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  • Enoch
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  • politique écologie économie mes enfants
  • Passionné d'habitat écologique depuis plus de 20 ans et précurseur dans ce domaine, je me bats surtout pour la qualité sanitaire des produits utilisés dans l'habitat. Passionné d'économie, de politique et de transversalité des religions.

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LES PENSEES D'ENOCH

Texte Libre

Ce  n'est  pas  le  nécessiteux  qui  doit-être  secouru,  mais la misère qu'il faut combattre.

politique

Mercredi 21 avril 2010 3 21 /04 /Avr /2010 22:45

L’EDITO DE CYRANO

La France est en état de guerre civile, c’est un fait...

mardi 20 avril 2010

A Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), des bus sont caillassés ou incendiés en représailles d’arrestations de trafiquants de drogue. Le ministre de l’Intérieur décide de faire accompagner les bus par des CRS. Non seulement les bus sont encore victimes de caillassages, mais même de tirs d’armes à feu, et un car de policiers qui accompagne l’un d’entre eux est lui aussi victime d’une lapidation en règle.

A Grenoble (Isère), Martin, 23 ans, est lynché en plein centre ville par une bande de « jeunes » venus des « quartiers sensibles ». Une cigarette refusée à l’un de ses agresseurs serait à l’origine du drame. Les coups de couteaux ont perforé un poumon. Martin se trouve toujours dans un état grave.

Aux Ulis (Essonne), deux filles de 14 et 15 ans sont violées à plusieurs reprises par une bande de mineurs. Leurs familles portent plainte. Sous la pression du voisinage et la peur des représailles, l’une d’entre elle est obligée de fuir le quartier. Ni Putes Ni Soumises organise une manifestation de soutien, qui ne réunit qu’une cinquantaine de personnes prises à parti par la population locale. « Les filles d’aujourd’hui, elles sont faciles, c’est tout ! Nous, on soutient les frères. », dira même une mère de famille.

A Narbonne (Aude), un commerçant de 59 ans voit sa boutique saccagée et sa voiture sabotée. « A mort, les juifs, à mort la police », peut-on lire sur des inscriptions laissées sur place. Son fils de 13 ans est agressé et blessé. Moïse Chekroun est désemparé. Il envisage de quitter le quartier.

A Etampes (Essonne), un jeune homme de 23 ans frappe violemment le petit ami de sa sœur avec une barre de fer. La victime souffre de plusieurs fractures du crâne. Elle a été placée dans un coma artificiel. Son pronostic vital est engagé. Quand la jeune fille de 17 ans retourne chez ses parents, elle est à son tour victime d’une « violente correction » (selon l’expression du Parisien) qui lui vaut quatre semaines d’arrêt de travail et un placement en foyer. L’agresseur a dit vouloir « protéger la virginité de sa sœur ». Le Parisien évoque un vague « motif religieux ».

Descentes récurrentes de centaines de « jeunes blacks », selon le forain Marcel Campion, à la Foire du Trône en plein Paris, avec moult agressions et lynchages de blancs « au faciès ». Escalade de violences dans les bus de Toulon (Var). Le journal « La Provence » remarque « l’inquiétante flambée des actes de violence gratuite » à Aix-en-Provence (Bouche-du-Rhône), ville pourtant réputée paisible par rapport à sa voisine Marseille. Lynchage crapuleux d’un homme sur la plage de Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes). Coups de feu sur un employé de Véolia en Avignon (Vaucluse). Toujours en Avignon, un délinquant de 14 ans traîne sur plusieurs mètres une dame de 72 ans pour lui voler son sac. Des journalistes de France 3 venus enquêter sur les violences urbaines sont arrosés de gaz lacrymogène et dépouillés à Villepinte (Seine-Saint-Denis). A Saint-Quentin (Aisne), un multirécidiviste de 12 ans met le feu aux cheveux d’une nonagénaire pour « faire marrer ses copains ». A Perpignan (Pyrénées-Orientales), trois policiers sont blessés en mission, l’un d’eux a le doigt arraché par l’homme qu’ils tentaient d’arrêter. A Arras (Pas-de-Calais), une collégienne de 14 ans est violée dans un parc public par trois mineurs de 12 à 14 ans.

Voilà quelques exemples de « faits divers », sur une période d’une dizaine de jours, qu’on peut lire quotidiennement dans la presse régionale. Peu d’entre eux font l’objet d’une couverture nationale, alors qu’il y a trente ans, le moindre crime de cet acabit aurait fait la une des journaux télévisés de 20 heures pendant plusieurs jours et provoqué l’indignation générale. La « violence gratuite » se banalise alors même qu’elle devient de plus en plus barbare.

Aucun Français ne peut donc croire que la délinquance stagne ou est en baisse, comme l’annonce régulièrement le gouvernement à partir de chiffres pro domo. Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur de mai 2002 à mars 2004 puis de mai 2005 à mars 2007, avait promis de nous débarrasser de la « racaille » à coup de « Kärcher », d’éradiquer les zones de non-droit, de punir les coupables avec une sévérité sans faille. Elu président de la République, il a continué ses incantations systématiques. Mardi dernier, il remettait le couvert à Bobigny : on va voir ce qu’on va voir. En vain : on n’a rien vu depuis huit ans qu’il est aux affaires de sécurité.

 

Michèle Alliot-Marie, quand elle était son ministre de l’Intérieur, a avoué donner des ordres aux policiers pour ne pas poursuivre les délinquants en scooter ou en voiture. Ce n’est pas nouveau : lors des émeutes de 2005, la police aux ordres de Nicolas Sarkozy avait ordre de ne pas charger ceux qui leur tiraient dessus et mettaient les banlieues à feu et à sang. Quant à Brice Hortefeux, actuel ministre de l’Intérieur, il continue la méthode sarkozyste de s’indigner verbalement et de proposer sans cesse des nouvelles lois. Sans résultats.

La droite au pouvoir a donc totalement échoué dans le rétablissement de l’ordre républicain et dans la défense citoyenne du droit à la sécurité. Mais ce n’est pas mieux à gauche. Lionel Jospin, quand il était premier ministre, a mis des années à reconnaître que le « sentiment d’insécurité » était une expression fallacieuse pour cacher la réalité de ladite insécurité due à la montée d’une réelle délinquance. « Il ne fallait pas faire le jeu du Front National », disaient-ils. Par leur cécité, ils n’ont cessé de le faire, comme le prouve l’élection présidentielle de 2002.

Et cette gauche n’a pas varié d’un pouce dans son idéologie complice des voyous. Elle ne jure que par l’excuse sociale, alors que toute étude sociologique différentielle sérieuse invalide totalement cette légende. Les enfants d’Arméniens ou d’Italiens qui vivaient dans les bidonvilles de Villeurbanne n’incendiaient pas leurs écoles et ne lapidaient pas les policiers. On n’a guère vu d’Asiatiques ou de Français de souche vivant malgré eux dans les banlieues participer aux émeutes de 2005. Ces fameuses « cités » des banlieues « rouges », aujourd’hui désignées pudiquement de « zones sensibles », étaient paisibles quand elles étaient habitées par des enfants de paysans venus travailler dans les usines des villes ou par des rapatriés d’Algérie. Comme le démontre le criminologue Xavier Raufer, la véritable pauvreté est aujourd’hui dans la campagne française et non en Seine-Saint-Denis.

Mais qu’à cela ne tienne, on continue à entretenir le mythe des « populations défavorisées » qui auraient droit à se rebeller par la violence. On a transformé en martyrs deux gamins de Clichy-sous-Bois morts électrocutés parce qu’ils s’étaient bêtement réfugiés dans un transformateur à haute tension pour échapper à un banal contrôle policier. Lors de sa campagne présidentielle, Ségolène Royal leur a même rendu un hommage vibrant en compagnie du maire, d’un imam et de femmes voilées devant un espèce de monuments aux morts comme si ces deux inconscients suicidaires étaient des héros de la Nation.

Pas mieux chez les « écolos », nouvelle composante de la gauche. Dans un débat télévisé, le conseiller régional Augustin Legrand se fait le porte-parole des dealers de banlieue en proposant de verser un salaire de 2000 euros mensuels aux trafiquants de drogue. Les Français smicards ou vivant du RSA (400 euros par mois) faute de trouver un travail apprécieront… Stéphane Gatignon, maire Europe Ecologie de Sevran, déclare à Rue89 qu’on pourrait « imaginer avoir des circuits courts, des champs de pavot ou d’herbe en Ile-de-France ». Il montre ainsi une méconnaissance totale des trafiquants qui dealent autant les drogues dures que les drogues douces, comme le démontre, là encore, Xavier Raufer.

Le déni de réalité continue de monopoliser les débats télévisés. On discute pendant des heures sur les violences scolaires, sans jamais apporter aucune analyse sociologique des fauteurs de trouble. La moindre voix discordante est qualifiée de raciste et de xénophobe. Quand Eric Zemmour constate le fait que « la plupart des trafiquants sont noirs ou arabes », il est traîné dans les prétoires par le Mrap, SOS-Racisme et aussi par la Licra, dont le conseil fédéral vient de décider de poursuivre le journaliste en justice.

Autre procès grotesque, celui intenté par le Mrap contre Brice Hortefeux. Lors d’une université d’été de l’UMP, il déclare en privé et à la cantonade, sur le ton de la plaisanterie, à propos d’un militant d’origine nord-africaine : « Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. » Pour Mouloud Aounit et deux « sociologues » présents au procès (dont l’islamogauchiste Vincent Geisser, fan de Tariq Ramadan), c’est « raciste » ! Pourtant, n’importe qui peut constater qu’effectivement, une immigration musulmane importante pose davantage de problèmes d’intégration qu’une immigration européenne ou asiatique. Mais il est interdit de « stigmatiser » ! Les premiers à vous l’expliquer sont ces enseignants qui magouillent pour que leurs propres enfants ne se retrouvent pas dans des classes où il y aurait « trop d’Arabes ».

Ces « antiracistes » autoproclamés restent silencieux sur le racisme anti-blancs ou anti-français. Pas un n’a levé le petit doigt quand on a brûlé le drapeau national à Toulouse, quand la FNAC veut décerner un prix à une photo montrant qu’on se torche avec ce drapeau (elle a fait machine arrière depuis), ou quand on fait la chasse aux blancs à la Foire du Trône et aux Juifs dans les écoles de la République. Quand Ivan Rioufol, dans son bloc-notes du Figaro, accuse la cécité des droitsdelhommistes sur le lynchage d’un paisible géographe blanc de 23 ans à Grenoble par une bande de jeune issus de la diversité, comme l’on dit, la Licra se fend d’un communiqué pour expliquer que cela n’a rien de « raciste ».

Et pourtant, force est de constater que dans la plupart des « faits divers » énumérés ci-dessous, les agresseurs sont bien d’origine africaine noire ou nord-africaine arabo-musulmane, tandis que les victimes sont françaises ou européennes « de souche ». N’importe quel sociologue sérieux et non abruti par une idéologie compassionnelle ou journaliste de terrain peut le constater et le mesurer. Il est tout de même curieux de constater que ceux-là même qui crient au racisme chaque fois que la victime est noire ou arabe et les agresseurs blancs, au besoin en subornant des témoins comme dans les affaires de Vauvert et d’Oullins, ne voient aucune discrimination dans le cas contraire pourtant largement majoritaire dans les faits divers relatés par vos journaux locaux.

Il faut l’avouer humblement, il nous est également difficile à nous, rédacteurs à Riposte Laïque et gens de gauche (non pas idéologiquement mais au niveau des valeurs humanistes et démocratiques), d’accepter certaines évidences factuelles. Nous aussi craignons de « faire le lit du Front National », nous aussi défendons un universalisme humaniste, féministe et social, dans la plus pure tradition jauréssienne et républicaine.

Mais Jean Jaurès a aussi dit : « Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire, c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. » Et également : « Tout progrès vient de la pensée et il faut donner d’abord aux travailleurs le temps et la force de penser. »

Alors nous pensons et nous cherchons la vérité. Et cette vérité, elle se trouve dans la réalité des faits. Et les faits nous démontrent que nous assistons à une offensive contre la République et contre les Français non seulement d’un islam conquérant, mais d’une partie de la population immigrée ou issue de l’immigration qui rejette ouvertement notre culture, nos valeurs, et, aujourd’hui, le droit du peuple français à vivre libre et en sécurité.

Nous assistons à une rébellion à caractère ethnique et/ou religieux, à des attaques dirigées par des résidents minoritaires contre une partie de la population (autochtone, « sous-chienne », blanche, européenne) et contre ses biens et ses idéaux. Nous assistons à un remake de ce qui s’est passé au Kosovo ou au Liban, avec les conséquences que l’on connaît. Cela s’appelle tout simplement une guerre civile, d’après les définitions mêmes de l’ONU et des Conventions de Genève. Qu’on soit de gauche ou de droite, c’est un fait.

Par Enoch - Publié dans : politique
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Mercredi 21 avril 2010 3 21 /04 /Avr /2010 08:04

Comme le notait un commentateur de France Inter : s’il n’y avait pas eu l’explosion du volcan en Islande, l’affaire Goldman Sachs (GS) aurait fait largement la « une » de toute la presse. Car il y a matière et les cendres sont chaudes.

Vendredi dernier, la Security and Exchange Commission (SEC), le gendarme des marchés outre-atlantique, créée sous le président Franklin Delano Roosevelt, a déposé une plainte civile pour fraude contre la banque d’affaires la plus puissante du monde et contre un de ses traders chargé des produits structurés, un jeune normalien français, Fabrice Tourre, directeur exécutif de GS Londres.

Après la nouvelle, les actions de GS ont dégringolé de près de 13% à Wall Street, entraînant les autres valeurs dans leur chute. Désormais, cette plainte sème la panique parmi les acteurs du marché des produits financiers dérivés, qui se demandent si un sort similaire les attend. Les noms de Deutsche Bank et Citigroup sont déjà avancés.

Après avoir été pointé du doigt pour les bonus plus qu’indécents, le scandale du fast trading, les astuces pour maquiller la dette grecque, cette fois-ci, GS est mis en cause pour « le scandale » des Collateralized Debt Obligations (CDOs). Tout comme les CDS, les CDO sont des paquets de titres émis sur la base d’une dette, les fameux crédits hypothécaires subprimes dont on connaît le triste sort.

Comme le formule gentiment Les Echos, derrière la plainte de la SEC, « c’est un gigantesque conflit d’intérêt au sein de la banque la plus profitable de Wall Street qui est visé ». Peut-on accepter qu’une banque, tout en prétendant le contraire, fourgue des « actifs toxiques » à ses clients, tout en faisant de l’argent en spéculant sur l’effondrement des « bonnes valeurs » qu’elle vient de vendre !

D’après le journaliste du Wall Street Journal Gregory Zuckerman, c’est début 2007, donc bien avant l’effondrement du marché immobilier, qu’un gros spéculateur, John Paulson, fondateur du hedge fund Paulson & Cie, fait, grâce à l’aide de son associé italien Paolo Pellegrini, un transfuge de Lazard, l’audacieux pari de la baisse du marché immobilier.

Paulson fait alors appel à Goldman Sachs pour « trouver des pigeons pour leur dire que le ‘subprime’, c’est génial », résume un ancien trader de la Société Générale. « C’est l’usage le plus cynique de l’information de crédit que j’aie jamais vu. Lorsque vous achetez une protection contre un évènement que vous contribuez à susciter, c’est comme si vous achetiez une assurance incendie sur la maison de quelqu’un d’autre avant d’y mettre le feu », affirme le consultant Sylvain Raynes.

Or Fabrice Tourre, d’après les courriels, ne semblait pas tout à fait ignorer que la marchandise sentait le sapin : « De plus en plus d’effet de levier dans le système. L’édifice tout entier peut maintenant s’effondrer à chaque instant… Le seul survivant éventuel : le fabuleux Fab [son propre surnom !]… debout au milieu de toutes ces opérations exotiques, complexes, à très fort effet de levier, qu’il créa sans nécessairement saisir toutes les implications de ces monstruosités !!! »

Cependant, la gamme de CDOs élaborée par Fabrice Tourre et consorts a été vendue à plusieurs investisseurs, dont la banque allemande IKB et la néerlandaise ABN AMRO, sans que ceux-ci sachent que Paulson avait activement participé à la composition du portefeuille ni qu’il allait prendre une position inverse…

En tout cas, les répercussions pourraient être énormes. Dimanche, le gouvernement allemand a fait savoir qu’il envisageait de poursuivre Goldman Sachs, car l’allemande IKB avait été sauvée de la faillite au prix de plusieurs milliards d’euros d’argent public en 2008. On se rappelle également que GS Londres s’occupa de la gestion de la dette grecque tout en spéculant sur la fin de l’euro…

Quand au spéculateur John Paulson, notons que l’oiseau possède 2% des actions de Renault et, d’après Les Echos du 19 avril, qu’il s’est illustré récemment par un don de 1,5 million d’euros pour le lancement de la nouvelle Fondation Carla Bruni-Sarkozy à New York ! Sans doute pour moraliser le capitalisme…

Coïncidence heureuse, le PDG de Goldman Sachs, Llyod Craig Blankfein, doit témoigner le 27 avril devant une commission du sénat présidé par le sénateur démocrate du Michigan Carl Levin qui s’intéresse à la criminalisation de la finance.

En tout cas, cette affaire confirme amplement ce que nous avons affirmé ici depuis longtemps : le système financier mondial actuel, expression d’un « capitalisme de casino », est devenu un vaste « schéma de Ponzi » qui s’effondre quant l’escroquerie éclate au grand jour.

Par Enoch - Publié dans : politique
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Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /Avr /2010 16:55

Taxes : comment les banques font chanter les gouvernements

Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Le lobby des banques françaises monte au créneau contre le projet de taxe sur l'activité bancaire envisage par la France l'Allemagne, les Etats unis et le FMI.




Voici quelques semaines, Christine Lagarde avait assisté à un conseil des ministres en Allemagne, à la suite duquel elle s’était entendue avec son homologue allemand, Monsieur Wolfgang Schauble, pour taxer les banques en fonction du risque systémique qu’elles faisaient courir à l’économie. Ce serait une taxe modeste, de l’ordre d’un milliard d’euros dans chaque pays. En Allemagne, cet argent géré par un organisme indépendant servirait en cas de défaillance d’une institution financière. La France dispose déjà d’un fonds de garantie des dépots, et préfère parler d’une simple taxe, pour faire participer les banques aux risques qu’elles ont créé. Et pour éviter qu’elles pensent qu’elles seront sauvées quoi qu’il arrive. C’est ce que les assureurs appelle l’aléa moral : si je sais que je suis assuré, je fais n’importe quoi ; une autre version de l’aléa moral, est le « too big to fail », qui donne des boutons à barak Obama : puisque je suis une très grosse banque et que je sais que ma faillite entraine trop de risques, jamais on ne me mettra en faillite, et je peux faire n’importe quoi.
En fait, on peut plus simplement appeller ça du chantage. Barak Obama est lui aussi sur la piste de la taxe  sur les établissements de plus de 50 milliards de dollars d’actifs. Le Fonds monétaire international approuve cette taxe. Elle vient d’ailleurs en droite ligne des décisions du précédent G20, avec d’autres décisions visant à augmenter la sécurité des crédits bancaires.

Mais les banques poussent des hurlements. Le public va leur prendre des sous ! Que le public leur donne des sous, très bien, mais qu’il leur en prenne, quelle horreur ! La Fédération française bancaire, emmenée par sa directrice générale, Madame Obolenski, ou encore par Monsieur Prot, patron de la BNP, monte au créneau pour dénoncer les risques que fait peser sur l’économie une telle taxation. Au passage, la Fédération française bancaire regrette que les nouvelles règles prudentielles qui seront imposées aux banques et que prépare la banque des règlements internationaux, la BRI, soient trop fortes.
Pourquoi ? Parce que ces règles brident l’économie, bien entendu ! C’est au nom de l’activité, de l’emploi, et de la croisance que les banques demandent qu’on leur fiche la paix et qu’elles continuent à spéculer comme bon leur semble. Elles ont complètement oublié qu’elles ont tué, liquidé l’emploi, l’activité et la croissance, plongé l’économie dans une crise épouvantable. Non. Tout ça, les subprimes, les crédits pourris, n’a jamais existé. Elles sont là pour aider les jeunes entreprises. Et en les taxant, on bride cet effort généreux qu’elles font pour les jeunes créateurs d’emplois. Et elles menacent de déménager si on les taxe.
En fait, elles ne le feront pas et ne peuvent pas le faire. Mais c’est une menace qui reste très impressionnante, celle de la distorsion de concurrence : si vous nous taxez, vous favorisez nos concurrentes, donc vous tuez l’emploi en France. C’est le chantage le plus cruel auquel nous ont habitué les banques, elles l’ont utilisé mille fois pour défendre les paradis fiscaux, et contre lequel il n’y a, hélas, qu’une réponse : la réponse internationale.
Lundi 19 Avril 2010 Bernard Maris - France Inter

Par Enoch - Publié dans : politique
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Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /Avr /2010 16:53

Le libre-échangisme, machine de guerre contre les systèmes de protection sociale.

Bernard CASSEN

(Communication au colloque « Convergences pour dépasser le libre-échange » organisé le 10 avril à Paris par l’association Un monde d’avance. La gauche décomplexée.)

Il y a toujours un temps de retard entre le vote des traités ou des lois, leur mise en œuvre et la perception qu’en ont ensuite les citoyens. C’est la loi du genre, mais cela peut aussi être une tactique délibérée pour avancer masqué dans des domaines sensibles.

C’est effectivement ce qui s’est passé avec la plupart des décisions européennes de libéralisation tous azimuts, dont on n’a mesuré les effets désastreux que bien longtemps après leur adoption. La quasi totalité des responsables politiques se réclamant de la gauche de gouvernement le savent parfaitement, mais rares sont ceux disposés à l’admettre publiquement. Cela reviendrait en effet pour eux à abjurer ce qu’ils ont encensé, à faire leur autocritique publique et à sortir du « politiquement correct européen » hors duquel on nous serine que toute ambition présidentielle est par avance vouée à l’échec en France.

Heureusement, les libéraux n’ont pas de ces pudeurs. Eux, au moins, n’hésitent pas à afficher la couleur. Pour celles et ceux qui ont voté le traité de Maastricht en 1992, je vais citer les propos, tenus en 1999, d’une personnalité éminente qui, au début des années 1990, avait imposé ses vues aux négociateurs dudit traité. En particulier à la France de François Mitterrand, de Michel Rocard et de Pierre Bérégovoy. Il s’agit de M. Hans Tietmeyer, alors président de la Bundesbank, dont la Banque centrale européenne n’est que la transposition, en plus « indépendant » encore, au niveau européen.

Répondant, à la fin août 1999, à la veille de son départ à la retraite, à une question qui lui était posée sur les conséquences sociales de la récente mise en place de l’euro, le patron de la « Buba » s’exprimait ainsi : « L’homme de la rue n’en est pas conscient. Tout le monde ne comprend pas encore de quoi il s’agit ». Pour la gouverne de l’« homme de la rue », ce modèle de banquier central auquel Jean-Claude Trichet s’évertue de ressembler, mettait ensuite carrément les pieds dans le plat. Que l’on en juge : « La concurrence entre les systèmes de protection sociale sera plus forte, pas seulement vis-à-vis du monde non européen, mais aussi à l’intérieur de l’Europe… Il faut de la concurrence entre les systèmes fiscaux, tout comme entre les systèmes de protection sociale nationaux… Il n’y aura pas de retour en arrière, c’est définitif » [1].

L’un des mérites de cette déclaration-vérité est de rappeler que la mise en concurrence des systèmes de protection sociale et de fiscalité - ce qui, en clair, signifie leur alignement vers le bas - est d’abord intra-européenne avant d’être planétaire. Nulle surprise à cela. L’Union européenne (UE), et cela dès le traité de Rome de 1957, lorsqu’elle s’appelait CEE, a toujours aspiré à se diluer dans un marché unique mondial, malgré les gigantesques écarts de développement entre nations et continents.

Les libertés dites « fondamentales » de l’UE, telles qu’elles sont rappelées dans, entre autres - et c’est un comble - le préambule de la Charte des droits sociaux fondamentaux annexée au traité de Lisbonne (libertés de circulation des capitaux, des biens et des services, auxquelles il faut ajouter celle des personnes) n’ont rien de spécifiquement européen. Elles ont valeur universelle. On les retrouve dans les chartes des deux principales organisations internationales de ce que j’appellerai volontiers l’Internationale libérale : le Fonds monétaire international (FMI) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Une parenthèse à ce sujet : en d’autres temps, en France, se trouver à la tête de ces deux institutions, honnies des mouvements sociaux du monde entier, aurait été jugé incompatible avec l’appartenance à quelque formation politique progressiste que ce soit. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. On voit le grand bond en arrière effectué en trois décennies. Il est pour le moins insolite de condamner l’ « ouverture » de Nicolas Sarkozy à des personnalités prétendument « de gauche » et, dans le même temps, de se féliciter d’en voir d’autres, tout autant « de gauche », si l’on ose également utiliser cette expression dans leur cas, occuper les postes de commande qui leur ont été concédés par les gouvernements piliers de la mondialisation libérale, en premier lieu par celui des États-Unis.

Les Dominique Strauss-Kahn et Pascal Lamy sont au système capitaliste globalisé ce que les Bernard Kouchner et Eric Besson sont, mais cent crans au-dessous, au système sarkozyste national. Je réclame donc l’indulgence pour ces ministres qui, eux au moins, ont la décence de ne plus être titulaires de la carte d’un parti de gauche.

Il ne faut pas être Prix Nobel d’économie pour comprendre qu’il existe une radicale contradiction entre, d’un côté, l’ouverture internationale en matière financière et commerciale - le libre-échangisme, pris au sens générique -, et, d’un autre côté, la pérennité des systèmes de protection sociale nationaux.

Le premier article du Code français de la Sécurité sociale affirme que « l’organisation de la Sécurité sociale est fondée sur le principe de solidarité nationale ». Cette solidarité s’exprime par le devoir de s’acquitter de prélèvements dits obligatoires, en l’occurrence de cotisations et d’impôts. La logique du système libre-échangiste est de laminer ces sources de financement, et donc de saper les fondements de la solidarité.

Les mécanismes sont connus de tous. Les cotisations sociales sont dépendantes à la fois du nombre de personnes employées à un moment donné et du niveau des salaires. Or le libre-échange détruit les emplois aussi bien au Sud qu’au Nord. Ce n’est pas moi qui le dis, mais l’organisation-sœur du FMI, la Banque mondiale elle-même. Dans un rapport publié en 2003 [2] et qui est cité dans un document de l’ONG War on Want au titre explicite (Trading Away Our Jobs, c’est-à-dire « Comment le commerce emporte nos emplois »), l’auteur écrit : « Pendant les périodes de libéralisation du commerce, on peut s’attendre à ce que le rythme de destruction des emplois soit plus rapide que celui de création des emplois. La globalisation pourrait donc être associée à une augmentation du taux de chômage ».

Même la Commission européenne est obligée de reconnaître cette évidence, malheureusement corroborée par l’expérience quotidienne des fermetures d’entreprises et des délocalisations. Dans son rapport de 2006 sur la création d’un Fonds européen d’ajustement à la globalisation – d’un montant dérisoire de 3,5 milliards d’euros sur 7 ans –, elle écrit que la libéralisation commerciale « entraîne des licenciements à grande échelle » et la « détérioration des conditions d’emploi » dans l’Union européenne.

J’ai préféré citer des sources d’une orthodoxie irréprochable pour rappeler la corrélation libre-échange/ chômage que des auteurs comme Jean-Luc Gréau, Hakim El Karoui, Emmanuel Todd et Jacques Sapir avaient de toute manière brillamment démontrée ces dernières années. Donc, davantage de chômeurs, mais aussi stagnation, voire baisse des revenus salariaux dans les secteurs exposés à la concurrence internationale. Je ne reviens pas ici sur l’articulation libre-échange/ déflation salariale établie, entre autres, par les travaux de Jacques Sapir. Le résultat est sans appel : les rentrées fournies par les cotisations salariales ne peuvent qu’être tendanciellement orientées à la baisse. Restent les impôts. Mais, là aussi, la libéralisation totale des mouvements de capitaux et les paradis fiscaux sont de puissants outils pour la recherche du « moins-disant fiscal », que ce soit pour les entreprises ou pour les particuliers. Je ne crois pas qu’il se trouve beaucoup de personnes prenant au sérieux la prétendue lutte de l’OCDE ou du G-20 contre ces centres « off-shore » qui sont autant de refuges de la délinquance, voire de la criminalité financière organisée.

L’UE n’est pas crédible dans ce domaine. Non seulement certains de ses membres à part entière sont eux-mêmes des paradis fiscaux spécialisés dans des niches particulières (Autriche, Chypre, Irlande, Luxembourg notamment, mais les territoires ou micro-États sur lesquels ils exercent leur juridiction en dernier ressort (îles anglo-normandes, Andorre, Monaco, San Marin, etc.) ne vivent que du non-droit fiscal. Même sans l’existence de ses paradis fiscaux, l’UE offrirait de belles possibilités aux réfractaires au fisc en raison des disparités d’imposition entre pays membres. C’est l’argument utilisé par Nicolas Sarkozy pour justifier le bouclier fiscal.

Hans Tietmeyer nous avait prévenus : la concurrence entre les systèmes fiscaux et donc, par ce biais, entre les systèmes de protection sociale n’est pas une exception, mais bien la règle dans l’UE. C’est pourquoi tout discours sur l’avenir des retraites, pour prendre un exemple d’actualité, relève du tour de passe-passe s’il ne prend pas en compte les logiques européennes qui, toutes, ont pour conséquence l’assèchement des ressources fiscales et salariales destinées à la protection sociale.

Rétrospectivement, on mesure la faute historique majeure commise par François Mitterrand en 1988 lorsqu’il avait renoncé à exiger une directive sur l’harmonisation de la fiscalité de l’épargne comme condition de l’adoption de la directive sur la libéralisation des mouvements de capitaux. Mitterrand préférait une Europe libérale à pas d’Europe du tout. Trente ans après, nous avons effectivement le libéralisme au pouvoir partout, et presque pas d’Europe, sauf pour libéraliser encore davantage. Le cas de la Grèce est édifiant à cet égard.

Résumons-nous : le libre-échangisme est une machine de guerre contre la protection sociale, et les politiques européennes en constituent un rouage redoutable. Maintenant une question : quel parti ou syndicat aura l’honnêteté et le courage de le dire tout haut ? Qui prendra le risque de se faire taxer de « protectionniste » ou d’ « anti-européen » par des médias entre les mains des grands intérêts financiers et industriels, voire par des responsables politiques répétant comme des perroquets une vulgate apprise à Sciences-Po ou à HEC ?

Pour ces timorés en mal de références alternatives, mais indiscutables, on suggèrera de prendre appui sur un texte étonnant et peu connu : la Déclaration de Philadelphie, première Déclaration internationale des droits à vocation universelle, proclamée le 10 mai 1944, quelques semaines avant les accords de Bretton Woods et quatre ans avant la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ce texte, auquel Alain Supiot consacre un livre à lire absolument [3], se présentait comme une Déclaration concernant les buts et objectifs de l’Organisation internationale du travail (OIT).

Près de 70 ans après, ce texte est d’une actualité aussi brûlante que celui du programme du Conseil national de la Résistance en France, adopté le 15 mars 1944, et dont le Medef réclame la mise à l’Index. Altermondialiste avant la lettre, la Déclaration affirme que « le travail n’est pas une marchandise » ; elle pose la nécessité de la « sécurité économique » et indique que la justice sociale est « le but central de toute politique nationale et internationale ». C’est-à-dire exactement l’inverse des principes du néolibéralisme. Voilà un texte à brandir aujourd’hui et à confronter aux prétendues « libertés » des traités européens qui constituent le carcan dans lequel doivent s’inscrire les politiques nationales.

Se poser la « question européenne » devrait être un préalable à toute réflexion sur la protection sociale. On n’en prend pas actuellement le chemin. Mais cette omerta ne pourra durer indéfiniment. Arrivera bien un jour le moment où les citoyens se rendront compte qu’on les a enfermés comme des mouches dans un bocal de verre européen sur les parois duquel ils butent en permanence. Et grande sera alors la tentation de briser le bocal. Le rôle des responsables politiques devrait être de délivrer les citoyens de ce bocal plutôt que d’avoir à en ramasser après-coup les fragments épars.

(Bernard Cassen est secrétaire général de Mémoire des luttes et président d’honneur d’Attac).

Source : Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP). http://www.medelu.org/spip.php?arti...


Notes :

[1] International Herald Tribune, 23 août 1999.

[2] M. Rama, Globalization and Workers in Developing Countries, World Bank, Washington DC, 2003.

[3] Alain Supiot, L’Esprit de Philadelphie, Seuil, Paris, 2010.

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Le-libre-echangisme-machine-de-guerre-contre-les-systemes-de-protection-sociale.html

Bernard CASSEN

(Communication au colloque « Convergences pour dépasser le libre-échange » organisé le 10 avril à Paris par l’association Un monde d’avance. La gauche décomplexée.)

Il y a toujours un temps de retard entre le vote des traités ou des lois, leur mise en œuvre et la perception qu’en ont ensuite les citoyens. C’est la loi du genre, mais cela peut aussi être une tactique délibérée pour avancer masqué dans des domaines sensibles.

C’est effectivement ce qui s’est passé avec la plupart des décisions européennes de libéralisation tous azimuts, dont on n’a mesuré les effets désastreux que bien longtemps après leur adoption. La quasi totalité des responsables politiques se réclamant de la gauche de gouvernement le savent parfaitement, mais rares sont ceux disposés à l’admettre publiquement. Cela reviendrait en effet pour eux à abjurer ce qu’ils ont encensé, à faire leur autocritique publique et à sortir du « politiquement correct européen » hors duquel on nous serine que toute ambition présidentielle est par avance vouée à l’échec en France.

Heureusement, les libéraux n’ont pas de ces pudeurs. Eux, au moins, n’hésitent pas à afficher la couleur. Pour celles et ceux qui ont voté le traité de Maastricht en 1992, je vais citer les propos, tenus en 1999, d’une personnalité éminente qui, au début des années 1990, avait imposé ses vues aux négociateurs dudit traité. En particulier à la France de François Mitterrand, de Michel Rocard et de Pierre Bérégovoy. Il s’agit de M. Hans Tietmeyer, alors président de la Bundesbank, dont la Banque centrale européenne n’est que la transposition, en plus « indépendant » encore, au niveau européen.

Répondant, à la fin août 1999, à la veille de son départ à la retraite, à une question qui lui était posée sur les conséquences sociales de la récente mise en place de l’euro, le patron de la « Buba » s’exprimait ainsi : « L’homme de la rue n’en est pas conscient. Tout le monde ne comprend pas encore de quoi il s’agit ». Pour la gouverne de l’« homme de la rue », ce modèle de banquier central auquel Jean-Claude Trichet s’évertue de ressembler, mettait ensuite carrément les pieds dans le plat. Que l’on en juge : « La concurrence entre les systèmes de protection sociale sera plus forte, pas seulement vis-à-vis du monde non européen, mais aussi à l’intérieur de l’Europe… Il faut de la concurrence entre les systèmes fiscaux, tout comme entre les systèmes de protection sociale nationaux… Il n’y aura pas de retour en arrière, c’est définitif » [1].

L’un des mérites de cette déclaration-vérité est de rappeler que la mise en concurrence des systèmes de protection sociale et de fiscalité - ce qui, en clair, signifie leur alignement vers le bas - est d’abord intra-européenne avant d’être planétaire. Nulle surprise à cela. L’Union européenne (UE), et cela dès le traité de Rome de 1957, lorsqu’elle s’appelait CEE, a toujours aspiré à se diluer dans un marché unique mondial, malgré les gigantesques écarts de développement entre nations et continents.

Les libertés dites « fondamentales » de l’UE, telles qu’elles sont rappelées dans, entre autres - et c’est un comble - le préambule de la Charte des droits sociaux fondamentaux annexée au traité de Lisbonne (libertés de circulation des capitaux, des biens et des services, auxquelles il faut ajouter celle des personnes) n’ont rien de spécifiquement européen. Elles ont valeur universelle. On les retrouve dans les chartes des deux principales organisations internationales de ce que j’appellerai volontiers l’Internationale libérale : le Fonds monétaire international (FMI) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Une parenthèse à ce sujet : en d’autres temps, en France, se trouver à la tête de ces deux institutions, honnies des mouvements sociaux du monde entier, aurait été jugé incompatible avec l’appartenance à quelque formation politique progressiste que ce soit. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. On voit le grand bond en arrière effectué en trois décennies. Il est pour le moins insolite de condamner l’ « ouverture » de Nicolas Sarkozy à des personnalités prétendument « de gauche » et, dans le même temps, de se féliciter d’en voir d’autres, tout autant « de gauche », si l’on ose également utiliser cette expression dans leur cas, occuper les postes de commande qui leur ont été concédés par les gouvernements piliers de la mondialisation libérale, en premier lieu par celui des États-Unis.

Les Dominique Strauss-Kahn et Pascal Lamy sont au système capitaliste globalisé ce que les Bernard Kouchner et Eric Besson sont, mais cent crans au-dessous, au système sarkozyste national. Je réclame donc l’indulgence pour ces ministres qui, eux au moins, ont la décence de ne plus être titulaires de la carte d’un parti de gauche.

Il ne faut pas être Prix Nobel d’économie pour comprendre qu’il existe une radicale contradiction entre, d’un côté, l’ouverture internationale en matière financière et commerciale - le libre-échangisme, pris au sens générique -, et, d’un autre côté, la pérennité des systèmes de protection sociale nationaux.

Le premier article du Code français de la Sécurité sociale affirme que « l’organisation de la Sécurité sociale est fondée sur le principe de solidarité nationale ». Cette solidarité s’exprime par le devoir de s’acquitter de prélèvements dits obligatoires, en l’occurrence de cotisations et d’impôts. La logique du système libre-échangiste est de laminer ces sources de financement, et donc de saper les fondements de la solidarité.

Les mécanismes sont connus de tous. Les cotisations sociales sont dépendantes à la fois du nombre de personnes employées à un moment donné et du niveau des salaires. Or le libre-échange détruit les emplois aussi bien au Sud qu’au Nord. Ce n’est pas moi qui le dis, mais l’organisation-sœur du FMI, la Banque mondiale elle-même. Dans un rapport publié en 2003 [2] et qui est cité dans un document de l’ONG War on Want au titre explicite (Trading Away Our Jobs, c’est-à-dire « Comment le commerce emporte nos emplois »), l’auteur écrit : « Pendant les périodes de libéralisation du commerce, on peut s’attendre à ce que le rythme de destruction des emplois soit plus rapide que celui de création des emplois. La globalisation pourrait donc être associée à une augmentation du taux de chômage ».

Même la Commission européenne est obligée de reconnaître cette évidence, malheureusement corroborée par l’expérience quotidienne des fermetures d’entreprises et des délocalisations. Dans son rapport de 2006 sur la création d’un Fonds européen d’ajustement à la globalisation – d’un montant dérisoire de 3,5 milliards d’euros sur 7 ans –, elle écrit que la libéralisation commerciale « entraîne des licenciements à grande échelle » et la « détérioration des conditions d’emploi » dans l’Union européenne.

J’ai préféré citer des sources d’une orthodoxie irréprochable pour rappeler la corrélation libre-échange/ chômage que des auteurs comme Jean-Luc Gréau, Hakim El Karoui, Emmanuel Todd et Jacques Sapir avaient de toute manière brillamment démontrée ces dernières années. Donc, davantage de chômeurs, mais aussi stagnation, voire baisse des revenus salariaux dans les secteurs exposés à la concurrence internationale. Je ne reviens pas ici sur l’articulation libre-échange/ déflation salariale établie, entre autres, par les travaux de Jacques Sapir. Le résultat est sans appel : les rentrées fournies par les cotisations salariales ne peuvent qu’être tendanciellement orientées à la baisse. Restent les impôts. Mais, là aussi, la libéralisation totale des mouvements de capitaux et les paradis fiscaux sont de puissants outils pour la recherche du « moins-disant fiscal », que ce soit pour les entreprises ou pour les particuliers. Je ne crois pas qu’il se trouve beaucoup de personnes prenant au sérieux la prétendue lutte de l’OCDE ou du G-20 contre ces centres « off-shore » qui sont autant de refuges de la délinquance, voire de la criminalité financière organisée.

L’UE n’est pas crédible dans ce domaine. Non seulement certains de ses membres à part entière sont eux-mêmes des paradis fiscaux spécialisés dans des niches particulières (Autriche, Chypre, Irlande, Luxembourg notamment, mais les territoires ou micro-États sur lesquels ils exercent leur juridiction en dernier ressort (îles anglo-normandes, Andorre, Monaco, San Marin, etc.) ne vivent que du non-droit fiscal. Même sans l’existence de ses paradis fiscaux, l’UE offrirait de belles possibilités aux réfractaires au fisc en raison des disparités d’imposition entre pays membres. C’est l’argument utilisé par Nicolas Sarkozy pour justifier le bouclier fiscal.

Hans Tietmeyer nous avait prévenus : la concurrence entre les systèmes fiscaux et donc, par ce biais, entre les systèmes de protection sociale n’est pas une exception, mais bien la règle dans l’UE. C’est pourquoi tout discours sur l’avenir des retraites, pour prendre un exemple d’actualité, relève du tour de passe-passe s’il ne prend pas en compte les logiques européennes qui, toutes, ont pour conséquence l’assèchement des ressources fiscales et salariales destinées à la protection sociale.

Rétrospectivement, on mesure la faute historique majeure commise par François Mitterrand en 1988 lorsqu’il avait renoncé à exiger une directive sur l’harmonisation de la fiscalité de l’épargne comme condition de l’adoption de la directive sur la libéralisation des mouvements de capitaux. Mitterrand préférait une Europe libérale à pas d’Europe du tout. Trente ans après, nous avons effectivement le libéralisme au pouvoir partout, et presque pas d’Europe, sauf pour libéraliser encore davantage. Le cas de la Grèce est édifiant à cet égard.

Résumons-nous : le libre-échangisme est une machine de guerre contre la protection sociale, et les politiques européennes en constituent un rouage redoutable. Maintenant une question : quel parti ou syndicat aura l’honnêteté et le courage de le dire tout haut ? Qui prendra le risque de se faire taxer de « protectionniste » ou d’ « anti-européen » par des médias entre les mains des grands intérêts financiers et industriels, voire par des responsables politiques répétant comme des perroquets une vulgate apprise à Sciences-Po ou à HEC ?

Pour ces timorés en mal de références alternatives, mais indiscutables, on suggèrera de prendre appui sur un texte étonnant et peu connu : la Déclaration de Philadelphie, première Déclaration internationale des droits à vocation universelle, proclamée le 10 mai 1944, quelques semaines avant les accords de Bretton Woods et quatre ans avant la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ce texte, auquel Alain Supiot consacre un livre à lire absolument [3], se présentait comme une Déclaration concernant les buts et objectifs de l’Organisation internationale du travail (OIT).

Près de 70 ans après, ce texte est d’une actualité aussi brûlante que celui du programme du Conseil national de la Résistance en France, adopté le 15 mars 1944, et dont le Medef réclame la mise à l’Index. Altermondialiste avant la lettre, la Déclaration affirme que « le travail n’est pas une marchandise » ; elle pose la nécessité de la « sécurité économique » et indique que la justice sociale est « le but central de toute politique nationale et internationale ». C’est-à-dire exactement l’inverse des principes du néolibéralisme. Voilà un texte à brandir aujourd’hui et à confronter aux prétendues « libertés » des traités européens qui constituent le carcan dans lequel doivent s’inscrire les politiques nationales.

Se poser la « question européenne » devrait être un préalable à toute réflexion sur la protection sociale. On n’en prend pas actuellement le chemin. Mais cette omerta ne pourra durer indéfiniment. Arrivera bien un jour le moment où les citoyens se rendront compte qu’on les a enfermés comme des mouches dans un bocal de verre européen sur les parois duquel ils butent en permanence. Et grande sera alors la tentation de briser le bocal. Le rôle des responsables politiques devrait être de délivrer les citoyens de ce bocal plutôt que d’avoir à en ramasser après-coup les fragments épars.

(Bernard Cassen est secrétaire général de Mémoire des luttes et président d’honneur d’Attac).

Source : Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP). http://www.medelu.org/spip.php?arti...


Notes :

[1] International Herald Tribune, 23 août 1999.

[2] M. Rama, Globalization and Workers in Developing Countries, World Bank, Washington DC, 2003.

[3] Alain Supiot, L’Esprit de Philadelphie, Seuil, Paris, 2010.

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Le-libre-echangisme-machine-de-guerre-contre-les-systemes-de-protection-sociale.html

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Jeudi 15 avril 2010 4 15 /04 /Avr /2010 12:46

Enfin un député qui à des couilles....

La vérité fait mal, regardez la têtes des politiques sur le plateau et surtout le silence qu'ils observent

!http://fr.truveo.com/video-detail/-sarko-ump-ps-france-2-nicolas-dupont-aignan/327570738

Par Enoch - Publié dans : politique
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Mercredi 14 avril 2010 3 14 /04 /Avr /2010 21:02

Ca y est: le bon du trésor grec sur 10 ans est à 7,322%. Du suicide pur et dur et les carottes, pardon, les oliviers sont cuits. La Grèce ne pourra plus emprunter et le mois de mai 2010 se présente très mal. Regardez l'évolution, merci à Mr Arfeuille:

Lundi 29 mars : 6,289 %.
Mardi 30 mars : 6,434 %.
Mercr 31 mars : 6,522 %.
Jeudi 1 avril : 6,529 %.
Mardi 6 avril : 6,976 %.
Mercr 7 avril : 7,161 %.
jeudi 8 avril : 7,322 %.

Donner du 7,3% chaque année pendant 10 ans, c'est vendre la tête de tous les habitants à Wall Street. Donc voici la situation: imaginez l'Europe des 16 pays euro comme un convoi de 16 camions sur une autoroute. L'un des camions n'a plus d'essence. Le convoi s'arrête et on va siphoner de l'essence du camion allemand et français pour en mettre dans le camion grec. Le système ne peut plus avancer de la même façon, du moins, la distance parcourue ne sera plus la même. Et ces camions n'ont pas le droit à la planche à billets qui leur permettrait d'acheter autant d'essence qu'ils le veulent... Les camions anglo-saxons, eux, peuvent continuer à rouler sans problèmes... Et c'est eux qu'on va appeler à l'aide, via la borne de secours FMI.

Mais voici le signe fatal des premières contractions: comme avec Lehman Brothers, la Grece s'est vue refuser les prêts à 24h ou 48h, ce que les traders appellent les repos. Et c'est la banque allemande Commerzbank qui a tiré le tapis la première sous le pied des Grecs... Hou les méchants...

Cette nuit, c'est la Citi qui a lancé la vente de ses obligations grecques, voyez ici Banking News. C'est la 2e banque, et cela veut dire que d'ici la fin du mois, eh bien, kof kof, je ne voudrais pas être en Grèce sauf comme touriste. Des milliards quittent le pays chaque jour, et les agences bancaires étrangères à Athènes ne savent plus où donner de la tête. La Grèce va être le Lehman Brothers de la 2e crise fiancière. Regarde ce qu'écrit Zero Hedge: "Commerzbank which is one of the biggest repo counterparties to Greek institutions, was dumping bonds in yesterday's sell off. Not only that, but it is now pulling repos, in essence starting a cascade of asset liquidation, in which banks, already experiencing a depositor run, will be forced to sell assets at any prices they can get just to fund their operations for one extra day".

Pour revenir à Athènes, la situation tend vers la crise de liquidités, voyez cet article du Telegraph: "Greek banks are being hit by a wave of redemptions as the country's most wealthy citizens and corporations look to move their money offshore or to international financial institutions perceived as safer homes for their assets". Aristote Onassis doit se retourner dans sa tombe. Les millionnaires grecs vident leurs comptes pour les transvaser dans des banques allemandes, suisses, françaises, chypriotes, chinoises (HSBC) et même bosniaques, pays voisin. Même l'Albanie semble être un havre de paix. "More than 3bn euros of deposits held by Greek households and companies left the country in February, while in January about 5bn euros of deposits were moved out, according to the latest figures available from the Bank of Greece". Au bout: l'absence de billets dans les distributeurs et les banques... La crise Argentine donc, puissance 10.

Mais les Grecs haussent la voix avec un verre d'ouzo: Theodoros Pangalos, un politique grec, est rentré dans les plumes des Allemands via le Jornal de Negocios en disant qu'ils ne voulaient pas aider la Grèce parce qu'ils étaient racistes et parce qu'ils voient les Grecs comme des fêtards: "Mr Pangalos said Germany had taken a 'moral, racial' approach to the crisis, adding sarcastically: 'The Greeks have problems. Why do they have problems? Because they don't work enough. 'And why is that? Because they have a good climate, music and drink and they are not as serious as the Germans.". Pour en savoir plus, lire le Daily Mail. Tant qu'il y a de l'ouzo, il y a de l'espoir... Revue de Presse par Pierre Jovanovic © www.jovanovic.com 2008-2010

Par Enoch - Publié dans : politique
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Mercredi 14 avril 2010 3 14 /04 /Avr /2010 20:55

HERMAN VAN ROMPOY A TRICHÉ: 5% POUR LA GRECE !!
du 12 au 14 avril 2010 : Comment les Grecs se sont fait rouler dans la farine, puis dans l'huile d'olive: au moment ou les traders se frottent les mains à l'idée de la Grèce en faillite (ils parient des milliards sur sa chute), Jean-Claude Trichet et Van Fripouille (interview dans Le Monde de samedi par exemple) ont déclaré chacun de son côté qu'il n'y aura pas de problème pour les finances grecques. Texto. Puis, vendredi soir très tard, une dépêche anodine nous a appris que l'Europe va prêter à.... 6% à la Grèce! A 6% !!! Dimanche soir, le taux est passé à 5%... Et les Grecs ont demandè 50 milliards de plus !!! "Here is what happens when you green light Moral Hazard -in less than 2 hours after the videoconference in which the EMU announced è30 billion in aid for Greece, a Greek senior official has already come up and said that they were only kidding about needing just è40 or so billion (with the IMF's 10). The full amount will actually be double that, or è80 billion, for the 3 year period. Look for Portugal, Spain, Ireland, Bulgaria, Hungary, Latvia, and Lithuania to come knocking in the next 45 minutes". Lire ZH. Cool... Reuters, AP et les autres disaient: "According to more recent headlines, the loan will be 6% for 3 years, 7% if longer. This means there is no bailout as Greece can not sustain those kinds of rates, and the EU is merely buying itself time to prepare for the imminent unwind of the EMU". Rien que ça!!! Van Fripouille est en train de ferrer la Grèce au nom de sa sacro sainte "gouvernance mondiale"... Incroyable manipulation d'autant qu'il y a un mois, il était question de 3,8%... Il n'existe aucun plan de "sauvetage" pour la Grèce, juste celui de lui mettre des chaînes. C'est Nigel Farage qui avait raison, et il l'avait même annoncé, voyez ses vidéos des mois passés sur cette page. Enfin, dernière info, Fitch a baissé la note de la Grèce à BBB-, c'est à dire du papier qui ne vaut presque rien, lire ici Edmond Conway dans le Telegraph.. Mais Ambrose-Evans Pritchard nous dévoile la tension qui existe entre Angela Merkel et Axel Weber de la Bundesbank qui freine des quatre fers et veut l'empêcher de sortir des liquidités pour soutenir la Grèce. Raison: cela met en danger l'Eurosystème (bancaire) Cela veut dire que rien n'est réglé, et même si ce point était réglé, ne pas oublier qu'après il y aura d'autre pays... Lire AEP. Dimanche soir, hier, une entente a ètè trouvèe avec les Allemands et Trichet. Mais tout le monde attend le dernier moment pour faire le virement... Bref, il importe de calmer Wall Street avec des promesses, lire ici le Daily. Revue de Presse par Pierre Jovanovic © www.jovanovic.com 2008-2010

Par Enoch - Publié dans : politique
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Mercredi 14 avril 2010 3 14 /04 /Avr /2010 20:52

SCOOP: CRISE SYSTEMIQUE EN FRANCE, VOICI LES PREUVES
du 12 au 14 avril 2010 : Notre lecteur Mr Percepied, que je connais, m'a livré un témoignage intéressant sur le profond mysticisme qui s'est emparé des banques pendant la période de Pâques: "Il y a peu, j'ai emménagé dans un charmant petit appartement à Alfortville et jeudi 1er avril devait être mon premier jour de paiement du loyer. Étant à la Banque Postale et connaissant leur remarquable « rapidité » je vérifiai que le virement automatique fût bien effectué. A mon grand soulagement, le virement de 650€ fût effectif au 1er avril, sans parler du 0,98 euro de frais pour virement automatique, prélevé à CHAQUE virement... Je m'en allai donc travailler l'esprit libre!
Ce fût sans compter sur la propriétaire qui, une semaine plus tard, me téléphona paniquée pour me demander pourquoi le virement n'a pas été fait. Interloqué je lui affirmai que mon compte a bien été débité. Dépités, nous vérifiâmes ensemble que je ne me trompais point de numéro de compte... Non... Elle décida d'appeler son banquier et me donna ensuite la version de son bankster... Il semblerait que, en période de Pâques, les transactions soient tout simplement stoppées pendant plusieurs jours car trop nombreuses
" (note: le banquier prend notre lecteur pour un crétin, rappellez-vous, vers chaque 20 décembre, Carte Bleue fait un communiqué pour expliquer qu'elle a battu son Ne record de transactions lors des courses de Noël) "Mais bien sûr, suis-je bête! Pendant les périodes de Pâques, les banques sont aussi en fête ! Logique ! Maintenant j'aimerais savoir où mon loyer est passé pendant ces quelques jours ?!? Débité de mon compte, mais pas crédité sur le compte du propriétaire.". Etant donné que le Christ est mort vendredi dernier et revenu à la vie 3 jours plus tard, par respect pour son travail, les banquiers ont parqué toutes leurs liquidités à la Banque du Saint Esprit pour la rémission de leurs péchés et sans doute de ceux du Vatican. C'est leur semaine sans. Vous avez aussi remarqué que pendant la même période, il y a eu:

1) 400.000 chômeurs n'ont pas été virés par la BNP. Là aussi, l'argent des chômeurs a eu une extase mystique qui a duré... une semaine! Certaines infos me disent d'ailleurs qu'il s'agit de bien plus que de 400.000 personnes, et qui elles non plus n'ont pas été payés le 1er avril, ni le 6, mais bien le 7 ou le 8 avril, c'est à dire J+8 !
2) La BNP a caché le fait que les retraités non plus n'ont pas été virés au 1 avril!. L'info a été donnée par France Info, merci à Mr Martin, puisque 1.200.000 retraités ont aussi été victimes de ce pseudo "bug". Et il y a d'autres catégories.
3) Admirez comment la BNP réussit à ne pas prévenir les retraités, et cela même après le coup des chômeurs!!!
4) Ce bug n'en est pas un. IL EST IMPOSSIBLE QU'IL Y AIT AUTANT DE PANNES surtout dans l'informatique bancaire où tout fonctionne en systèmes redondants.
5) Mais voyez ce mail d'une lectrice de Tours, et à priori elle n'a aucune raison de nous raconter des histoires: "Je suis allée à la Poste principale ce matin, et un petit panneau est posé â l'entrée indiquant qu'on ne peut retirer plus de 1.500 euros à partir de 12H00".

La conclusion, eh bien, est très simple: les comptes de la France sont à sec (voir plus bas), mais il s'agit de cacher la vérité aux Français, et ici la BNP a accepté manifestement de servir de prétexte. D'ailleurs d'autres lecteurs, comme Mr Martin, sont arrivés à la même conclusion que moi avec l'histoire des retraités: "Début mars BNP n'a pas versé les allocations de 400.000 chômeurs certes, mais aussi les retraites de 1.200.000 retraités. 1.600.000 personnes x 1.000 € (moyenne minimum) = 1.600.000.000 euro minimim de liquidités disparues pendant plus d'une semaine... Ca sent la crise systêmique". En effet, sachant que le montant moyen serait plus dans les 10 milliards d'euros. Pourquoi les banques de Wall Street se font elles des prêts pendant une semaine à chaque fin de mois, à votre avis ?
Tirez les conséquences. Les banques françaises jouent le même jeu que les 18 banques US, qui, en fin de mois, se font des virements massifs dans une intense charge de cavalerie.

 

Cavalerie = armée de banquiers sans le sou, montés à cheval qui se font des virements entre eux.

Revue de Presse par Pierre Jovanovic © www.jovanovic.com 2008-2010

Par Enoch - Publié dans : politique
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Mardi 13 avril 2010 2 13 /04 /Avr /2010 18:31

La monnaie, ce lien social méconnu

12 avril par Jean-Marie Harribey

De multiples enseignements peuvent être tirés de la crise majeure que le monde traverse depuis deux ans et demi : incapacité du marché à produire de la stabilité mais, au contraire, aptitude à engendrer des inégalités ; contradiction d’un mode d’accumulation financière sans travail ; extraordinaire rapidité de la volte-face des banques, hier sauvées de l’abîme par l’État, aujourd’hui prêtes à dévorer la main qui les a nourries ; effets délétères de la marchandisation qui restreint l’espace commun du vivre ensemble.

En revanche, ce qui n’a pas été assez souligné, c’est le rôle qu’a joué la privatisation de la monnaie dans le processus qui a conduit à la crise et qu’elle continue à jouer dans un moment où tout le monde cherche désespérément à sortir du marasme. On a fini par comprendre que, après trois décennies de décrochage de la masse salariale par rapport à la productivité du travail, le crédit aux pauvres pour compenser leurs salaires bloqués et le crédit aux financiers pour spéculer créeraient une situation intenable. D’un côté, une surproduction qui touche tous les principaux secteurs industriels, de l’autre des banques centrales très rigides quant au crédit qui aurait irrigué l’économie réelle, mais très laxistes avec les facilités accordées à la finance pour restructurer et concentrer les entreprises (vive l’effet de levier !) et pour participer à la frénésie spéculative sur les marchés de gré à gré. L’exemple de la Banque centrale européenne était caricatural : depuis sa création, elle affichait ne vouloir qu’une croissance de la masse monétaire de 4,5% par an pour couvrir à la fois l’inflation et la croissance économique de la zone euro, mais, en réalité, elle tolérait jusqu’aux derniers mois précédant la crise une progression de la masse monétaire de 11 à 12% l’an.

Les leçons ont-elles été tirées des dégâts provoqués par l’accaparement de la création monétaire par ce qu’Adair Turner lui-même (responsable de la Financial Services Authority britannique) a appelé la « finance inutile » ? Rien n’est moins sûr : on assiste au retour en force de l’arrogance des opérateurs sur les marchés financiers pour exiger des taux d’intérêt sur les obligations d’État beaucoup plus élevés que ceux qu’ils versent eux-mêmes pour se refinancer auprès des banques centrales qui sont proches de zéro. Avec en prime, l’exigence envers les États jugés potentiellement défaillants d’instaurer des plans d’austérité draconiens pour leur population, comme en Grèce actuellement.

En un mot, la gestion de la monnaie par le capitalisme néolibéral relevait du projet de Friedrich von Hayek de dénationaliser la monnaie, c’est-à-dire de sortir la monnaie, et par-delà l’ensemble de l’économie, d’une gestion politique. Ce projet était insensé parce qu’il revenait à nier l’ambivalence de la monnaie. Celle-ci est un instrument d’accumulation privée : ceux qui ont du capital achètent la force de travail de ceux qui n’en ont pas. Mais elle est aussi un bien public, et cela à deux titres. D’une part, sans ce bien public, les échanges marchands privés ne pourraient avoir lieu ; c’est pourquoi sa validation sociale collective est préalable à tout échange. D’autre part, c’est la monnaie, bien public validé politiquement, qui permet la socialisation d’une partie de la richesse produite pour fournir à tous école, soins gratuits et prestations sociales.

On saisit alors combien la privatisation de la monnaie relevait d’un projet de société global, d’une philosophie politique a-politique pourrait-on dire. Hayek l’avait rêvé, le capitalisme néolibéral a presque accompli le cauchemar prophétisé par Karl Polanyi : une société qui transforme en marchandises le travail, la terre et la monnaie s’auto-détruit. Quelles sont les chances de mettre un terme à cette évolution auto-destructrice ? Elles sont nulles si l’on ne commence pas par retrouver l’usage collectif de la monnaie.

En 1944, à Bretton Woods, Keynes avait vu juste : il faut une monnaie mondiale et pas une monnaie nationale imposée au monde. En 66 ans, de l’eau a coulé sous les ponts de la mondialisation. Par où prendre le problème aujourd’hui ? Le territoire européen pourrait être celui de l’expérimentation. Au moins trois verrous doivent sauter. Le premier est celui qui interdit le moindre obstacle à la circulation des capitaux (art. 56 du Traité de Lisbonne). Aujourd’hui, nombreux sont ceux, jusque dans les sphères du FMI ou des gouvernements, qui reconnaissent le bien-fondé des taxes sur les transactions financières. L’espace de la zone euro est suffisant pour les initier.

Le deuxième verrou est celui qui interdit à la Banque centrale européenne de faire crédit aux États et autres administrations publiques (art. 101 du Traité de Lisbonne). L’impossibilité de monétiser les déficits publics aboutit à empêcher toute création monétaire pour financer les dépenses collectives, sauf si les bons du Trésor sont achetés par les banques privées qui se refinancent en mettant en pension ces bons à la banque centrale : le comble de l’absurde et du détournement de fonds puisque, au lieu de recourir directement à du crédit gratuit auprès de la BCE, la collectivité est obligée de rémunérer les rentiers.

Le troisième verrou à briser concerne les obligations imposées aux États membres de l’Union de respecter l’orthodoxie budgétaire la plus stricte, sans qu’il soit possible, sauf en cas de force majeure reconnaissable seulement a posteriori, de faire appel à l’aide de l’Union ou à d’autres États (art. 102 à 104 du Traité de Lisbonne). Le verrouillage de la politique monétaire accompagne celui de la politique budgétaire, tandis que la concurrence prime sur la coopération et la solidarité.

Ainsi, les tenants de l’ordre néolibéral ont bien compris que la monnaie était, comme l’écrivait Marx, « le lien social sous sa forme solide » et qu’il était crucial pour eux de le défaire. Retrouver ce sens méconnu de la monnaie ouvrirait une nouvelle perspective pour sortir de la crise capitaliste, sinon du capitalisme lui-même.

Publié dans Libération, 24 février 2010. |1|

 

Notes

|1| Libération a titré « Euro : renationaliser la monnaie ». Ce titre est trop ambigu pour que je l’avalise. Le journal a aussi fait quelques petites coupures. Le texte est ici complet, sans faute ni coquille.

Par Enoch - Publié dans : politique
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Mardi 13 avril 2010 2 13 /04 /Avr /2010 07:59

Euro : instaurer la monnaie commune ou… s’exposer à la révolution !


Evanouis les discours sur le prétendu « euro-bouclier-à-la-crise » !

Même Jacques Attali l’affirme désormais : « la zone euro peut exploser. » C’est précisément le constat fait par tout ceux qui, noyés dans le mépris de la pensée unique, tirent la sonnette d’alarme sur les vices de construction de l’euro, depuis sa création.

La promesse des promoteurs de l’euro était l’avènement d’une nouvelle ère de prospérité. Leur pari était, en mettant par ruse la charrue avant les bœufs, de provoquer une union politique européenne à partir d’une union monétaire et économique. Mais ils ont perdu sur tous les tableaux. Donnant raison malgré eux aux accents prophétiques du Discours pour la France prononcé par Philippe Séguin en 1992, ils se trouvent aujourd’hui placés dans une redoutable impasse.

La croissance ? Conjuguée à des conceptions dogmatiques de la concurrence et du libre échange, la monnaie unique, conçue et gérée pour un modèle économique allemand qui n’est pas exportable, étrangle la plupart des pays européens. La cause en est la politique monétaire (taux de change et taux d’intérêts) suivie par la BCE. En effet, les exportations en dehors de l’Union Européenne sont pénalisées par la surévaluation chronique de l’euro, dont les économistes estiment le cours « normal » entre 1,05 et 1,1 dollar. En outre, la crise a bien montré que la monnaie unique ne nous protégeait de rien puisque la zone euro est entrée en récession avant les Etats-Unis et plus fortement, ce qui est pour le moins paradoxal quand on sait d’où la crise est partie et sachant que les marchés immobiliers Français, Allemand et Italien ont bien résisté…

La France, comme l’Italie, paie son appartenance à cet euro-mark depuis le traité de Maastricht en perte de compétitivité, en désindustrialisation, en délocalisations et en chômage structurel. Cela, sans même avoir permis d’assainir ses finances publiques, puisque l’euro a permis d’accumuler des montagnes de déficit et de dettes sans exposer les gouvernements qui s’y sont adonnés à la punition des dévaluations contraintes.

L’approfondissement de l’intégration européenne ? Il s’est fracassé contre le mur des réalités nationales, à mesure qu’on resserrait le cadre institutionnel de traités délirants. Décevant les espoirs des partisans de la monnaie unique, les économies des pays membres se sont même mises à diverger entre elles à partir de l’entrée en vigueur de l’euro, en 1999, démontrant combien il est irréaliste et dangereux de nier la réalité des nations, qui se venge au centuple lorsqu’on la brutalise.

Le résultat de cette construction européenne n’est pas reluisant : une économie en berne, une désespérance sociale croissante, des institutions encore plus inaudibles et incapables de prendre les décisions nécessaires, en dépit d’un traité de Lisbonne dont on nous promettait monts et merveilles il n’y a pas deux ans… Quant à l’avenir, il reste bouché : des pays au bord de la banqueroute, de la révolte sociale, et une zone euro menacée d’éclatement.

Le temps presse : Athènes continue d’être le maillon faible d’un jeu de dominos qui ne demande qu’à déferler, risquant d’entraîner des pays à la situation également intenable mais au poids bien plus important que la Grèce - cet arbre qui cache la forêt. Pour la simple raison qu’aucune politique de rigueur ne peut réussir si l’on ne renforce pas la compétitivité du pays concerné par la dévaluation. C’est l’évidence, ainsi que le montre, par exemple, la Grande-Bretagne, qui a dévalué la livre d’un tiers de sa valeur et dont l’industrie a commencé à redémarrer. Sauf peut-être à se résoudre à transformer les Grecs, les Espagnols, les Italiens et les autres en assistés quasi-éternels de l’Allemagne... Mais Angela Merkel vient de refuser net cette perspective, acceptant même l’éclatement de la zone euro ! A l’heure où les opinions publiques grecque et allemande s’invectivent ouvertement, les uns proposant de vendre le Parthénon, les autres ravivant la question des dommages de guerre aux pays victimes de l’Allemagne nazie, on mesure concrètement en quoi le délire supranational peut conduire à l’inverse même de ce qu’il prône : la résurgence des heurts nationalistes !

Aussi, plutôt que de bluffer comme aujourd’hui, les Européens feraient bien de choisir une voie intelligente entre le tout ou rien, entre le maintien du statu quo actuel au prix de l’explosion sociale, et la disparition de toute monnaie européenne par explosion de l’euro-zone, à laquelle leur acharnement risque bel et bien de mener. Ce point d’équilibre s’appelle la monnaie commune. Une telle issue ne signifierait pas la fin de l’euro comme monnaie de réserve. En 1992, les économistes débattaient de l’opportunité de mettre en place une monnaie unique ou une monnaie commune, arguant que l’Europe n’était pas une zone adaptée au partage d’une seule monnaie. En effet, la zone euro ne constitue pas une « Zone Monétaire Optimale », que ce soit par l’absence de mobilité des travailleurs, le manque de convergence économique ou de budget central.

L’histoire est en train de leur donner raison sous nos yeux : à une monnaie unique impraticable et fabriquant fatalement la désunion de l’Europe, il faut préférer une monnaie commune qui permettra à l’UE à la fois de disposer d’une devise internationale pouvant concurrencer le dollar, et d’un système monétaire souple à l’intérieur duquel les pays membres pourront ajuster leur monnaie nationale rétablie pour favoriser leur croissance. Il faudra bien s’y résoudre : la dévaluation vaut bien mieux que le chômage de masse et l’explosion sociale !

Il ne faut pas laisser passer cette chance : si l’on attend l’explosion de l’euro ou la révolution dans les pays soumis à une austérité intenable, il est malheureusement à craindre que les peuples ne soient plus disposés du tout à maintenir une quelconque coopération monétaire entre eux.

Nicolas DUPONT-AIGNAN - Député de l’Essonne - Président du rassemblement gaulliste Debout la République

Jean-Pierre GERARD, Vice-président de Debout la République, ancien membre du Conseil de la politique monétaire, président du Club français des numéros un à l’export.

Par Enoch - Publié dans : politique
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