Jeudi 25 mars 2010
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- la très forte abstention. Bien qu’en recul d’environ 4% par rapport au premier tour, elle a atteint 48,78% des électeurs inscrits contre 34,34% en 2004, du jamais vu. Pourquoi ? Parce
que les électeurs ne trouvent aucun projet leur donnant une espérance réelle, et que les médias induisent un pessimisme culturel et un individualisme autodestructeur. Mal français ? Non,
expression française d’un mal mondial.
- la punition infligée à Nicolas Sarkozy, à la dureté et à l’injustice des politiques qu’il a mises en œuvre et à son style de gouvernement. Punis sa politique au service des nantis, son
narcissisme, son omniprésence rhétorique sans portée pratique sur le terrain, sa réinsertion intégrale dans l’Alliance atlantique sans autre résultat que la participation à la guerre en
Afghanistan.
- l’incapacité de la gauche à bénéficier d’autre chose que de l’abstention de l’électorat de droite ou du rejet de Sarkozy. Elle a moins progressé qu’elle ne l’espérait d’un tour à l’autre,
sans bénéficier de la dynamique de l’union avec les écologistes, que ce soit en Corse, en Alsace ou en Franche-Comté. Elle n’a pas su catalyser la colère populaire, l’abandonnant à l’abstention
ou à un Front national redevenu refuge des victimes enragées. C’est la bonne gestion des présidents de région qui l’a sauvée.
- Le repli suicidaire de Nicolas Sarkozy sur des politiques d’austérité sociale, comme on pourra le constater avec Eric Woerth aux manettes de la réforme des retraites.
Devant nous donc, si l’on s’en tenait à examiner le marécage français, d’une part des crocodiles de droite imposant une version française des politiques d’Obama, de Merkel ou de Gordon Brown, un
mix peu ragoûtant, et d’autre part des crocodiles de gauche socio-libéraux à queue de Kahn et écailles d’Aubry. Personne ne sortant du cercle de raison britannique dont Alain Minc est le
domestique le plus distingué en France en opérant par la porte de droite et les fenêtres de gauche.
Pourtant, si l’on sort du marécage incestueux et de ses délectations moroses, apparaît l’espérance d’une exigence de plus en plus forte de justice sociale, de solidarité et de progrès. Notre
mission est d’y répondre, sans compromis. Le vent de la colère gonfle les voiles, il faut lui donner un horizon.
Par Enoch
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Publié dans : politique
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