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Passionné d'habitat écologique depuis plus de 20 ans et précurseur dans ce domaine, je me bats surtout pour la qualité sanitaire des produits utilisés dans l'habitat. Passionné d'économie, de politique et de transversalité des religions.
Des nécro-carburants pour “refroidir” la planète: l’Effet de Serfs
L’imposture du “refroidissement” de la planète par les “nécro-carburants” repose sur deux mensonges:
1. Il existe une corrélation entre les températures présentes (qui malgré le battage médiatique n’ont pas augmenté depuis 1998) et la concentration de CO2 dans l’atmosphère. [85][86][87].
2. Les nécro-carburants produisent moins d’émissions de CO2 que les combustibles fossiles.
En 2009, ce sont 104 millions de tonnes de céréales qui seront brûlées pour fabriquer de l’éthanol pour les véhicules des Occidentaux [28]. Ces 104 millions de tonnes pourraient nourrir 100 millions de citoyens US qui consomment un peu plus d’une tonne de céréales par an. Les mêmes 104 millions de tonnes
pourraient nourrir 700 millions de personnes en Inde ou en Afrique qui consomment 150 kg de céréales par an. [23][24][25][26]Nous répétons 700 millions de personnes en Inde ou en Afrique durant une année.
Au Brésil, en 2009, ce sont 7,7 millions d’hectares de canne à sucre qui vont être récoltés dont 55 % sont consacrés à la production d’éthanol. [27] Ce sont donc, pour la seule canne à sucre au Brésil, 4,2 millions d’hectares de terres arables qui vont
produire 27 milliards de litres d’éthanol.
En 2009, en sus de la surface utilisée pour récolter 104 millions de tonnes de céréales, combien de dizaines de millions d’hectares ont-ils été réquisitionnés pour cultiver de la canne à sucre,
du soja, du tournesol, du palmier à huile, pour la fabrication d’éthanol et d’agro-diesel sur toute la planète?
Nous l’avons affirmé à maintes reprises: nous pouvons, dans les régions chaudes du globe, avec de l’eau, nourrir 20 personnes par hectare, et par an, en régime végétarien avec des techniques
agro-écologiques intensives. Chaque dizaine de millions d’hectares correspond donc à l’alimentation potentielle de 200 millions d’êtres humains.
“L’Amérique latine constitue un énorme gisement pour la spéculation éthanolesque. Olivier Combastet, un banquier français qui a lancé Pergam Finance, un fonds d’investissement, affirme que
«les centaines d’hectares de mais et de soja disponibles, par exemple en Uruguay, sont autant de barils dormants de carburant vert du style éthanol dont la demande mondiale devrait
exploser dans les années qui viennent»[97]. Tous les grands princes
de la pétrochimie et de la finance “carburent vers” l’Amérique Latine pour réveiller la “Belle aux barils dormants”!”
A ce sujet, la participation de Mr Al Gore, en mai 2007, au “Premier Congrès Américain sur les Biocarburants” [64] (un symposium sur
les OGMs/nécro-carburants avec Monsanto, Syngenta, etc), dont il donna la conférence d’introduction, provoqua l’indignation de toutes les organisations paysannes [61][62][63] qui accusèrent Al Gore de faire une opération de propagande pour l’industrie des
nécro-carburants. Elles dénoncèrent l’éviction des petits paysans de leurs terres et l’obligation des moyens paysans de louer leurs terres aux cartels du soja et dénoncèrent la responsabilité de
Monsanto, Syngenta, Nidera, Bunge, ADM, Cargill, Repsol-YPF, Petrobrás, Shell, Exxon, Mobil, BP, etc. [65]
Al Gore refusa de rencontrer les délégués des organisations paysannes qui ne pouvaient pas assister au symposium en raison de l’entrée à 500 dollars. D’ailleurs, à quelques semaines près, Al Gore
manqua de peu la neige à Buenos Aires qui n’avait pas connu ce phénomène depuis 1918. Sans doute un clin d’oeil de Gaïa! Al Gore fit également le discours d’introduction du World Biofuels
Congress à Bruxelles en mars 2007.
On pourrait également évoquer le scandale de l’implication de WWF dans le soja “durable” en Amérique latine, ce qui fait poser la question suivante à l’organisation GRAIN de Barcelone: “Rendre
plus verte l’industrie ou industrialiser la verdure?” [186]
Les nécro-carburants sont maintenant en train de recouvrir inexorablement tous les continents de la planète. Toutes les multinationales se sont investies dans le secteur: les banques, les cartels
de l’agrochimie, les pétroliers, les constructeurs d’automobiles, les géants de l’agro-alimentaire, etc.
Ainsi que le dit fort justement Walter Haefeker: «Le développement du génie génétique dans le domaine agricole est désormais promu au nom de la lutte contre le réchauffement climatique.
L’argument est à la mode et donne un petit air écologique fort seyant à des pratiques qui négligent souvent toute exigence environnementale. (...) Ceux qui font les grands profits sont les
industries agricoles, de biotechnologie et de chimie, ainsi que les industries de raffinage et de carburants et le commerce mondial avec les matières premières d’origine végétale comme l’huile de
palme, le colza, le maïs et la canne à sucre. (...) Les soi-disant « sauveteurs du climat » de sociétés comme Bayer, BASF, Syngenta et avant tout Monsanto y trouvent un champ d’activité
spécialement intéressant. Ces producteurs de pesticides et de semences génétiquement modifiées voient leurs chiffres d’affaires toujours freinés par les consommateurs. Dans l’alimentation,
l’utilisation de pesticides n’arrête pas de subir des critiques et les OGM ont vite été éliminés des rayons des supermarchés. Dans le domaine des matières premières d’origine végétale on a bon
espoir de pouvoir éviter de tels problèmes. Tant que les plantes ne finissent pas sur l’assiette du consommateur, on compte avec peu de résistance contre l’utilisation du génie génétique et de
pesticides. En plus, la politique peut faire que le consommateur soit éliminé de la chaîne de décision.»[191]
Les paysans et les paysannes sont délogés de leurs terres, parfois par communautés villageoises entières tel qu’en Colombie ou au Paraguay. Il en est de même en Afrique où les premiers
témoignages de paysans “déplacés” commencent à se faire entendre. [117]
Les nations les plus “vigilantes” succombent néanmoins aux sirènes des nécro-carburants non-alimentaires, tel que le jatropha. Ce que l’on ne dit jamais, c’est que les monocultures de milliers
d’hectares de jatropha crèvent de maladies et qu’elles ne peuvent croître que grâce à l’artillerie lourde des pesticides. [98][99]
Les multinationales, les gouvernements, les scientifiques à la botte, continuent de propager le mensonge de la “vertu refroidissante de la planète” des nécro-carburants qui émettraient moins de
CO2 que le pétrole alors que c’est en fait strictement le contraire lorsque l’on prend en compte toute la chaîne de production. Le problème du CO2 étant un faux problème puisqu’il n’existe aucune
corrélation entre le CO2 et la température planétaire, il reste que les nécro-carburants sont une gigantesque fumisterie: pour produire 1 litre d’éthanol aux USA, il faut utiliser 500 grammes de
charbon pour brûler 2,5 kg de maïs qui auront nécessité 2000 à 3000 litres d’eau durant leur saison de culture. [96]
Certains analystes estiment que, durant la dernière année et demie, ce sont plus de 33 millions d’hectares (près de deux fois la surface agricole de la France) qui ont été achetés par des
“corporations” ou des gouvernements dans une douzaine de pays (et principalement sur le continent Africain) pour produire du riz, du coton, des aliments pour l’homme ou pour le bétail et bien sûr
des nécro-carburants à base de maïs, de canne à sucre, etc. [127][128] Même le CGIAR est impliqué dans ce vol de terres. [198] En voici quelques exemples:
- Au Laos et au Cambodge, les gouvernements ne savent plus du tout ce qu’il reste de terres nationales: les gouverneurs locaux dilapident les terres vers les plus offrants.
- Un partenariat est en pourparler entre le Pakistan et le Qatar: s’il aboutit, 25 000 villages seront “déplacés” dans la région du Punjab, la plus fertile. Un autre projet Pakistanais, en cours
de signature, est d’offrir des milliers d’hectares à l’Arabie Saoudite pour cultiver des produits alimentaires. Ces terres seront alors sous protection de l’armée Pakistanaise qui envisage de
déployer 100 000 soldats à cet effet.
- Depuis les années 1990, la Chine a envahi l’Afrique avec ses biotechnologies et ses colons: elle a présentement 1100 experts agricoles et plus d’un million de travailleurs agricoles sur le
terrain. Parmi de multiples projets, signalons le partenariat financé par la Fondation Bill Gates “Green Super Rice for the Resource Poor of Asia and Africa”, en mars 2009, et qui touche sept
pays Africains. [124]
- La société Indienne Karuturi Global possède 300 000 ha de terres, principalement en Ethiopie et au Kenya. [125]
- Le gouvernement de Ravalomanana fut renversé à Madagascar lorsque le peuple s’aperçut que quasiment la moitié de la surface arable du pays (1,3 million d’hectares) avait été cédée (sur un bail
de 99 ans) au constructeur automobile sud-coréen Daewoo pour la culture de maïs et la production d’huile de palme, pour les nécro-carburants. [126] Une nouvelle transaction vient d’être révélée, dans la région de Sofia, portant sur 170
914 hectares cédés à l’entreprise Indienne de Bombay, Varun International.
La transaction est parfois discrète et implique une “location” de terrains sur des dizaines d’années:
- En Sierra Léone, la société Quifel Natural Resources [118] (nécro-carburants à base de tournesol, palmier à huile, ricin,
jatropha...) vient de signer un bail de 50 ans avec une chefferie de Koya. [119]
- A Madagascar, dans le district de Vohémar, en avril 2009, le constructeur automobile sud-coréen Daewoo, encore lui, a fait pression sur les populations pour saisir 10 000 ha de terrains d’un
seul tenant (une location gratuite!). L’objectif est de virer les planteurs de vanille pour y cultiver du maïs pour les nécro-carburants. En effet, la culture de vanille ne contribue pas au
refroidissement de la planète! [117]
- Au Mali, le gouvernement de la Libye (par l’entremise de la CEN-SAD et de la société Malibya) vient de se faire offrir 100 000 ha dans la région de Macina (la principale zone rizicole du pays)
et requiert du gouvernement Malien la priorité sur l’eau d’irrigation du Niger en contre-saison, lorsque le niveau est au plus bas. [120]
L’Afrique est considérée comme la “dernière frontière” de la société Occidentale mortifère. Cette année, lors du symposium “Global AgInvesting 2009” à l’Hotel Marriott à New York (droit d’entrée
de 1995 dollars), les agro-industriels de la faim se frottaient les mains: augmentation de la population, baisse des réserves alimentaires, production alimentaire déplacée par les
nécros-carburants... Les retours sur investissements sont de l’ordre de 20 à 30 %, une manne à notre époque de “crise”. [130] Les
grandes sociétés financières sont en train d’investir dans l’agriculture. Goldman Sach vient d’investir 300 millions de dollars dans des fermes de poulets en Chine. Philippe Heilberg (Jarch
Capital), se détournant du pétrole pour l’agriculture, loue 400 000 hectares au Soudan et envisage de reprendre 600 000 autres hectares. Au Kenya, dans le delta de Yala, le groupe agro-industriel
US Dominion Farms a établi une colonie sur 3600 hectares, avec un bail de 45 années, et un coût locatif de 12 000 euros par an. Des cacahuètes.
Susan Payne, la propriétaire du plus grand fonds terrien en Afrique du sud (170 000 hectares) ne parlait, à ce symposium New-Yorkais, que de résoudre le problème de la faim dans le monde mais ses
présentations en “power-points” conviaient un autre langage: soja transgénique et “frontière alpha”.
Une fois l’Afrique complètement dévastée, la théologie de l’annihilation pourra enfin trouver son repos bien mérité. Et les machines-robots prendront la relève. Gageons que d’ici quelques années,
si les criminels ne sont pas stoppés, les cultures de nécro-carburants auront recouvert ce continent qui regorge de “terres vierges aux barils dormants” et qui, de plus, est très riche dans son
sous-sol: pétrole, diamant, uranium, zinc... Comme le déclarait déjà en 2002 Walter Kansteiner, le secrétaire d’État US adjoint à l’Afrique: «Le pétrole d’Afrique de l’Ouest a acquis un
intérêt stratégique national pour nous». Justement à l’époque même ou Monsanto commençait à envahir ces nations avec des OGMs illégaux. [84]
Et, en plus, l’Afrique est sous-peuplée et elle le sera bientôt encore plus (sous-peuplée) car le dépeuplement programmé est bien avancé.
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