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  • Enoch
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  • Passionné d'habitat écologique depuis plus de 20 ans et précurseur dans ce domaine, je me bats surtout pour la qualité sanitaire des produits utilisés dans l'habitat. Passionné d'économie, de politique et de transversalité des religions.

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LES PENSEES D'ENOCH

Texte Libre

Ce  n'est  pas  le  nécessiteux  qui  doit-être  secouru,  mais la misère qu'il faut combattre.
Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /Sep /2009 16:45

Lettre ouverte à Guy BEDOS et aux autres pétitionnaires.

Par Sideney TOUATI

 

J’ignore qu’elles furent les motivations profondes qui ont dicté votre réaction à l’égard des propos tenus par le Ministre Brice Hortefeux.
Je ne souhaite pas entrer dans la polémique et tenter de déterminer si les propos du Ministre exprimaient une attitude raciste ou non et si votre réaction était légitime ou non.

Je voudrais plus prosaïquement, faire l’analyse de cet évènement, en décrire les soubassements, en dessiner les conséquences.

 

Sur l’équivocité du langage et le critère de l’intentionnalité.

Le Ministre a tenu des propos qui prêtent à confusion. Pour éviter l’équivocité du langage, les hommes politiques ne prennent pas de risque et adoptent ce que l’on a appelé « la langue de bois ». Toute sortie hors de cette langue de bois présente un danger sérieux. Le langage en effet  est ainsi fait qu’il est la plupart du temps équivoque. Husserl le grand philosophe allemand, s’est longuement penché sur ce qui donne sens à une phrase, ce qui fait qu’une phrase au lieu d’être un tas de mots, a du sens et un sens particulier.

Sa conclusion est la suivante : ce qui donne sens aux mots, aux phrases, c’est l’intentionnalité. La même phrase n’a pas le même sens selon le contexte dans lequel elle est dite et selon qui la prononce et à qui elle est destinée.

A l’évidence, le Ministre n’avait nullement l’intention de tenir des propos racistes. D’ailleurs, l’interlocuteur à qui cette remarque était destinée, l’a bien compris ainsi : Monsieur le Ministre blaguait.

 

Un crime de lèse-majesté envers les humoristes et les « progressistes ».

 

Quel est donc l’enjeu de cette polémique ?

 

La question du pouvoir

Evidemment, comme aurait dit Michel Foucault, il y a nécessairement là-dessous une question de « pouvoir ».

Bedos et les siens, ont voulu manifester bruyamment que le Ministre en blaguant portait doublement atteinte à leur pouvoir.

Tout se passe comme si, le rapport aux immigrés, aux « beurs » était la chasse gardée de la gauche, celle qui a la prétention de les avoir toujours défendus. Les « beurs », les vrais sont à elle. Sous-entendu, comme au bon vieux temps de la guerre d’Algérie, (duquel les gens de gauche ne semblent jamais être sortis) les « beurs » de droite sont fatalement des traîtres, des collabos…d’où le mépris avec lequel est traité le « beur » concerné qui ne se joint nullement aux plaignants.

Evidemment, le point de vue de ce jeune homme, dès lors qu’il s’exprime depuis les rangs de la  « droite », ne peut qu’être frappé de nullité.

 

L’homme politique est un bloc

Les hommes politiques ne doivent pas avoir de vie privée, d’espace intime ; tout ce qu’ils disent est nécessairement politique, et dans le prolongement de leur fonction. Le petit mot lâché par Hortefeux dans un contexte précis (on peut certes le trouver douteux) a la même valeur que s’il avait été prononcé dans une déclaration de politique générale à l’Assemblée Nationale. Comme aux Etats-Unis, l’homme politique est un bloc. Il doit être en cohérence avec sa fonction, 24h/24h.

 

 

 

L’homme politique ne doit pas faire d’esprit.

La gauche veille.

Les hommes politiques ne doivent pas faire de l’esprit, avoir de l’humour. En tous cas pas devant les caméras. Ce privilège est réservé aux comiques patentés, aux vrais professionnels, tel Bedos. Bedos s’arroge le droit de parler des « arabes » comme il l’entend. Il ne s’en est au demeurant pas privé.

Quelle serait sa réaction si les paroles  de son sketch « Marrakech » « ça nous a pas plu » étaient mises  dans la bouche d’un homme de droite ? ( A la place du Ministre attaqué, j’aurais répondu à Bedos en donnant lecture de son sketch !)

Interdiction absolue de faire de  l’humour ! Ce principe est solidement ancré dans la vie politique française. Les  hommes politiques sont d’un sérieux qui confine au sinistre. (Un seul échappe à la règle, André Santini, mais sa carrière s’en est précisément ressentie)

 

Sacralisation des « beurs » et des « immigrés »

Enfin, conséquence majeur de ces interventions intempestives : les « beurs »,  les « immigrés » sont sacrés. Il est interdit d’y « toucher » ; interdit de les critiquer. Ils appartiennent à une sorte de nouvelle caste : la caste des intouchables. On est condamné soit à les ignorer soit à faire leur apologie. Ils ne sont ni sujet de droit, ni concernés par la morale. Toute mise en cause de leur faits ou gestes est jugée déplacée voire criminelle.

On se souvient de cette phrase de Coluche « oui, les arabes sont plus égaux que les autres ».

 

Le délit de blasphème

La condamnation sans appel  de la critique et de l’humour lorsqu’ils portent sur un domaine tabou,  porte un nom : il s’agit du délit de blasphème.

Au fond, ce dont il fait grief au Ministre, c’est d’avoir « blasphémé ».

Le Ministre a très bien reçu le message. Il s’est excusé devant les représentants de l’Islam. Eux seuls ont le pouvoir de l’absoudre de ce péché.

 

Monsieur Bedos, êtes vous satisfait de voir la République et son représentant se prosterner et faire amende honorable grâce à votre intervention ? 

 

Par Enoch - Publié dans : Société
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