Samedi 28 novembre 2009
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Début de l'examen d'un premier projet de loi controversé
AFP
Porté par le secrétaire d'État au développement de la région Capitale Christian Blanc, ce premier texte vise, selon lui, à bâtir les fondations d'un nouveau réseau de transport automatique en
Ile-de-France (Idf) reliant des pôles d'activité économique © AFP PHOTOS.
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L'Assemblée nationale a entamé mardi
soir l'examen d'un premier texte de loi controversé sur le Grand Paris, un projet pharaonique en butte aux critiques des élus de gauche et d'une partie des élus de droite. Porté par le secrétaire
d'Etat au développement de la région Capitale Christian Blanc, ce premier texte vise, selon lui, à bâtir les fondations d'un nouveau réseau de transport automatique en Ile-de-France (Idf) reliant des
pôles d'activité économique.
Au-delà, il donne "les moyens de réaliser une ville-monde compétitive et attractive qui soit un phare de croissance, d'innovation et de création artistique et intellectuelle", a déclaré Christian
Blanc en présentant le projet du gouvernement, qui devrait finalement être examiné en procédure accélérée (urgence). L'ancien patron d'Air France et de la RATP estime possible de créer dans la
région IdF un million d'emplois en 15 ans et de doubler son taux de croissance en 10 ans, pour en faire une locomotive.
Pour accrocher les wagons, Christian Blanc a convaincu le chef de l'Etat de réaliser "dans les 13 ans qui viennent" une nouvelle ligne de métro automatique circulant à 60 kilomètres/heure autour de
Paris, de 130 km de long, dont les premiers tronçons seraient mis en service à l'horizon 2017. L'épine dorsale de la "double boucle", ou "grand huit", serait la ligne 14 du métro, entièrement
automatique, dont le prolongement vers le Nord et vers le Sud permettrait de relier Orly et Roissy. Le projet desservirait neuf "territoires stratégiques", dont le plateau de Saclay au sud-ouest,
Orly-Rungis, Roissy-Villepinte, La Défense-Nanterre-Rueil, Plaine-Commune, Champs-sur-Marne Cité Descartes, Evry et Montfermeil-Clichy-sous-Bois. Coût : 21 milliards d'euros, en excluant les frais
de fonctionnement, qui pourraient être financés par une dotation en capital de 4 milliards d'euros et un emprunt de 17 milliards d'euros, sur au moins 40 ans.
"Des liaisons banlieue-banlieue"
Selon Christian Blanc, la double boucle "permettra de résoudre la grave question des déplacements de banlieue à banlieue, et donc de désaturer le coeur de Paris". Faux, estime le président
socialiste du conseil régional d'IdF Jean-Paul Huchon, pour qui le projet du secrétaire d'Etat "marque une obstination incompréhensible : un métro automatique qui passera dans les champs de patates
à 60 km de Paris pour desservir trois ou quatre pôles économiques". D'autant plus incompréhensible, selon lui, que "ce dont ont besoin les Franciliens, ce sont des liaisons banlieue-banlieue qui
desservent vraiment des populations !" Jean-Paul Huchon réclame un engagement financier de l'Etat pour l'aider à financer son "plan de mobilisation", qui traite les "urgences" (amélioration des
RER, ligne 13...).
Le responsable régional, à la tête du Syndicat des transports d'IdF depuis 2006, se sent d'autant plus fondé à le faire que le président Nicolas Sarkozy avait validé le 29 avril à la fois le projet
de Christian Blanc et son propre projet, annonçant 35 milliards d'investissements au total. Les élus de gauche dénoncent aussi les très grands pouvoirs dont l'Etat pourrait se servir à travers une
Société du Grand Paris, où il sera majoritaire.
L'État pourra utiliser un "droit de préemption principal" dans de vastes zones autour de la quarantaine de gares prévues et procéder à des expropriations. Le projet du Grand Paris "va faire de la
banlieue, souvent négligée, son enjeu et sa chance", a déclaré Christian Blanc, soulignant "l'affirmation d'un partenariat contractuel encore inédit en droit français entre l'État stratège et les
communes, premiers acteurs du développement des territoires".
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