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LES PENSEES D'ENOCH

Texte Libre

Ce  n'est  pas  le  nécessiteux  qui  doit-être  secouru,  mais la misère qu'il faut combattre.
Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /Fév /2010 22:00

Post colonialisme et sionisme


Par Sidney TOUATI –

 

Extraits :

 

Le lent et douloureux processus qui a permis aux peuples européens d’accéder à un niveau  et une qualité de vie inconnue jusqu’alors, est resté quasiment limité à l’espace civilisationnel qui lui a donné naissance. Hormis l’exception israélienne, japonaise et sud coréenne, la démocratie moderne, fondée sur la liberté et la responsabilité individuelles, dont l’objectif est le libre épanouissement de la personne, ne s’est pas répandue dans le monde comme nous étions en droit de l’espérer après la chute du mur de Berlin et l’effondrement du bloc soviétique.

Globalement, la majeure partie de l’humanité et notamment la quasi-totalité des pays islamisés, vit toujours en dessous du seuil minimum de liberté, en dessous du seuil de pauvreté. Le développement fulgurant du Japon et d’Israël est un élément prouvant que l’absence de liberté individuelle et du respect de la personne est la source principale de la misère qui sévit aujourd’hui dans le monde.

 

L’ONU qui avait été créée en vue de garantir à chaque habitant de la planète le libre exercice des droits fondamentaux, a totalement failli à sa mission. Dominée par une majorité d’Etats qui ne respectent pas ces droits, l’ONU est devenue un instrument de dénonciation des démocraties occidentales au premier rang desquelles Israël, les Etats-Unis et l’Europe… les tyrans de toute sorte adoptent la posture de la victime et de l’accusateur.

Les grands médias des pays démocratiques, les représentants du monde politique, une grande partie des intellectuels sont devenus, consciemment ou non, les porte-parole des tyrannies qui maintiennent leur peuple dans les fers en rendant responsable « l’autre », l’Occident, la colonisation, le sionisme de la situation dramatique de leurs nationaux.

C’est, entre autres, par le biais de l’idéologie anti-sioniste que s’opère cette incroyable métamorphose au terme de laquelle les dictatures se drapant dans l’idéologie victimaire,  donnent des leçons aux démocraties, exigeant de ces dernières soumission, repentances et argent.

 

Reflux démocratique et anti-sionisme.

Le reflux démocratique qui s’opère ainsi jusque dans la « marge » des pays développés, s’alimente à l’anti-sionisme devenu véritable religion d’Etat dans la plupart des pays arabo-musulmans et idéologie dominante dans les démocraties occidentales

La haine du Juif, décrit comme vouant un culte au dieu argent, coïncide avec la haine de la bourgeoisie libérale. L’avènement du capitalisme moderne est ainsi présenté par Marx comme résultant du triomphe du judaïsme. Le judaïsme, prophétise-t-il, ne disparaîtra que lorsque la bourgeoisie et le règne de l’argent seront détruits.

On le constate une fois de plus, les intellectuels juifs ou d’origine juive occupent une place centrale dans ce processus de dénigrement et de haine de soi.  Shlomo Sand. représentant de la pensée négationniste moderne, cet auteur (dont le livre à peine édité est tout aussitôt traduit en français), pense mettre un terme définitif au débat. En se fondant sur un raisonnement sophistique, il conclut : le peuple juif n’existe pas! 

Cette volonté de dénier au peuple juif l’exercice des droits politiques fondamentaux est le véritable enjeu de ce combat planétaire qui prend parfois des chemins inattendus.

La question juive hier, Israël, le sionisme, le post-sionisme, aujourd’hui, demeurent ce lieu où les questions fondamentales se posent et les problématiques se construisent ; où le rationnel est souvent convoqué pour alimenter l’hydre aux mille têtes de l’antisémitisme dont la finalité est toujours la même : dénoncer, accuser, condamner le Juif réel. Persécuté hier pour avoir « tué Dieu » (le peuple déicide !) ; massacré pour avoir menacé la pureté de la race (crime contre la pureté du sang) ; appréhendé, vilipendé, stigmatisé aujourd’hui sous la catégorie infamante du sioniste « tueur de peuple » ! 

 

Le sionisme comme expression de la libération des peuples et des citoyens.

Or, l’examen des faits prouve que loin d’être cet instrument de domination et d’aliénation, le sionisme est un mouvement de libération, qui loin de se limiter au seul peuple juif, est porteur d’un message universel. C’est précisément cette universalité du sionisme qui le rend suspect et dangereux aux yeux des tyrans de tous bords. On peut dégager une sorte de règle qui montre que le degré d’opposition au sionisme est proportionnel au niveau de dictature atteint par un Etat. Il faut saisir ce caractère universel du sionisme comme mouvement de libération des peuples et des citoyens …Le sionisme mouvement de libération, respectueux de l’humanisme ; sans doute le seul mouvement de libération ayant réellement abouti depuis la fin de la seconde (ou plutôt la deuxième ?) guerre mondiale à libérer un peuple, mais également et dans le même mouvement, les citoyens qui le composent. Israël est un Etat libre et souverain, composé d’hommes libres.

 

(Extraits de l’article rédigé par Sidney Touati et consacré au dernier numéro de la revue CONTROVERSES, dirigée par S. Trigano, dont le thème est « Post colonialisme et sionisme »)

Par Enoch - Publié dans : Société
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