « creuses » qui ont suivi le baby-boom. Le nombre de nouveaux retraités diminuera alors brutalement.

Quant au second, il n’a pas l’importance qui lui avait été donnée au début des années 2000. Selon le rapport du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) de 2007 « le taux de mortalité baisserait moins, conduisant en 2050 à une espérance de vie à la naissance inférieur à celle des anciennes projections, de 2 ans pour les femmes et de 0,5 ans pour les hommes ». Le nombre de retraités en 2050 serait donc inférieur de 650 000 aux prévisions antérieures. L’allongement de l’espérance de vie serait de 1,1 ans tous les 10 ans, soit 0,44 trimestres tous les ans et donc très loin du Medef et de son affirmation d’un allongement de l’espérance de vie d’un trimestre tous les ans. Le même rapport du COR précisait que le solde migratoire doublerait par rapport aux précédentes prévisions : 100 000 personnes de plus chaque année au lieu de 50 000.

Au total, en 2050, « on compterait environ 69 personnes de 60 ans et plus pour 100 personnes de 20 à 59 ans ». Ce qui est, bien sûr, plus élevé que la proportion de 2006 : 47 personnes de 60 ans et plus pour 100 personnes d’âge actif. Mais nous sommes très loin des scénarios catastrophes agités à la fin des années 1990 et au début des années 2000 : 81 personnes de 60 ans et plus pour 100 personnes d’âge actif. Cela signifie que la population en âge de travailler ne subirait donc pas, entre 2006 et 2050, la diminution de 4,1 millions de prévue par ces mêmes scénarios catastrophes, mais resterait stable.

Il ne suffit pas d’être d’ « âge actif »

Il ne suffit pas d’être âgé de 20 à 60 ans, encore faut-il avoir un travail. Car le chômage pèse très lourdement dans les difficultés de financement des régimes de retraite.

Le nombre de chômeurs réels, si l’on inclut les personnes dispensées de recherche d’emploi, celles qui ont renoncé après de multiples essais infructueux, celles qui ont été arbitrairement rayées des listes du « Pôle emploi », celles qui ont été comptabilisées dans d’autres catégories que la catégorie 1, s’élève, au minimum, à 3 millions.

Si l’on ajoute à ces chômeurs à plein temps, toutes les personnes qui travaillent à temps partiel ou n’ont qu’un travail saisonnier et souhaitent un travail à temps plein, c’est à un total d’environ 5 millions de chômeurs que nous arrivons.

Il est évident qui si ces 5 millions de chômeurs (partiels ou complets) avaient un emploi à plein temps et que des cotisations retraites étaient versées en conséquence, les finances des caisses de retraites s’en porteraient beaucoup mieux.

Dans une telle hypothèse, les caisses des régimes de retraite seraient aujourd’hui largement créditrices. Cela ne serait pas suffisant dans la perspective de 2040 et cela ne permettrait pas de revenir sur les réformes imposées par la droite mais ce serait quand même une bonne partie du chemin qui serait accomplie.

En 40 ans la richesse de notre pays doublera

C’est le point aveugle de tout débat sur les retraites. Jamais cet aspect déterminant de l’avenir économique n’a pu être publiquement débattu. Le Medef, le gouvernement tirent des plans sur la comète en oubliant cette donnée essentielle. Ils raisonnent (tout haut) comme si la richesse de notre pays n’allait pas évoluer au cours des 40 prochaines années et que c’est donc à richesse constante qu’il faudrait financer une augmentation de 63 % du nombre de retraités. Ils raisonnent (tout bas) en espérant que les profits pourront capter la partie de ces nouvelles richesses qui auraient dû revenir aux retraités.

Pourtant, dans les 40 années à venir, avec un taux de croissance moyen de 1,7 % par an, la richesse de notre pays aura doublé en 40 ans : de 1700 milliards d’euros environ à 3 400 milliards d’euros. Et il s’agit d’euros réels, une fois neutralisé l’inflation et donc d’une véritable augmentation de richesse, une augmentation considérable.

Certes, il faudra pour cela que l’économie mondiale évite l’écueil d’une nouvelle crise du type de celle que nous sommes encore en train de subir. Mais si tel n’était pas le cas, ce n’est pas uniquement notre système de retraite qui serait remis en cause. Comment, en effet, avec le niveau atteint par les déficits publics, les banquiers centraux pourraient-ils faire face à une nouvelle crise bancaire, sans que cela soit l’ensemble de l’économie qui s’effondre comme un château de cartes ?

Pour faire face à l’augmentation du nombre de retraités et pour abroger les réformes successives de la droite, il faudrait augmenter de 6 % la part du PIB destinée à financer les retraites. Ce n’est certes pas une petite somme mais c’est une somme, au total, parfaitement assimilable par une économie dont la richesse augmentera de 1 700 milliards d’euros au cours des 40 prochaines années. En 2050, une fois financés les 204 milliards liés à l’augmentation du coût des retraites, il resterait, en effet, encore près de 1 500 milliards d’euros, chaque année, pour financer les augmentations de salaire direct, les investissements privés et publics… Une paille !

Les trois paramètres de tout régime de retraites

Le rapport du COR de 2001 illustrait parfaitement les choix offerts à notre régime de retraite.

Premier choix : ne pas augmenter les cotisations retraites et ne pas diminuer le montant des retraites. Dans ce cas, il fallait augmenter de 9 ans la durée de cotisation.

Deuxième choix : ne pas augmenter les cotisations retraites et ne pas allonger la durée de cotisation. Dans ce cas, le montant moyen des retraites diminuerait de 78 % du salaire net moyen à 43 % de ce même salaire net. Ce qui signifierait pour un salaire net mensuel de 1 200 euros, une retraite qui diminuerait de 936 à 516 euros. Troisième choix : ne pas allonger la durée de cotisation, ne pas baisser le montant des retraites mais augmenter de 15 points le montant des cotisations retraites entre 2003 et 2040.

Jamais la troisième option présentée par le COR n’a été soumise au débat public alors que c’était de loin la solution la plus acceptable par l’ensemble de la population. 15 points d’augmentation en un peu moins de 40 ans, cela représentait 0,40 point d’augmentation par an. Qui pourrait prétendre qu’une augmentation de 0,25 point de la part patronale des cotisations retraites et de 0,15 point de la part salariale n’est pas préférable à un allongement de 9 ans de la durée de cotisation ou à une baisse de 25 points du montant des retraites ?

Ces trois paramètres ne disparaîtront pas avec l’instauration d’un système à la suédoise, ils seront simplement individualisés et rendus totalement opaques. C’est donc la discussion de cette troisième option qu’il faut imposer au Medef et au gouvernement.

Jean-Jacques Chavigné


Ecrire un commentaire - Communauté : DEBOUT LES REPUBLICAINS - Voir les 0 commentaires - Recommander - Publié dans : politique

Amende géante" de Dupont-Aignan (DLR) contre la "démagogie anti-voiture"

26/02/2010 13h36 GMT - RÉGIONALES-IDF-TRANSPORTS-PARTIS-DLR - Nouvelles de France - AFP

PARIS, 26 février 2010 (AFP) - Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) et une petite centaine de ses colistiers et militants en Ile-de-France ont déposé vendredi à Paris une "amende géante" devant le conseil régional, pour dénoncer la "démagogie anti-voiture et le matraquage fiscal" des Verts, PS et UMP.

Le député de l’Essonne, tête de liste aux élections régionales en Ile-de-France et qui a fait des transports le thème principal de sa campagne, veut dire "stop à l’intégrisme écologiste", dénonçant les diverses taxes (carbone, carte grise, carburants, etc.) imposées selon lui par le PS, les Verts ou l’UMP.

La "première cause de pollution en Ile-de-France sont les bouchons", a ajouté M. Dupont-Aignan qui entend ainsi "mettre à l’amende" le conseil régional.

Il faut "arrêter de culpabiliser" les Franciliens, "nous sommes favorables à des mesures pour l’environnement, mais je ne veux pas opposer automobilistes et usagers des transports en commun. Réconcilier les deux est possible", dit-il.

500.000 tracts aux dimensions d’une amende automobile ont commencé à être distribués sous les essuie-glaces des véhicules de la région, dénonçant le "matraquage fiscal" et promettant l’utilisation des "800 millions d’euros prévus pour couvrir l’avenue de Neuilly-sur-Seine pour débloquer les points noirs de circulation".

"Neuf millions de banlieusards sont oubliés par la gauche et la droite", a ajouté le président de DLR dont le parti fera mardi un "tour des vertitudes", à Roissy ou dans des gares RER, pour dénoncer les "aberrations" de la politique des Verts dans la région.

Le président du parti gaulliste a par ailleurs présenté 30 propositions "concrètes et immédiates" pour la région, des transports rénovés, des emplois mieux répartis, la construction de logements sociaux ou un "couvre-feu" du trafic aérien la nuit.

ff/aml/sd


Ecrire un commentaire - Communauté : Vos articles nous intéresse ! - Voir les 0 commentaires - Recommander - Publié dans : politique
Scandaleux, tout simplement.

Envoyez ceci aux Européens que vous connaissez !!!

La retraite à 50 ans avec 9.000 euros par mois pour les fonctionnaires de l'UE a été approuvée !!!!

Cette année, 340 fonctionnaires partent à la retraite anticipée à 50 ans avec une pension de 9.000 Euros par mois.

Oui, vous avez bien lu !!!

Afin d'aider l'intégration de nouveaux fonctionnaires des nouveaux états membres de l'UE (Pologne, Malte, pays de l'Est...), les fonctionnaires des anciens pays membres (Belgique, France, Allemagne..) recevront de l'Europe un pont d'or pour partir à la retraite.

POURQUOI ET QUI PAIE CELA ?

Vous et moi travaillons ou avons travaillé pour une pension de misère, alors que ceux qui votent les lois se font des cadeaux dorés.

La différence est devenue trop importante entre le peuple et les "dieux de l'Olympe" !!!

REAGISSONS par tous les moyens en commençant par divulguer ce message à tous les Européens.

Bonne journée à tous quand même.

C'EST UNE VRAIE MAFIA CES HAUTS FONCTIONNAIRES DE l'UNION EUROPEENNE....
A DIFFUSER LARGEMENT S.V.P


Les technocrates européens jouissent de véritables retraites de nababs...
Même les parlementaires qui, pourtant, bénéficient de la "Rolls" des régimes spéciaux, ne reçoivent pas le tiers de ce qu'ils touchent... C'est dire ! Giovanni Buttarelli, qui occupe le poste de "contrôleur adjoint de la protection des données", aura acquis après seulement 1 an et 11 mois de service (en novembre 2010), une retraite de 1 515 € / mois. L'équivalent de ce que touche, en moyenne, un salarié français du secteur privé après une carrière complète (40 ans).
Son collègue, Peter Hustinx, vient de voir son contrat de cinq ans renouvelé. Après 10 années, lui aura droit à près de 9 000 € de retraite / mois.
C'est simple, plus personne ne leur demande des comptes et ils ont bien décidé d'en profiter. C'est comme si, pour leur retraite, on leur avait fait un chèque en blanc.
En plus, beaucoup d'autres technocrates profitent d'un tel privilège :
1. Roger Grass, greffier à la Cour de justice européenne, va toucher 12 500 € de retraite par mois.
2. Pernilla Lindh, juge au Tribunal de première instance, 12 900 € / mois.
3. Damaso Ruiz-Jarabo Colomer, avocat général, 14 000 € / mois.
Consultez la liste :
http://www.kdo-mailing.com/redirect.asp?numlien=1276&numnews=1356&numabonne=62286

Pour eux, c'est le jackpot. En poste depuis le milieu des années 1990, ils sont assurés de valider une carrière complète et, donc, d'obtenir le maximum : 70 % du dernier salaire. Car, c'est à peine croyable... Non seulement leurs pensions crèvent les plafonds mais il leur suffit de 15 années et demie pour valider une carrière complète alors que pour vous, comme pour moi, il faut se tuer à la tâche pendant 40 ans et, bientôt, 41 ans.
Face à la faillite de nos systèmes de retraite, les technocrates de Bruxelles recommandent l'allongement des carrières : 37,5 ans, 40 ans, 41 ans (en 2012), 42 ans (en 2020), etc. Mais, pour eux, pas de problème, le taux plein c'est 15,5 ans... De qui se moque-t-on ?
A l'origine, ces retraites de nababs étaient réservées aux membres de la Commission européenne puis, au fil des années, elles ont également été accordées à d'autres fonctionnaires. Maintenant, ils sont toute une armée à en profiter : juges, magistrats, greffiers, contrôleurs, médiateur, etc.


Mais le pire, dans cette affaire, c'est qu'ils ne cotisent même pas pour leur super retraite. Pas un centime d'euro, tout est à la charge du contribuable...
Nous, nous cotisons plein pot toute notre vie et, au moindre retard de paiement, c'est la déferlante : rappels, amendes, pénalités de retard, etc.
Aucune pitié. Eux, ils (se) sont carrément exonérés. On croit rêver !

Rendez-vous compte, même les magistrats de la Cour des comptes européenne qui, pourtant, sont censés "/contrôler si les dépenses de l'Union européenne sont légales, faites au moindre coût et pour l'objectif auxquelles elles sont destinées.../ ", profitent du système et ne paient pas de cotisations.
Et, que dire de tous ces technocrates qui ne manquent pas une occasion de jouer les "gendarmes de Bruxelles" et ne cessent de donner des leçons d'orthodoxie budgétaire alors qu'ils ont les deux mains, jusqu'aux coudes, dans le pot de confiture ?

A l'heure où l'avenir de nos retraites est gravement compromis par la violence de la crise économique et la brutalité du choc démographique, les fonctionnaires européens bénéficient, à nos frais, de pensions de 12 500 à 14 000 € / mois, après seulement 15 ans de carrière et sans même cotiser... C'est une pure provocation !
Mon objectif est d'alerter tous les citoyens des états membres de l'Union Européenne. Ensemble nous pouvons créer un véritable raz de marée.

Il est hors de question que les technocrates européens continuent à jouir, à nos frais et en toute impunité, de telles retraites. Nous allons leur remettre les pieds sur terre.

Sauvegarde Retraites a réalisé une étude précise et très documentée qui prouve par "A+B" l'ampleur du scandale. Elle a déjà été reprise par les médias.

http://www.lepoint.fr/actualites-economie/2009-05-19/revelations-les-retraites-en-or-des-hauts-fonctionnaires-europeens/916/0/344867

Diffusons, diffusons massivement auprès de tous les relais de vingt-sept pays de l'Union Européenne, il en restera bien quelque chose !!! "


Ecrire un commentaire - Communauté : Vos articles nous intéresse ! - Voir les 0 commentaires - Recommander - Publié dans : politique
ZORRO ET LA BNP
du 22 au 24 février 2010 : Dans un titre très fort, l'économiste JP Chevalier, un cavalier dans la nuit qui vend ses analyses entre 5.000 et 10.000 euros, a titré "BNP: Pas de panique, on coule! et il explique qu'au "31 décembre 2009, le total des dettes se montait à 1977 milliards d’euros, soit 24,6 fois le montant des capitaux propres qui s’élevaient à 80 milliards d’euros ce qui représentait 4,1% du total des dettes. Les ratios de la BNP étaient donc totalement hors normes car µ doit être inférieur à 12,5, ou, autre formulation, le ratio Tier doit être supérieur à 8%". Notre lecteur Mr Arfeuille nous fait le résumé sur la Société Générale et la BNP, "deux gigantesques bombes à retardement". Et on comprend pourquoi les banques veulent garder votre argent à tout prix:
- Total des dettes réelles SG : 1000 milliards d’euros.
- Capitaux propres réels SG: 23,3 milliards d’euros.
- Ratio d’endettement µ SG: 42,9. Le total des dettes représente 42,9 fois le montant des capitaux propres.
- Pourcentage SG des capitaux propres par rapport aux dettes : 2,3 %.

- Total des dettes réelles BNP: 1987,6 milliards d’euros.
- Capitaux propres réels : 70,1 milliards d’euros.
- Ratio d’endettement µ : 28,4. Le total des dettes représente 28,4 fois le montant des capitaux propres.
- Pourcentage des capitaux propres par rapport aux dettes : 3,5 %.

Et il ajoute: "les banques communiquent sur leurs soi-disant "actifs", les banques roulent des mécaniques en montrant qu’elles possèdent des milliards d’euros d’"actifs" ... mais la moitié de ces soi-disant "actifs" ont une valeur réelle égale à zéro". En effet, c'est ça qui a coulé Lehman Brothers, obligé de vendre de toute urgence ses 2 tours Coeur Défense à 100 milliards de moins que le prix d'achat! Et voici la conclusion de Mr Chevalier: Oui, mais la réalité est pire encore ... BNP comptabilise les actions de préférence et les titres super subordonnés dans les capitaux propres, alors que ce sont des dettes de la banque vis-à-vis de l’Etat qui ne se considère pas comme actionnaire mais comme créancier ... Ces informations se trouvent page 57 dans les Etats financiers consolidés non audités. Sur cette base, les chiffres réels sont différents de ceux qui sont publiés officiellement ... Quand une banque publie une fois des informations qui ne donnent pas une image fidèle de la réalité, il y a de fortes chances pour qu’il y ait d’autres irrégularités quelque part (il y a certainement d’autres cadavres dans les placards selon l’expression consacrée). Enfin, j’ai le grand plaisir de constater que ce que j’ai écrit à ce sujet, mon µ (mu) est parfaitement juste puisque derrière la communication financière trompeuse de BNP, on voit très bien que les dirigeants ont bien compris l’importance de ce problème caché au bon peuple mais bien réel. A ma connaissance, je suis encore le seul à traiter de ce problème en France et en français". Voir ses tableaux ici, merci à Mr Arfeuille. Revue de Presse par Pierre Jovanovic © www.jovanovic.com 2008-2010


Ecrire un commentaire - Communauté : Vos articles nous intéresse ! - Voir les 0 commentaires - Recommander - Publié dans : politique
Les banques doivent-elles disposer du pouvoir de créer de la monnaie ? Non, car une telle possibilité que permet un système bancaire à couverture fractionnaire, induit l’instabilité économique et financière, une mauvaise allocation des ressources et des distorsions injustifiées dans la répartition des revenus…

Le principe actuellement en vigueur est nommé « système de crédit à couverture fractionnaire » est le vice fondamental de nos systèmes bancaires : la création monétaire qui lui est liée permet aux banques de faire du crédit en promettant de payer à vue des sommes pour lesquelles elles n’ont en réserve qu’une fraction de ces exigibilités, en jouant sur « la loi des grands nombres » et les compensations entre les entrées et les sorties de fonds.

Ce mécanisme du crédit bancaire considéré comme frauduleux a été critiqué pour:

(1)son caractère structurellement instable, puisque des actifs non liquides sont financés par des dépôts à vue volatiles par essence, d’où les crises financières à répétition,

(2)son extraordinaire capacité à amplifier les mouvements économiques, prix et activité, à la hausse et à la baisse ;

(3)les déformations qu’il engendre dans la structure des taux d’intérêt et dans l’appareil de production,

(4)les distorsions qu’il induit dans la répartition des revenus puisque, par le pouvoir d’achat qu’il crée « ex nihilo », il permet à ceux qui en bénéficient de « prendre sans offrir », détruisant ainsi les équilibres

Les plus grands économistes ont proposé de nouveaux systèmes pour le réformer en cherchant à dissocier la création de monnaie et la distribution du crédit, afin que l’investissement s’ajuste au mieux à l’épargne et que soit ainsi mis fin à l’instabilité chronique des économies. La plupart d’entre eux sont fondés sur un principe : la monnaie en circulation doit être couverte à 100% soit par des espèces métalliques Ricardo (1820), « Currency School » (1844), Walras (1892), Von Mises (1928), Hayek… Rothbard (1962), de Soto (1998), soit par de la monnaie de base (« groupe de Chicago » (1933), Currie (1932,1934), Fisher (1935), Friedman (1959), Allais (depuis 1947, 1977), le privilège de la création monétaire étant récupéré dans ce cas là par l’Etat.

Le 100% money permettrait de réguler les économies plus efficacement qu’à présent, d’améliorer leur productivité, de donner une solution aux problèmes budgétaires et de dette publique. Elle pourrait être la base d’une refondation d’un nouveau capitalisme. Le « 100% Money », impose aux banques un taux de réserve de 100% sur les dépôts à vue et assimilés.

***

I – Dissocier la monnaie du credit : l’approche du « 100% money »

But : obtenir une couverture intégrale par de la monnaie de base (monnaie de banque centrale) des dépôts considérés comme des disponibilités monétaires par les agents économiques (les dépôts à vue et assimilés).

A - mise en œuvre

1 – Séparation des banques en 3 types distincts selon les fonctions assurées

- Gestion des moyens de paiement par les banques de dépôts
- Financement par les banques de prêts
- Banques d’affaires

Tout rapprochement des 3 fonctions serait interdit

2 – Couverture à 100% des dépôts à vue par de la monnaie de base dans les banques de dépôts avec le soutien de la Banque Centrale

Les dépôts à vue dans les banques de dépôts devront être couverts à 100% par de la monnaie de base. La banque Centrale émettra autant de monnaie de base que nécessaire sous une forme à déterminer (achat d’actifs, prêt, don)

3 – Le rôle des banques de prêts sera limitée à la seule intermédiation financière
Dans leurs opérations de crédit, les banques devraient trouver des ressources à terme pour les financer

Celles-ci pourraient être levées sous deux formes :

(1) les dépôts à terme d’épargne

(2) des instruments négociables émis par les banques (du type certificats de dépôts).

Par rapport à la situation d’aujourd’hui, deux points sont à souligner.

(1) D’une part, les ressources à temps des Intermédiaires Financiers ne devraient pas être confondues avec de la monnaie et se différencieraient des caractéristiques de celles d’aujourd’hui soit par une liquidité moindre (Dépôts à terme), soit par des prix de sortie avant l’échéance plus aléatoires (« Debentures »).

(2) La transformation financière doit être interdite

4. La rémunération des services monétaires fournis par les banques de dépôts

Les banques de dépôts n’ayant plus les bénéfices de la création monétaire pour se rémunérer, les services monétaires seront payants. Les soldes de DAV ne doivent pas être considérées comme une épargne, même temporaire. Elles ont à être traitées comme un « stock-outil » utilisé par les agents économiques pour harmoniser leurs flux d’entrée et de sortie de fonds dans le temps. Elles n’ont aucun besoin d’être rémunérées.

B - Conséquences et Avantages du « 100% Money »

L’application d’une telle réforme permettrait d’atteindre trois grands groupes d’objectifs.

1. Une capacité de régulation économique sensiblement accrue par une maîtrise totale de la masse monétaire.

La quantité de monnaie en circulation deviendrait une variable totalement sous le contrôle de l’Institut d’Emission (Banque Centrale) sans que le comportement des banques (plus ou moins grande volonté de prêter) ou des agents économiques (plus ou moins grande volonté d’emprunter) puisse influer sur elle. Une telle situation présenterait deux avantages évidents

- La monnaie pourrait être dirigée selon une règle définie a priori

Cela pourrait être la stabilité des prix (Fisher) ou un taux «objectif » de hausse des prix permettant les ajustements «en douceur » de l’économie aux différentiels intersectoriels de productivité (Allais, avec un taux suggéré de 2% s’ajoutant au 2.5% de la croissance en termes réels).

- La monnaie deviendrait de ce fait inélastique aux « humeurs » des agents économiques

La disparition du crédit bancaire « pur », avec la création de monnaie ex nihilo qui lui est liée, ferait que la quantité de monnaie en circulation, elle, ne pourrait plus varier sans décision de la Banque Centrale. Tout emportement à la hausse ou à la baisse trouverait donc immédiatement sa traduction sur le marché des fonds prêtables par des variations de taux d’intérêt qui le freineraient progressivement. L’ampleur du « Boom » immobilier de la dernière décennie serait quasiment inconcevable dans un système de ce type.

2. Une efficacité accrue de l’économie par le rôle nouveau des taux d’intérêt, une meilleure prise en compte du prix des services et, pour Allais, l’interdiction de la transformation financière.

Aux avantages concernant la régulation économique s’ajouteraient tous les facteurs qui plaident pour une meilleure efficacité de l’économie sous le nouveau régime.

  • Des taux d’intérêt véritablement représentatifs des préférences des agents économiques

les taux d’intérêt ne deviendraient sensibles qu’à l’offre et la demande de fonds prêtables (investissement et épargne) dans une économie qui deviendrait monétairement neutre. Seuls les investissements rentables pour des taux d’intérêt véritablement représentatifs seraient sélectionnés et, donc, les risques d’un mauvais « aiguillage » de l’épargne seraient minimisés.

  • Le paiement du prix des services monétaires

cette mesure aurait un objectif utilitaire, équilibrer le compte d’exploitation des banques de dépôts et éviter le gaspillage de ressources.

  • L’interdiction de la transformation financière

Pour une échéance donnée, le taux d’intérêt doit égaliser la demande et l’offre d’épargne.

3. La fin des distorsions dans la répartition des revenus

Toute création monétaire ex nihilo donne un droit sur la production qui n’a pas été acquis par un produit ou un service vendu. Elle est par nature un « faux droit », un revenu non gagné, comme le soutiennent Allais et Rothbard, dont la substance s’assimile aux gains qu’obtiendraient de faux monnayeurs qui achèteraient sur un marché avec la fausse monnaie fabriquée ou prêteraient celle-ci contre intérêt.

4. la récupération des gains de la création monétaire par l’Etat.


La récupération des gains de la création monétaire grâce à cette réforme se ferait à travers

(1) de l’affectation de la création monétaire aux ressources de l’Etat, comme une recette budgétaire

(2) de la neutralisation de la dette publique dans le cadre du remboursement du prêt de la Banque Centrale aux Banques

***

II. Un réexamen du modèle Fisher- Allais

A. Le contexte actuel et la mise en œuvre du projet

C’est en fait seulement la nécessaire distinction à opérer entre la monnaie et l’épargne qui impliquerait une adaptation du comportement des agents économiques, dans la mesure où elle contrecarrerait la dérive que nous avons connue au cours des deux dernières décennies.

1. Désenchevêtrer les fonctions bancaires : Des nécessités de la Réforme et de la situation présente…

La constitution actuelle de méga-banques est trop problématique pour la société :

(1) aucune preuve de véritables économies d’échelle (Tobin, 1985 et 1987),

(2) obstacles à la concurrence sur les différentes fonctions prises individuellement,

(3) conflits d’intérêt et mauvaise allocation des ressources de l’épargne,

(4) puissance financière déstabilisante sur les marchés de capitaux,

(5) gestion des risques trop complexe,

(6) taille trop importante par rapport aux capacités des Etats (« too Big to fail ; too big to save »)…

2. La pierre angulaire: les « Compagnies de Services Monétaires » (Banques de dépôts)

Éléments clefs de la réforme proposée, les CSM seraient la pierre angulaire de l’ensemble par leur invulnérabilité aux chocs du fait de leur structure et de leurs règles de fonctionnement:

(1) une couverture à 100% des dépôts de leurs clients, ceux-ci étant considérés comme des espèces à garder

(2) un accès au réseau général des paiements,

(3) aucun crédit possible, les paiements se faisant en temps réel en fonction des provisions des clients sur leurs comptes.

En fait, ces CSM seraient des « usines » de haute technologie reliées à une multitude de clients à travers des centres d’appel, des centres de contacts automatisés au niveau local ou via Internet. Elles seraient totalement ouvertes à la concurrence, celle-ci se faisant à la fois sur les prix et la qualité des services.

En effet, en sus de leurs opérations purement « monétaires », elles pourraient développer des services annexes sans risques et lucratifs comme le courtage (passage d’ordres sur les marchés), la distribution de produits financiers (investissement et assurances), voire des activités de conservation de titres. Aujourd’hui, il n’y a plus d’obstacles majeurs au développement de ces structures qui existent déjà avec le développement des banques en ligne et d’acteurs comme Fortuneo ou Boursorama… Quant aux populations n’ayant pas accès à Internet ou à des services locaux informatisés (personnes âgées par exemple) et qui nécessitent des services de proximité, ce serait à la discrétion des banques d’y pourvoir si elles y trouvent leur intérêt, sachant que la banque Postale trouverait là une forte justification à son existence.

3. Les organismes de financement comme « purs » intermédiaires financiers (Banques de financements)

Dans le nouvel environnement créé par la réforme, tous les organismes de financement seraient placés sur le même plan (refinancement sur ressources d’épargne), quitte pour eux de se différencier comme ils l’entendent. Du point de vue des différents aspects de leur activité, les points suivants doivent faire l’objet de réflexion.

  • Les produits de financement offerts aux emprunteurs : a priori aucun changement

  • La gestion actif-passif : le problème de la transformation financière

  • Le cas particulier des SICAV monétaires et autres fonds de placement : une rentrée dans le rang ?

4. Capital, Contrôle, Supervision : Un changement radical

L’impossibilité de contrôler un système à couverture fractionnaire étant maintenant avérée, un véritable délire règlementaire et prudentiel s’est emparé de la planète politico-financière après la crise. Il s’avère que, dans le cadre du « 100% Money », les solutions seraient remarquablement simples.

  • Fin de toutes les garanties d’Etat et responsabilisation de toutes les parties prenantes

A partir du moment où la quantité de monnaie en circulation serait complètement sécurisée par elle-même, car devenant en fait l’équivalent d’un simple dépôt d’espèces, tout le reste en découlerait : (1) Il n’y aurait pas d’écroulement possible du système comme un château de cartes, à l’instar du système actuel (plus de risque systémique possible), (2) Chacune des parties du système financier pourrait défaillir sans que cela ait de répercussions sur les autres

  • Des exigences de capital minimales et, éventuellement, libres

Les propositions de ratios de capital (capital/actifs pondérés par le risque) tournent au gaspillage de capital (10%, voire 15% pour les banques suisses à l’horizon 2013). Dans le cas du régime proposé, ce serait une toute autre approche qui prévaudrait: (1) Les CSM auraient besoin de très peu de capital pour couvrir quelques risques opérationnels, (2) Pour les banques, les exigences en capital pourraient être laissées au choix des banques et… de leurs déposants, avec l’aide des agences de notation, (3) Pour les autres types d’institutions, et en premier lieu la Banque d’Investissement, la liberté totale serait donnée aux acteurs.

  • Des instances de supervision et de contrôle allégées

Par rapport à l’appareillage bureaucratique qui se met en place au niveau national et international pour superviser l’activité bancaire et aux coûts induits de plus en plus lourds que subissent les organismes bancaires pour satisfaire à toutes les exigences de contrôle en tous genres requis par ces instances proliférantes, la réforme monétaire offrirait une alternative particulièrement attractive. Les instances de supervision et de contrôle pourraient se transformer en fait en structures très légères dont les objectifs premiers seraient de vérifier que les règles en matière monétaire ne sont pas contournées et que les informations données au marché sont correctes, puisque ce serait à ce dernier, c’est-à-dire aux actionnaires et aux épargnants-déposants-investisseurs, de faire la police à travers les choix qu’ils feraient et les conditions qu’ils exigeraient pour financer les intermédiaires financiers.

B. La transition : un processus transparent sans traumatisme majeur pour aucun acteur

La mise en place de la réforme devrait respecter les trois conditions qui, seules, peuvent la rendre acceptable :

(1) une très grande simplicité dans la mise en œuvre ;

(2) aucun impact sur les relations des banques actuelles avec leurs clients au niveau des opérations courantes, hors le transfert nécessaire des dépôts vers les CSM;

(3) de ce fait aucune perturbation, de quelque nature qu’elle soit, dans les flux de financement de l’économie.

Dès lors, le déroulement du processus, schématisé ci-après, pourrait se présenter de la manière suivante :

1. Première étape : Transfert des dépôts et prêt de la Banque Centrale

A un jour J donné, les dépôts à vue et autres dépôts assimilables à des encaisses devraient migrer vers les CSM. La banque Centrale interviendrait alors sous forme d’un prêt rémunéré aux banques actuelles pour que le transfert s’effectue sans heurt.

=> De facto, les CSM couvriraient les dépôts à vue reçus par de la monnaie de base à 100% et le prêt de la Banque Centrale remplacerait les dépôts à vue au passif du bilan des banques actuelles qui deviendraient des banques de Financement spécialisées.

2. Le remboursement progressif du prêt de la Banque Centrale par les banques et la neutralisation induite de la dette publique

Au fur et à mesure que les crédits faits aux clients arriveraient à échéance, les banques pourraient choisir de rembourser l’emprunt fait auprès de la BC (mais elle pourraient rester débitrices) et de se refinancer à travers de nouveaux dépôts à terme ou l’émission de « Debentures » pour le renouvellement des prêts anciens ou la production de nouveaux crédits .En cas de remboursement, la BC, pour contrebalancer la destruction de monnaie de base liée à cette opération, achèterait des titres publics sur le marché, créant par là même la monnaie de base et des liquidités prêtes à s’investir… dans les « Debentures ».

=> C’est à travers ce processus que pourrait s’effectuer le « swap » entre la dette publique et la dette privée. Les taux d’intérêt sur les titres publics seraient tirés à la baisse compte tenu de la pression acheteuse qui s’exercerait sur eux de la part de la Banque centrale, tandis qu’il y aurait une grande demande de la part des banques pour collecter des fonds en utilisant leurs propres instruments. Il y aurait nécessairement un « spread » qui se créerait pour équilibrer tous les marchés et ce « spread » ne serait pas nécessairement élevé compte tenu du nouvel environnement ultra-sécurisé. C’est ainsi que s’opèrerait progressivement une neutralisation de la dette publique d’un montant égal au prêt de la BC, lui-même égal à la monnaie en circulation (dépôts dans les CSM)

Une fois, l’activité de services monétaires séparée de l’ensemble, le processus d’exécution serait remarquablement simple et apparaîtrait pour une large part comme un jeu d’écriture entre les acteurs du jeu bancaire sans incidence majeure sur les comportements habituels des autres acteurs. Toutes les conditions préalables seraient respectées et il apparaît bien qu’il n’y aurait aucun risque inflationniste dans la mise en œuvre du « 100% Money » puisque la création de monnaie de base par la banque centrale serait immédiatement gelée par un taux de réserve de 100% de la part des CSM, ce qui revient à dire que la réforme ne conduirait à aucune variation de la masse monétaire en circulation. Par rapport à la récupération de la rente monétaire, il est intéressant de noter que celle-ci pourrait se faire totalement à la discrétion de la Banque Centrale (et donc de l’Etat) et pourrait commencer dès le lancement de la réforme. Il n’y aurait aucun besoin d’attendre la neutralisation de la dette publique, qui prendrait en tout état de cause du temps. Il suffirait de jouer sur les conditions du prêt aux banques pour progressivement mettre les conditions de ce prêt en ligne avec les conditions normales du marché, poussant ainsi les banques à son remboursement.

C. Estimation des ordres de grandeur : Quels sont les enjeux ?

Les quantités à estimer sont les suivantes : le montant d’actifs monétaires susceptibles d’être déplacé vers les CSM, d’où découle le montant du prêt à la banque Centrale et l’ampleur de la dette qu’il serait possible de neutraliser. Dès lors, une estimation de la rente monétaire à récupérer s’en déduira. Dans tous les cas, il ne s’agit que de fournir un cadre de réflexion et montrer l’importance de l’enjeu pour notre temps. La méthodologie est simple et intuitive et peut s’appliquer pareillement à tous les pays.

1. Les principes d’évaluation du transfert vers les CSM et du prêt à prévoir de la banque Centrale

En partant du tableau consolidé de la masse monétaire dans chaque pays, les liquidités sont analysées selon leur composantes en partant de la plus liquide: le dépôt à vue, jusqu’à la moins liquide, en passant par les SICAV monétaires. Pour chacune d’elles, il est attribué un intervalle probable de valeurs pour le coefficient de substituabilité à l’encaisse, suffisamment large pour nous ayons quelques chances que la vraie valeur se trouve quelque part dans cet intervalle. Il est possible d’avoir ainsi des équivalents-monnaie pour chaque composante et de les sommer pour disposer d’une estimation de ce que pourrait être une évaluation basse et haute de la quantité de monnaie dont on peut attendre un transfert vers les CSM. C’est un point capital puisqu’elle commande le prêt de la Banque Centrale et, in fine, le niveau de la dette publique qu’il serait possible de neutraliser à l’issue du processus. Une fois cette estimation réalisée, il suffit de la rapprocher de la dette publique, pour avoir un ordre de grandeur du pourcentage de la dette publique qui pourrait être neutralisé par une application de la réforme. Dès lors, avec ces éléments, les deux grandeurs qui nous intéressent peuvent être déterminées :

- L’importance des ressources budgétaires annuelles liées à la création monétaire, en appliquant le taux de croissance annuel requis (pour la masse monétaire estimée, soit 4.5% (2.5% pour la croissance réelle, + 2% pour le taux de hausse des prix objectif),

- L’économie d’intérêt qu’il serait possible de réaliser si la dette publique était absorbée par la Banque Centrale, touchait les intérêts et les redonnait au budget de l’Etat sous forme de dividendes. Il suffit en première approximation de rapprocher les intérêts payés par le Trésor du pourcentage de la dette qui serait neutralisée.

En sommant les deux composantes, l’estimation des gains annuels de la réforme pour l’année de départ se dégage, sachant que la composante « seigneurage » (croissance annuelle de la masse monétaire) croit par définition à un rythme déterminé (4.5%).

2. Application au cas de la zone euro

Tous calculs faits , les gains résultant de la réforme monétaire pour la zone Euro se solderaient en régime de croisière, tous les ajustements réalisés par:
(1) un effacement au 2/3 de la dette publique (sur la base des chiffres 2007),
(2) des ressources budgétaires supplémentaires de l’ordre de € 400 mds soit environ 4.5 % du PIB de la zone euro

En première approximation, l’impôt sur le revenu pourrait être réduit de 50% à l’échelle européenne en régime de croisière, toutes choses égales par ailleurs.

Il ne s’agit pas de prendre ces chiffres au pied de la lettre, bien sûr. Mais, à notre sens, il donne une idée de ce qui est l’enjeu du débat sans compter tous les autres avantages de la réforme. Il ne s’agit pas d’un coup de magicien. Il s’agit tout simplement d’une récupération par la collectivité des gains de la création monétaire.

***

III – objections au « 100% money » et les réponses apportées.

Comme Phillips (1995) le remarquait, jamais aucun économiste n’a osé produire une réfutation en règle et globale du « 100% Money », soutenu par ailleurs, sous des formes diverses, par une kyrielle d’économistes parmi les plus grands (Ricardo, « Currency School », Walras, Von Mises, Hayek, Knight, Viner, Simons, Fisher, Machlup, Stiegler, Friedman, Allais, et, sous la forme du « Narrow Banking », Tobin et Minsky…).

Cependant, il y a bien sûr des objections et des interrogations qu’il est possible de regrouper en quatre classes.

A Le soutien au système bancaire classique

* Les banques sont des générateurs de liquidités pour les agents économiques et des « absorbeurs de chocs (de liquidités)

Les auteurs oublient tout le contexte, c’est-à-dire l’instabilité du système à couverture fractionnaire, en négligeant l’origine des dépôts (création monétaire) et la différence épargne-encaisse. Par rapport à l’objection avancée, le « 100% Money » permettrait de faire face aux besoins imprévus de liquidité dans un système complètement sécurisé (les lignes de crédit continueraient à exister, mais elles seraient gérées différemment).

* Il y a asymétrie d’information entre les banques et les déposants, les clients concédant aux banques la sélection de « bonnes contreparties » en échange de la disposition de leurs dépôts

Outre l’absence de tout fondement historique, juridique ou psychologique en ce qui concerne ce traitement du contrat Banque-déposant dans le cas de la banque traditionnelle, il apparaît de manière évidente que l’argument traite plutôt de l’intermédiation financière en tant que telle et ne va nullement à l’encontre du « 100% Money » puisque les banques de financement, dans un tel système, assumeraient cette tâche dans un univers plus sécurisé.

* Les banques mobilisent des liquidités et créent de la monnaie, ce qui permet de financer « plus » d’investissements (actifs illiquides)

Argument couramment avancé, il repose sur le sophisme d’une mobilisation de « ressources » alors qu’il s’agit en réalité d’une création de « ressources » fictives par duplication d’encaisse, le déposant continuant de disposer de son encaisse en vue des transactions qu’il planifie. ...La création monétaire ne crée jamais rien en régime normal mais spolie toujours…

* Contraints par la masse de l’épargne courante, les crédits seraient plus difficiles à obtenir dans un système de « 100% money » par rapport à ce qu’il en est dans le système actuel

Argument également « classique », celui de l’insuffisance de l’épargne. Il n’est pas recevable pour plusieurs raisons, théoriques et pratiques :

(1) dire que la création peut compléter l’épargne est un non-sens économique pour les raisons évoquées plus haut,

(2) il y a une confusion permanente entre la masse de crédits accumulés qui vont continuer à « tourner » (remboursement-renouvellement) et qui sont, dans la transition (qui peut durer), complètement refinancés par le prêt de la BC (avant de l’être éventuellement par substitution de la dette privée à la dette publique), et les nouveaux crédits qui n’en représentent qu’une petite frange.

B. Le système actuel ne peut-il être amendé afin d’éviter le traumatisme d’une réforme ?

Ces interrogations portent à la fois sur la politique monétaire et sur la politique règlementaire.

(1) Politique monétaire : Beaucoup d’erreurs ont été commises, mais est-il vraiment impossible de trouver un autre système que celui du « 100% Money » qui, lui, suppose la mise en place d’une règle stricte de contrôle de la masse monétaire ?

Le système bancaire à couverture fractionnaire est totalement impossible à contrôler par la politique monétaire comme l’a montré toute l’expérience historique : (1) avant-guerre : Crises de 1929 et 1937 ; (2) Après-guerre : arbitrage impossible entre inflation et chômage ; (3) dernières décennies : crises et « bulles » à répétition. Concernant les politiques monétaires « actives », il faut reconnaître l’impuissance générale à s’abstraire de « l’air du temps » et à anticiper correctement.

(2) Politique réglementaire : Après les systèmes « Bâle 1 » et « Bâle 2 », il devrait être possible de rendre ces systèmes plus sûrs en renforçant les exigences de capital, en limitant le coefficient de levier (rapport total actif/capital), en créant de super-instances de supervision et de contrôle…

Aucun système réglementaire ne peut remplir son rôle car

(1)l’impuissance de la politique monétaire lui enlève toute crédibilité puisque c’est elle qui pourrait combattre le risque systémique en contrôlant les déséquilibres économiques,

(2) ces systèmes sont par nature réactifs et rétrospectifs et, les acteurs contrôlés jouant avec leurs règles , ils ne peuvent jamais anticiper les désordres à venir ;

(3) ils ont toujours des effets non prévus qui sont toujours pervers ;

(4) Pour tenter de pallier leur impuissance, ils ont tendance à proliférer et à devenir de plus en plus coûteux.

…Dans un système de « 100% Money », tous ces systèmes seraient pratiquement inutiles.

C. Un système de « 100% Money » est-il réellement faisable dans le monde actuel ?

* Par rapport au système financier international, comment la réforme se positionne-t-elle ?

Il y a deux aspects à la réponse.

D’un côté, il nous parait possible de dire qu’il ne devrait pas y avoir de problèmes majeurs.

(1)Liberté des mouvements de capitaux dans un régime de changes flottants,

(2) fonctionnement comme par le passé des marchés de fonds prêtables sur toute la gamme des maturités.

D’un autre côté, des scénarios sont à étudier, comme la possibilité de recréation « off shore » d’un système bancaire à couverture fractionnaire en euros, mais les hypothèses que nous pourrions envisager aujourd’hui ne nous permettent pas d’entrevoir comment un tel système, plus risqué par définition que le système « officiel » de la zone euro, pourrait être plus compétitif et se développer d’une manière autonome.
''
  • Le système du « 100% Money » est-il antinomique de l’esprit d’innovation en matière de finance ?''

En dehors des « innovations » visant à gommer les frontières entre l’encaisse et l’épargne et heurter ainsi, à la manière de « faux monnayeurs », les intérêts de la collectivité, tout est libre dans le système proposé

(1) Pour les CSM, il s’agirait d’apporter aux clients les meilleures solutions en matière de « cash pooling », « cash management », tenue de compte, passage d’ordres, etc…

(2) Pour les autres Intermédiaires financiers et institutions, il n’y aurait aucune limite à l’imagination et toutes les techniques modernes de financement pourront être utilisées.

D. Qu’apporte le nouveau système en matière de régulation ? N’a-t-il pas lui-même ses limites ?

Le nouveau système permettrait un contrôle total, au moins en première approximation, de la masse monétaire d’où une meilleure maîtrise de la conjoncture économique. Des questions se posent cependant.

* Les Etats ne pourraient-ils pas être tentés d’utiliser leur pouvoir pour faire marcher « la planche à billets » ?

Dans le « 100% Money » l’Etat récupèrerait les gains de la création monétaire mais pas le contrôle. Celui-ci serait confié à la Banque Centrale agissant sous un mandat impératif protégé par la Constitution.

* Toutes les fluctuations économiques pourraient-elles être maîtrisées ?

Les fluctuations de la demande de monnaie (vitesse de circulation) seraient toujours possibles, mais il y aurait deux effets stabilisateurs dans le « 100% Money » : (1) Aucune élasticité de la masse monétaire et rôle régulateur des taux d’intérêt, (2) coût des encaisses conduisant les agents économiques à conserver ce qui est strictement nécessaire pour leurs transactions (fonds de roulement)

* Qu’en est-il des mouvements boursiers ?

Ils seraient inévitables avec des emballements et des « déprimes » possibles, car la vitesse de circulation de l’argent investi en bourse est incontrôlable. Il y a cependant deux remarques importantes à formuler : (1) En l’absence de création monétaire, le « margin trading » ne pourrait être financé que sur les fonds disponibles et l’épargne courante, de telle sorte qu’un emballement spéculatif entraînerait immédiatement une montée des taux d’intérêt, (2) Les fluctuations violentes de la bourse n’ont que peu d’impact sur l’économie si elles ne déstabilisent pas le système financier, ce qui serait le cas dans le « 100% Money ».

* Pourrait-il être possible d’agir directement sur les encaisses détenues par les agents pour contrer une vague de pessimisme ?

Il est effectivement possible de se demander si une « taxe spéciale » sur les encaisses pour financer un programme d’investissement ne serait pas susceptible dans ce cas de jouer un rôle positif. On aborde là un champ exploré par Silvio Gesell (1906) et, de manière allusive, par J.M Keynes (1936).

E. La réforme proposée n’est-elle pas contradictoire avec le libéralisme et l’économie de marché ?

Une telle interrogation montre la régression qu’a connue la pensée économique au cours des deux ou trois dernières décennies. Elle a deux aspects.

* Est-ce une remise en cause du mouvement de dérégulation ?

Le secteur bancaire n’est pas une industrie comme les autres car son fonctionnement produit des « externalités » qui peuvent être dommageables pour les autres secteurs (Tobin, 1987, p. 179) et la création monétaire n’est pas un produit comme les autres car elle a un pouvoir déstabilisant et spoliateur. De plus, le système de paiements et l’intégrité du moyen d’échange sont des biens publics essentiels. Il est dès lors normal que la société dessine le système de paiement et de financement le plus sécurisé et le plus efficace possible tout en s’appropriant les gains de la création monétaire, ce mécanisme générateur par nature de « faux droits » sur la production. Il y a des dispositions législatives pour garantir les libertés, la sécurité et la santé publiques, la liberté du Commerce, les règles de la concurrence, etc… Le contrôle de la monnaie doit faire partie de cet arsenal de protection des intérêts des citoyens.

* Est-ce compatible avec les règles de fonctionnement d’une société libérale ?

Une seule réponse : tous les grands libéraux ont soutenu totalement un système de couverture intégrale des dépôts, soit par une encaisse métallique (Ricardo, Walras, Von Mises, Hayek, Rothbard…), soit par de la monnaie de base (Les économistes de Chicago, Currie, Fisher, Friedman, Allais…). Dans une société libérale, tous les secteurs doivent être libres sauf un : la production de monnaie. Sans ce contrôle, l’économie de marché secrète en elle-même les germes de son autodestruction.

CONCLUSION

A l’issue de cette revue de quelques projets, parmi bien d’autres, de restructuration du système bancaire, un enseignement apparaît avec clarté : Le système bancaire à couverture fractionnaire reste pour le bon fonctionnement de nos économies de marché un problème qu’il faut résoudre. ... La crise que nous venons de traverser apparaît comme un rappel aux réalités de nos économies et aux expériences de l’histoire : problème majeur hier, le fonctionnement des banques est un problème aujourd’hui et, si rien n’est fait, il le sera demain car il repose sur une faiblesse qui est un vice fondamental et incurable, la confusion entre la monnaie et le crédit.

les replâtrages sans avenir des structures branlantes du présent ne suffisent plus. Il faut trouver autre chose et peut-être que la solution est-elle de renouer avec cette tradition, illustrée par les plus grands économistes, qui a de tout temps dénoncé le caractère fondamentalement vicié du fonctionnement d’un système bancaire qui produit la monnaie dont nos économies ont besoin en émettant des crédits. Comme le soutient notre étude, toute véritable solution aux problèmes contemporains doit passer par la reconquête du Pouvoir Monétaire par la société, à travers une réforme radicale du système bancaire fondée sur la dissociation entre la monnaie et le crédit, autrement dit la réforme qui est restée dans l’histoire sous le nom du « 100% Money ».

Cette réforme permettrait d’atteindre, pour un coût finalement minimal, la plupart des objectifs auxquels il est possible d’aspirer aujourd’hui : meilleure régulation économique à travers un contrôle strict de la monnaie, plus grande efficacité dans l’allocation des ressources avec, donc, un impact positif sur la croissance à long terme ; capture par les Etats de la rente liée à la création monétaire ce qui permettrait de dégager des marges de manœuvre budgétaires très significatives.

Mais, peut-être, au-delà de tous ces bénéfices, une telle réforme pourrait devenir la pierre angulaire d’une nouvelle refondation du capitalisme, dont on parle beaucoup sans jamais être capable de lui donner un contenu réel. Au cours des deux dernières décennies, un esprit d’ « agiotage », pour reprendre l’expression si juste de Walras, s’est répandu comme une gangrène, avec pour principale source d’alimentation une création monétaire débridée à l’échelle mondiale. Même si d’autres réformes au niveau du fonctionnement des marchés capitaux sont aussi nécessaires, cette réforme serait une étape indispensable si on veut pouvoir changer l’état d’esprit régnant. En effet, en contrôlant la masse monétaire et en réservant ses gains au seul Etat, elle ferait cesser ce scandale de pouvoir « se servir sur le marché sans offrir ». Elle fermerait le robinet des « faux droits » et ouvrirait le champ libre aux véritables facteurs de richesses à long terme : L’épargne et l’initiative entrepreneuriale. Elle signerait le commencement de la fin pour les profiteurs de ce système né d’une fraude et qui a toujours été le cancer des économies de marché et des sociétés libérales : Le système bancaire à couverture fractionnaire.

Créé par: AJH Dernière modification: Mardi 23 de Février, 2010 08:08:28 CET par AJH




Ecrire un commentaire - Communauté : DEBOUT LES REPUBLICAINS - Voir les 0 commentaires - Recommander - Publié dans : politique
Envoyer cet article à un ami
Imprimer
Brèves /
Les derniers jours de l’euro ? 24 février 2010 - 16:38

23 février 2010 (Nouvelle Solidarité) – L’écroulement du système financier international, avec toutes ses conséquences, finit par faire éclater une vérité noyée dans bien des mensonges et encore plus d’illusions : le socle d’une monnaie n’est pas sa valeur « monétaire » (une convention), mais l’engagement d’un Etat-nation sur lequel elle repose (une intention). En bref, sans Etat, pas de monnaie. Et puisqu’il n’y pas d’Etat « européen », sa monnaie est un leurre.

Après le soi-disant triomphe des monétaristes keynésiens en 2009 (socialisant les pertes, tout en privatisant les profits), les déboires actuels redonnent de l’élan aux monétaristes libéraux, pour qui l’euro n’était qu’une vaste tricherie. Certains évoquent même la vengeance posthume de feu Milton Friedman, le père de l’école ultra-libérale de Chicago, conseiller du dictateur Pinochet et de Thatcher ! En 1999, peu avant l’adoption de l’euro, Friedman n’avait-il pas averti que « l’euro, en toute probabilité, ne survivra pas la première crise économique venue. La zone euro éclatera probablement après une dizaine d’années… »

En tout cas, le débat fait rage et plusieurs gouvernements préparent des options de rechange, au cas où… Même à Francfort, siège de l’illustre Banque centrale européenne (BCE), le doute gagne les élites. Inimaginable encore il y a un mois, la rédaction du quotidien libéral Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), dimanche dernier, dans un commentaire ayant comme titre : « Les pour et les contre, doit-on abandonner l’euro ? », avoue que sa rédaction est totalement divisée sur le sujet.

En France également, le tabou tombe. Dans une tribune parue dans le Figaro du 21 février sous le titre : « Il faut cesser de tricher avec l’euro ! », l’économiste euro-sceptique Jean-Jacques Rosa et l’ancien directeur du Figaro Philippe Villin, affirment que « les crises grecque et espagnole, qui vont s’accélérer dans les semaines à venir, sont une occasion unique de mettre un terme politique au contresens et à l’arrogance technocratique d’il y a vingt ans, qui a constitué la pire erreur de politique économique depuis la déflation Laval des années 1930 ».

Il est donc urgent de reconnaître « l’échec patent de l’euro ». Oubliant comment l’euro fut imposé à coup de crosses aux Allemands par feu François Mitterrand et Margaret Thatcher en échange d’une acceptation de la réunification, les auteurs affirment que si la monnaie commune est par terre, c’est la faute aux Allemands ! Car nos voisins d’outre-Rhin n’auraient vu dans l’euro que la poursuite de leur politique égoïste du « mark fort » : « La surévaluation structurelle du change est le choix de l’Allemagne, qui est seule capable d’exporter ses produits rares dans ces conditions, grâce aux talents et à la rigueur de sa population bien formée, âpre au travail et craignant toute inflation. Mais elle profite aussi de l’euro pour exporter des produits plus courants, relativement chers, dans la zone euro, à la faveur de la suppression de toute concurrence par ajustement des changes dans les pays plus inflationnistes comme l’Italie ou l’Espagne. Ces derniers, qui équilibraient jadis leurs comptes grâce à cette soupape de sûreté, ne peuvent plus le faire avec l’euro ».

Frisant la germanophobie, Rosa et Villin écrivent que cette politique de l’euro fort ne serait que l’accomplissement sournois « du rêve allemand des années 1930 : une zone industrielle autour du Rhin s’étendant de Rotterdam aux Alpes bavaroises, et s’appuyant sur un Hinterland de sous-traitance à bas coût dans les pays de l’Est, débouchant à l’ouest et au sud sur des régions agricoles, ou aujourd’hui touristiques – une zone Med en somme - dont les travailleurs se contenteraient d’un faible pouvoir d’achat ».

De là, prisonniers de la matrice idéologique monétariste, le pas est vite franchi pour défendre des dévaluations compétitives supposées stimuler comme par magie la compétitivité et la relance : « seule une dévaluation immédiate assurerait, comme la sortie du bloc or dans les années 1930, un ajustement à moindre coût et l’espoir d’une vraie reprise. Imaginons un instant la dynamisation qu’apporterait au marché espagnol, où les prix de l’immobilier ont déjà significativement baissé, une dévaluation de l’ordre de 30 à 50%. Toute l’Europe se précipiterait pour acheter en Espagne. La crise immobilière serait terminée en deux ans. L’économie espagnole repartirait sans que, dans la logique de l’union monétaire imaginée il y a vingt ans, les travailleurs espagnols aient à quitter leur pays pour aller chercher un hypothétique emploi à Düsseldorf ou à Hambourg… »

L’idée d’une réorganisation, par une procédure de banqueroute organisée, comme le défend Jacques Cheminade en France, n’effleure nullement l’esprit de ces messieurs, trop préoccupés à sauver les beaux restes des bulles spéculatives de toutes sortes.

Pour sa part, Jean-Marc Vittori, dans un éditorial des Echos, « Recommencer l’Europe », pose la question si la France pourrait survivre à la fin de l’euro. La réponse est simple : « La France a déjà initié à deux reprises des unions monétaires qui ont explosé de n’être que monétaires – Union latine dans la seconde moitié du XIXe siècle et le bloc d’or dans les années 1930. »

En tout cas, poursuit-il, l’Europe actuelle, qui trahit ses propres principes de solidarité, « cette Europe-là ne tourne pas rond (…) » Cependant, puisque réformer l’UE risque d’être bien trop compliqué, « mieux vaut recommencer avec quelques-uns. La France et l’Allemagne, bien sûr. Et aussi la Belgique (…) Et puis l’Italie, pour rééquilibrer le sud avec un pays resté assez prudent dans la crise. Sans oublier le Luxembourg, paradis réglementaire à surveiller. Et les Pays-Bas, pour que l’Allemagne ne se sente pas toute seule. On pourrait baptiser ce petit groupe le Comité européen pour construire l’avenir… »



Ecrire un commentaire - Communauté : DEBOUT LES REPUBLICAINS - Voir les 0 commentaires - Recommander - Publié dans : politique
Envoyer cet article à un ami
Imprimer
Brèves /
L’Europe est en faillite, faisons une autre Europe ! 24 février 2010 - 19:20

24 février 2010 (Nouvelle Solidarité) – Les porte-parole de la City de Londres continuent à jouer la déstabilisation de la zone Euro, pour mieux pouvoir obliger les Etats à adopter les politiques draconiennes d’austérité sociale dictées par les marchés financiers. Déjà sous le « fouet » des marchés financiers, qu’Olivier Blanchard qualifiait de bénéfique dans une interview au Nouvel Observateur du 4 février, la Grèce, l’Espagne, l’Allemagne et même la France, ont annoncé des coupes sombres dans les retraites, avec à la clé l’allongement de l’âge de la retraite ou des années de cotisations. Voilà comment les « marchés financiers » pillent la substance publique. Après avoir obligé les Etats à les renflouer sous la menace d’une faillite universelle, ils exigent désormais que ceux-ci réduisent leur endettement en coupant dans les dépenses sociales qui reviennent à l’Etat : retraites, sécurité sociale, chômage, etc.

Hier poursuivant ces attaques, Ambrose Evans-Pritchard révélait dans sa tribune du Daily Telegraph, l’étendue de l’endettement bancaire et public de l’Europe continentale, sans évoquer évidemment la situation encore pire de son côté de la Manche. Et cet endettement est proprement monstrueux ! La dette que les banques européennes devront refinancer en 2010 et 2011 atteint 1100 milliards d’euros : 560 milliards arrivent à échéance en 2010 et 540 milliards en 2011. Mais les banques auront du mal à trouver de l’argent dans un contexte où les Etats, qu’ils ont largement contribué à endetter, auront besoin eux aussi en 2010, de 1 600 milliards d’euros.

Selon Graham Secker de Morgan Stanley, cité par Evans-Pritchard : « L’échelle des émissions provoquera des effets de pénurie, les obligations d’Etat pouvant à elles-seules siphonner la grande majorité des capitaux. L’endettement qui a provoqué la crise n’est pas résorbé ; au contraire, nous constatons un transfert dramatique de la dette du secteur privé à celle du secteur public. Le thème le plus important de la macro économie dans les quelques années à venir sera de savoir comment les Etats pourront payer le service de la dette et réduire leur déficit. La Grèce pourrait bien être un avant-goût des choses à venir ».

Evans-Pritchard note aussi qu’en Allemagne, la BAFIN, l’agence de contrôle financier, vient d’avertir que les engagements des banques allemandes dans les pays du Club Med, pour l’équivalent de 522 milliards d’euros, pourraient comporter un risque systémique si une contagion venait à se développer à partir de la Grèce. C’est sans doute la raison pour laquelle, spécule Evans Pritchard, l’Allemagne se prépare à donner son feu vert à un plan de sauvetage de 25 milliards pour la Grèce.

Mais même si les « anglo-saxons » cherchent à tirer leurs marrons du feu dans un monde irrémédiablement en crise, force est de constater que l’Europe est aussi irrémédiablement endettée, conséquence d’un ordre financier mondial, dominé par la City de Londres et Wall Street, qui vit de la cavalerie financière depuis une trentaine d’années. Comment ça marche ? Imaginons, un million de personnes qui, chacune croit détenir 100 euros qu’il a empruntés à ses voisins, mais eux-aussi ont emprunté les 100 euros a un autre, qui les a emprunté à un autre et ainsi de suite. Rien ou presque ne reste au bout de cette chaîne.

Cette dette est impayable. Il faut se résoudre à remettre la zone Euro à plat, revenir aux monnaies nationales non pas pour se lancer dans des dévaluations compétitives, mais pour reconstruire, à partir des 6 pays fondateurs, une Europe des patries et de projets digne de ce nom. Il faudra, dans ce contexte, éliminer les avoirs spéculatifs, sauver de la faillite ordonnée tout ce qui est lié à l’économie physique et humaine et relancer l’économie productive comme nous le proposons dans le communiqué de Solidarité et Progrès, daté du 22 février.


Ecrire un commentaire - Communauté : Vos articles nous intéresse ! - Voir les 0 commentaires - Recommander - Publié dans : politique
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés