Texte Libre

Il faut redonner au Citoyen le pouvoir de maîtriser à nouveau son Avenir.
DEBOUT LA REPUBLIQUE !
2037535799_e469262c37.jpg
Construire en Terre, l'habitat écologique par excellence !


Articles récents

Liste complète

Texte Libre

Le contraire du Courage, c’est le conformisme, c’est l’acceptation d’être comme tous les autres ou d’être comme les autres désirent que l’on soit.  Il faut  du Courage pour se tenir debout face à ses rêves, ses principes et ses valeurs.

DEBOUT LA REPUBLIQUE

Texte Libre

Le Courage c'est quand la Raison entre en Action,
pour un  Engagement   Altruiste.

DEBOUT LA REPUBLIQUE !

Texte Libre

Il ne sortira rien du Sommet de Copenhague, sur le plan du climat, car les émissions anthropiques de CO2 ne peuvent contribuer ni au réchauffement planétaire ni au refroidissement planétaire. La science à façon du GIEC est à l’image de la science agronomique moderne qui a oublié que le sol est un organisme vivant et non pas le réceptacle inerte d’un cocktail de poisons et de fertilisants de synthèse; à l’image de la science médicale moderne qui a oublié que le corps humain est un organisme vivant et non pas le réceptacle d’un cocktail d’aliments empoisonnés, de vaccins pourris et transgéniques et de remèdes de synthèse iatrogéniques. La science réductionniste du GIEC a réussi l’exploit de réduire le climat de l’être planétaire à une équation unique à une seule molécule, le dioxyde de carbone; elle a oublié que l’être planétaire est un organisme vivant dont la complexité échappe, et échappera toujours, à la petite compréhension du bipède qui s’est auto-proclamé le maître de la création; et elle a évacué de sa vision globale climatique la présence du soleil et de l’entièreté du cosmos. C’est une immense farce.

Dominique Guillet - Président de KOKOPELLI

Recommander

Texte Libre

La liste des pratiques agro-écologiques permettant de régénérer les sols agricoles est longue: le compost, les engrais verts, le BRF, les Microorganismes du Professeur Teruo Higa, l’agriculture de Fukuoka, la permaculture, les préparats de la biodynamie, les purins d’ortie et autres extraits fermentés, etc.

Et, bien sûr, la Terra Preta, “Black Earth”, les terres “noires” d’Amazonie. S’il est une technique qui illustre à merveille notre propos, la Révolution par le Carbone, c’est bien celle-là. Le cadre de cet article ne nous permet pas de développer cette technique quasi-miraculeuse (du point de vue de la science qui depuis 20 ans n’a pas réussi à en percer les mystères) et nous renvoyons le lecteur à des articles qui se trouvent sur la toile, ou au chapitre consacré à ce thème dans l’ouvrage “1491” et à un article de Bernard Leclercq, d’Auroville en Inde, sur le site de Liberterre.

N’est-il pas proprement fantastique que la Terra Preta (des “terres noires” créées par l’incorporation de charbons de bois activés en sus de débris de poteries d’argile et d’autres matières carbonées) puisse perdurer dans le sol durant des milliers d’années (qui plus est dans des zones tropicales où le lessivage est tel que les sols sont normalement très pauvres) et se “régénérer” naturellement au fil des années! Un gramme de charbon actif possède une surface “éclatée” de 500 mètres carrés.

Cela fait des années que nous avons mis en application les “Terra Preta” dans le sud de l’Inde: en l’espace d’une saison, des cultures de légumineuses croissent à 20 cm de hauteur, dans des sols hyper pauvres, et à 1m50 dans les mêmes sols agrémentés de ces charbons de bois actifs.

L’auto-régénération des sols agricoles par les charbons de bois actifs: c’est véritablement tout un programme politique.

Dominique Guillet Président de KOKOPELLI

Présentation

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Catégorie

Texte Libre

Nul homme ne peut vous révéler quoi que ce soit qui ne sommeille déjà dans l'aube de votre connaissance.
Car la vision d'un homme ne prête pas ses ailes à un autre homme.
Et comme chacun de vous se tient seul dans le savoir de Dieu ainsi chacun de vous doit rester seul dans sa connaissance de Dieu et dans sa compréhension du monde.
                Le Prophète - Khalil Gibran

Profil

  • Enoch
  • L'Esprit d'Enoch
  • Homme
  • 07/04/1963
  • politique écologie économie mes enfants
  • Passionné d'habitat écologique depuis plus de 20 ans et précurseur dans ce domaine, je me bats surtout pour la qualité sanitaire des produits utilisés dans l'habitat. Passionné d'économie, de politique et de transversalité des religions.

Texte Libre


Parle à la Terre et elle t'enseignera.
Job 12.7

Syndication

  • Flux RSS des articles

Comment réformer les retraites ?

Avec la publication du rapport du COR, la question des retraites a pris une tournure biaisée. Disons-le tout net, ce rapport est absurde et constitue une approche inappropriée de la réforme des retraites. Les projections du COR sont absurdes car elles anticipent à 40 ans de distance ce que serait, à rythme de croissance constant, l’ampleur des déficits du régime de retraite. Ce faisant, on inscrit dans le marbre sur une période beaucoup trop longue les difficultés qui sont justement la cause, dans la France de ce début de XXIème siècle, de l’insuffisance de création de richesse, première cause du déséquilibre des caisses de retraite.

En cherchant ainsi à noircir le tableau pour imposer une réforme obligatoirement injuste, on dramatise la situation, comme en témoigne l’ampleur bien moins importante qu’on veut le dire du « trou » des retraites aujourd’hui – moins de 10 milliards de déficit à rapporter aux 250 milliards d’euros et plus versés chaque année sous forme de pensions ! La conséquence de cette irresponsable dramatisation n’est que trop prévisible : des Français encore plus inquiets, augmentant leur épargne et diminuant leur consommation, engluant davantage encore la France dans la récession.

Bref, on se résigne à partager le « gâteau » d’une richesse nationale stagnante en parts toujours plus petites, au lieu de le faire grossir pour maintenir des niveaux de pension corrects. Le tout sans voir l’effet dépressif de long terme ainsi généré sur l’économie française qui risque bel et bien, au final, d’entraîner le pays dans une spirale de paupérisation absolue et de transformer les prévisions du COR en prophétie auto-réalisatrice…

La vraie urgence est de faire grossir le « gâteau » en créant des emplois par le rétablissement de la compétitivité française, seul moyen de vaincre par le haut le déficit structurel des retraites. Cela signifie une politique d’électrochoc à laquelle se refusent les élites. Cela implique une action au niveau national et au niveau européen :

Au niveau national

 la baisse de l’impôt sur les sociétés pour les entreprises qui réinvestissent leurs bénéfices ;

 la forte baisse des charges sociales : si on avait engagé les 18 milliards annuels de la loi TEPA pour aider les PME à investir, on n’en serait pas là aujourd’hui ! ;

 la création, comme en Allemagne, d’une « TVA sociale » partielle, mettant progressivement à contribution les produits importés au financement de la protection sociale et diminuant, à terme, de 25% de coût net des biens français à l’export ;

 la remise en cause de l’oligopole bancaire dont les abus tarissent l’investissement dans l’économie productive.

Au niveau européen

 la sortie de l’euro pour dévaluer la monnaie et relancer l’économie française ;

 la lutte contre le libre échange déloyal des pays émergents, Chine en tête, à l’origine de la perte de substance économique de la France (charrettes des délocalisations et des « plans sociaux ») ;

 l’incitation à acheter les produits « fabriqué en France » pour mobiliser les Français autour de leur économie et responsabiliser leurs achats,…

Cette liste de mesures, non-exhaustives, provoquerait un vrai redressement de l’économie française, transformant le dynamisme démographique de notre pays - aujourd’hui un handicap avec des millions de bras inactifs - en véritable atout, faisant fondre les déficits et les dépenses « d’infirmerie sociale » tout en augmentant parallèlement les recettes.

Une telle évolution serait probablement susceptible de résoudre l’effet de ciseaux apparemment inextricable qui menace aujourd’hui la retraite par répartition : de plus en plus de pensionnés face à un volume structurellement insuffisant de cotisants.

Bien évidemment, la priorité donnée au rétablissement de la compétitivité n’interdit pas en parallèle le lancement d’une réforme sérieuse des retraites, en prenant le temps d’aboutir à des mesures transparentes et consensuelles, garantes de justice et donc d’efficacité.

Il s’agirait alors :

 d’unifier les régimes publics / privés,

 d’instaurer une retraite-plancher sur le modèle suédois (empêchant la paupérisation des retraités modestes),

 de moduler l’âge légal de départ en fonction de la pénibilité (prenant ainsi en compte la hausse de l’espérance de vie), par exemple dans le cadre d’un système de retraites à points calqué sur le modèle suédois (plus juste, plus transparent et plus rationalisé que son homologue français),

 de créer une contribution plus juste des revenus du capital au financement des caisses, avec la création d’une taxe Tobin et d’une taxe sur les banques,

 d’allonger progressivement la durée de cotisation pour tenir compte de l’allongement de la durée de vie, dès lors (et dès lors uniquement) que le taux d’activité des seniors augmentera substantiellement et permettra ainsi de rendre viable cette évolution. C’est une mesure de loin préférable à la fin de la retraite à 60 ans, qui pénalisera ceux qui ont débuté très tôt leur vie active, souvent dans des métiers pénibles.

On le voit, il s’agirait rien moins que de refonder le pacte social de la Libération à l’aune des évolutions sociologiques lourdes de la France de ces 60 dernières années, non pas de le démanteler comme cherche en réalité à le faire une réforme qui ne dit pas son nom.


Ecrire un commentaire - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE ! - Voir les 0 commentaires - Publié dans : politique

Débat parlementaire sur la loi de finances rectificative - Motion de renvoi en commission - Intervention de Nicolas DUPONT-AIGNAN - Lundi 31 mai 2010

Mes chers collègues,

Nous voici à nouveau réunis pour examiner le deuxième plan de sauvetage européen présenté par le gouvernement.

Après avoir voté à main levée, PS et UMP confondus, il y a un mois à peine, l’engagement de la France en faveur de la Grèce pour 17 milliards d’euros, vous nous demandez, Madame le Ministre, d’engager la garantie de la France pour 110 milliards d’euros supplémentaires.

Pour nous rassurer, vous nous expliquez qu’il ne s’agit que d’une garantie que vous ne serez pas obligée de mettre en œuvre.

Vous voulez nous convaincre que grâce à cette garantie nous allons à la fois désamorcer la crise de l’euro et sauver notre argent.

Je veux vous démontrer ce soir, par cette motion de renvoi en commission, que vous allez tout au contraire gaspiller des sommes considérables, creuser notre dette, accabler un peu plus le peuple français sans bien sûr résoudre la crise structurelle de l’euro.

Vous croyez gagner du temps et éviter le chaos. Vous allez tout au contraire accélérer la décomposition de la zone euro. Et ce, pour deux raisons majeures.

D’une part la politique économique et financière des dirigeants européens est incohérente, d’autre part le système monétaire sur lequel elle s’applique est frappé d’un vice de conception.

Tout d’abord, vous ne voulez pas reconnaître ce vice de conception de la monnaie unique. Vous ne voulez pas porter le bon diagnostic sur la crise de la zone euro.

Vous voulez croire que la crise est seulement conjoncturelle et qu’il suffirait de remettre un peu de raison dans la gestion des finances publiques grecques ou même françaises pour repartir du bon pied.

La vérité est bien différente et tant que vous ne le reconnaitrez pas, vous n’appliquerez pas le bon remède.

La crise de l’euro n’est pas conjoncturelle, elle est bien sûr structurelle. Vous faites mine d’avoir affaire à un problème transitoire de liquidités des économies du sud et de la France, alors que vous faites face à un problème durable de solvabilité, conséquence même de l’existence de la monnaie unique.

Cette crise structurelle de la zone euro est connue depuis des années. Nombreux sont les économistes qui l’ont pointée du doigt. De surcroît, la surévaluation de l’euro, fruit de l’aveuglement et du dogmatisme de la Banque Centrale européenne, a aggravé les difficultés.

Jean-Jacques Rosa, Jacques Sapir, Michel Aglietta, deux Prix Nobel, Maurice Allais et Joseph Stiglitz, et beaucoup d’autres encore, ont mis l’accent sur la divergence de plus en plus forte des principaux pays de la zone euro.

Elle se manifeste par un accroissement depuis 2000 des différences entre les pays de la zone euro dans le domaine de l’emploi, de l’épargne, de l’investissement, de l’inflation, de la croissance et de la balance des paiements…

Alimenté par les différences de dynamiques économiques et accentué par la politique allemande qui a cherché à profiter de sa position dans la zone euro en transférant une partie des charges de ses entreprises vers les ménages, ce phénomène a induit des distorsions de productivité considérables. On a vu le déficit du commerce extérieur de pays comme l’Espagne, l’Italie, l’Irlande et la Grèce augmenter de manière très importante. Sans parler de la France dont le déficit approche les 50 milliards d’euros. Ce sont bien ces différences de dynamique qui sont à la base de l’endettement de la majorité des pays de la zone euro.

Le schéma qui compare l’évolution des balances commerciales vis-à-vis du PIB, que voici, prouve cette divergence.

Lors du débat sur le traité de Maastricht, on nous disait : « dormez tranquille, l’euro va apporter la croissance, l’euro va faire converger les économies, l’euro va nous protéger de la spéculation, l’euro va nous permettre d’assainir nos finances publiques ».

Il n’en a rien été bien évidemment pour la raison simple que la zone euro n’est en rien une zone monétaire optimale. Pas de mobilité des travailleurs, pas de transferts financiers. Dans ces conditions, les pôles les plus compétitifs n’ont fait que se renforcer surtout quand ils profitaient de l’endettement facile des pôles les moins compétitifs, qui ont pu sans souci, au moins dans les premiers temps, laisser se développer un déséquilibre de leur balance commerciale.

L’Allemagne était bien contente de gonfler son excédent commercial vis-à-vis des pays du sud qu’elle accuse aujourd’hui de mauvaise gestion.

Et il est vrai que si les dirigeants grecs ont mal géré leurs finances publiques, on n’a pas le droit de dire cela des Espagnols. Leur budget était, je vous le rappelle, toujours équilibré et ce pays était même cité en exemple !

C’est bien l’application d’une monnaie unique, d’un taux d’intérêt unique, à des structures économiques différentes qui a généré, en Espagne, une bulle immobilière et une dette privée considérable.

De même, c’est l’absence d’ajustement monétaire comme par le passé qui, en Italie et en France, a asphyxié les entreprises, a entraîné les délocalisations, a fait explosé le coût social et financier du chômage et réduit les recettes fiscales.

Insuffisance de croissance liée à un euro surévalué, concurrence exacerbée entre des pays qui ne jouent pas dans la même division économique, ont naturellement conduit à compenser le manque de création de richesse par le déficit budgétaire et l’endettement.

Car l’euro a aussi été un euro-morphine, qui a permis de s’endetter sans douleur pour payer les dépenses courantes, par nature improductives, alors même qu’il contrariait les investissements d’avenir, par nature rentables ! Le monde à l’envers ! Car la monnaie unique a protégé ses pays membres de toutes représailles de la part des marchés internationaux, même lorsque les Nations vivaient largement au-dessus de leurs moyens. Ainsi donc, l’euro n’a pas permis d’assainir les finances publiques. Le seul bouclier qu’il a constitué, était un bouclier pour protéger nos vices !

Car, enfin, comment donner le moindre crédit au mythe de l’euro bouclier ? Cet euro qui ne nous a pas prémunis contre nous-mêmes, ne l’a pas fait davantage contre l’extérieur. L’Europe a connu une récession plus violente que les Etats-Unis, dont la crise est pourtant partie, et elle est en train d’en sortir beaucoup plus tardivement qu’eux. En attestent les performances économiques des deux côtés de l’Atlantique, avec une récession en 2009 de 4% Europe contre 2,5% aux Etats-Unis, une prévision de croissance pour 2010 de respectivement 1% en Europe et 3,5% aux Etats-Unis. Joli bouclier ! Puis, les marchés ont attaqué la zone, faisant mentir la dernière promesse d’un euro stabilisateur des économies européennes.

Echec sur la croissance, échec sur la convergence, échec sur la dette, échec sur la spéculation. 4 échecs pour 4 promesses, cela fait beaucoup ! C’est cette zone monétaire anti-optimale que mettent aujourd’hui à l’épreuve les marchés. Des marchés qui certes amplifient les phénomènes, mais des marchés que vous n’avez ni voulu ni pu dompter, car tout simplement au-delà de leurs excès, ils ne font que traduire une certaine réalité. Et comme le disait Lacan : « la réalité, c’est quand on se cogne ! »

Mais même groggy à force de se fracasser la tête contre le mur de la réalité, l’Union européenne prétend encore jouer les passe-muraille !

Vous avez tellement fait de l’euro, à tort, le symbole de l’Union européenne, un véritable dogme d’une nouvelle religion, que vous n’arrivez pas à admettre son échec.

Mais le comble aujourd’hui des dirigeants européens c’est que vous ne vous donnez même pas les moyens de mener une politique cohérente pour au moins en adoucir les effets les plus néfastes. Vous prétendez vouloir sauver l’euro, mais vous allez l’enterrer.

Car à un système déjà difficilement tenable, vous ajoutez une politique économique et financière totalement incohérente et c’est la deuxième raison pour laquelle votre plan ne peut qu’échouer. Vous êtes comme des enfants qui veulent toujours ajouter une brique supplémentaire à une construction qui penche déjà dangereusement jusqu’au jour où, patatras, tout s’écroule.

Car, en effet, votre plan de 750 milliards n’est qu’un leurre. Vous ne cessez de dire qu’il n’y a pas d’autre solution, mais celle-ci est tout sauf une solution. C’est une ineptie économique et politique.

La potion amère que vous infligez aux pays du sud, maintien dans la monnaie unique sans dévaluation et déflation interne pour soi-disant rétablir leur activité ne peut mener qu’au désastre. Le processus est bien connu : la diminution de la dépense publique en période d’assèchement de la dépense privée, plonge l’économie dans une récession cumulative, faisant exploser le chômage et les dépenses d’assistance sociale, tarissant parallèlement les recettes fiscales, et faisant au final exploser encore plus les déficits et la dette ! Faut-il donc que les leçons de l’histoire du XXème siècle aient à ce point été mal apprises ou oubliées ?

Car souvenez-vous, ce n’est pas l’inflation qui a mené au désastre à la fin des années trente, mais bel et bien la déflation, cette cure d’amaigrissement qui affaiblit tellement le sujet à qui on l’applique qu’il manque d’en mourir, au prix d’un lourd retard économique et de troubles politiques et sociaux maximum.

C’est ainsi que Pierre Laval et ses amis ont mis la France au supplice entre 1931 et 1936, affaiblissant à un niveau jamais atteint son industrie, qui ne fut pas à la hauteur à l’heure du réarmement ! Car la politique de relance faite par le Front populaire à partir de 1936, outre ses inconvénients propres avec la loi des 40 heures, ne fut pas assez vigoureuse pour réparer les dégâts énormes de cette déflation mortifère. D’ailleurs, il est particulièrement cocasse de voir aujourd’hui le PS voler au secours d’une politique archaïque, antisociale et antiéconomique, dont il avait logiquement et heureusement pris le contrepied il y a 74 ans ! Bravo, beau progrès de la pensée économique, Mesdames et Messieurs les socialistes !

Mais la déflation, ce fut aussi en Allemagne le carburant le plus efficace pour hisser Hitler au pouvoir : la preuve, la politique de déflation engagée par Brüning en 1932 permet au parti nazi de doubler ses voix aux élections de juillet de cette même année : 37,5% des suffrages contre 18% moins de deux ans plus tôt !

Cette impasse économique de l’austérité se double toujours en effet d’une impasse sociale puis politique. Les cures d’austérité vont mettre au supplice des peuples qui ne les supporteront pas longtemps, qui se révolteront à juste titre contre des politiques sacrificielles, dignes des prescriptions de Diafoirus, qui ne résolvent même pas les problèmes qu’elles prétendent traiter ! Avez-vous entendu parler des entreprises pharmaceutiques qui retirent du marché grec certains médicaments dont l’Etat veut voir baisser les prix ?

Ces politiques seront d’autant plus mal supportées qu’elles sont imposées aux gouvernements légitimes par des autorités illégitimes. Comment imaginer fonder une gouvernance économique par des mesures autoritaires d’une Commission de Bruxelles et d’une Banque centrale européenne qui ont été incapables depuis 10 ans de forger un horizon commun aux peuples d’Europe ?

En effet, on va soumettre l’ensemble des pays de la zone aux politiques de déflation, dont la Grèce (et bientôt l’Espagne) n’est que le laboratoire. Comment nous, élus de la Nation, pourrions-nous accepter d’être dépossédés par une autorité non-élue, sans autorisation ni mandat express du peuple français, de la souveraineté budgétaire ? En aurions-nous seulement le droit ? Et que signifierait d’autre la constitutionnalisation de l’interdiction du déficit public, que veut nous imposer aujourd’hui Berlin et Bruxelles ?

Lorsqu’on prend ainsi le pouvoir par la force, c’est manifestement qu’on veut mettre en œuvre des politiques qui ne seront pas acceptées par les citoyens et leurs élus. Et c’est bel et bien le cas, puisque le « gouvernement économique européen » qu’on nous promet n’est rien d’autre qu’un hyper pacte de stabilité ! Et peu importe que son prédécesseur ait déjà échoué par le passé, peu importe qu’il ait été contourné par ceux-là mêmes qui prétendent aujourd’hui le renforcer, peu importe que les politiques qu’il induit soient, encore une fois, contreproductives !

Je vous le demande, à quoi bon créer un gouvernement économique européen si c’est pour reproduire, en pire, les erreurs du passé, pour administrer des recettes économiques encore plus catastrophiques que celles qui nous ont d’ores et déjà mis dans la crise et le chômage ?

En définitive comment, Madame le Ministre, pouvez-vous d’une main nous demander d’apporter la garantie de la France pour 110 milliards d’euros alors que de l’autre main vous soutenez une politique d’ajustement qui empêchera les pays que vous prétendez aider à s’en sortir ? La Grèce, vous le savez déjà ne pourra pas nous rembourser. Mais les banques sont habiles, elles seront remboursées, elles, et c’est le contribuable qui sera une nouvelle fois le dindon de la farce.

Vous le voyez mes chers collègues, ce n’est pas en plaquant un mauvais plan de sauvetage sur un système monétaire vermoulu, que l’on pourra sortir les pays de la zone euro du piège dans lequel ils se sont mis.

Alors, quelle est la solution ?

J’entends d’ici l’incantation fédérale de ceux qui ont toujours rêvé de cette fameuse Europe politique… Ceux d’ailleurs qui ont conçu l’euro comme un accélérateur de fédéralisme.

Leur rêve est, il faut le reconnaître, cohérent, beaucoup plus que votre politique, Madame. Mais cela reste un rêve. Car il nie l’histoire, les nations, les différences structurelles, les démocraties, sauf bien sûr à l’imposer de manière autoritaire, comme M. Trichet qui parle aujourd’hui de « fédéralisme budgétaire ». Un « fédéralisme budgétaire » dicté par des gardiens du temple qui ne sont élus par personne….

Car, oui, pour que l’euro puisse tenir, encore faudrait-il que d’immenses transferts financiers puissent se mettre en place, depuis les régions qui concentrent l’activité vers celles qui souffrent de déficit de compétitivité. Pour cela, il faudrait prélever un impôt européen au moins supérieur à 5% du PIB. Mais quelle autorité politique déciderait ? Avec quelle légitimité ? Puisqu’il n’y a bien sûr ni démocratie commune, ni langue commune, ni opinion commune. Pour la simple et bonne raison qu’il n’y a pas de peuple européen mais des peuples amis qui veulent travailler ensemble, ce qui n’est pas la même chose.

Mme Merkel a déjà perdu la majorité au Bundesrat car elle a décidé d’aider la Grèce. Elle a d’ailleurs sifflé la fin de la récréation en indiquant clairement que la zone euro ne serait jamais une Union de transferts financiers.

Les Allemands n’accepteront jamais bien sûr la monétisation des déficits par la Banque centrale européenne. Comme elle n’acceptera pas des investissements massifs sur crédits européens pour les pays du sud. Or, nous le savons bien, on ne dégonflera pas l’extravagante bulle d’endettement sans un plan à long terme de 10 à 15 ans accompagné d’une politique de croissance, comme les Etats-Unis l’ont réussi après la Seconde guerre mondiale.

L’Allemagne ne peut pas accepter le programme qui permettrait aux autres pays de la zone euro de redémarrer doucement mais sûrement. Mais de leur côté, les pays du sud et la France ne pourront pas supporter le traitement de choc que l’Allemagne considère comme indispensable à la survie de la zone euro et conditionnel à toute solidarité vers les plus faibles.

Qui peut croire un instant que des pays comme l’Espagne, l’Italie et la France puissent se résigner à voir leur substance industrielle s’étioler pour devenir le parc d’attraction d’une zone euro mark qui correspond peut être à la vision d’une Allemagne en recul démographique, mais certainement pas au besoin d’un pays comme la France en plein renouvellement démographique.

Ces positions ne sont pas conciliables non pas parce que les Allemands seraient égoïstes, la Grèce dépensière, ou les Français pas assez sérieux. Elles ne sont pas conciliables tout simplement car les situations de ces pays sont trop différentes pour pouvoir être valablement et équitablement rapprochées au sein d’une politique unique. Les structures industrielles, économiques, les méthodes de travail, la démographie, donnée fondamentale toujours oubliée, ne le permettent pas.

1/3 des naissances dans notre pays se situe dans nos quartiers dits difficiles où le taux de chômage des jeunes hommes dépasse souvent les 40%. Nos banlieues craquent de partout, le chômage de masse gangrène notre pays et vous croyez sincèrement que vous allez pouvoir infliger aux Français une cure de rigueur sans aucune perspective de croissance ?

Bien évidemment nous devons réduire notre endettement.

Bien évidemment nous devons maîtriser nos dépenses publiques.

Bien évidemment nous devons réformer nos structures publiques.

Mais croyez-vous sincèrement que vous y arriverez par une politique malthusienne qui nous condamne au sous-investissement, au départ des talents, aux délocalisations vers un nouveau monde, comme la Chine. Une Chine, qui ne se gêne pas, elle, pour dévaluer sa monnaie, éponger ses déficits par la planche à billets, imposer un protectionnisme déguisé, se livrer à la contrefaçon et au pillage technologique, investir massivement dans la science.

Comment pouvez-vous refuser à la France et à l’Europe, les politiques qu’utilisent les pays émergents pour gagner à nos dépens la guerre économique et scientifique du XXIème siècle ?

Voilà pourquoi il est préférable de concevoir une Union européenne souple qui permet aux Nations de coopérer ensemble pour dynamiser leurs atouts. Or la monnaie unique n’est qu’un carcan uniformisateur. Il faut en sortir au plus vite si l’on veut remettre sur pied notre pays.

D’ailleurs, dans l’histoire économique et monétaire, aucun pays n’a pu faire preuve de rigueur sans, parallèlement, dévaluer sa monnaie pour redémarrer son moteur économique.

La Grande-Bretagne, en 1931, alors que la France déjà pour le pire s’accrochait aveuglément à une valeur nominale trop élevée de sa monnaie, avait dévalué de 40%.

Pensons aussi au général de Gaulle, de retour au pouvoir en 1958, a dévalué le franc de 18% pour rétablir l’équilibre du budget, ce qui fut fait peu de temps après.

De même, encore, les précédents de la Suède en 1992, de l’Argentine en 2001, et de bien d’autres qu’on ne peut tous citer. Aujourd’hui, dernier épisode en date, Londres a recommencé à laisser filer sa monnaie et voit déjà son commerce extérieur redémarrer.

Alors, je le sais, Madame, vous allez me citer le Canada et la Corée. Mais, je vous renverrai à plusieurs articles qui montrent sans contestation possible que le Canada a pu redresser ses comptes et réformer son Etat grâce à une dynamique financière liée à des recettes pétrolières en forte croissance.

Voilà pourquoi il n’y a pas d’autre issue que le retour aux monnaies nationales pour permettre aux pays de rattraper leur retard de compétitivité.

Le choix est en vérité très simple, soit préparer la retraite en bon ordre et dans le calme hors de l’euro, soit subir la déroute de la fin de l’euro dans des difficultés sociales considérables et la mise en péril de la construction européenne elle-même, dont certains acquis méritent d’être conservés.

Alors, je le sais, on va encore me dire que c’est impossible, que ce serait la fin du monde,…

Je veux répondre à ces mauvais arguments, qui relèvent souvent du sophisme, pour ne pas dire du syllogisme.

On entend dire que la situation serait pire sans l’euro. Balivernes ! D’abord, personne n’en sait rien puisqu’il est impossible de savoir quelle aurait été la trajectoire des économies européennes depuis 20 ans sans l’euro ! Par contre, ce dont on est sûr, c’est la désindustrialisation et le chômage de masse que nous a infligés l’euro à la suite de la politique du franc fort. Cela, c’est la réalité, pas la fiction !

En retrouvant la maîtrise de notre politique monétaire, nous pourrions comme d’autres pays gérer notre taux de change, monétiser comme la banque d’Angleterre ou du Japon certains de nos déficits, relancer l’investissement dans l’économie productive, relocaliser les activités, résorber le chômage, réduire les déficits sociaux et la dette. Cela ne serait pas de trop pour notre pays qui se paye le luxe incroyable de cumuler un déficit chaotique du commerce extérieur et une réserve immobilisée de bras qu’il doit payer à ne rien faire.

Alors bien sûr il y aura des gagnants mais aussi des perdants. Personne ne peut le nier. Les banques qui ont fait main basse sur la création monétaire verraient bien sûr d’un très mauvais œil l’abrogation de l’article 104 du traité de Maastricht et, pourquoi pas, le rétablissement du pouvoir exclusif de la Banque de France de frapper monnaie, grâce à la révision de la loi de 1973 ! D’autres aussi pleureraient sur la disparition de l’euro : les plus grosses entreprises qui assomment les sous-traitants et se jouent des normes sociales, fiscales et environnementales en délocalisant toujours plus, les plus aisés qui profitent d’une monnaie chère et vantent la rigueur car elle s’applique toujours aux autres, ou encore les gros détenteurs de capital, bref tous les rentiers qui s’enrichissent en dormant tandis que les actifs s’appauvrissent en travaillant (lorsqu’ils ont encore cette chance, bien sûr). La sortie de la France de l’euro ferait couler quelques larmes mais susciterait la joue du plus grand nombre, par exemple ces 69% de Français qui regrettent le franc et ces 38% de nos concitoyens qui veulent d’ores et déjà son retour !

Car notre rôle c’est de répondre aux besoins du pays, de privilégier l’intérêt national, de relancer le moteur économique, d’aider nos PME, nos agriculteurs, d’offrir aux jeunes un avenir, de pouvoir payer les retraites.

Nous savons tous qu’il faut une gestion plus rigoureuse de nos finances publiques.

Nous savons tous que dans la compétition mondiale, nous devons fournir un effort.

Mais cet effort doit être utile et efficace. Il doit y avoir une perspective gagnante pour tous les Français.

De surcroît, ce ne serait pas la France (ni l’Italie d’ailleurs) qui pâtirait de sa propre sortie de l’euro, mais bel et bien certains de ses fournisseurs et clients, à commencer par l’Allemagne dont l’excédent commercial fondrait enfin comme neige au soleil ! L’Allemagne en ferait donc les frais, au moins dans un premier temps, c’est vrai. Mais nous laisse-t-elle le choix, elle qui veut nous imposer l’euro-déflation pour prix de son engagement européen ?

Peut-elle continuer à faire cavalier seul sans comprendre que nous ne pouvons pas perdre plus longtemps notre vitalité économique ?

On me dit aussi que la sortie de l’euro serait techniquement impossible. Encore un mensonge énorme : la France est parfaitement capable de sortir de l’euro comme elle y est rentrée. Ce ne serait pas le premier pays dans l’histoire monétaire à changer de monnaie. De surcroît la Grèce, le Portugal et l’Espagne la précéderont. Même des économistes très favorables à l’euro imaginent aujourd’hui comme Kenneth Rogoff, un congé sabbatique de l’euro pendant 10 à 15 ans. C’est élégamment dit pour sauver la face des défenseurs du dogme !

Il faut aussi bien sûr imaginer un système de coordination monétaire qui pourrait d’ailleurs inclure la livre et les monnaies des pays qui ne font pas partie de la zone euro.

De ce que vous croyez être un mal, peut donc sortir un bien.

Car pourquoi ne pas justement rebâtir un système monétaire européen coordonné ? La monnaie commune, évoquée par de très nombreux économistes comme une solution de compromis intéressante, parce que viable. Tel serait le principe d’un euro monnaie non unique mais simplement commune, venant chapeauter les monnaies nationales dans un cadre où les parités seraient fixes mais régulièrement révisables. Ceci correspond à la seule solution permettant de gérer l’hétérogénéité des dynamiques économiques hors d’un budget européen réellement conséquent, qui est aujourd’hui une impossibilité politique.

Enfin, il conviendrait de protéger cet ensemble contre de nouvelles attaques spéculatives et pour cela d’introduire à l’extérieur de la zone des mécanismes de contrôles sur les mouvements de capitaux à court terme.

Mais cela voudrait dire qu’enfin on prenne acte de la diversité de l’Europe pour bâtir la seule construction européenne possible, celle des Nations et des projets.

Car, contrairement à ce qui est répété en boucle pour impressionner les âmes faibles, l’Union ne fait la force que si elle s’appuie sur des réalités et les valorise.

L’Europe supranationale, boulimique, bureaucratique est condamnée par l’histoire. L’Europe à la carte qui s’appuie sur les volontés populaires et les talents des Nations est la seule qui peut marcher.

Engageons des coopérations industrielles, scientifiques, culturelles à 2, 4, 8, 11 ou 15. Créons des réseaux de transport écologique, disciplinons les marchés, contrôlons les banques, investissons dans les technologies d’avenir.

En liant l’Union européenne à l’euro, vous croyez sauver l’une et l’autre, mais vous allez en vérité les perdre car l’Europe mérite mieux que ce carcan inutile et dangereux qui éloigne les peuples les uns des autres, pire en vient à les opposer.

Mes chers collègues, je vous demande de voter cette motion de renvoi en Commission afin que notre Assemblée se donne vraiment le temps de réfléchir aux sinistres conséquences de ce nouveau plan de sabordage de la France et de l’Europe.

Mes chers collègues réfléchissez, prenez le temps.

Comment allez-vous expliquer à nos compatriotes qu’au moment où vous allez le leur demander un effort très important (100 milliards d’euros sur 4 ans si j’ai bien compris votre plan de rééquilibrage des finances publiques), vous allez engager une somme encore plus gigantesque dans une aventure sans lendemain ?

Vous prétendez boucher un trou et vous en creuser un autre pour sauver un système qui ne marche pas et qui épuise le pays.

Vous engagez un grand débat sur les retraites, vous voulez faire payer les Français pour économiser 10 milliards d’euros et vous allez voter, en 24 heures dans la précipitation, un chèque en blanc 11 fois supérieur pour remplir le panier percé des dettes en Europe !

Vous prétendez sauver nos amis espagnols, en vérité vous nous demandez une fois de plus de payer pour des banques qui sont devenues un Etat dans l’Etat.

Le résultat de cette gabegie est prévisible : la France va se ruiner et s’enchaîner à des politiques absurdes, sans pour autant rétablir l’économie des pays en faillite, dont elle risque d’ailleurs, in fine, de rejoindre le malheureux club.

Alors pourquoi vous entêtez-vous à sauver un système qui ne fonctionne pas ? Pourquoi continuez-vous d’obéir aux injonctions d’une oligarchie jamais élue et illégitime qui conduit chaque jour un peu plus l’Europe dans la récession, et qui fait qu’aujourd’hui nous sommes le continent qui perd le plus pied - avec l’Afrique - dans la Mondialisation ? Mes chers collègues, allez-vous continuer indéfiniment à jouer les idiots utiles d’un système qui ne profite qu’à quelques uns, alors que vous siégez dans cet hémicycle par la volonté et au nom du peuple Français que vous représentez ? Car au fond, Madame Lagarde, Monsieur Barouin, vous êtes techniquement compétents : vous connaissez parfaitement les exemples historiques, vous avez lu Maurice Allais et Joseph Stigliz, vous savez les ravages de la déflation... Alors pourquoi ? Pourquoi cet aveuglement opportun ? Pourquoi n’avez vous pas le courage de vous opposer au lobby bancaire ? Pourquoi n’avez vous pas le courage de remettre en cause les avantages d’une élite qui profite de la crise ? Parce oui, il faut le dire, l’euro favorise les rentiers, l’euro favorise les grandes multinationales qui échangent entre elles, l’euro favorise outrageusement les banques privés qui prêtent aux Etats et qui font du bénéfice sur le taux de la BCE. Mais ne vous rendez pas compte de la souffrance du peuple ?! Comment pouvez-vous raisonner à si court terme ?!

Lorsque vous voyagez en Business Class, entre Washington et Paris, oubliez-vous la réalité et la souffrance des peuples que vous survolez ?

Comment pouvez-vous encore pleurer sur l’abstention et tout faire dans le même temps pour y conduire nos concitoyens ?

Aujourd’hui, en raison de votre unanimité à sauver un système à la dérive, UMP et PS confondu, le peuple n’a plus les moyens de se faire entendre, et nous ne sommes qu’une poignée à résister ici à vos projets de gouvernance européenne ?

Jaurès proclamait : "la nation, c’est le seul bien des pauvres".

Aujourd’hui, Mesdames et Messieurs du gouvernement, en plus d’infliger aux peuples européens des années supplémentaires de chômage et de récession en refusant de quitter un système mortifère, en les privant du pouvoir de battre leur monnaie, vous les privez de leur patrie, vous les privez de leurs âmes.


Ecrire un commentaire - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE ! - Voir les 0 commentaires - Publié dans : politique

L’Allemagne pourrait retourner au mark du jour au lendemain 

25 mai 2010 (Nouvelle Solidarité) – Depuis plusieurs mois une rumeur persistante court sur Internet, affirmant que l’Allemagne prépare son départ de la zone euro. Depuis dix jours, la rumeur est accompagnée d’une photo montrant des (faux ?) billets de 100 marks fraîchement imprimés.

 

Cependant, les commentaires d’Ansgar Belke, directeur de recherche du très officieux Deutsche Institut für Wirtschaftforschung (DIW, Institut allemand de recherche économique) de Berlin sont bien réels et se retrouvent dans toute la presse allemande.

Belke affirme que « légalement, une sortie de plein gré de l’union monétaire est possible ». Ensuite, il prend soin de détailler comment cette sortie pourrait avoir lieu pour l’Allemagne. « Pour commencer on introduira pendant environ un an le mark comme une unité de compte ayant une parité fixe avec l’euro. Tout le long de cette période, l’euro restera la monnaie officielle de l’Allemagne tandis qu’en parallèle, on commencerait la production des billets papier et des pièces métalliques en mark qui entreraient en circulation un an plus tard. Le moment venu, on interdira la monnaie en euro et l’euro deviendra une unité de compte. Dans la dernière phase, la parité entre les deux monnaies (mark et euro) sera rompu et le mark allemand retrouvera de nouveau son indépendance ». Pour sa part, Belke n’est pas favorable à cette évolution mais indique clairement qu’elle est possible.

Interrogé sur ces développements par l’Executive Intelligence Review (EIR), Alfonso Tuor, un rédacteur économique du journal suisse Corriere del Ticino a indiqué qu’il estime qu’une sortie si lente de l’euro ne fonctionnerait pas. Elle se ferait au contraire par surprise « du jour au lendemain » : « Vous avez 30 jours pour échanger vos euros en marks et décider si vous voulez que votre dette soit libellée en mark ou en euros… Ça devrait se faire de la même façon que quand Nixon suspendait la convertibilité du dollar en or ». Le sujet de la conversion de la monnaie physique est un non-sujet, estime Tuor, car « l’argent [billets papier et pièces métalliques] en circulation ne représente pas grand-chose » et la mise en circulation de nouveaux billets peut s’organiser une fois la décision prise.

Tuor est convaincu que l’Allemagne quittera la zone euro d’ici un mois ou deux « ou même d’ici un mois ». Avec le système actuel, « tout part » et « je ne vois pas qui peut intervenir » pour y mettre un frein. La chute des marchés provoque aussi un effet en chaîne, notamment la dévaluation des avoirs des banques.

« Je suis convaincu que la participation allemande dans le plan de renflouement bancaire n’est que le prix que l’Allemagne a payé pour sortir de l’euro », disait-il. En d’autres termes : l’Allemagne dira : nous avons donné ce que l’on pouvait et maintenant c’est terminé. Maintenant on retourne au mark.


Ecrire un commentaire - Communauté : DEBOUT LES REPUBLICAINS - Voir les 0 commentaires - Publié dans : politique

in de la retraite à 60 ans : injuste et inefficace pour Dupont-Aignan (DLR)

26/05/2010 13h01 GMT - RETRAITES-SOCIAL-PARTIS-DLR-GOUVERNEMENT - Nouvelles de France - AFP

PARIS, 26 mai 2010 (AFP) - Le recul de l’âge légal de départ à la retraite au-delà de 60 ans est "injuste et inefficace", selon le président de Debout la République (DLR), Nicolas Dupont-Aignan, pour qui les ouvriers et les employés paieront "l’addition au prix fort".

Le député de l’Essonne (ex-UMP) estime dans un communiqué qu’"une autre politique est possible pour remettre à flot la retraite par répartition", à condition "de tout faire pour renouer avec le plein-emploi".

Pour le président de DLR, cela implique "de rompre avec les dogmes bruxellois et de sortir de l’euro, qui tuent la croissance et privent la France de plusieurs millions de cotisations".

"A condition, aussi, de créer une TVA sociale faisant participer les produits importés au financement de la protection sociale et d’imposer plus justement les revenus du capital (taxe Tobin), comme les banques", estime M. Dupont-Aignan, qui a réuni 4,15% des suffrages exprimés au premier tour des régionales (mars 2010) en Ile-de-France.

Estimant que la "concertation gouvernementale n’est qu’un leurre", M. Dupont-Aignan ajoute que "pour plaire et complaire à Berlin et Bruxelles, le gouvernement endosse une posture qui sera aussi injuste qu’inefficace".

"Injuste, car comment ignorer que ce sont les ouvriers et les employés, entrés plus tôt que les autres salariés dans la vie active, qui vont payer au prix fort l’addition ?" demande le maire d’Yerres (Essonne).

"Inefficace, car à quoi bon relever l’âge légal de la retraite alors que le chômage des plus de 50 ans est chronique dans notre pays ?" ajoute le député, qui remettra mardi ses propositions au ministre en charge du dossier, Eric Woerth, dans le cadre de la concertation avec l’ensemble des partis.

arb/ha/mmr



Le 26 mai 2010

COMMUNIQUE DE PRESSE

Fin de la retraite à 60 ans : une posture injuste et inefficace

La fin de la retraite à 60 ans, finalement avouée par le ministre du Travail, constitue une double faute, de forme et de fond.

Sur la forme, Eric WOERTH confirme ce que tout le monde craignait : la concertation gouvernementale n’est qu’un leurre, loin de la démarche ouverte et transparente qui aurait dû être engagée.

Sur le fond, pour plaire et complaire à Berlin et Bruxelles, le gouvernement endosse une posture qui sera aussi injuste qu’inefficace.

Injuste, car comment ignorer que ce sont les ouvriers et les employés, entrés plus tôt que les autres salariés dans la vie active, qui vont payer au prix fort l’addition ?

Inefficace, car à quoi bon relever l’âge légal de la retraite alors que le chômage des plus de 50 ans est chronique dans notre pays ? Les statistiques des retraités vont ainsi diminuer pour accroître celles des chômeurs.

Une autre politique est possible pour remettre à flot la retraite par répartition, sans handicaper notre économie. A condition de tout faire pour renouer avec le plein-emploi, ce qui implique de rompre avec les dogmes bruxellois et de sortir de l’euro, qui tuent la croissance et privent la France de plusieurs millions de cotisations. A condition, aussi, de créer une TVA sociale faisant participer les produits importés au financement de la protection sociale et d’imposer plus justement les revenus du capital (taxe Tobin), comme les banques.

Ainsi, au lieu de gérer la pénurie de richesse anticipée pour 2020 ou 2030, le gouvernement ferait mieux de faire grossir maintenant de gâteau de la croissance et de veiller à le répartir plus équitablement.

Je présenterai mardi 1er juin au ministre du Travail les propositions de Debout la République visant au maintien et à la refondation d’un système juste et soutenable de la retraite par répartition.

Nicolas DUPONT-AIGNAN - Député de l’Essonne - Président du rassemblement gaulliste Debout la République


Ecrire un commentaire - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE ! - Voir les 0 commentaires - Publié dans : politique

Débat parlementaire sur la réforme territoriale

Jeudi 27 mai 2010

Intervention de Nicolas DUPONT-AIGNAN

Depuis des années, on ne compte plus les colloques et les rapports qui concluent à l’urgence d’une réforme de notre organisation territoriale. On ne pouvait donc que se réjouir à priori de voir le gouvernement prendre à bras le corps le problème.

Car oui, nous le vivons tous comme parlementaire, parfois aussi comme élu local, si la décentralisation a pu ça et là déraper et décevoir, c’est par manque de lisibilité, de simplicité, de transparence et donc d’efficacité.

Pour redonner à la décentralisation sa raison d’être - car on administre mieux de près, sous le contrôle des populations concernées - nous attendions tous le fameux projet de loi.

Malheureusement, la déception est grande. A l’exception du fléchage des élus communautaires, je ne vois ni simplification, ni lisibilité, ni transparence, ni efficacité.

Où est la simplification quand on ajoute une nouvelle strate, la Métropole ? Une métropole qui est une vraie bombe à retardement pour les départements, car elle va les empêcher de jouer leur rôle de redistribution en faveur des territoires ruraux…

Où est la lisibilité quand, justement, on s’attaque - et c’est toute la philosophie d’Edouard Balladur qui a inspiré cette réforme - aux collectivités les plus appréciées des Français, la commune et le département ?

Pourquoi détruire ce qui marche, au tandem commune / département qui structure notre vie locale, qui est le rempart des populations délaissées par les services publics et par l’Etat.

Pourquoi d’ailleurs avez-vous confié à ce tandem la gestion des nouvelles prestations sociales, s’il est si dépassé que cela ?

Il est vital à ce titre que le nombre de Conseillers territoriaux soit suffisant dans les départements les moins peuplés pour maintenir une représentation des territoires ruraux. C’est pourquoi, il faudrait passer à 20 au lieu de 15 comme minimum.

Mais les départements vont bien sûr perdre en efficacité car vous les privez de leur charge de compétence générale et de leur liberté fiscale minimum. Ce faisant, ils deviendront des Etablissements Publics spécialisés, sans aucune marge de manœuvre. Des guichets administratifs. Comme l’a souligné notre collègue Souchet, un jour vous vous demanderez pourquoi les territoires qui sont la richesse touristique, culturelle, agricole de notre pays, dépérissent, et il faudra reconstruire tout ce que vous êtes en train de défaire. Quel gâchis !

L’arrière-pensée concernant le département s’applique aussi au traitement que vous réservez à la commune. Je suis Président d’une agglomération et je sais d’expérience que pour qu’un regroupement fonctionne, il ne doit pas être subi ni déséquilibré. En confiant au Préfet le soin d’imposer l’intercommunalité, vous allez créer plus de problèmes que vous n’en résoudrez !

De même, en exigeant 50% de financement par les communes des projets subventionnés par le Département et la Région, vous allez rendre impossibles des projets vitaux et de qualité. Beaucoup s’inquiètent du dépérissement de l’engagement électif et civique. Mais, c’est justement cette bureaucratisation, cette complexification, cet embrigadement qui vont encore plus décourager les vocations. Je ne crois pas que la fausse bonne idée des Conseillers territoriaux va résoudre cette désaffection, tout au contraire.

La liberté communale est indissociable de notre histoire. Faute de le comprendre, vous allez prendre en boomerang le désarroi de nos campagnes. Et pourtant, il y aurait tant à faire…

La péréquation financière est l’urgence absolue, surtout en période de vaches maigres. Vous le savez, aujourd’hui la péréquation ne corrige que la moitié des inégalités. Il faut d’urgence augmenter les dotations pour enfin réduire des inégalités entre collectivités qui se creusent dangereusement.

L’allègement des normes est aussi urgent.

La spécialisation des impôts locaux, le statut de l’élu, les droits de l’opposition, autant de moyens de réinsuffler de la vie démocratique qui font aujourd’hui défaut et que la réforme ne prévoit pas.

Pour conclure, il n’est jamais sain de légiférer à partir d’idées-reçues, censées plaire à l’opinion mais qui ne correspondent pas à la réalité, ni à partir d’arrière-pensées politiciennes.

Je crains que les bonnes intentions de départ, la promesse de moderniser, n’aient été fortement abimées par les uns et les autres.

Au moment où notre pays traverse une crise profonde, c’est un grand tort de déstabiliser ce qui marche, ce qui rassure, ce qui panse les plaies, et ce n’est pas parce que certains (très minoritaires) ont mal géré leur collectivité, qu’il faut déresponsabiliser les autres.

En conséquence, je voterai contre ce texte.


Ecrire un commentaire - Communauté : DEBOUT LES REPUBLICAINS - Voir les 0 commentaires - Publié dans : politique

Cet article, l’un des rares dans les colonnes du quotidien du soir à contester le dogme de l’euro, suscite les commentaires enflammés des abonnés. Vous pouvez les retrouver ici.



Sortir de l’euro pour sauver l’Europe, par Nicolas Dupont-Aignan

Lemonde.fr, lundi 24 mai 2010

Le plan de 750 milliards pour soi-disant sauver l’euro ne résout rien. Il n’aura d’ailleurs fallu que 24 heures aux marchés pour s’en rendre compte.

Refusant d’admettre l’échec de l’euro, les dirigeants européens ont engagé l’Union dans une double impasse, économique et politique.

L’impasse économique réside tout simplement dans l’impossibilité d’appliquer durablement une monnaie unique à des économies trop différentes. Le plan de 750 milliards d’euros ne traite pas la cause du mal : l’euro trop cher pour les économies du Sud (Portugal, Espagne, Italie, Grèce) et la France, dont la compétitivité s’est dégradée au fil du temps face à l’Allemagne. Le résultat est là : les importations augmentent, les exportations ralentissent, les déficits extérieurs se creusent, les pays s’appauvrissent, les déficits budgétaires et les dettes explosent. Seule la dévaluation qui impose d’abord la sortie de l’euro pourrait leur permettre de relancer leur économie pour ensuite rééquilibrer les comptes publics. N’oublions jamais qu’en 1958 le général de Gaulle a pu, avec Jacques Rueff, mener une politique exemplaire de redressement des finances publiques car il avait accepté parallèlement une dévaluation de 18 %.

Après nous avoir expliqué pendant des années que l’euro c’est plus de croissance et le rapprochement des économies, les dirigeants européens désavoués par les faits récitent un nouveau discours incantatoire : il faut instaurer un gouvernement économique.

Mais avec quelle légitimité démocratique et pour quelle politique ? La réponse des intégristes de la Commission et de la Banque centrale européenne sous influence allemande ne s’est pas fait attendre : il faut de la rigueur. Malheureusement cette politique d’austérité déjà avalisée par les dirigeants espagnols, grecs et portugais, va aboutir à l’effet inverse à celui recherché : diminution de la consommation, contraction du PIB, explosion du chômage, diminution des recettes fiscales.

Paradoxalement, la lutte contre les déficits sans croissance aboutit à l’explosion des déficits et de la dette, non à leur diminution. C’est un mécanisme bien connu en histoire économique, dont le fameux épisode du "Bloc-or" imposé par Laval en France entre 1932 et 1935, a abouti au saccage de l’économie française durant l’entre-deux-guerres ; pendant ce temps, cette même déflation installait Hitler au pouvoir en Allemagne… Aujourd’hui, on se propose même d’inscrire ces politiques de déflation dans le marbre d’une "gouvernance européenne" exclusivement punitive et quasiment pas solidaire, comme vient de le rappeler Angela Merkel, refusant une "Union des transferts financiers". Voudrait-on tuer le malade qu’on ne s’y prendrait pas autrement !

MAIS L’IMPASSE N’EST PAS SEULEMENT ÉCONOMIQUE, ELLE EST AUSSI POLITIQUE.

Tout d’abord, le plan de soutien de 750 milliards n’est que virtuel et il calera aussitôt qu’on voudra le mettre en œuvre. A l’exception du premier versement à la Grèce, dès qu’il s’agira de passer à la caisse pour des sommes beaucoup plus importantes, bien évidemment, plus personne ne voudra payer. Les peuples du Nord ne voudront pas mettre la main à la poche pour ceux du Sud. En désavouant Madame Merkel et en lui faisant perdre la majorité au Bundesrat, les électeurs allemands l’ont clairement dit. Ils ne veulent pas payer ni s’endetter pour financer à fonds perdu les économies du Sud. Les peuples du Sud de leur côté ne voudront pas subir des politiques d’austérité qui, loin de résoudre leurs problèmes de compétitivité, vont les aggraver. Les troubles sociaux aboutiront obligatoirement à des soubresauts politiques.

On le voit, l’euro n’est pas réformable. La seule solution reste donc bel et bien le retour des monnaies nationales, qui pourraient être assorties d’un euro monnaie de réserve les surplombant et garantissant une coordination économique volontaire. Le plus tôt serait le mieux, car il est bien entendu préférable d’opérer ce changement tant qu’il en est encore temps, en bon ordre, plutôt que sous la contrainte de l’urgence. Et qu’on arrête de faire croire que la disparition de l’euro dans sa forme actuelle signerait la disparition de l’Europe. L’existence de pays comme la Suède et le Danemark, qui refusent l’euro tout en étant des membres exemplaires de l’Union européenne, démontre s’il en était besoin que ce discours de peur ne repose sur aucun fondement sérieux !

Hélas, les dirigeants européens ne veulent pas entendre raison… Quand comprendront-ils qu’en s’arc-boutant pour défendre coûte que coûte l’euro, ils éloignent les peuples de la construction européenne et prennent le risque de la déconsidérer définitivement ? Pendant ce temps, la Chine, le Brésil, l’Inde, laissent déprécier leur monnaie pour gagner des parts de marché, mettent en œuvre un protectionnisme déguisé pour défendre leurs plus belles entreprises et investissent massivement dans l’éducation, la connaissance, la science.

Bâtir des coopérations industrielles à la carte, multiplier les partenariats scientifiques, faire revenir les dizaines de milliers de chercheurs européens exilés aux Etats-Unis, redonner une dignité par le travail et un espoir aux jeunes générations, mettre en œuvre une politique familiale pour renouveler la démographie… Voilà les vrais défis !

Nicolas Dupont-Aignan est député de l’Essonne et président du rassemblement gaulliste Debout la République.


Ecrire un commentaire - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE ! - Voir les 0 commentaires - Publié dans : politique

Joseph Stiglitz : “L’austérité mène au désastre” |

Publié 23 mai 2010 Economie , L'Europe 5 Commentaires

 Joseph Stiglitz, 67 ans, Prix Nobel d’économie en 2001, ex-conseiller économique du président Bill Clinton (1995-1997) et ex-chef économiste de la Banque mondiale (1997-2000), est connu pour ses positions critiques sur les grandes institutions financières internationales, la pensée unique sur la mondialisation et le monétarisme. Il livre au Monde son analyse de la crise de l’euro.

 

Vous avez récemment dit que l’euro n’avait pas d’avenir sans réforme majeure. Qu’entendez-vous par là ?

L’Europe va dans la mauvaise direction. En adoptant la monnaie unique, les pays membres de la zone euro ont renoncé à deux instruments de politique économique : le taux de change et les taux d’intérêt. Il fallait donc trouver autre chose qui leur permette de s’adapter à la conjoncture si nécessaire. D’autant que Bruxelles n’a pas été assez loin en matière de régulation des marchés, jugeant que ces derniers étaient omnipotents. Mais l’Union européenne (UE) n’a rien prévu dans ce sens. Et aujourd’hui, elle veut un plan coordonné d’austérité. Si elle continue dans cette voie-là, elle court au désastre. Nous savons, depuis la Grande Dépression des années 1930, que ce n’est pas ce qu’il faut faire.

Que devrait faire l’Europe ?

Il y a plusieurs possibilités. Elle pourrait par exemple créer un fonds de solidarité pour la stabilité, comme elle a créé un fonds de solidarité pour les nouveaux entrants. Ce fonds, qui serait alimenté dans des temps économiques plus cléments, permettrait d’aider les pays qui ont des problèmes quand ceux-ci surgissent. L’Europe a besoin de solidarité, d’empathie. Pas d’une austérité qui va faire bondir le chômage et amener la dépression. Aux Etats-Unis, quand un Etat est en difficulté, tous les autres se sentent concernés. Nous sommes tous dans le même bateau. C’est d’abord et avant tout le manque de solidarité qui menace la viabilité du projet européen.

Vous prônez une sorte de fédéralisme ?

Oui. De cohésion. Le problème, c’est que les Etats membres de l’UE n’ont pas tous les mêmes croyances en termes de théorie économique. Nicolas Sarkozy a eu raison de faire pression sur (la chancelière allemande) Angela Merkel pour la forcer à payer pour la Grèce. Nombreux sont ceux qui, en Allemagne, s’en remettent totalement aux marchés. Dans leur logique, les pays qui vont mal sont responsables et doivent donc se débrouiller.

Ce n’est pas le cas ?

Non. Le déficit structurel grec est inférieur à 4 %. Bien sûr, le gouvernement précédent, aidé par Goldman Sachs, a sa part de responsabilité. Mais c’est d’abord et avant tout la crise mondiale, la conjoncture, qui a provoqué cette situation. Quant à l’Espagne, elle était excédentaire avant la crise et ne peut être accusée d’avoir manqué de discipline. Bien sûr, l’Espagne aurait dû être plus prudente et empêcher la formation de la bulle immobilière. Mais, en quelque sorte, c’est l’euro qui a permis ça, en lui procurant des taux d’intérêt plus bas que ceux auxquels Madrid aurait eu accès sans la monnaie unique. Aujourd’hui, ces pays ne s’en sortiront que si la croissance européenne revient. C’est pour cela qu’il faut soutenir l’économie en investissant et non en la bridant par des plans de rigueur.

La baisse de l’euro serait donc une bonne chose ?

C’est la meilleure chose qui puisse arriver à l’Europe. C’est à la France, et plus encore à l’Allemagne qu’elle profitera le plus. Mais la Grèce et l’Espagne, pour qui le tourisme est une source de revenus importante, en seront également bénéficiaires. Mme Merkel, pourtant, sait que la solidarité peut être importante. Sans cela, il n’y aurait pas eu de réunification allemande. Oui. Mais, justement, il a fallu plus de dix ans à l’Allemagne pour absorber la réunification. Et d’une certaine manière, je pense que les ex-Allemands de l’Ouest estiment qu’ils ont déjà payé un prix élevé pour la solidarité européenne.

 Pensez-vous que la viabilité de l’euro soit menacée ?

J’espère que non. Il est tout à fait possible d’éviter que la monnaie unique ne périclite. Mais si on continue comme ça, rien n’est exclu. Même si je pense que le scénario le plus probable est celui du défaut de paiement. Le taux de chômage des jeunes en Grèce s’approche de 30 %. En Espagne, il dépasse 44 %. Imaginez les émeutes s’il monte à 50 % ou 60 %. Il y a un moment où Athènes, Madrid ou Lisbonne se posera sérieusement la question de savoir s’il a intérêt à poursuivre le plan que lui ont imposé le Fonds monétaire international (FMI) et Bruxelles. Et s’il n’a pas intérêt à redevenir maître de sa politique monétaire. Rappelez-vous ce qui s’est passé en Argentine. Le peso était attaché au dollar par un taux de change fixe. On pensait que Buenos Aires ne romprait pas le lien, que le coût en serait trop important. Les Argentins l’ont fait, ils ont dévalué, ça a été le chaos comme prévu. Mais, en fin de compte, ils en ont largement profité. Depuis six ans, l’Argentine croît à un rythme de 8,5 % par an. Et aujourd’hui, nombreux sont ceux qui pensent qu’elle a eu raison.

Propos recueillis par Virginie Malingre

 


Ecrire un commentaire - Communauté : DEBOUT LES REPUBLICAINS - Voir les 1 commentaires - Publié dans : politique
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés