Concours

Profil

  • Enoch
  • L'Esprit d'Enoch
  • Homme
  • 07/04/1963
  • Paris
  • politique écologie économie mes enfants
  • Passionné d'habitat écologique depuis plus de 20 ans et précurseur dans ce domaine, je me bats surtout pour la qualité sanitaire des produits utilisés dans l'habitat. Passionné d'économie, de politique et de transversalité des religions.

Recommander

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Recherche

LES PENSEES D'ENOCH

Texte Libre

Ce  n'est  pas  le  nécessiteux  qui  doit-être  secouru,  mais la misère qu'il faut combattre.

Ecologie

Mardi 1 février 2011 2 01 /02 /Fév /2011 17:06

Natural News, Jeffrey M. Smith, 28 janvier 2011

 

      Cet article révèle l'impact dévastateur sans précédent de l'herbicide Roundup de Monsanto sur la santé des sols, les plantes, les animaux et la population humaine.

     Au-dessus de ce désastre absolu, trône le ministère de l’Agriculture de Zunie (USDA). Il souhaite à présent homologuer la luzerne Roundup Ready, ce qui ne fera qu'aggraver le cataclysme.

 

      L'automne dernier, passant devant un champ de soja en visitant la parcelle de démonstration de maïs d’un négociant semencier de l'Iowa, le Dr Don Huber a remarqué une ligne de démarcation marquée, avec à droite du soja gravement malade en train de jaunir et à gauche des plants verts sains (photo ci-dessous).

 

      La partie jaunie souffre du syndrome de mort subite, une grave maladie végétale qui, en ravageant le Midwest en 2009 et 2010, a entraîné une baisse des rendements et bénéfices. Quelque chose a rendu cette partie de soja très sensible, et Don a une idée précise de ce dont il s’agit.

 

      Ayant pratiqué 35 ans la phytopathologie à l'université Purdue, Don Huber connaît beaucoup de choses sur ce qui jaunit les plantes vertes et les fait mourir prématurément. Il a demandé au semencier pourquoi le syndrome de mort subite était si grave dans une partie du champ et pas dans l'autre : « Avez-vous l'année dernière planté là quelque chose que vous n'eussiez pas planté dans le reste du champ ? » Effectivement, précisément là où le syndrome a sévit, le semencier avait fait pousser de la luzerne qu'il avait ensuite détruite en fin de la saison en pulvérisant un herbicide à base de glyphosate (comme le Roundup). D'autre part, dans la partie saine du champ, il avait planté du maïs sucré, et ne l'avait pas traité au glyphosate.

 

      C’était encore un fait nouveau confirmant que le Roundup déclenche le syndrome de mort subite des plantes. La preuve est encore plus évidente dans de nombreux autres champs. La maladie a été plus sévère à l'extrémité des rangées où l'applicateur d'herbicide a fait demi-tour pour revenir dans le champ afin de faire un autre passage (photo ci-dessous). À cet endroit, un supplément de Roundup a été appliqué.

 


Le syndrome de mort subite est plus intense aux extrémités des rangées, là où la dose Roundup a été plus importante.
Photo par Amy Bandy.

 

      Don est un scientifique ; il a pris pour lui encore quelques photos afin de tirer des conclusions. Mais il a plus, beaucoup plus. Depuis plus de 20 ans, Don étudie l'ingrédient actif du Roundup, le glyphosate. Et il est capable citer l’une après l’autre les études qui écartent tout doute sur le fait que le glyphosate contribue non seulement à une énorme multiplication du syndrome de mort subite, mais aussi à l'éclosion de nombreuses autres maladies. (Voir la liste des lectures sélectionnée.)



Roundup : Le désastre agricole absolu

 

      Plus de 30% de la totalité des pulvérisations d’herbicides sont à base de glyphosate, le best-seller mondial des désherbants. Breveté par Monsanto, il est incorporé dans son herbicide de marque Roundup, devenu plus populaire à partir de 1996, après que la compagnie a présenté ses cultures « Roundup Ready. » Dans ces plantes génétiquement monstrueuses [1], qui incluent désormais le soja, maïs, coton, colza et betterave à sucre, a été inséré du matériel génétique de virus et de bactéries, qui permet aux plantes de résister à des applications normalement mortelles de Roundup.

 

      (Les agriculteurs qui achètent les semences Monsanto Roundup Ready sont incités à utiliser aussi du glyphosate de sa marque Roundup. Par exemple, cette compagnie ne fournit que des garanties sur ses marques d’herbicide approuvées et offre des rabais à travers son programme de « récompenses Roundup. » Elle a de cette manière étendu son emprise sur le marché du glyphosate, même après l’expiration de son brevet en 2000.)

 

      L'herbicide ne détruit pas les plantes directement. Il crée plutôt les conditions exceptionnelles d’un désastre absolu, qui emballent des germes phytopathogènes dans le sol et anéantissent en même temps les défenses des plantes contre les maladies. Les mécanismes sont bien documentés, mais rarement cités.

 

      Le glyphosate s’accroche aux molécules vitales de nutriments et les neutralise. Appelé chélation, ce processus était en fait la propriété originale pour laquelle le glyphosate a été breveté en 1964. Ce n’est que 10 ans plus tard qu'il a été breveté comme herbicide. Appliqué sur les cultures, il les prive des minéraux vitaux nécessaires à la salubrité de leurs fonctions, en leur ôtant principalement la capacité de résister à de graves maladies du sol. L'importance des minéraux dans la protection contre la maladie est bien établie. En fait, la disponibilité des minéraux est l’unique très importante mesure utilisée par plusieurs sélectionneurs semenciers célèbres pour identifier les variétés résistantes aux maladies.

 

      Le glyphosate détruit les organismes utiles du sol, comme les Pseudomonas et les bactéries Bacillus qui vivent autour des racines. Puisqu’ils facilitent l'absorption des nutriments et font disparaître les organismes pathogènes, leur mort intempestive signifie que la plante sera affaiblie et les agents pathogènes renforcés.

 

      L'herbicide est capable d’interférer dans la photosynthèse, d’abaisser l’efficacité de l'utilisation de l’eau, de réduire la lignine, d’endommager et de raccourcir les racines, de causer d’importante libération de sucres des plantes, et de modifier le pH du sol, ce qui peut affecter négativement la santé des cultures.

 

      Le glyphosate est lui-même peu toxiques pour les plantes. Se décomposant lentement dans le sol, il forme un autre produit chimique également toxique, appelé AMPA (acide aminométhyl). Mais, même combinés, les effets toxiques du glyphosate et de l'AMPA ne sont pas suffisants à eux seuls pour tuer les plantes. Il a été démontré de nombreuses fois depuis 1984 que, si le glyphosate est appliqué dans un sol stérile, la plante pourra être légèrement rabougrie, mais non tuée (photo ci-dessous).

 


A : glyphosate dans un sol stérile, la plante arrête simplement sa croissance. B : dans un sol normal les agents pathogènes tuent la plante. C : la plante témoin montre une croissance normale.

 

      Les véritables assassins des plantes, selon les scientifiques spécialistes en mauvaises herbes de Purdue et d’ailleurs, sont les organismes pathogènes présents dans presque tous les sols. Le glyphosate les favorise considérablement et, à leur tour, ils provoquent des infections mortelles dans les cultures affaiblies.

 

      « C'est le mode de l'action herbicide du glyphosate, » assure Don. « Il augmente la sensibilité à la maladie, réprime la lutte naturelle contre les parasites, par exemple, en faisant disparaître les organismes bénéfiques et favorise en même temps la virulence des agents pathogènes du sol. » En fait, souligne-t-il, « Si vous appliquez certaines fongicides sur des mauvaises herbes, ils annulent l'action herbicide du glyphosate ! »

 

      En affaiblissant les plantes et favorisant la maladie, le glyphosate ouvre la voie à bien des problèmes dans le champ. Selon Don, « Plus de 40 maladies de plantes cultivées sont signalées augmenter avec l'utilisation du glyphosate et, tandis que les gens discernent le lien entre glyphosate et maladie, ce nombre ne cesse de grandir. »



Le Roundup favorise les toxines humaines et animales

 

      Certaines moisissures favorisées par le glyphosate produisent des toxines dangereuses qui peuvent se retrouver dans l'alimentation humaine et animale. Le syndrome de mort subite, par exemple, est dû à la moisissure Fusarium. Robert Kremer, scientifique de l’USDA, a trouvé une augmentation de 500% des infections de Fusarium dans les racines du soja Roundup Ready au moment où le glyphosate est appliqué (photos et graphique ci-dessus). Maïs, blé, et beaucoup d'autres plantes peuvent aussi souffrir de graves maladies à base de Fusarium.

 

      Mais l’agressivité du Fusarium ne se limite pas aux plantes. Selon un rapport de la FAO, les toxines de Fusarium sur différents types de cultures vivrières ont été associées à des flambées de maladies dans toute l'histoire. Elles ont « été liées à l'épidémie de peste » du Moyen Age en Europe, à une « toxicose humaine de grande ampleur en Europe de l'Est, » au cancer de l'œsophage dans le sud de l'Afrique et certaines parties de la Chine, à des maladies articulaires en Asie et Afrique australe, et à un désordre sanguin en Russie. Il a aussi été montré que les toxines de Fusarium provoquent des maladies animales et induisent la stérilité.



L’usage du Roundup déchaîne les maladies végétales

 

      En 1996, présentant ses cultures Roundup Ready, Monsanto affirma avec assurance que leur fruit serait moins de recours aux herbicides. Cela fut légèrement le cas pendant trois ans, mais il augmenta considérablement les 10 années suivantes. La quantité totale d'herbicides utilisée en Zunie a bondi de pas moins de 383 millions de livres (173.726 tonnes) dans les 13 ans qui suivirent l’introduction des OGM dans la nature. La part d’herbicide la plus grande est du Roundup.

 

      Au fil du temps, de nombreuses sortes de mauvaises herbes qui tombaient autrefois raides mortes avec à peine une petite dose de Roundup, exigent désormais des applications de plus en plus lourdes. Certaines sont quasiment indestructibles. En réalité, ces super-mauvaises herbes ne sont pas résistantes au glyphosate lui-même, mais aux agents pathogènes du sol qui normalement font un massacre dans les champs pulvérisés de Roundup.

 

      Avoir des centaines de milliers d'hectares infestés de mauvaises herbes résistantes aux maladies et aux herbicides fut dévastateur pour de nombreux agriculteurs zuniens, dont la première réaction fut de déverser de plus en plus de Roundup. Son usage est désormais en train de se précipiter. Près de la moitié du formidable accroissement de l’usage des herbicides sur 13 ans, s’est fait juste dans les 2 dernières années. Cela a de graves conséquences.

 

      Comme les agriculteurs zuniens arrosent abondamment de Roundup plus de 135 millions d'acres (54 millions d’hectares) de cultures Roundup Ready, une explosion sans précédent des maladies végétales sévit dans les terres de cultures les plus fertiles d'Amérique. Don cite une longue liste de maladies, gérées et contrôlées autrefois efficacement, mais qui créent désormais de graves problèmes. (On trouve dans la liste : syndrome de mort subite ; pourriture des racines de soja due au Corynespora ; chlorose bigarrée des agrumes ; pourriture sèche du coton ; verticilliose de la pomme de terre ; piétin-échaudage des racines, du faîte, et dépérissement de la tige des céréales ; Fusarium des racines et pourriture du faîte ; dépérissement bactérien de l'épi ; pourriture racinaire du Pythium et fonte des semis... et beaucoup d’autres.)

 

      Au Brésil, la nouvelle « maladie du soja fou » fait des ravages sur d’immenses étendues plantées de soja. Bien que les scientifiques n'aient pas encore déterminé la cause, Don relève que les divers symptômes ressemblent à une maladie du riz (maladie de Bakanie) causée par le Fusarium.



Le maïs meurt immature

 

      Ces dernières années, dans le Midwest, des plants et des champs entiers de maïs sont morts prématurément de diverses maladies. Les agriculteurs chevronnés et les observateurs disent n’avoir jamais vu chose pareille.

 

      Selon Bob Streit, un agronome de l'Iowa, « Il y a dix ans, les plants de maïs restaient verts et en bonne santé en septembre. Mais ces trois dernières années, à chaque saison, des maladies ont jauni puis bruni les plants environ 8 à 10 jours plus tôt. En 2010, le jaunissement a commencé autour du 7 juillet et les pertes de rendement ont été dévastatrices pour de nombreux producteurs. »

 

      Bob et d’autres experts en cultures croient que le recours accru au glyphosate est la première cause de cette tendance délétère. Le rendement du maïs a été déjà réduit de façon significative. « Si le maïs meurt beaucoup plus tôt, » dit Bob, « cela peut réduire la récolte de maïs en Zunie, et menacer la chaîne alimentaire dont il est la base. »



Une question d’insectes

 

      En plus de favoriser les maladies végétales, ce qui est bien établi, il se pourrait aussi que la pulvérisation de Roundup serve les insectes. Cela, parce que de nombreux insectes recherchent les plantes malades. Les scientifiques remarquent que les plantes saines produisent des nutriments sous une forme que beaucoup d'insectes sont incapables d’assimiler. Ainsi, dans le monde entier, des agriculteurs signalent moins de problèmes d'insectes dans les cultures de haute qualité, riches en éléments nutritifs. D’autre part, les plantes plus faibles suscitent des collections variées d’insectes. Ceci suggère que les plantes ravagées par les maladies favorisées par le glyphosate peuvent aussi attirer davantage d'insectes, qui à leur tour augmenteront l'usage des pesticides toxiques. Une étude plus poussée est nécessaire pour confirmer cette hypothèse. [2]



Le Roundup persiste dans l'environnement

 

      Vantant la biodégradabilité du Roundup, Monsanto affirme qu'il se décompose rapidement dans le sol. Or, des tribunaux de Zunie et d'Europe pas d'accords ont reconnu la compagnie coupable de publicité mensongère. En fait, les propres données de test de Monsanto ont révélé que seulement 2% du produit se dégrade après 28 jours. [3]

 

      La durée de dégradation du glyphosate varie en semaines, mois ou années. Sa variabilité est due à des facteurs du sol, notamment au pH, à l'argile, aux types de minéraux, aux résidus de cultures Roundup Ready, et à la présence d’enzymes spécialisées nécessaires pour briser la molécule herbicide. Dans certaines conditions, le glyphosate peut s'attacher à des éléments nutritifs du sol et rester stable pendant de longues périodes. Une étude a montré qu'il faut compter jusqu'à 22 ans pour que le glyphosate se dégrader seulement de la moitié de son volume ! Voilà pour la fiabilité des affirmations de Monsanto.

 

      Le glyphosate peut attaquer d'en haut et d’en bas. Il peut dériver dans les fermes voisines et y faire des ravages. Et il peut même être libéré par les mauvaises herbes détruites, voyager dans le sol, et être absorbé ensuite par des cultures saines.

 

      La quantité de glyphosate nécessaire pour créer des dommages est minuscule. Des scientifiques européens ont montré que moins d'une demi-once (14,18 grammes) par acre (0,4 hectare) inhibe la capacité des plantes à absorber et véhiculer les micronutriments essentiels (voir tableau).

 

      Il en résulte que de plus en plus d’agriculteurs découvrent que les cultures plantées dans les années après les applications de Roundup souffrent d’un affaiblissement des défenses et d’une poussée des maladies transmises par le sol. La situation empire pour de nombreuses raisons.

 

      La concentration de glyphosate dans le sol augmente saison après saison à la suite de chaque application. Le glyphosate peut aussi s'accumuler pendant 6 à 8 ans dans les plantes vivaces comme la luzerne, qui en seront encore aspergées.

 

      Dans le sol, les résidus de glyphosate liés et immobilisés peuvent être réactivés par l'application d'engrais phosphatés ou par d'autres méthodes. Dans l'Ouest et le Midwest, les producteurs de pommes de terre, par exemple, ont subi de lourdes pertes à cause de la réactivation du glyphosate.

 

      Le glyphosate peut se propager accidentellement dans les terres agricoles du fait des pulvérisations entraînées par le vent, par l'eau contaminée et même par le fumier de poulets !

 

      Imaginez le choc des agriculteurs qui répandent du fumier de poulets dans leurs champs pour y ajouter des éléments nutritifs, mais découvrent à la place, qu’en s’attachant aux éléments nutritifs du sol, le glyphosate présent dans le fumier favorise des maladies végétales et tue les mauvaises herbes ou les cultures. Des résultats de tests du fumier montrent d’énormes concentrations de glyphosate et AMPA, entre 0,36 et 0,75 parties par million (ppm). Le taux normal d'herbicide à base de glyphosate est d'environ 0,5 ppm par acre [l’acre anglaise fait 0,4 hectare, ndt].

 

      Le fumier des autres animaux peut aussi libérer de l'herbicide, car le bétail absorbe de grandes quantités de glyphosate accumulées dans le maïs et le soja. S’il ne se trouve pas dans le fumier (ou le purin) du bétail, ça pourrait même être pire. Si le glyphosate n'est pas évacué par l'animal, s’accumulant à chaque repas, il finit dans notre steak et peut-être notre lait.

 

      Si nous ajoutons ce péril aux gros résidus de glyphosate dans notre régime alimentaire, dus au maïs et au soja, nous voilà avec un nouveau grave problème qui menace notre santé. Pour ne citer que quelques anomalies dues au glyphosate, il a été associé à la stérilité, à des troubles hormonaux, à de faibles et anormales numérations des spermatozoïdes, à des fausses couches, à la mort des cellules placentaires, à des malformations congénitales, et au cancer. (Voir la liste des effets sur la santé du glyphosate.)



La déperdition de nutriments

 

      Les éléments nutritifs que le glyphosate chélate et prend aux plantes sont aussi vitaux pour la santé humaine et animale. Cela concerne notamment le fer, zinc, cuivre, manganèse, magnésium, calcium, bore, et d'autres. Dans notre alimentation, toute carence de ces éléments, seul ou en association, est connue pour interférer avec les systèmes d'enzymes vitaux et provoquer une longue litanie de désordres et maladies.

 

      La maladie d'Alzheimer, par exemple, est associée à un manque de cuivre et magnésium. Don Huber fait remarquer que cette maladie a bondi de 9000% depuis 1990.

 

      Manganèse, zinc et cuivre sont également vitaux pour le bon fonctionnement du cycle superoxyde dismustase [inhibition des radicaux libres, ndt]. Essentiel pour enrayer les inflammations, c’est un élément important dans la détoxification des composés chimiques indésirables chez l’homme et l’animal.

 

      Le glyphosate induit des carences en minéraux pouvant facilement passer inaperçues, et qui ne sont donc pas traitées. Les taux de minéraux peuvent parfois être détectés adéquats, même en effectuant même des tests de laboratoire. Seulement, les tests ne détectent pas que le glyphosate a déjà rendu les minéraux inutilisables.

 

      Le glyphosate peut se lier à des minéraux pendant des années et des années, en les retirant pour l’essentiel de la réserve de nutriments disponibles pour les plantes, les animaux et les humains. Si nous comptons les plus de 135 millions de livres d’herbicides à base de glyphosate appliquées en Zunie en 2010 avec la totalité des applications des 30 dernières années, nous avons déjà éliminé de notre alimentation des millions de livres de nutriments.

 

      Cette perte est une chose que nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre. Même sans Roundup, nous souffrons déjà d'un manque progressif de nutriments. Par exemple, une étude britannique a constaté que, dans les mêmes aliments, les taux d’éléments nutritifs étaient en 1991 entre 16 et 76% inférieurs à ceux de 1940.



Maladies du bétail et carences minérales

 

      En Zunie, les cultures Roundup Ready prédominent dans l'alimentation du bétail. Soja et maïs sont les plus répandues : 93% du soja et près de 70% du maïs sont Roundup Ready. Les animaux sont aussi nourris de dérivés de trois autres cultures Roundup Ready : colza , betteraves à sucre et coton. La perte d’éléments nutritifs due au glyphosate peut donc être grave.

 

 

 

      C’est particulièrement vrai pour le manganèse (Mn), qui, non seulement est chélaté par le glyphosate, mais est aussi réduit dans les plantes Roundup Ready (voir photo). Un vétérinaire a trouvé un faible tau de manganèse dans le foie de tous les animaux qu’il a contrôlés. Un autre vétérinaire a envoyé le foie d'un veau mort-né pour analyse. Le rapport du laboratoire a déclaré : Niveau de manganèse indétectable, en dépit du fait que ce minéral était en concentration suffisante dans sa région. Quand ce vétérinaire a commencé à rajouter du manganèse à l'alimentation d'un troupeau, l’incroyable taux de 20% de maladies est devenu insignifiant (?%).

 

      Les vétérinaires qui ont commencé à exercer après l’introduction des OGM en 1996 peuvent s’attendre à découvrir communément de nombreux troubles chroniques ou aigus chez les animaux. Mais plusieurs anciens vétérinaires surchargés déclarent que les animaux attrapent beaucoup plus malade depuis l’arrivée des OGM. Et en passant des OGM à nourriture naturelle, l'amélioration de la santé du bétail est spectaculaire. Malheureusement, personne ne suit cela ni ne recherche l’impact de la consommation du lait et de la viande d'animaux nourris d’OGM.



La luzerne infernale que vous proposent Monsanto et l'USDA

 

      Pendant que nous continuons à asperger nos sillons de Roundup, le désastre absolu se déploie de plus en plus. Don pose la question qui tue : « Combien de centaines de millions de livres de glyphosate aspergées sur nos terres agricoles les plus fertiles ces 30 dernières années sont toujours là prêtes à endommager les futures cultures par leurs effets sur la disponibilité des nutriments, l'augmentation des maladies ou la réduction des éléments nutritifs dans l’alimentation humaine et animale ? »

 

      Au lieu de prendre des mesures urgentes pour protéger notre terre et la nourriture, l'USDA dresse juste des plans pour aggraver les choses. En décembre, elle rendra publique sa Déclaration d’impact environnemental sur la luzerne Roundup Ready, que Monsanto espère réintroduire sur le marché.

 

      Cultivée sur 22 millions d'acres (308.000 kilomètres carrés), la luzerne est la quatrième plus grande culture en Zunie. Elle sert surtout en tant que source de protéines élevée pour nourrir les bovins laitiers et les autres ruminants. À l'heure actuelle, les mauvaises herbes ne sont pas un gros problème pour la luzerne. À peine 7% des surfaces de luzerne sont déjà pulvérisées avec un herbicide de quelque nature. Mais, si la luzerne Roundup Ready est homologuée, l'usage d'herbicides passera à une échelle sans précédent, et l'herbicide choisi sera naturellement le Roundup.

 

      Même sans application de glyphosate, la qualité nutritionnelle de la luzerne Roundup Ready sera moindre, car, de par leur nature, les cultures Roundup Ready sont réduites en minéraux. Quand du glyphosate est appliqué, la qualité nutritive se dégrade encore plus (voir tableau).

 

 

 

      Il est quasi-certain que le Roundup augmentera les maladies transmises par le sol dans les champs de luzerne. En fait, la luzerne pourrait être plus perturbée que d'autres cultures Roundup Ready. En tant que plante vivace, elle est capable d'accumuler le Roundup année après année. C'est une plante à racines profondes, et le glyphosate épuise le sous-sol. Et « le Fusarium est un agent pathogène très graves de la luzerne, » explique Don. « C'est aussi le cas du Phytophthora et du Pythium, » qui sont les deux favorisés par le glyphosate. « Pourquoi envisagerions-nous de mettre en péril la productivité et la qualité nutritive de la troisième culture la plus précieuse de Zunie ? » demande-t-il désappointé, « d'autant plus que nous n'avons aucun moyen d'éliminer le gène quand qu'il se sera propagé dans le groupe de gènes de la luzerne. »

 

      Il se propage déjà. Monsanto a commercialisé la luzerne Roundup Ready pendant un an, jusqu'à ce qu'un tribunal fédéral déclare son homologation illégale en 2007. Il a exigé que l'USDA produise une étude d'impact environnemental afin d’évaluer les dommages environnementaux possibles. Mais, même retirée du marché, la luzerne Roundup Ready qui a déjà été plantée a contaminé les variétés naturelles. En 2009, Cal/West Seeds, par exemple, a découvert que plus de 12% de ses lots de semences étaient testées positives à la contamination, en hausse de 3% par rapport à 2008.

 

      Dans leur étude d'impact environnemental, ils reconnaissent à l’USDA que la luzerne génétiquement monstrueuse peut contaminer la luzerne naturelle, et qu’il est possible que cela crée des difficultés économiques. Ils envisagent même l'initiative sans précédent d'imposer des restrictions sur les champs de luzerne Roundup Ready, en exigeant des distances d'isolement. L'expérience montre que cela ralentira sans arrêter la contamination des OGM. En outre, des études confirment que les gènes passent des cultures génétiquement monstrueuses dans le sol et les organismes qui l’habitent, et peuvent se propager dans les champignons par les coupures à la surface des plants d’OGM. Mais l'étude d'impact n’aborde pas adéquatement ces menaces et leurs conséquences.

 

      Au lieu de cela, l'USDA marche pour l’essentiel la main dans la main avec l'industrie biotechnologique et ferme les yeux sur les dommages importants déjà infligés par le Roundup. S'il décide d'homologuer la luzerne Monsanto, le ministère pourra au final être accusé d’une catastrophe de proportion dantesque. [4]



      Auteur international à succès et cinéaste, Jeffrey M. Smith est le directeur exécutif de l'Institute for Responsible Technology. Son premier livre, traduit en français, Semences de tromperies : Dénoncer les mensonges de l'industrie agrochimique et des autorités sur la sécurité des aliments génétiquement modifiés, est un best-seller mondial et nominé numéro 1 des livres sur les OGM.



Original : www.naturalnews.com/031138_Monsanto_Roundup.html
Traduction copyleft de Pétrus Lombard


Notes du traducteur

1) Si l’on se réfère à leur mode de fabrication décrit dans Semences de tromperies, au lieu de plantes génétiquement modifiées, elles devraient être appelées plantes survivantes au mitraillage de gènes étrangers. Mais, j’ai adopté définitivement l’expression plantes génétiquement monstrueuses du biologiste Christian Vélot. Dans cette conférence, Christian Vélot explique la confusion savamment entretenue dans le public par les savants de Marseille qui vantent l’utopie OGM à la radio et à la télévision. Élevés hors-sol et pensant être des machines, ces charlatans célèbres ne savent pas que Mère Nature s’optimise spontanément selon ses besoins. C’est pourquoi ils croient qu’elle a besoin de coups de pouce et se pensent capables d’améliorer les plantes à coup de 22 Long Rifle !

 

2) Une fonction des insectes est de rétablir l’ordre naturel en bouffant par exemple les végétaux non viables. Ce fait explique le problème des ravageurs dans la monstrueuse agriculture moderne, qui n’existe pas à cette échelle dans le bio ou le traditionnel ancien.
      En effet, depuis que des intermédiaires malins se sont accaparés le travail peu salissant et fatiguant du marché semencier, afin de maintenir en vie leur commerce fondamentalement inutile, ils ne vendent que des semences bricolées, dites hybrides (Kokopelli est un cas à part). Ces semences sont croisées de manière à produire des plantes diminuées, dotées de qualités amoindries, de moins de vitamines et nutriments, et surtout qui produisent des semences stériles, en principe. De ce fait, bien qu’on ne le raconte pas trop, les agriculteurs conventionnels cultivent des plantes de type terminator.
      Cette scandaleuse activité inutile de semencier, qu’il faudrait abolir d’urgence, ne semble guère préoccuper les dirigeants attentionnés du bétail qui les élit. Sans doute que, contre des pots-de-vin, ils favorisent ce trafic qui assure la malbouffe d’un public qu’ils vendent de surcroît au marché des dangereux remèdes et vaccins bidons.
      Je soupçonne sérieusement cette trahison des soi-disant élites car, incidemment, elle ressort d’une commentaire de l’ingénieur Marcel Violet, fait lors d’une conférence expliquant son travail pour le moins extraordinaire. En bref, ayant réussi a faire pousser des pommes de terre d’un semencier et à les faire se reproduire indéfiniment en les améliorant constamment jusqu’à leur donner des qualités nutritives jamais vues, il y a eu des interférences politiques suscitées par les craintes du semencier. Ce fait n’est qu’un tout petit incident évoqué dans la conférence. La découverte de Marcel Violet est un procédé qui donne à l’eau des qualités vivifiantes insoupçonnées, hormis peut-être par certains travaux de Wilhelm Reich. J’invite ceux qui ne connaissent pas son œuvre à prendre le temps d’écouter sa longue conférence. Elle leur ouvrira des horizons. Il existe aussi un livre : Le secret des patriarches.

 

3) Dans certaines grandes surfaces spécialisées bricolage, si vous demandez de l’herbicide, on vous propose toujours du Roundup en vous assurant que c’est biodégradable. Il m’est même arrivé un jour d’expliquer à un vendeur que Monsanto avait été condamnée parce que ce n’est pas vrai. Ce mensonge et la confusion persisteront dans le public tant que la condamnation ne sera pas convenablement divulguée par les grands médias.


(..)

Par Enoch - Publié dans : Ecologie - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 22 janvier 2011 6 22 /01 /Jan /2011 18:36

John Jeavons : Sens de l'Humus

Ce soir, le sujet de ma conférence est “Développer un meilleur sens de l’humus pour une micro-agriculture durable et biointensive”. Ce thème est d’une importance vitale tant du point de vue de la diversité génétique que du point de vue du sauvetage des semences. La finalité fondamentale de ma conférence est de vous faire prendre conscience, ce soir, de l’importance des grains, de l’importance de la préservation des plantes à grains.
Il nous faut préserver les plantes à grains non seulement pour l’alimentation humaine (comme la plupart d’entre nous seraient enclins à le penser, habitués qu’ils sont à ne raisonner qu’en termes de ce qui est important pour l’homme) mais surtout pour la vie des sols. Alors, ce soir, nous allons tenter de “solir” quelque peu nos réputations et de découvrir, par là-même, comment nous pouvons créer un futur réellement durable.

Je vais commencer en posant à chacun d’entre vous une seule et unique question et je puis vous assurer que cette question n’a rien de théorique. La poser dans un tel environnement, à savoir au coeur des grandes plaines américaines, abondantes pourvoyeuses d’aliments, et plus spécifiquement ce soir au coeur d’un conservatoire riche d’une telle diversité génétique, pourrait même sembler totalement absurde. Je suis convaincu, cependant, qu’au fil de notre causerie, vous découvrirez qu’elle est strictement pertinente. Ma question est la suivante : si dans six ans vous deviez produire par vous même la totalité de votre nourriture ( vous ne pourriez pas l’acheter ou l’acquérir de quelqu’un d’autre) et qui est plus selon des modalités de production totalement durables et autarciques (vous ne pourriez pas acquérir de l’extérieur des fertilisants ou des matières organiques), de quelle façon transformeriez-vous votre vie aujourd’hui même et durant les cinq années à venir? C’est la question que je veux vous laisser, que je veux vous offrir, en forme de bénédiction, bien qu’au prime abord, elle ne soit pas forcément perçue comme telle.

Ensuite, je souhaite exposer une requête. Si chacun d’entre vous ne peut pas consacrer les douze prochains mois à apprendre à produire sa nourriture de façon réellement durable ( et nous allons découvrir ce soir que l’agriculture biologique, telle qu’elle est pratiquée sur toute la planète, est strictement une agriculture non-durable), peut-il alors créer avec 19 autres personnes un groupe de 20 personnes qui va sponsoriser une, deux ou trois personnes à se consacrer, durant toute la prochaine année, à apprendre comment produire de la nourriture de selon un mode totalement durable? C’est une des impulsions fondatrices du “Ecology Action’s Common Ground Mini-Farm Project”. Il y a deux coordinateurs dans ce jardin : je suis l’un d’eux et le second est Craig Cook. Une association sans but lucratif, de Palo Alto en Californie, du nom de “Involvement Corps” rassembla environ 15 personnes: certains donnèrent à Craig 10 dollars, 15 dollars ou 25 dollars par mois tandis qu’un autre lui prêtait une chambre et que d’autres lui offraient à manger. Cette action commune permit à Craig de consacrer la totalité de son temps à l’apprentissage de cette technique.

C’est l’objet de ma requête : si vous ne pouvez pas, vous-mêmes, consacrer tout ce temps, pouvez-vous aider quelqu’un d’autre à le faire? Il faut également préciser que les “sponsors” de Craig se rassemblaient une fois par semaine (ou au moins une fois par mois) autour d’un repas durant lequel Craig leur parlait de tout ce qu’il avait appris depuis leur dernier repas collectif.

La troisième chose que je souhaiterais vous demander (et je suis sûr que chacun d’entre vous peux le faire, même si ce n’est pas à plein temps), c’est d’élaborer une planche de culture. Qu’est qu’une planche de culture? C’est un modèle : sa largeur est d’1m50, ou d’1m20 si vous préférez, et sa longueur varie de 6 à 8 mètres. Consacrez tous les jours de 10 à 15 minutes, à cette planche de culture, et vous apprendrez à faire pousser toutes les plantes qu’il est essentiel de connaître afin de produire toute votre nourriture, tout votre compost, qui est la nourriture du sol, et toute votre fortune. Lorsque vous avez bien maîtrisé cette planche de culture , vous pouvez ensuite en élaborer une quarantaine et c’est alors que vous pouvez réellement produire toute votre nourriture, tout votre compost et toute votre fortune.

Pourquoi suis-je en train d’évoquer toutes ces choses? Pourquoi vous demandais-je d’acquérir les fondements d’une agriculture réellement durable? La solution véritable pour le futur ne va pas consister en la seule production de fruits et de légumes quelle que soit leur importance pour l’acquisition des vitamines et des oligo-éléments qui sont essentiels à notre vie. Il va vous falloir, dans un second temps, également produire toutes vos calories et tout votre carbone. Je vais maintenant vous expliquer pourquoi.

Durant trois des quatre dernières années, l’humanité a consommé plus de nourriture qu’elle n’en a produit. Dorénavant, nous ne sommes plus un monde générant des surplus de nourriture. Qui plus est, nous sommes en train de perdre notre sol très rapidement. Qu’allons nous faire à ce sujet, d’autant plus lorsque nous prenons conscience que la population de la planète augmente tous les jours de 250 000 personnes? C’est comme si San Francisco doublait sa population tous les deux jours.


Qu’est que cela signifie réellement en termes de sol? Même si nous ne perdions pas notre sol, cela signifierait que, au vu des pratiques de l’agriculture chimique mécanisée et des pratiques de l’agriculture biologique mécanisée, il nous faudrait chaque jour augmenter la surface agricole en production de 125 000 hectares. Ou bien alors, il nous faudrait découvrir une nouvelle semence, ou de préférence une ancienne qui a bien fait ses preuves, afin de produire beaucoup plus de nourriture. Ou bien alors, il nous faudrait accorder quelque attention au planning familial.

Que s’est-il donc passé globalement? Vous savez que la Révolution Industrielle fut bâtie sur le feu , sur l’énergie. Vous savez que l’île de Manhattan, une petite partie de New-York City qui est un district de business, consomme durant un court laps de temps plus d’énergie que toute l’Afrique durant une année entière. Le monde entier se met à “consumer” la planète de feu et d’énergie. Le témoin le plus probant de ce phénomène est l’évolution des déserts qui couvraient, en 1977, 44% de la surface terrestre de la planète et qui, selon une étude de l’ONU, vont couvrir, en l’an 2000, 63%, ou plus, de la surface des terres.

S’il n’y avait qu’une seule chose que vous puissiez emmener avec vous ce soir de notre conférence, je souhaiterais que ce soit la requête suivante. Je voudrais demander à chacun d’entre vous qu’il arrête de faire croître des plantes. Je voudrais vous demander de ne plus jamais, au cours de votre vie, cultiver de plantes. C’est la chose la plus importante que vous puissiez faire pour la planète. Une fois que vous avez pris cette décision, je voudrais vous demander de faire quelque chose d’autre à la place. Je voudrais vous demander de commencer à faire croître du sol. Il y a quelque chose de magnifique dans le fait de générer du sol. Lorsque vous voulez faire croître du sol, vous devez faire croître des plantes ; cependant, la finalité est différente. Les agriculteurs conventionnels, ainsi que la majorité des agriculteurs biologiques, agissent dans leurs pratiques culturales et dans leurs façons de tirer profit du sol tout comme un éleveur qui voudrait que ses poules produisent des oeufs et que ses vaches produisent du lait sans jamais les nourrir. Tout cela est complètement étonnant! L’agriculture biologique quant à elle, plus précisément, telle qu’elle est pratiquée aux USA, importe de 50 à 84 % de ses fertilisants et de ses matières organiques! Cela signifie que les sols de quelqu’un d’autre sont spoliés, même si ce processus n’est pas intentionnel, afin de produire une agriculture “pure”. Il nous faut résoudre toutes ces incohérences et développer un sens plus aigu de l’humus.

La solution de ce problème réside dans la culture de plantes génératrices de compost, de plantes génératrices de carbone et de plantes génératrices de calories. Un de mes héros est Lorenz Schaller, qui est présent ce week-end. Lorenz, durant les 20 dernières années, a sauvé 3500 variétés de plantes à grains et il les conserve chez lui en congélation. Il a réalisé tout cela quasiment sans soutien financier. Il a ainsi contribué, avec d’autres, à élaborer les fondations de l’édifice de carbone que nous allons bâtir.


Maintenant, je voudrais vous faire partager, d’une façon moins verbale, ma compréhension de la situation actuelle. Voici une pomme. Elle représente la Terre. C’est une pomme bio et elle a d’autant plus de valeur pour ma démonstration qu’elle reste ferme contrairement à toutes les autres. Je vais d’abord, de toute manière, couper et enlever les 3/4 de cette pomme. Si la pomme entière représente la Terre, les 3/4 que nous venons de couper représentent les océans. Je vais me débarrasser de ce gros morceau. Pourquoi? Parce que les océans de la Terre sont en train de mourir. Je vais arrondir certains chiffres pour plus de simplicité. Il existe à peu près 15 zones de pêche majeures. Parmi ces quinze, cinq déjà ne sont plus productives et les dix autres sont en train de s’appauvrir très rapidement. Selon une étude Britannique, l’Océan Antarctique a perdu 15 % de son phyto-plancton, en raison des trous dans la couche d’ozone et bien d’autres facteurs. Les scientifiques estiment, de façon globale, que la totalité du phyto-plancton des océans de la planète produit de 20 à 50 % de l’oxygène planétaire. Ainsi nous avons non seulement une accumulation de dioxide de carbone, en raison de la combustion des énergies fossiles et de la déforestation, mais, qui plus est, nous allons peut-être voir une diminution de la production d’oxygène atmosphérique. A ce propos, les forêts de l’Amazonie produisaient, il y a 25 ans, de 10 à 20 % de l’oxygène planétaire. Plus de la moitié de ces forêts ont été coupées.

Revenons à la Terre maintenant afin de nous y relier. On entend beaucoup parler de savoir informatique mais qu’en est-il du savoir agricole? Pouvez vous consommer une Réalité Virtuelle? Et si vous le pouvez, en êtes-vous nourris? Le 1/4 restant de la pomme représente les surfaces terrestres de la planète. Je vais maintenant enlever 2/3 de cette surface terrestre parce que ce sont les terres qui sont déjà désertifiées ou alors recouvertes de glace. On ne peut donc pas dire que l’on vit sur la terre : en fait, on vit sur un douzième de la terre. Avant de continuer, il nous faut nous pencher sur l’état de nos sols.

Je vais maintenant enlever les 3/4 de l’écorce terrestre, enlever les 3/4 du sol arable du douzième restant de la planète car c’est cette proportion de sol qui a déjà disparu en raison de l’érosion par l’eau et l’air. En fait, on ne vit réellement, en ce moment, que sur 1/48 ème de la Terre. Si toute cette terre arable, cette bonne vie du sol, cette matière organique et ces nutriments étaient présents au même endroit, ils seraient plus puissants. En fait, tout cela est dispersé sur le quart terrestre de la planète. Vous vous demandez peut-être ce qu’il va advenir du 1/48 ° restant de la Terre. Durant les 44 prochaines années, peut-être même avant... (le conférencier mange le reste de la pomme).

Je ne me permettrais pas de vous décrire un seul de ces désastres s’il n’existait pas quelque solution permettant d’y remédier. Il existe quelque chose que tout un chacun puisse réaliser dans son jardin, sur sa ferme, et au travers du choix de nourriture qu’il acquiert. Un sociologue, professeur éminent de l’Université de Californie de Davis, le Docteur Kenneth Watt, a écrit un ouvrage dont le titre est “The Titanic Effect”. L’agriculture en est le thème et cet ouvrage fut écrit dans les années 1970 mais il est encore d’actualité. Ce que le Docteur Watt a mis en valeur c’est que les êtres humains sont tellement magnifiques, différents et talentueux que, s’ils examinent o combien une situation est mauvaise, ils vont la solutionner. S’ils ne le font pas, ce sera à leur détriment et c’est pour cela qu’il appela son ouvrage “The Titanic Effect”. Le capitaine du Titanic “savait” que son navire ne pouvait pas couler. Il fonça donc au travers d’une zone d’icebergs afin d’établir un record de l’Océan Atlantique. Et il établit effectivement un record.

Avant que je n’ébauche la description des solutions, je souhaiterais que vous puissiez comprendre d’une façon encore plus personnelle ce qui se manifeste dans notre relation avec la Terre et le sol. Et le mot clé est “relations”. Vous savez combien sont dures les relations. C’est comme deux personnes mariées et qui forment une équipe et qui s’aiment à jamais et pour toujours. Et bien, c’est la relation qu’il nous faut établir avec le sol. Ce n’est pas aisé de prendre cette responsabilité.

Le conférencier demande à quelqu’un de tenir une boîte près du podium.
Je vais manger une cuillère de compote de pomme et cette cuillère de compote va représenter un kilo de nourriture. Tout en mangeant ce kilo de nourriture, je vais vous montrer combien de kilos de sol sont détruits en raison de l’érosion de l’eau et du vent occasionnée par la production de cette nourriture par l’agriculture chimique mécanisée des Etats-Unis. (Le conférencier mange une cuillère de compote et il enlève six cuillères de sol de la “banque de sol”). Ainsi, six kilos de sol sont détruits par l’érosion du vent et de l’eau à chaque fois que nous consommons un kilo de nourriture produite par l’agriculture chimique mécanisée des Etats-Unis. On peut également dire que l’on perd six kilos de sol à chaque fois que nous achetons un kilo de nourriture produite de cette manière parce que par notre façon d’acheter la nourriture, nous choisissons la façon dont elle a été produite.

Chacun d’entre nous consomme a peu près une tonne de nourriture par an. Cela veut dire que chacun d’entre nous provoque, indirectement et de façon non intentionnelle, la destruction de six tonnes de sols annuellement. Et ce sont de bonnes nouvelles . Pourquoi de bonnes nouvelles?
Parce que tout d’abord, la destruction fut auparavant de huit tonnes annuellement tant que des mesures ne protection des sols ne furent pas appliquées. Malheureusement, ce taux de destruction des sols ne va plus baisser à moins que des mesures drastiques soient envisagées.
Ce sont également de bonnes nouvelles parce que le peuple des USA ne représente que 5% de la population mondiale. Jetons un coup d’oeil sur les 80% de la population mondiale vivant en l’an 2000 dans les pays en voie de développement. Dans une quinzaine d’années, à savoir en l’an 2014, ce sera d’ailleurs 90 % de la population mondiale qui vivra dans les pays en voie de développement. Quant aux personnes qui vivent dans ces pays en voie de développement, voici ce qui se passe lorsqu’elles consomment un kilo de nourriture. (Le conférencier mange une cuillère de compote et il enlève douze cuillères de sol de la “banque de sol”). Ainsi, ce sont douze kilos de sol qui sont détruits par l’érosion du vent et de l’eau à chaque fois qu’un kilo de nourriture est ingéré par une personne vivant dans les pays en voie de développement. Puisque ces personnes consomment à peu près autant de nourriture que nous-mêmes, cela veut dire que dans les pays en voie de développement, ce sont douze tonnes de sol qui sont perdues chaque année par habitant. C’est en Chine, pays constituant 20% de la population mondiale, que les pratiques de production alimentaires bio-intensives virent le jour. Elles furent remplacées, dans les années 1950, par un mélange de pratiques d’agriculture biologique et de pratiques empruntées au système agricole fondé sur la chimie et la mécanisation des Etats-Unis. Dans ce pays, accueillant 1,3 milliard d’habitants, ce sont 18 tonnes de sol qui sont perdues par année et par habitant.

Qu’en est-il de l’agriculture biologique? (Le conférencier mange une cuillère de compote et il enlève d’abord 3 cuillères, puis 2 cuillères 1/4, de sol de la “banque de sol”). Ainsi, chaque fois que nous consommons 1 kilo de nourriture produite par l’agriculture biologique mécanisée des Etats-Unis, ce sont probablement entre 3 et 5 kilos 1/4 de sol qui sont perdus en raison de l’érosion par l’eau et le vent. Ce n’est pas que le mode d’agriculture biologique, en soi, soit un facteur d’épuisement des sols. Ce phénomène est dû au fait que l’agriculture biologique importe de l’extérieur du domaine agricole la plus grande partie de ses fertilisants organiques. Savez-vous ce qui serait une des pires choses à arriver dans le monde d’aujourd’hui? Ce serait que le monde entier décide de développer une agriculture biologique et un jardinage biologique. ( Ce serait bien sûr une des choses les plus merveilleuses aussi). Étant donné la manière dont nous utilisons les nutriments et la matière organiques, il est très peu probable qu’il y ait suffisamment de matières, de nutriments et de fertilisants organiques pour qu’on puisse développer immédiatement chez tous les peuples de la terre une agriculture de type biologique sans transformer tout d’abord la façon dont nous pratiquons l’agriculture. L’Institut Borlaug a récemment annoncé qu’il est impossible de développer l’agriculture biologique sur une large échelle en Afrique parce qu’il n’y a pas assez de matières ou de nutriments organiques pour la dynamiser dans un premier temps. Cependant, ce n’est qu’un des scénarios possibles. L’agriculture biologique peut être durable mais la façon dont nous la pratiquons de nos jours est bien souvent loin d’être totalement durable.
Cela fait maintenant 27 années que je pratique la production alimentaire biointensive et, durant tout ce laps de temps, j’ai cherché un exemple dans la Nature de plantes croissant en ligne. Combien de personnes présentes dans cette salle ont pu observer une croissance de plantes en ligne qui soit naturelle et non point le résultat de pratiques agricoles? La Nature a horreur du vide. Lorsque nous plantons en ligne, nous générons entre chaque rang un petit désert. L’existence de ces déserts entre les rangs constitue l’une des raisons majeures pour lesquelles l’agriculture chimique tout comme l’agriculture biologique épuisent les sols. Peut-être cela n’est-il pas aussi patent avec les techniques agricoles locales: les maïs sont semés de façon rapprochée et il en est de même, parfois, pour le soja. Tout cela est beaucoup mieux.

Il existe une autre raison majeure pour laquelle nous sommes en train d’épuiser le sol très rapidement et nous ne pouvons, dans le cadre de cette conférence, que l’évoquer brièvement. Admettons que ce podium soit un champ d’un demi-hectare : c’est de cette surface, en moyenne, dont nous avons besoin pour cultiver le fourrage nécessaire annuellement à un boeuf ou à une vache. Cela peut être un peu plus ou un peu moins, mais en moyenne il faut un demi-hectare par animal et par année. Tout le carbone de la paille, du foin, de la luzerne ou toute sorte de fourrage consommé par le boeuf ou la vache et produit sur ce demi-hectare, nous allons l’appeler une “unité de carbone”. Cette unité va nourrir une vache ou bien alors deux chèvres, puisque deux chèvres consomment autant qu’une vache. La bouse de vache, ou le crottin de chèvre, qui résulte de cette consommation ne contient qu’une demi-unité de carbone car l’autre moitié a été métabolisée dans les processus de vie de l’animal. (Ne vous méprenez pas : je ne suis ni contre les vaches, ni contre les chèvres ou les poulets). Ensuite, vous compostez ce fumier et les microbes utilisent pour leurs propres processus métaboliques une moitié de la demi-unité restante. Il vous reste donc, lorsque le processus de compostage est achevé, un quart d’unité de carbone que vous allez pouvoir épandre sur le quart de la surface de départ, à savoir le quart d’un demi-hectare. Il existe à peu près trois milliards de vaches et de boeufs sur la planète actuellement. Les quantités phénoménales de nourriture nécessaire à l’alimentation de ce bétail et de l’humanité constituent donc un véritable défi parce que le carbone est, pour l’un comme pour l’autre, utilisé de façon irrationnelle. Il existe des solutions à minima et vous pouvez en fait cultiver tout le fourrage essentiel à une vache sur une surface d’un dixième d’hectare et même moins mais ce point est également en dehors du sujet de la conférence de ce soir.

Nous avons distribué un petit livret sur les pratiques d’agriculture biointensive, sur la situation alimentaire mondiale et sur la santé des sols. Je vous prie de consulter les trois schémas qui mettent en valeur la surface nécessaire pour l’alimentation d’une personne en fonction des différents régimes, des différentes cultures et des diverses modalités agricoles. Le premier schéma concerne les pratiques agricoles mécanisées chimiques ou biologiques aux Etats-Unis. Le second schéma concerne l’agriculture des nations en voie de développement et le troisième schéma est relatif aux pratiques de l’agriculture biointensive. Dans ce troisième schéma, le chiffre 4 en bas à droite signifie qu’un certain nombre de nations de la planète n’ont actuellement de l’eau que pour arroser quatre unités de terre. Quatre unités de terre correspondent, approximativement, à 500 m2. Selon la Banque Mondiale, un tiers des nations du monde manquent d’eau, à un degré ou à un autre. En fait, la Banque Mondiale conseille à ces nations d’utiliser leur eau non pour la production alimentaire mais pour la confection de produits manufacturés dont la vente leur permettra d’acheter de la nourriture. C’est une vue à court terme, car actuellement le surplus de nourriture sur la planète ne représente que 50 jours de consommation et ce chiffre est à la baisse. Prenons conscience que nous avons tendance à consommer plus que nous ne produisons. Vers où ces nations vont-elles bientôt se tourner pour acheter de la nourriture? Avec des pratiques Biointensives cependant, ainsi qu’une meilleure compréhension de l’alimentation, vous pouvez réellement produire toute la nourriture nécessaire à une personne annuellement et, grâce à de bonnes plantes de carbone, vous pouvez produire tout le compost nécessaire à la production alimentaire d’une personne sur une surface aussi petite que 500 m2. Et vous pouvez produire toute cette nourriture sur un mode durable.
Regardons maintenant les colonnes du second schéma. Dans une quinzaine d’années, en l’an 2014, 90 % de l’humanité ( à savoir les peuples des pays en voie de développement) ne possédera que 9 unités de terre, à savoir 1100 m2, pour produire les aliments d’une personne à l’année.

De plus, selon une étude menée par l’Université de Stanford, dès l’année 2025, l’humanité manipulera la moindre parcelle de la biomasse vivante de cette planète: tous les animaux, tous les arbres, tous les brins d’herbes... Plus rien ne croîtra de façon naturelle.
Bien sûr, nous n’arriverons jamais à une telle situation. Pourquoi? Parce que la plupart ces cycles naturels animaux et végétaux vont se briser. Les cycles naturels vont être détruits par l’extinction des espèces, y compris les espèces de microbes, dont certaines sont déjà en voie d’extinction. Un des avantages de l’agriculture Biointensive est de permettre de produire toute la nourriture nécessaire à une personne sur à peine la moitié de la parcelle de terre fertile qui lui est disponible, à condition de développer un niveau raisonnable de compétences quant à la pratique Biointensive et un niveau raisonnable de fertilité des sols. Qu’est ce que cela signifie? Cela signifie que plus de la moitié de la terre fertile peut être conservée sauvage. Si nous voulons survivre en tant qu’espèce, il va falloir nous assurer que d’autres espèces survivent également. Il va nous falloir sauver non seulement les semences mais aussi la diversité génétique des autres plantes et des autres animaux. C’est le propos essentiel des dynamiques de protection de la biodiversité. Cependant, ce sont de nombreuses espèces que nous ne pourrons jamais sauver à moins que nous ne laissions une partie des terres à l’état sauvage.
Examinons maintenant le premier schéma qui concerne les pratiques agricoles mécanisées chimiques et biologiques des USA. Les rendements de l’agriculture biologique sont équivalents à ceux de l’agriculture chimique. Si vous êtes végétalien, à savoir si vous ne consommez aucun produit ou sous-produit animal (oeufs, viande, lait...), vous n’avez besoin que de dix unités de terre pour votre consommation alimentaire annuelle. Cependant, la plupart de l’humanité n’aura que 9 unités de terre : cela veut dire que si tout le monde suivait un régime végétalien, (et je ne souhaite mettre en avant aucun régime alimentaire), seulement 90 % des personnes des pays en voie de développement pourraient manger à leur faim. La consommation alimentaire moyenne des USA, quant à elle, comprenant viande, oeufs, fromage et lait, requiert jusqu’à 42 unités de terre. Si tout le monde consommait ce type de régime, seulement 25 % des personnes des pays en voie de développement pourraient manger à leur faim, car il n’y aurait bien sûr pas assez de terres agricoles pour produire ce type de régime alimentaire pour tout un chacun. (Vous pouvez maintenant comprendre pourquoi on utilise ces arguments pour promouvoir les biotechnologies). Maintenant, si votre régime alimentaire comprend énormément de viande, il requiert jusqu’à 85 unités de terre, ce qui fait à peu près un hectare. Avec ce type de régime alimentaire, seulement un peu plus de 10 % des personnes des pays en voie de développement pourraient manger à leur faim.

Voici ce qui est magnifique avec la micro-agriculture durable et Biointensive : en réinsufflant la vie dans le sol, nous avons été capables d’élaborer l’équivalent de 500 ans de sol en l’espace de huit années et demies, quant à sa structure de carbone humifère, selon une Maîtrise tenue à l’Université de Californie à Berkeley, dans la section des sciences des sols. En nous focalisant sur la création d’un sol riche, nous avons développé la capacité de générer des productivités très élevées (de type Révolution Verte) avec une fraction seulement des intrants. Ce type d’agriculture peut générer de deux à six fois plus de productivité, par unité de terre, que l’agriculture commerciale tout en consommant de 67 à 88 % moins d’eau par kilo de nourriture produite que l’agriculture conventionnelle. Cela veut dire concrètement que la micro-agriculture durable et Biointensive utilise de 6 à 8 fois moins d’eau que l’agriculture conventionnelle. Récemment, la Californie a subi une sécheresse de sept ans. Si l’on avait eu recours à ce type d’agriculture depuis déjà un certain nombre d’années, il n’y aurait pas eu du tout de sécheresse car une “année normale d’eau” aurait duré de 6 à 8 années. L’agriculture Biointensive utilise également de 50 à 100 % moins de nutriments organiques achetés par kilo de nourriture produite en comparaison des intrants que l’agriculture conventionnelle achète. Toujours en comparaison avec cette agriculture conventionnelle, l’agriculture Biointensive utilise 99 % moins d’énergie. Ainsi, les semences véritables, telles que celles que nous protégeons, peuvent produire tout autant et même plus que les semences de ce que l’on appelle la Révolution Verte. De plus, dans le cas des céréales, les variétés traditionnelles peuvent produire plus de carbone que les variétés de la Révolution Verte qui ont été développées pour ne produire qu’une petite quantité de carbone. Dans une certaine mesure, il se peut que les variétés de la Révolution Verte ne soient pas des variétés d’agriculture durable en termes de production de carbone pour le compost sans même parler du fait qu’elles ont été développées pour un spectre de températures très étroit. Ces variétés ne vont plus fonctionner aussi bien si la température de la planète augmente ou décroît de façon significative. Dans ce cas, cela va prendre de cinq à dix années pour en développer de nouvelles qui soient adaptées aux variations climatiques. Et que ferons-nous pendant ce laps de temps?

L’agriculture Biointensive peut également réhabiliter des sols. Nous avons déjà évoqué le fait que la terre se désertifie de plus en plus et qu’il y a de moins en moins de terres agricoles. Cette situation de fait ne peut nous satisfaire et nous pouvons réellement réhabiliter les sols mais pour ce, il nous faut des plantes à carbone. Dans la nature, il faut en moyenne 500 ans pour produire 2,5 cm de terre fertile ; il faut, de plus, environ 15 cm de terre fertile pour produire de bonnes plantes en agriculture. Cela veut dire que l’élaboration d’un bon sol agricole requiert 3000 années. Aux Etats-Unis, nous avons détruit 75 % de notre sol arable en 220 années, de par nos pratiques agricoles. Il nous faut maintenant renverser la vapeur.

Je souhaiterais maintenant vous montrer ce qui se passe lorsque nous utilisons les pratiques de l’agriculture Biointensive et lorsque nous consommons un kilo de nourriture produite de façon Biointensive. Ces pratiques peuvent produire de deux à six fois plus mais elles peuvent probablement détruire les sols de deux à six fois plus vite si elles ne sont pas utilisées à bon escient. Il est ainsi de notre responsabilité d’appliquer correctement ces techniques. ( Le conférencier mange une cuillère de compote et remet 20 cuillères de sol dans la “banque de sol”). Ainsi, pour tout kilo de nourriture produite et consommée, nous pouvons créer 20 kilos de sol. Nous pouvons générer 20 tonnes de sol par an et par personne lorsque nous utilisons correctement les méthodes de l’agriculture Biointensive.
Au début de ma conférence, je vous ai dit que je ne permettrais pas d’évoquer les mauvaises nouvelles si nous ne pouvions rien faire pour leur trouver des solutions. La question reste de savoir comment. Lorsque vous consultez la première page de votre petit manuel, vous y trouvez un cercle mettant en valeur les pourcentages des diverses cultures nécessaires à une production maximale et durable de calories. C’est un cercle holistique dont tous les éléments sont en relation d’harmonie.
Imaginons que ce cercle représente votre ferme ou votre jardin. Il vous faut consacrer 60 % de la surface à la production de céréales ou de plantes à grains afin de générer une abondance de carbone. Cela peut être du maïs doux : cela ne donne pas beaucoup de calories mais cela possède une belle saveur. Cela peut être du maïs dur, de l’amaranthe, de la quinoa, du millet, du blé, du seigle, de l’avoine, de l’orge et beaucoup d’autres plantes similaires. La plupart de ces plantes vont générer une certaine quantité de calories (qui n’est pas considérable mais qui est cependant moyenne) ainsi qu’une grande quantité ou une très grande quantité de carbone.
Il vous faut ensuite consacrer 30 % de la surface de votre jardin à la culture de plantes à racines primordiales tels que la pomme de terre, la patate douce, l’ail, le salsifis, le panais, le manioc... Toutes ces plantes vont produire une abondance de calories. Ce qu’il y a de magnifique avec l’ail, c’est que vous pouvez en consommer 2 kilos par jour qui vont vous donner toutes les calories dont vous avez besoin quotidiennement. Vous ne serez jamais malade parce que personne n’osera vous approcher!
Il vous faut ensuite cultiver 10 % de la surface de votre jardin en légumes verts pour les vitamines et les minéraux. En fait, 5 % suffiraient même. Vous pouvez évidemment en cultiver plus si vous aimez beaucoup les légumes, mais d’un point de vue nutritionnel, cette surface suffit.

Faisons comme si nous avions une micro-ferme sur ce podium - une sorte de petit monde, de Petit Prince. Quelle culture va générer le plus de nutrition en ce qui concerne les calories? Le soja ou la pomme de terre? La réponse n’est pas évidente. C’est en fait la pomme de terre qui produit le plus de calories. Cependant, ce qu’il va être important de concevoir, dans le futur, ce n’est pas la quantité de calories par kilogramme de nourriture ou le ratio calorie-poids. Les légumineuses et les grains possèdent un haut pourcentage de calories et ils sont donc très performants quant au contrôle du poids. Cependant, l’aspect essentiel qu’il va nous falloir développer dans le futur est de déterminer les performances des pratiques agricoles en termes de production de calories, et de gestion de surface. Nous allons découvrir qu’il existe des économies de petite échelle telle l’informatique qui est la miniaturisation de l’électronique.

Ce dont nous parlons maintenant est la miniaturisation de l’agriculture. Nous ne l’avons pas inventée. Ce sont les Chinois qui l’ont mis en oeuvre il y a 4 à 6000 ans et les Grecs et les Boliviens il y a à peu près 2000 ans. La question est maintenant de savoir, en termes de production de calories, de combien la pomme de terre est plus performante que le soja. De 25 %, de 100 %, de 200 %, de plus de 200 %? En fait, la pomme de terre possède la capacité de produire 2000 % plus de calories que le soja, par unité de terre! C’est un phénomène très complexe que l’on ne peut qu’évoquer ce soir mais la pomme de terre peut produire 20 fois plus de calories que le soja sur une même surface de terre.
Cela signifie que vous pouvez produire toutes les calories nécessaires durant une année pour une personne avec des pommes de terre sur une surface aussi petite que 0,6 unité de terre. Pas 4, ni 6 mais 0,6 unité de terre, ce qui équivaut approximativement à 75 m2 . Par contre, la production de ces mêmes calories avec du soja requiert jusqu’à 12 unités de terre, à savoir plus que les 9 unités de terre qui seront disponibles pour les habitants des pays du Tiers Monde en l’an 2014. Je vais m’attirer des ennuis ici en plein milieu des plaines du Mid-West et je ne devrais sans doute pas dire cela mais le soja n’est pas la nourriture du futur car il n’est pas assez performant en termes de ratio surface/calories. J’aime beaucoup le tofu, le miso, le tamari et j’apprécie parfois de manger de la viande d’animaux nourris avec du soja, mais il y a de plus un autre problème avec le soja, tout aussi bien d’ailleurs qu’avec la pomme de terre. Ni l’un, ni l’autre ne produisent beaucoup de carbone. Vous obtenez à peu près 2,5 kg de matière compostable sèche avec une culture de soja ou de pomme de terre sur une parcelle de 10 m2 alors qu’il nous est nécessaire de produire entre 7,5 kg et 15 kg de matière sèche compostable sur une parcelle de cette surface afin de générer une fertilité du sol qui soit durable. Ainsi, afin qu’un régime alimentaire fondé sur la pomme de terre soit viable quant à l’aspect de la durabilité, il est nécessaire de cultiver six autres planches d’une culture tel que le maïs, parce que cette plante peut produire assez de carbone pour la surface sur laquelle il croît. En fait, le maïs peut même en produire assez pour le double de la parcelle sur laquelle il croît, et peut-être même plus. Cette performance dans la capacité de produire du carbone est essentielle. Dans le futur, une agriculture et un jardinage générateurs de carbone seront les seules issues de secours pour assurer la fertilité des sols. De plus, une agriculture et un jardinage générateurs de calories seront essentiels à l’équilibre nutritionnel et ce sont les plantes à racines qui permettront en grande partie de produire ces calories.

Venons maintenant à encore plus de détails car je souhaite réellement aiguiser votre appétit à faire croître des plantes à grains en voie d’extinction. Je souhaite que vous puissiez cultiver toutes les plantes en danger d’extinction : les légumes, les baies, les noix, les fruits et en plus les plantes à grains. Qu’en est-il du sorghum? Ce n’est pas une plante parfaite et sa culture peut entraîner des effets négatifs que nous n’avons pas le temps d’approfondir. Néanmoins, le sorghum a la capacité de produire, dans des conditions dures et sèches de culture, assez de carbone pour lui-même et, en fonction des variétés, assez de carbone pour une fois, deux fois, trois fois et parfois quatre fois plus de surface que la parcelle sur laquelle il croît. Il va nous falloir des plantes pour contre-balancer les laitues, les radis et les tomates qui ne produisent pas suffisamment de carbone pour leur propre fertilité de sol. Il existe quelques variétés de sorgho au potentiel intéressant tels que Santa Fe, Black Kaffir et Lesotho. La variété Lesotho est particulièrement intéressante parce qu’elle est bonne à manger et qu’elle produit beaucoup de carbone. Dans le futur, alors que la planète se désertifie de plus en plus, il va être essentiel de prendre en considération non seulement la production de carbone et de calories en relation avec les paramètres de la surface et du temps mais aussi en relation avec le paramètre de l’eau. Il existe, par exemple, une espèce de millet japonais pour gourmet qui croît en 45 jours et qui utilise 1/3 de l’eau utilisée par d’autres plantes à grains ou céréales. Ainsi, en très peu de temps ce millet produit autant de carbone et de calories que ce que produisent d’autres plantes à grains en beaucoup plus de temps. Peut-être pourriez-vous tenter la culture de cette espèce dont il est peu aisé d'obtenir des semences : on en connaît, cependant, une trentaine de variétés.
C’est sans doute parce qu’elle utilisait des pratiques d’agriculture Biointensive que la culture Maya survécut, il y a à peu près un millénaire, alors que les autres cultures s’effondrèrent. Des recherches récentes ont mis en valeur que les régions de la culture Maya qui survécurent le plus longtemps furent de petites communautés de production alimentaire à l’image de ce que nous faisons dans nos jardins et de ce que beaucoup de jardiniers réalisent dans leurs jardins. Nous avons la possibilité de sauver des semences, de créer du sol et de produire nos aliments durant une période de l’évolution du monde pour laquelle ces trois aspects vont devenir essentiels. Nous allons être ainsi capables de transformer la pénurie en abondance.

Les pratiques Biointensives sont constituées des éléments suivants :

* Tout d’abord, nous préparons le sol en le travaillant sur 60 cm de profondeur, au lieu de 15 cm de profondeur tel que le fait l’agriculture, en faisant pour ainsi dire du quadruple bêchage. La finalité est d’améliorer la structure du sol et lorsqu’elle est améliorée, il n’est plus nécessaire de réaliser un double bêchage. Il est ensuite suffisant d’ameublir le sol sur 5 cm et de travailler en surface.

* Secondement, nous utilisons du compost. Si vous avez dans la main un morceau de compost de la taille d’une grosse pièce de monnaie, ce que vous tenez est approximativement 6 milliards de formes de vie microbienne. Que la Force soit avec vous!

* Troisièmement, du fait que le sol soit travaillé très en profondeur, ce qui permet aux racines de s’étendre en profondeur plutôt que vers la périphérie, et du fait de la fertilité générée par le compost et la vie microbienne, nous pouvons planter nos plantes de façon si rapprochée que leurs feuilles se touchent quasiment. Lorsque les plantes sont mâtures, le rendement est de deux à six fois supérieur, en comparaison avec une pratique conventionnelle de jardinage. Le résultat semble être une scène de la nature plutôt qu’un tableau de peinture abstraite plein de petits déserts entre les rangs. La racine est l’organe de contrôle de la plante. Dans les années 1950, le Professeur Snyder de l’Université de Californie à Berkeley, découvrit que lorsque l’on améliore la vitalité des racines, de la plupart des plantes cultivées traditionnellement dans nos champs, dans une toute petite mesure, de 2 à 4 %, la productivité de ces plantes peut augmenter de deux à quatre fois. Une petite amélioration du système racinaire génère une très grande augmentation de productivité et de nutrition. Pour résumer, le troisième élément est donc un espacement très serré, parce que les racines des plantes ont la capacité de s’étendre en profondeur plutôt que de façon horizontale.

* Quatrièmement, nous pouvons mettre en oeuvre le compagnonnage des plantes. C’est une association de culture des plantes qui croissent mieux ensemble que séparément. Par exemple, les haricots verts et les fraises croissent plus harmonieusement ensemble que séparément. Il en est de même avec les laitues pommées qui ont une meilleure saveur lorsqu’on les associe avec des épinards, à raison d’un plant d’épinard pour quatre têtes de laitues. Elles ont de plus une meilleure saveur lorsqu’on les cueille tôt le matin avant même que le soleil ne se lève, non pas avant que le soleil levant les effleure mais plutôt avant que le soleil ne se lève.

* Cinquièmement, ces pratiques agricoles Biointensives constituent un système global. Il ne suffit pas de préparer un sol épuisé sur 5, ou 10, ou 15 cm et de placer les plantes de façon très serrée. Si vous n’utilisez pas de compost, le système ne peut pas fonctionner.

* Le sixième point concerne la production de carbone à la ferme ou dans le jardin.

* Le septième point concerne la production de calories pour un équilibre nutritionnel total.

* Le huitième point qui est le dernier, mais non le moindre, concerne l’utilisation de semences de variétés fixées, afin de promouvoir la protection de la diversité génétique.

Ce que j’aimerais que vous fassiez maintenant est que vous placiez vos mains en face de vous et que vous les teniez en coupe ouverte. Fermez vos yeux. Candide a dit et je vais le paraphraser : “Le monde entier est un jardin et quel endroit magnifique ce pourrait être si chacun d’entre nous prenait soin de notre partie de monde, à savoir notre jardin.” La Terre est notre jardin et tout cela peut faire un monde de différence!

Voici un résumé des tableaux graphiques présentés par le conférencier. La surface indiquée est la surface de terre cultivée par année et par personne, en fonction des régimes alimentaires.
John Jeavons précise que, déjà, de nombreux pays du Tiers-Monde ne peuvent irriguer que 450 m2 par année et par personne.

Agriculture mécanisée, biologique ou chimique aux Etats-Unis.

Régime très carné : 9350 m2 par année et par personne.
Régime moyen : 4700 m2 par année et par personne.
Régime végétalien : 1100 m2 par année et par personne.

Agriculture des pays du Tiers-Monde.

Régime moyen en 1988: 2420 m2 par année et par personne.
Régime moyen en projection de l'an 2000 : 1760 m2 par année et par personne.
Régime moyen en projection de l'an 2014 : 990 m2 par année et par personne.

Agriculture biointensive.

Avec des rendements moyens et un régime végétalien: 440 m2 par année et par personne.

Conférence de John Jeavons donnée durant le Rassemblement annuel du Seed Savers Exchange. USA.
Eté 1998.
Traduction de l'anglais de Dominique Guillet.


John est également l'auteur d'un célèbre ouvrage, publié à 300 000 exemplaires : How to grow More vegetables

Pour le contacter :
Ecology Action
5798 Ridgewood Road
Willits, CA 95490. USA
Phone: (707) 459-0150
e-mail: bountiful@sonic.net
Web site: http://www.growbiointensive.org
... Télécharger l'article complet de Dominique Guillet

Par Enoch - Publié dans : Ecologie - Communauté : écologie nature et histoire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 16 janvier 2011 7 16 /01 /Jan /2011 11:30

Quelles semences pour nourrir les peuples?

La semence, c’est le début de la chaîne alimentaire. Celui qui contrôle la semence, contrôle la chaîne alimentaire et donc contrôle les peuples.

Pendant 12 000 ans, au moins, les paysans et les paysannes du monde entier ont produit leurs propres semences, ont amélioré, sélectionné et créé de nouvelles variétés de céréales, de légumes, de fruits et de plantes à fibres. Qui plus est, les agricultures paysannes étaient des agricultures respectueuses de la Terre Mère. Dans les temps anciens, on ne parlait pas de “protection de ressources génétiques” et “d’agriculture durable” : on savait intimement qu’une civilisation qui perd ses semences et qui détruit ses sols est une civilisation qui est en train de mourir.

Depuis plus d’un siècle, les promoteurs de l’agriculture moderne occidentale, soutenus par les puissances financières de la pétrochimie, se sont acharnés à détruire les semences paysannes et les variétés traditionnelles tout en détruisant les sols en les asphyxiant de poisons violents. L’agrochimie a volé leur terre aux paysans et elle prospère au détriment de l’humanité et de la planète. Le secret de cette réussite est très simple, c’est un véritable tour de prestidigitation. Depuis 1900, l’agriculture moderne a créé des variétés hautement susceptibles à une pléthore de parasites et de maladies (tout en prétendant, bien sûr, le contraire) et qui nécessitent, dans le champ, le recours à une chimie très lourde.

Ce paradigme “farceur”, qui est le fondement de l’agriculture moderne, sévit encore pleinement de nos jours. Prenons le cas de l’Inde qui file véritablement un mauvais coton : elle vient juste de donner son feu vert à la culture et à la commercialisation de trois variétés de coton génétiquement modifié sur des surfaces, représentant un quart des surfaces cotonnières de la planète, qui sont cultivées par un million de petits paysans Indiens. Cette autorisation ouvre la porte à l’introduction d’autres espèces génétiquement modifiées, c’est-à-dire la moutarde, le soja et bien sûr le célèbre “golden rice”, amélioré en vitamine A par l’introduction d’un gène de jonquille et dont il faut consommer plusieurs kilos quotidiennement pour obtenir sa ration de la dite vitamine (une mini-farce). Le terreau Indien a été préparé depuis très longtemps afin de faciliter l’imposition de ces bricolages technologiques. Dès 1986, le professeur Swaminathan partait en croisade afin d’éclairer (d’endormir) la classe politique pour que l’Inde puisse intégrer les OGMs sans trop de remous. Le professeur Swaminathan, qui fut le père de la révolution verte en Inde et directeur de l’IRRI (l’institut des Philippines qui a créé les variétés de riz “à haut rendement”) est un grand ami de Monsanto et il se fait actuellement l’apôtre, en Inde, du développement de l’agriculture biologique (et durable s’entend) par l’adoption des organismes génétiquement modifiés (une méga farce). Pendant ce temps, les paysans producteurs de coton se suicident (de 10 à 15 000 en l’espace de quelques années) et près de 300 millions de personnes en Inde souffrent de la faim ou de la malnutrition.

Il faut remonter au début des années 1900 pour découvrir les différents tours de prestidigitation qui sont sortis du grand chapeau des mentors, ou menteurs, de l’agrochimie. Plusieurs niveaux de réalités illusoires peuvent être ainsi appréhendés : des réalités scientifiques, juridiques et techniques qui s’entrelacent intimement pour former de beaux mirages dans le désert de la pensée unique.

En 1907, Hugo de Vries redécouvre les “lois génétiques” de Mendel et deux écoles de génétique s’affrontent alors farouchement : l’école des Mendéliens et l’école des Biometriciens. Les Mendéliens étudient avant tout les caractères monogéniques dans les plantes : la fleur d’une espèce, ou variété, donnée est soit blanche, soit rouge, lorsque la couleur est codée par un seul gène. Les Biometriciens étudient avant tout les caractères polygéniques dans les plantes : la fleur d’une espèce, ou variété, donnée peut être blanche ou rouge mais aussi rose, dans ses nombreuses nuances, lorsque la couleur rouge est codée par plusieurs gènes. Dès le début de leur carrière, les Mendéliens ont la chance de découvrir une résistance à une rouille de blé de caractère monogénique et ils érigent cette simple découverte en philosophie : les résistances des plantes aux différentes agressions (champignons, virus, bactéries, etc.) se doivent d’être monogéniques. Le grand phytopathologiste Vanderplank qualifiera par la suite la résistance monogénique de résistance verticale et la résistance polygénique de résistance horizontale.

Comble de malchance pour les vendeurs de chimie, la quasi-totalité des variétés traditionnelles paysannes (améliorées depuis des centaines d’années, voire des millénaires, par sélection massale) possédait une résistance polygénique ou horizontale : lorsque, dans une plante, un niveau de résistance flanchait, d’autres faisaient front. Comble de chance pour les vendeurs de chimie, lorsque la résistance monogénique ou verticale, des variétés agricoles nouvellement créées à partir de 1910, succombait, la plante mourrait si le paysan ne faisait pas appel à la chimie.

Que pensez-vous qu’il arrivât ? Les variétés traditionnelles furent totalement éradiquées au profit de variétés modernes dotées de résistances monogéniques verticales. Au jour d’aujourd’hui, ce sont 36 milliards de dollars qui sont dépensés chaque année en fongicides et autres pesticides et malgré cela, ce sont 20 % des récoltes alimentaires qui sont perdues tous les ans, à l’échelle planétaire, sous l’assaut de bactéries, champignons, virus… Qui plus est, l’augmentation du nombre de maladies végétales est proportionnelle à l’augmentation, au fil des ans, de l’usage de la chimie lourde dans les champs. Aujourd’hui, ce sont plus de 300 maladies graves qui “attaquent” les plantes alimentaires. Tout cela constitue un cercle vicieux inexorable : l’augmentation de la chimie dans les sols, par les disharmonies qu’elle suscite, permet à de nouvelles maladies végétales de se manifester et les scientifiques ont beau jeu d’introduire tous les ans de nouvelles variétés exprimant de nouvelles résistances.

Peu de gens semblent se poser la question évidente de savoir pourquoi des variétés modernes prétendument résistantes requièrent tous les ans l’utilisation de 36 milliards de dollars de produits phytosanitaires et pourquoi, malgré cet arsenal, un cinquième des récoltes planétaires est perdu annuellement. Serait-ce un enchantement collectif ?

Il faut préciser, à ce point de notre exposé, que vers les années 1920, l’introduction des hybrides F1 a grandement précipité l’éradication systématique des variétés traditionnelles. Les hybrides F1, à l’instar du dogme de la résistance monogénique des Mendéliens, constituent un autre morceau de choix dans la soupe d’une pseudoscience que l’on pourrait aisément qualifier de mythologie. Bercés par les illusions d’une super productivité, les paysans ont abandonné leurs variétés anciennes, qui se reproduisaient conformément au type, pour adopter des hybrides de première génération. Les variétés F1 (obtenues à partir de lignées dites pures mais, en fait, complètement affaiblies) sont dégénérescentes, par définition, et induisent un marché captif royal : les paysans, les maraîchers et les jardiniers doivent racheter leurs semences tous les ans. Jean-Pierre Berlan, directeur de recherches à l’INRA en France, a amplement démontré la supercherie du concept d’hétérosis ou de vigueur hybride.

Une autre vague d’envoûtement collectif se manifeste dès 1961, lors de la Convention de Paris, par la création de l’UPOV : une Union internationale pour la Protection des Obtentions Végétales. Les états, ou plutôt les multinationales qui les “conseillent”, se créent de toutes pièces un cadre légal qui leur permet d’asseoir leur hégémonie sur un secteur qu’ils ne contrôlaient encore que peu, c’est-à-dire le secteur semencier : en l’espace de 30 ans, plus d’un millier de maisons semencières sont rachetées dans l’hémisphère nord par les multinationales de la pétrochimie. L’UPOV institue la possibilité d’un dépôt de brevet sur toute variété nouvellement créée. Le concept d’obtention végétale est en soi une vaste supercherie : comment peut-on déposer un brevet sur une variété légèrement modifiée ou sélectionnée et qui est le fruit de centaines ou de milliers d’années de labeur paysan ?

Au jour d’aujourd’hui, 10 multinationales contrôlent près de 50 % du secteur semencier planétaire. Les quatre premiers sont DuPont (qui a racheté Pioneer Hi-bred), Syngenta (une fusion de Novartis et d’Astra-Seneca, Novartis étant elle-même une fusion de Ciba-Geigy et de Sandoz, les deux plus grands pollueurs du Rhin), Monsanto (très réputé pour son Terminator) et Limagrain (une petite coopérative de la Limagne qui a fait sa fortune grâce aux maïs hybrides F1 de l’Inra, et donc grâce à l’argent du contribuable Français). Ces mêmes 10 multinationales, mais ce n’est sans doute qu’une coïncidence, contrôlent également 60 % de l’agrochimie.

Il est édifiant aujourd’hui d’ouvrir le catalogue du GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences, créé par Pétain en 1945 et remanié en 1961, comme par hasard, l’année de la Convention de Paris). A la rubrique “tomates”, on découvre que 87 % des variétés inscrites sont des hybrides F1, 11 % sont des variétés fixées (reproductibles conformément au type) protégées par des brevets sur 20 ans et 2 % seulement sont des variétés du domaine public.

Il est essentiel de préciser que tout ce qui est consommé dans l’assiette d’un Européen est enregistré dans l’un des catalogues nationaux de la Communauté Européenne. Cela veut dire qu’il est strictement interdit par la loi de cultiver, pour la consommation ou pour la semence, un légume ou une céréale de toute variété qui ne serait pas inscrite sur l’un de ces catalogues.

L’UPOV a tenté d’engloutir l’Afrique de l’Ouest (qui a poliment refusé, mais pour combien de temps) mais par contre a bel et bien englouti récemment l’Asie. L’UPOV parachève, ainsi, l’œuvre d’une autre vaste mythologie à l’échelle planétaire, à savoir la révolution verte, nommée sans doute ainsi à cause de la couleur du dollar, à la prospérité duquel elle a fortement contribué. La révolution verte, selon la théorie officielle, a créé et mis en culture des variétés hautement productives de riz et de blé qui ont sauvé l’Inde de la faim.

Premièrement, que veut dire haute productivité lorsque l’on sait que, selon les archives Britanniques, l’Inde produisait dans l’Etat du Tamil Nadu, vers 1750, du riz à hauteur de 13 tonnes l’hectare, et ce, dans des conditions d’agriculture totalement durable ? Le professeur Richcharia, grand expert du riz en Inde, avait obtenu, il y a quelques années, des rendements de 10 tonnes l’hectare avec des variétés traditionnelles.
Secondement, qu’en est-il de la facture cachée ? Les variétés de la révolution verte ont été hautement productives de par l’utilisation massive d’intrants (fertilisants de synthèse, pesticides, herbicides) et de par l’utilisation de systèmes très modernes d’irrigation intensive. Il en résulte que les nappes phréatiques sont épuisées, que l’air, la terre et l’eau sont extrêmement pollués. De plus, les ressources génétiques ont été éradiquées : il existait plus de 100 000 variétés de riz en Inde avant la révolution verte, il en reste maintenant une cinquantaine. Les paysans pauvres sont allés s’entasser dans les bidonvilles, les paysans ruinés se sont suicidés ou bien ont vendu leurs terres aux banquiers ou à Cargill. Les femmes ont perdu leur rôle privilégié de pourvoyeuse de la nutrition de la cellule familiale. L’agriculture qui était fondamentalement féminine, diversifiée et orientée vers la sécurité alimentaire est devenue une monoculture masculine avec des produits ayant une valeur commerciale sur le marché national ou international.

La grande farce continue : une seconde révolution verte envahit le Tiers Monde, celle des biotechnologies et des organismes génétiquement modifiés alors que, pendant quarante ans, les chantres de la première déclarèrent qu’elle était la solution-miracle et définitive à la faim dans le monde. Les multinationales, dans un grand élan humanitaire, estiment que l’hémisphère nord peut également bénéficier de leurs largesses et profiter des milliards de dollars qu’elles ont investis (avec l’aide financière conséquente des états et donc des peuples) dans l’élaboration de créatures végétales tellement fantastiques que l’on y perd son latin : lycopersicon lycopersicum ssp. porcus ou bien zea mays ssp. scorpionus !

Les premières créatures des apprentis sorciers agronomes du début du siècle passé avaient été dénommées “hybrides”, du grec “hybros”, pour monstre ou chimère. Comment va-t-on pouvoir appeler ces nouvelles chimères dont le génome est un méli-mélo de gènes provenant de l’homme, de l’animal, de la plante ainsi que d’antibiotiques, de virus et autres substances pathogènes ?

Ce monde de chimères transgéniques n’a pu voir le jour que grâce à la vitesse fulgurante d’évolution de l’informatique.

Nous allons maintenant nous pencher sur la nature de la semence et sur la relation qu’elle entretient avec son environnement.

Comme tout être vivant, la semence se définit comme ayant deux facultés complémentaires : celle de se reproduire tout en conservant ses caractéristiques existantes et celle de se modifier, d’évoluer. L’agriculture et la conservation des semences sont fondées sur cette première faculté tandis que la sélection et l’amélioration variétales sont fondées sur cette seconde faculté. Il existe, de plus, une relation très intime entre d’une part la semence, et ce qu’elle manifeste, à savoir la plante, et d’autre part l’environnement. La semence crée un environnement tout comme l’environnement crée la semence.

Pendant des millénaires, la semence était libre, elle est maintenant emprisonnée. Elle ne peut plus se reproduire : les hybrides F1 sont stériles ou dégénérescents. Cette stérilité atteint son paroxysme avec le gène “Terminator” (qui a été légalisé, il y a quelques mois, de façon très discrète, aux USA) qui programme génétiquement la plante pour se suicider. La culture in vitro (création de plantes à partir de quelques cellules) est un autre exemple de cette annihilation du cycle vital de la plante, de la semence à la semence. L’agriculture moderne occidentale a détruit le principe féminin au sein de la semence. Quant à sa capacité d’évolution dans le champ, n’y pensons plus ! Cette capacité a été remplacée par un concept nébuleux de “fixisme”, une autre pièce maîtresse de la mythologie agricole occidentale. Les semences n’évoluent plus en champs, elles sont fabriquées de toutes pièces dans les laboratoires de l’agrochimie.

L’emprisonnement des semences atteint aujourd’hui son paroxysme avec les GURTS “Genetic Use Restriction technologies”, dont la FAO est en train d’étudier les impacts potentiels sur l’agro-biodiversité et les systèmes de production de système agricoles. Qui plus est, non seulement la semence ne peut-elle plus se reproduire et évoluer mais elle ne peut plus produire par elle-même ! Les hybrides F1, les variétés de la révolution verte et les transgéniques ne peuvent se développer que grâce à tout un arsenal d’intrants. Elles sont en quelque sorte stériles et improductives.

C’est dans le cadre de cette imposture qu’il faut resituer la première offensive de l’industrie semencière, au début du siècle passé, qui a vendu très cher, aux paysans, des semences “certifiées”, à savoir indemnes (extérieurement) de tout parasite, mais programmées génétiquement pour être hautement susceptibles à une pléthore de maladies. Ce type de programmation, ou “emprisonnement”, atteint de nos jours son paroxysme avec les gènes dénommés “traitor” ou avec les GURTs “ Genetic Use Restriction technologies” dont la FAO est en train d’étudier les impacts potentiels sur l’agro-biodiversité et les systèmes de production de système agricoles. La semence est programmée génétiquement pour ne se développer qu’à condition qu’on la traite dans le champ avec tel ou tel produit chimique.

Nous espérons que cet exposé met clairement en valeur le fait que la nature de la semence génère, appelle, un type d’agriculture.
Les anciennes semences, les variétés alimentaires traditionnelles appellent une agriculture durable, respectueuse de la Terre Mère. Les semences F1, ou à haute productivité, ou génétiquement modifiées, appellent une agriculture totalement assistée par la technologie : irrigation massive, fertilisants de synthèse, fongicides, pesticides, herbicides, récolte mécanique, etc. Et réciproquement.

L’agriculture biologique intensive et productiviste offre un exemple poignant de ce principe fondamental : actuellement, 95 % des légumes bios produits sont issus de semences hybrides F1 provenant de l’agrochimie. Lorsque l’on veut produire des hectares de laitues bios, on ne pourra qu’utiliser des variétés très modernes résistantes aux 23 souches de bremia, une pourriture blanche de la laitue. Lorsque l’on veut produire des tomates bios en hiver sous des tunnels en plastique chauffés au fioul, on ne pourra qu’utiliser des variétés très modernes résistantes au verticillium, au fusarium, etc.

Ce type d’agriculture biologique qui a recours à des monocultures, à des cultures hors saison, à des intrants “organiques” qui sont les déchets de l’agro-industrie (farine de sang, farine d’os, farine de plumes, fumiers conventionnels chauffés à très haute température, moult de raisin…) ou à des intrants “organiques” qui sont de la biomasse volée au Tiers-Monde (guano, tourteau de ricin, fibre de coco ...) est très peu différente de l’agriculture conventionnelle et, d’ailleurs, elle en utilise les mêmes semences. On trouve sur les marchés bios, depuis plusieurs années, plus d’une vingtaine de variétés de choux-fleurs possédant un gène de radis (c’est une forme de transgénèse) et nous avons de sérieux doutes quant à la nature de certaines tomates bios dites “long life”.

Depuis plusieurs années également, il se trouve, sur le marché, des semences bios, et même “Demeter” (cultivées selon les cahiers de charge de l’A.B.) et qui sont des semences hybrides F1 ! À quand les semences OGM bios ?

D’aucuns nous considèreront peut-être comme de doux rêveurs passéistes. Cependant, essayons d’imaginer o combien “performantes” seraient les variétés paysannes traditionnelles si l’on avait confié, à la paysannerie, des milliards de dollars (ceux que l’on a utilisés pour faire des bricolages technologiques) afin de les améliorer, de les sélectionner et afin de conserver les ressources génétiques pour nourrir une population planétaire sans cesse croissante.

De bonnes vieilles semences bien fortes et un sol très fertile font des miracles. John Jeavons, avec son association Ecology Action en Californie, a prouvé, depuis trente ans, qu’un jardinage bio intensif peut nourrir annuellement une personne (végétarienne) sur seulement un dixième hectare, en climat tempéré. Selon son système, le jardin est constitué de 60 % de plantes à fibres (maïs, tournesols, quinoas, amaranthes à grain..) qui vont permettre de refertiliser le sol en faisant du compost végétal, de 30 % de plantes à calories (carottes, betteraves, navets…) et de 10 % de plantes à vitamines et à oligo-éléments (tomates, aubergines, piments, melons…).

En climat tropical, ou sub-tropical, on peut ainsi nourrir deux personnes (végétariennes) par dixième d’hectare seulement à condition bien sûr d’avoir de l’eau pour irriguer. Selon ces principes de jardinage bio intensif, les 150 millions d’hectares de terre arable qui sont disponibles actuellement en Inde pourraient nourrir trois milliards de végétariens. Où est le problème ?

Nous n’aurions pas à cœur de clore ce trop bref exposé sur la nature de la semence sans évoquer quelques belles images issues de cosmogonies beaucoup plus spirituelles que le paradigme occidental moderne sec et stérile. Dans la cosmogonie Andine, par exemple, celle du Royaume des Quatre Terres, l’ancien royaume Inca, la semence est un être vivant, et elle fait partie de Pachamama, la Terre Mère, et de la communauté au même titre que les hommes, les animaux, l’eau, les vents, les divinités et les esprits de la nature. La semence possède sa propre culture : elle vit avec vous et prend soin de vous mais elle s’en va, aussi, lorsqu’elle n’est pas appréciée ou lorsqu’elle est maltraitée. Lorsqu’une nouvelle semence arrive dans le jardin, il faut lui témoigner de l’affection, il faut la courtiser afin qu’elle puisse y rester. Et lorsqu’elle est fatiguée, les paysans Andins pensent qu’il faut la faire voyager dans d’autres biotopes, dans d’autres jardins.

Quant à Rudolf Steiner, fondateur de l’anthroposophie et de l’agriculture biodynamique, la semence est une entité mâle, un morceau de soleil, une semence d’étoile, qui va féconder la Terre Mère : la plante émerge de cet accouplement.

Puissent les semences d’étoiles revenir afin que la Terre Mère soit de nouveau fertile et accueillante car les semences ne sont pas nos semences, elles sont le cadeau de la Vie à elle-même.

Dominique Guillet

Par Enoch - Publié dans : Ecologie - Communauté : écologie nature et histoire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 10 juin 2010 4 10 /06 /Juin /2010 08:17

A l'origine, Pierre Morel était un physicien théoricien (Mécanique quantique statistique). Engagé très tôt dans la recherche spatiale, il s'est spécialisé dans l'étude de la circulation atmosphérique globale et du climat. Il est le fondateur du Laboratoire de Météorologie Dynamique (LMD) de Paris VI, ENS, CNRS. Entre autres éminentes fonctions, Pierre Morel a été Directeur Général de l'Agence Spatiale Française en charge de la science et de la technologie (1975-1982), puis Directeur du Programme de recherche International sur le climat mondial (1982-1994). De 1995 à 2000 il a été "Visitor Senior Scientist'" au Quartier Général de la NASA. (voir The Earth Observer août 06). Il est aussi un ancien secrétaire général du programme mondial de recherche sur le climat.

Pierre Morel n'est évidemment pas un sceptique du climat au sens où l'entend aujourd'hui. Par contre, et comme on peut s'y attendre de la part d'un scientifique de ce niveau qui voit les choses avec le recul qu'apporte une longue expérience, il parle sans aucune contrainte et n'hésite pas à mettre le doigt où ça fait mal et à insister sur les incertitudes, tout à l'inverse de ce que l'on entend généralement.
Voilà qui nous change de la litanie habituelle.

Il va de soi qu'il est pratiquement impossible de redonner, par écrit, le texte complet de la conférence en question.
J'en ai extrait quelques citations particulièrement "hétérodoxes" en essayant, autant que possible de les replacer dans leur contexte. Les critiques systématiques du "hors contexte" pourront toujours se référer à l'enregistrement complet de la conférence dont j'ai donné le lien ci-dessus. Bien entendu, et compte tenu du fait qu'il s'agit d'une conférence, le langage de Pierre Morel est assez "familier". On ne saurait le lui reprocher. A l'exception de quelques répétitions et interjections propres au langage parlé, j'ai retranscris, aussi fidèlement que possible, ses propres paroles.

Quelques extraits de la Conférence de Pierre Morel (avec indications du compteur relevés sur le lecteur mp3)
______________________________________________________________________________________________

En guise d'introduction, Pierre Morel replace les préoccupations humaines sur le climat, dans un contexte historique. Après avoir rappelé qu'aux temps anciens (les Grecs..) les gens ne se préoccupaient pas du changement climatique et qu'ils avaient bien d'autres soucis, Pierre Morel évoque les soucis climatiques depuis la Renaissance jusqu'à nos jours.
Sa rétrospective et sa vision des choses ne manquent pas d'humour...

Compteur 2'21" :
"Plus tard, c'est à dire vers le 15ème-16ème siècle, les choses se sont gâtées. Les gens ont vu un certain nombres de signes de changements inquiétants de cet environnement que l'on croyait stable. En particulier, dans les vallées alpines, les langues de glace commençaient à s'avancer sérieusement au point de menacer les champs puis les maisons et les villages.
Devant cette menace, on a eu recours aux grands moyens. On a organisé des processions avec la croix et la bannière, au sens strict. Alors, ça a marché. En effet, depuis ce temps-là, les glaciers sont en récession..
Récemment nous sommes confrontés à des avertissements, des indices -disons- tout aussi substantiels... on voit, par exemple, les glaces polaires, les glaces arctiques, les glaces de mer de la banquise reculer régulièrement depuis trente ans. Et ça on le sait très bien parce qu'on l'observe avec des satellites. La glace d'été en tout cas. En hiver, non.
Alors, face à ces avertissements inquiétants, nous avons eu recours aux mêmes moyens, c'est à dire qu'on a organisé de grandes réunions. J'appelle ça des messes politico-médiatiques. A Rio de Janeiro, à Kyoto, A Bali et autres endroits. Et on peut espérer que ce que j'appelle des "processions aéroportées" auront le même effet heureux que celles de nos ancêtres. Donc vous voyez que c'est un sujet dont on parle depuis longtemps. Il a donné lieu à un folklore assez important...."

Morel nous explique ensuite que s'agissant du climat, celui-ci est bien global (contrairement à ce que soutenait Marcel Leroux) et on peut ainsi avoir des idées, des indications, même avec des mesures locales, comme les carottes prélevée en antarctique par exemple, mais il ajoute qu'elles n'ont qu'un caractère indicatif et non explicatif. Compteur 6' 59": " Je n'ai encore jamais vu l'explication réelle, physique, d'un phénomène climatologique fondé sur des données paléoclimatiques. Jamais. Il y a toujours une indication, une base sur laquelle on peut réfléchir, mais ce n'est pas une explication quantitative."

Pierre Morel explique ensuite les grandes difficultés qu'il y a à obtenir des données quantitatives crédibles, notamment sur l'évolution de la température :

Morel explique que même aux Etats-Unis, la méthodologie très contrôlée se heurte à de nombreuses difficultés : changement d'appareil, sauts instantanés. " ça peut être un degré ou un degré et demi en plus ou en moins"... Il faut corriger ça. On moyenne. Il y a aussi des biais systématiques. On corrige.
Compteur 10'20'' : "On voit un réchauffement progressif qui se monte à 0,6°C en un siècle. mais sur ce 0,6°C en un siècle, il y en a 0,4 qui sont des corrections "

Compteur 10'38" : "Le signal est faible. S'il y en a un, il est bruité. Très bruité. Donc c'est pour vous dire que ce n'est pas évident de mesurer ça et par conséquent la scrutation extrêmement attentive pour ne pas dire obsessionnelle de ces diagrammes de variations séculaires de tel ou tel paramètre, notamment la température est un tout petit peu... dangereuse, si vous voulez. Il n'y a pas assez d'information pour en tirer des conclusions. On peut peut-être voir des tendances, bon d'accord. Mais pour y voir des explications c'est beaucoup plus difficile. Le signal est trop petit. Il y a trop de fluctuations suite à des tas de choses dont je n'ai pas le temps de vous parler mais qui existent et par conséquent, en tirer des conclusions, ce n'est pas facile.
Les signaux sont trop faibles et l'information est trop débile. En d'autres termes, cet effort qui est largement pratiqué par des organismes officiels, le GIEC etc. , tous ces chers amis qui se réunissent dans des endroits paradisiaques, effectivement passent beaucoup de temps à regarder ces diagrammes. On voit des tendances on discute sur chaque petit truc. On y voit même des empreintes digitales. L'empreinte de tel ou tel processus, que ce soit le gaz carbonique ou les éruptions volcaniques [...] on imagine beaucoup de choses."

Compteur 12' 12": "On y voit, on y trouve ce qu'on veut. Il suffit de vouloir quelque chose : on le trouve [...] Donc je pense que ce n'est pas possible de faire un diagnostic quelconque sur les mécanismes du climat, explicatif encore moins prévisionnel, simplement sur la base des données. Pas possible. En un mot malheureusement, on ne peut pas faire l'économie d'essayer de comprendre quelque chose. Si on ne comprend rien au système, on ne peut pas comprendre ce qu'il se passe. Il faut aller dans un degré de détails suffisamment bas dans le système pour que les signaux commencent à être gros."


Compteur 12'49" : "A petite échelle, aux temps courts, on voit des signaux considérables. Il n'y a qu'à se promener dans les rues. On voit le temps qui change constamment. Donc, dans le détail micro météorologique, les signaux sont énormes ...néanmoins plus on fait de moyennes moins on comprend, plus c'est lissé, plus l'information a disparu. Par conséquent, il faut qu'on descende dans la mécanique du système. Sinon on n'avance pas. C'est une première conclusion à laquelle je tiens beaucoup. Puisqu'on prend des valeurs moyennes qui ne dépendent évidemment ni de la latitude ni de la longitude, ni du temps puisque ce sont des moyennes sur le temps aussi, il n'y a plus qu'une coordonnée, c'est la coordonnée verticale. Donc nous avons un modèle climatique à une seule dimension. Une colonne d'air. L'atmosphère. Partant du sol, jusqu'au sommet de l'atmosphère. "

Compteur 13' 53" : Morel nous décrit ensuite la structure de l'atmosphère (stratosphère, tropopause, troposphère). La stratosphère est stratifiée et calme. Les échanges d'énergie s'y font par des processus radiatifs. Par contre ...

Compteur 18'12'' :" La troposphère (NDLR : La partie de l'atmosphère qui se trouve en dessous de la tropopause (vers 9-16 km) jusqu'au sol) est un endroit excessivement complexe.Il s'y passe des tas de choses que l'on ne décrit pas très bien même avec les meilleurs moyens d'observation et que l'on modélise encore moins bien"[....] "On a évidemment de gros doutes sur les nuages. Ça se passe dans la troposphère donc on ne comprend rien. Tout ce qui est bien calculé, ce sont les effets des gaz qui se trouvent dans la stratosphère."

Compteur 34' à 37'51, Pierre Morel nous donne une estimation/description en vigueur de l'effet de serre (type Lindzen) et conclut :

"Bon. Ça nous donne un ordre de grandeur de l'effet de ce réchauffement dû aux gaz à effet de serre et cet ordre de grandeur c'est un degré jusqu'à présent sans compter les phénomènes de couplage avec l'océan et avec la glace de mer etc. Tout ce qu'on appelle des feedbacks, des feedbacks positifs dans ces cas là. Et puis ça ne tient pas compte non plus de l'effet de tampon des océans. L'océan absorbe de la chaleur et ça a pour effet principal de retarder les manifestations et donc ça fait un peu plus petit parce que c'est retardé par l'océan.[...] Donc si on prend en compte tout ça, c'est très raisonnable ça fait de bons ordres de grandeur. Donc si on se base là dessus qui n'est pas miraculeux on a une petite idée du réchauffement que l'on a déjà observé et que l'on va observer dans le futur.

Compteur 37'52" : Morel poursuit : "Alors maintenant que penser du reste ?
Premièrement, il faut savoir que tous les modèles du climat sont absolument essentiels. Car sans modèle on ne peut rien faire. Vraiment si on veut comprendre les choses de façon quantitative, il nous faut des modèles. Le problème c'est que les modèles ne représentent pas la réalité. Ils font des moyennes sur des surfaces de l'ordre de 10000km2 minimum ou 100000 km2. Et par conséquent bien entendu dans un bloc de fluide de cette ampleur, on ne peut pas représenter les détails. Donc au lieu de représenter les détails, ils utilisent des formules empiriques pour représenter plus ou moins l'effet sur les différents flux mais alors ces formules empiriques, elles ont des coefficients, arbitraires, qu'il faut ajuster. Effectivement, on les ajuste. Mais comment est-ce qu'ils les ajustent. Ils les ajustent plus ou moins en essayant de reproduire le cycle saisonnier et comme on fait ça depuis tout le temps, depuis toujours, on a toujours le même résultat.
En effet, il y a trente ans, les premiers modèles, les plus simples, vraiment primitifs, extrêmement simplistes donnaient exactement les mêmes résultats que maintenant.

La fourchette, la fameuse fourchette de 1,5 à 4,5°C qui est publiée partout, existait, il y a trente ans. C'était la même fourchette parce que c'est le même cycle saisonnier. Implicitement, ils ont tous fait la même chose. Ce que je fais devant vous avec les mains eux, ils le font avec des ordinateurs et des valeurs numériques mais c'est la même chose.. ils ont le même résultat. Alors ça veut dire que leurs prédictions de réchauffement ne sont pas mauvaises puisqu'elles sont fondées sur l'observation empirique [...]

Malheureusement, ça ne nous renseigne pas beaucoup sur le reste. Tout ce qui dépend en détail de phénomènes météorologiques intenses et localisés comme les pluies en particulier, est plus ou moins massacré dans les modèles. Et par conséquent toutes les prédictions des conséquences de l'impact du réchauffement global sur l'environnement sont plus ou moins ratées.
Pour vous donner une idée, prenons un bout de terrain, un région sur lequel il pleut une certaine quantité d'eau de pluie en un mois. Si cette pluie tombe tous les jours, elle s'infiltre un petit peu et quand le soleil réapparaît, elle s'évapore. Donc la pluie se réévapore, il n'y a pas de ruissellement. Si au contraire ça tombe d'un seul coup en un ou deux gros événements sporadiques, à ce moment là, ça fait une petite inondation locale, ça ruisselle et ça remplit les rivières. Donc suivant la distribution dans le temps, dans ce cas là différentes, pour la même quantité moyenne, on obtient des résultats tout à fait différents.
C'est exactement ce qu'il se passe avec nos modèles c'est à dire que d'accord, ils font des moyennes mais le résultat qu'ils obtiennent n'a aucune raison d'être vraiment le résultat que l'on souhaite de la réalité parce qu'ils ne représentent pas la réalité."

Compteur 41'05 jusqu'à la fin : "On lit dans les documents officiels "les modèles climatiques découlent des lois de la physique" Je le cite parce que je l'ai lu. Mais c'est pas vrai ! Les modèles climatiques ne sont pas fondés sur les lois de la physique.

Les lois de la physique sont des lois microscopiques. Et le fait que les modèles en question aient un hiatus entre ce qu'ils représentent effectivement c'est à dire des moyennes à l'échelle d'un bloc de 100 par 100 km ou plus et puis la réalité détaillée, locale, si vous voulez, ce hiatus fait qu'il y a déconnexion. Les lois de la physique ne s'appliquent plus. Alors c'est vrai que les modélisateurs aiment bien croire que leurs modèles sont fondés sur les lois de la physique parce que si c'était vrai, à ce moment là, il n'y a pas besoin de vérifier leurs formules. Leurs formules seraient automatiquement bonnes puisqu'elles seraient appuyées sur les lois de la physique. Mais malheureusement elles ne le sont pas..
C'est là le pied d'argile du système. Le gros danger c'est que ces modèles ne sont pas vraiment reliés de façon solide, appuyés, fondés sur les lois de la physique.
Donc il faut aller vérifier les lois empiriques. il faut aller les regarder de près. Et ça c'est malheureusement très difficile parce que si vous prenez la moyenne sur 100 par 100km d'une série de nuages convectifs, si vous faites la moyenne vous ne voyez plus rien du tout. l'air qui monte est très humide, celui qui descend est plus sec.On fait la moyenne, on trouve un truc intermédiaire, c'est tout, mais on ne trouve rien du détail du fonctionnement mécanique du système.
Donc on ne peut pas prédire les événements. Ces formules sont entachées de doute et ça malheureusement je crains que la voie sur laquelle s'est engagée la recherche climatique actuelle ne conduise pas une résolution de ces points là parce que les modèles climatiques n'ont pas les moyens d'exploiter les observations qu'on peut faire de phénomènes de petite échelle.. On peut très bien aller observer un nuage cumulus ou un ouragan et ramener un tas d'informations mais un modèle climatique ne peut pas comparer cette information expérimentale à l'objet qui est prédit par le modèle parce que ce n'est pas la même histoire, ce n'est pas la même météorologie, ce n'est pas la même situation. Et par conséquent un modèle climatique qui représente une histoire théorique de la planète n'a aucune chance de représenter un ouragan particulier qu'on aura été mesurer. Ces modèles climatiques n'ont pas le moyen d'exploiter ces informations. Les météos, oui. Les météorologistes exploitent cette observation, l'injectent dans les modèles. On appelle ça l'assimilation des données. Il l'appellent l'initialisation d'une prévision déterministe. Si on veut comparer les résultats de modèles à des phénomènes réels, il faut un modèle météorologique. Un modèle qui absorbe les données instantanément et qui initialise les prévisions. Alors là on peut voir si ça donne la bonne pluie ou pas. On peut vérifier le lendemain s'il a plu ou pas. Mais autrement, non.

Par conséquent, actuellement, les modèles de la science climatique théorique, tout cela est engagé sur une voie sans issue.

On ne progresse plus depuis au mois dix ans. Alors voilà la situation de la recherche, si je peux me permettre de le dire : Nous avons de bonnes idées sur la façon du comment ça marche. On a pas mal d'observations, d'ingénieurs, de techniciens même de scientifiques qui font des observations mais on n'arrive pas à passer la barrière. La barrière qui a été érigée entre la science du climat -je parle de mes collègues américains surtout-. Les scientifiques du climat d'un côté et les ingénieurs ou autres techniciens de la météorologie de l'autre. Et entre les deux ça ne passe pas. Pour des tas de raisons techniques (plus philosophiques) et par conséquent tant que ça ne passe pas, on a un vrai problème et on ne va pas le résoudre en cinq minutes.
Merci beaucoup !"
___________________________________________________________________________________________________________________

Je pense que ce texte se passe de commentaires. Le franc-parler et, souvent, l'humour de Pierre Morel font mouche.

Pierre Morel n'hésite pas à relever un certain nombre de points délicats et même décisifs, pour beaucoup d'entre eux, qui sont à la base des multiples interrogations des sceptiques du climat mais qui demeurent, le plus souvent, cachés au grand public et aux politiques.
Comme d'habitude, il n'est hélas pas étonnant que nos grands médias nationaux n'aient jamais évoqué cette conférence remarquable, donnée pourtant par un des fondateurs de la recherche climatique dans notre pays.

Par Enoch - Publié dans : Ecologie - Communauté : écologie nature et histoire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 9 mai 2010 7 09 /05 /Mai /2010 10:50

Pour la sauvegarde des abeilles exigeons l’interdiction de tous les néonicotinoïdes, insecticides neurotoxiques et systémiques...

Veuillez lire le descriptif de la pétition (pdf) avant de signer.http://www.apipro-ffap.fr/sapb/IMG/pdf/Petition_contre_les_pesticides_012010.pdf

Pour signer cette pétition remplissez le formulaire suivant en indiquant une adresse mail valide car il vous sera adressé un mail de confirmation. N’oubliez pas de confirmer votre signature. Dans le cas contraire celle-ci ne sera pas prise en compte.


Vous pouvez diffuser cette pétition :
- en imprimant le pdf
- en copiant le lien vers cet article : http://www.apipro-ffap.fr/sapb//spip.php?article21

ATTENTION ! : n’oubliez pas de surveiller vos mails et de valider votre signature ! Nous vous demandons de faire très attention pour ne pas faire d’erreur en tapant votre adresse mail. Car si l’adresse mail n’est pas valide, la signature ne peut être validée. C’est chaque jour le cas pour un certain nombre.

Pétition en ligne
http://www.apipro-ffap.fr/sapb/spip.php?article21

Par Enoch - Publié dans : Ecologie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 11 avril 2010 7 11 /04 /Avr /2010 16:03

04 Avril 2010 : James Lovelock, le père de la théorie dite Gaïa, est un grand totem des environnementalistes. Il nous donne son avis sur l'affaire du CRU, sur les climato-sceptiques, sur la pratique de la science du climat etc...Très surprenant et plutôt rassurant. Enfin... presque tout. Sauf la fin.

James Lovelock est mondialement connu pour avoir enfanté, il y a près de 40 ans, la théorie dite de Gaïa selon laquelle la Terre serait, en gros, un gigantesque organisme vivant attaqué par une espèce (la nôtre). Entre autres, il a écrit un livre,"La revanche de Gaïa", dont le titre est explicite. Lovelock est considéré par beaucoup comme l'un des pères tutélaires de l'environnementalisme.

Ci-contre la photo de James Lovelock avec, en arrière plan, la statue de Gaïa, la déesse tutélaire de notre planète.

Si l'on m'avait prédit, il y a quatre ans, que je rapporterais, un jour, les propos de James Lovelock dans cette page, je n'y aurais pas cru. De fait, ce scientifique britannique, aussi atypique qu'indépendant, était l'auteur de propos apocalyptiques sur l'avenir de la planète, tels que celui-ci :

En Janvier 2006 dans le journal anglais 'The Independant" James Lovelock affirmait sans ambages que, du fait du réchauffement climatique, : " des milliards d'entre nous périront et quelques rares couples d'humains reproducteurs survivront seulement en Arctique où le climat sera tolérable", vers la fin du XXIème siècle ...Rien que ça.
Selon James Lovelock, la température devait augmenter de 8°C dans les régions actuellement tempérées ce qui supprimera toute possibilité de survie du fait de la disparition de l'agriculture...ce qui excédait largement les prévisions (scénarios, projections) du GIEC les plus pessimistes....

En Septembre 2007, James Lovelock a sérieusement modéré son discours en affirmant que, peut-être, rien n'était perdu, que les problèmes pouvaient être réglés, grâce, notamment, à sa dernière invention avec laquelle il espérait obtenir le méga-prix Virgin-Branson.

A la fin Mars 2010, James Lovelock (toujours bon pied bon oeil, à 90 ans) a donné un nouvel interview au Guardian UK et il tient, cette fois-ci, des propos sur un certain nombre de questions de science contemporaine qui me semblent frappés au coin du bon sens et que j'ai voulu partager avec vous.
Ci-dessous, je donne une traduction (approximative, car Lovelock utilise parfois un langage familier) de quelques unes de ses réponses lors de l'interview du Guardian. Vous trouverez le texte original complet de l'interview de Lovelock, ici. En gras, les réponses de Lovelock. En maigre italique, les questions ou commentaires de l'interviewer du Guardian. En petits caractères, les déclarations en anglais de Lovelock.
_________________________________________________________________________________________________________________

"Sa réaction à la première lecture au sujet des Emails volés du CRU (Il a confessé plus tard qu'il n'avait pas lu les originaux en disant " Bizarrement, j'étais fortement réticent à y fourrer mon nez)"

"I was utterly disgusted. My second thought was that it was inevitable. It was bound to happen. Science, not so very long ago, pre-1960s, was largely vocational. Back when I was young, I didn't want to do anything else other than be a scientist. They're not like that nowadays. They don't give a damn. They go to these massive, mass-produced universities and churn them out. They say: "Science is a good career. You can get a job for life doing government work." That's no way to do science.

I have seen this happen before, of course. We should have been warned by the CFC/ozone affair because the corruption of science in that was so bad that something like 80% of the measurements being made during that time were either faked, or incompetently done.

Fudging the data in any way whatsoever is quite literally a sin against the holy ghost of science. I'm not religious, but I put it that way because I feel so strongly. It's the one thing you do not ever do. You've got to have standards.

You can make mistakes; they're helpful. In the old days, it was perfectly OK to make a mistake and say so. You often learned from it. Nowadays if you're dependent on a grant – and 99% of them are – you can't make mistakes as you won't get another one if you do. It's an awful moral climate and it was all set up for the best of reasons. I think it was felt there was far too much inequality in science and there was an enormous redress. Looking around the country [at the wider society] this was good on the whole, but in some special professions you want the best, the elite. Elitism is important in science. It is vital."

J'ai été profondément dégoûté. Ma seconde pensée a été que c'était inévitable. Cela devait arriver. La Science, il n'y a pas si longtemps, avant 1960, était surtout une affaire de vocation. Quand, j'étais jeune, je ne voulais rien faire d'autre que d'être un scientifique. Il n'y en a plus des comme ça, de nos jours. Ils n'en ont rien à faire. Ils s'en vont dans ces énormes universités, produites en masse et ils suivent les enseignements mécaniquement. Ils disent "la Science, c'est une bonne carrière. Vous pouvez trouver un travail pour la vie en faisant du boulot pour le gouvernement". Ce n'est pas comme ça qu'on fait de la science.

Bien sûr, j'avais déjà vu ça auparavant. Nous aurions dû être avertis par l'affaire CFC/Ozone parce que la corruption de la science y était si mauvaise que quelque chose comme 80% des mesures qui étaient faites à cette époque étaient soient truquées soient faites de manière incompétente.

Trafiquer les données de quelque façon que ce soit et quelle qu'en soit la raison, est un péché contre l'esprit saint de la science. Je ne suis pas religieux mais je le dis de cette manière parce que je le ressens si intensément. C'est une chose que vous ne devez jamais faire. Vous devez avoir des règles.

Vous pouvez commettre des erreurs: Elles sont utiles. Autrefois, c'était parfaitement OK de commettre des erreurs et de le dire. Vous en tiriez souvent un enseignement. De nos jours si vous dépendez d'une dotation -et 99% d'entre eux sont dans ce cas- vous ne pouvez pas faire d'erreur parce que vous n'aurez pas d'autre dotation si vous le faites. Cela crée un climat moral affreux et cela a été mis en place pour les meilleures raisons. Je pense qu'il avait été ressenti qu'il y avait beaucoup trop d'inégalité en science et il y a eu une énorme correction. Si on regarde tout autour dans le pays [et dans l'ensemble de la société ] c'était globalement une bonne chose, mais dans certaines professions particulières, ce que vous voulez c'est le meilleur, l'élite. L'élitisme est important en science. C'est vital. "
[.....]

Sur la confiance excessive portée aux modèles informatiques :

"I remember when the Americans sent up a satellite to measure ozone and it started saying that a hole was developing over the South Pole. But the damn fool scientists were so mad on the models that they said the satellite must have a fault. We tend to now get carried away by our giant computer models. But they're not complete models. They're based more or less entirely on geophysics. They don't take into account the climate of the oceans to any great extent, or the responses of the living stuff on the planet. So I don't see how they can accurately predict the climate. It's not the computational power that we lack today, but the ability to take what we know and convert it into a form the computers will understand. I think we've got too high an opinion of ourselves. We're not that bright an animal. We stumble along very nicely and it's amazing what we do do sometimes, but we tend to be too hubristic to notice the limitations. If you make a model, after a while you get suckered into it. You begin to forget that it's a model and think of it as the real world. You really start to believe it."

"Je me souviens quand les américains ont envoyé un satellite pour mesurer la couche d'ozone et quand il commença à dire que le trou se développait au dessus du pôle Sud. Mais ces bougres d'idiots de scientifiques étaient si fous de leurs modèles qu'ils ont dit que le satellite devait se tromper. Nous avons tendance à nous laisser entraîner par nos modèles d'ordinateurs géants. Mais ce ne sont pas des modèles complets. Ils reposent plus ou moins complètement sur la géophysique. Ils ne prennent pas en compte le climat des océans de manière suffisamment importante, ou la réponse des choses qui vivent sur la planète. Ainsi, je ne vois pas comment ils peuvent prédire le climat avec précision. Ce n'est pas la puissance de calcul qui nous manque aujourd'hui mais notre capacité à prendre ce que nous savons et le mettre sous une forme que les ordinateurs comprendront. Je pense que nous avons une trop bonne opinion de nous mêmes. Nous ne sommes pas des animaux si brillant que ça. Nous avançons à tâtons avec succès et il est parfois étonnant que nous le fassions, mais nous avons tendance à être trop sûrs de nous pour nous rendre compte de nos limites. Si vous faites un modèle, après un certain temps, il va vous engloutir. Vous commencez à oublier que c'est un modèle et vous allez le voir comme s'il était le monde réel. Vous commencez réellement à le croire."

A propos des climato-sceptiques :

We're very tribal. You're either a goodie or a baddie. I've got quite a few friends among the sceptics, as well as among the "angels" of climate science. I've got more angels as friends than sceptics, I have to say, but there are some sceptics that I fully respect. Nigel Lawson is one. He writes sensibly and well. He raises questions. I find him an interesting sceptic. What I like about sceptics is that in good science you need critics that make you think: "Crumbs, have I made a mistake here?" If you don't have that continuously, you really are up the creek. The good sceptics have done a good service, but some of the mad ones I think have not done anyone any favours. Some of them, of course, are corrupted and employed by oil companies and things like that. Some even work for governments. For example, I wouldn't put it past the Russians to be behind some of the disinformation to help further their energy interests. But you need sceptics especially when the science gets very big and monolithic.

I respect their right to be sceptics. Nigel Lawson is an easy person to talk to. He's more like a defence counsel for the sceptics than a right-winger banging the drum. His book is not a diatribe or polemic. He tries to reason his case.

There is one sceptic that everyone should read and that is Garth Paltridge. He's written a book called the Climate Caper. It is a devastating, critical book. It is so good. This impresses me a lot. Like me, he's convinced that if you put a trillion tonnes of carbon dioxide into the atmosphere, which we will have done in 20 years' time, it's going to have some nasty effects, but what we don't know if how nasty and when. If you look back on climate history it sometimes took anything up to 1,000 years before a change in one of the variables kicked in and had an effect. And during those 1,000 years the temperature could have gone in the other direction to what you thought it should have done. What right have the scientists with their models to say that in 2100 the temperature will have risen by 5C? There are plenty of incidences where something turns on the heat, but temperatures actually go down perversely, before eventually going up. A cold winter may mean nothing, as could 10 cold winters in a row.

The great climate science centres around the world are more than well aware how weak their science is. If you talk to them privately they're scared stiff of the fact that they don't really know what the clouds and the aerosols are doing. They could be absolutely running the show. We haven't got the physics worked out yet. One of the chiefs once said to me that he agreed that they should include the biology in their models, but he said they hadn't got the physics right yet and it would be five years before they do. So why on earth are the politicians spending a fortune of our money when we can least afford it on doing things to prevent events 50 years from now? They've employed scientists to tell them what they want to hear. The Germans and the Danes are making a fortune out of renewable energy. I'm puzzled why politicians are not a bit more pragmatic about all this.

We do need scepticism about the predictions about what will happen to the climate in 50 years, or whatever. It's almost naive, scientifically speaking, to think we can give relatively accurate predictions for future climate. There are so many unknowns that it's wrong to do it.

Nous sommes très tribaux. Vous êtes soit un bon, soit un méchant. J'ai quelques amis parmi les sceptiques, tout comme parmi les "anges" de la science climatique. Je dois dire que j'ai plus d'anges comme amis que de sceptiques mais il y a quelques sceptiques que je respecte tout à fait. Nigel Lawson en fait partie. Il écrit intelligemment et bien. Il soulève des questions. Je trouve que c'est un sceptique intéressant. Ce que j'aime chez les sceptiques c'est que dans la bonne science, vous avez besoin de critiques qui vous font réfléchir : "Zut ! Est ce que j'ai fait une erreur, là ?" Si vous n'avez pas cela continuellement, vous êtes réellement mal. Les bons sceptiques ont rendu un grand service, mais certains parmi les fous, je pense qu'il n'ont fait du bien à personne. Certains d'entre eux, bien sûr, sont corrompus et employés par les compagnies pétrolières ou des choses comme ça. Certains même travaillent pour les gouvernements. Par exemple, je ne mettrais pas ma main au feu que les Russes ne sont pas derrière une partie de la désinformation dans le but de faire la promotion de leurs intérêts énergétiques. Mais vous avez besoin des sceptiques, tout particulièrement quand la science grossit beaucoup et devient monolithique.

Je respecte leur droit d'être critique. Nigel Lawson est une personne avec laquelle il est facile de discuter. Il est plus comme une avocat de défense des sceptiques qu'un homme de droite tapant sur un tambour. Son livre n'est pas une diatribe ou une polémique. Il essaye de raisonner son affaire.

Il y a un sceptique que tout le monde devrait lire. C'est Garth Paltridge (NDT : Un climatologue Australien sceptique , cité dans cette page). Il a écrit un livre qui s'appelle la Farce du Climat (NDT : "Climate Caper" : traduction collins. Ce peut-être aussi, le détournement, la blague etc..). C'est un bouquin critique et dévastateur. Il est si bon. Il m'impressionne beaucoup. Comme moi-même; il est convaincu que si vous envoyez mille milliards de tonnes de dioxyde de carbone dans l'atmosphère, ce que nous aurons fait dans 20 ans, cela aura quelques effets néfastes. Mais ce que nous ne savons pas, c'est dans quelle proportion ils seront néfastes, ni quand. Si vous regardez dans l'histoire du passé du climat, cela a pris quelquefois jusqu'à mille ans avant qu'un changement dans les variables se produise brusquement et a eu un effet. Et pendant ces mille années, la température aurait pu aller dans le sens inverse de ce que vous auriez pu penser. Quelle est la justification pour que des scientifiques, avec leurs modèles, nous disent qu'en 2100 la température aura monté de 5°C ? Il y a plein de situations où quelque chose fait monter la chaleur, mais, en fait, la température descend de manière perverse, avant de finalement remonter. Un hiver froid ne signifie rien tout comme dix hivers froids à la suite.

The great climate science centres around the world are more than well aware how weak their science is. If you talk to them privately they're scared stiff of the fact that they don't really know what the clouds and the aerosols are doing. They could be absolutely running the show. We haven't got the physics worked out yet. One of the chiefs once said to me that he agreed that they should include the biology in their models, but he said they hadn't got the physics right yet and it would be five years before they do. So why on earth are the politicians spending a fortune of our money when we can least afford it on doing things to prevent events 50 years from now? They've employed scientists to tell them what they want to hear. The Germans and the Danes are making a fortune out of renewable energy. I'm puzzled why politicians are not a bit more pragmatic about all this.
We do need scepticism about the predictions about what will happen to the climate in 50 years, or whatever. It's almost naive, scientifically speaking, to think we can give relatively accurate predictions for future climate. There are so many unknowns that it's wrong to do it.

"Les grands centres de recherche sur le climat, tout autour du monde, sont plus que conscients à quel point leur science est faible. Si vous leur parlez en privé, ils ont une peur bleue du fait qu'ils ne savent pas réellement ce que font les nuages et les aérosols. Ils pourraient être absolument décisifs pour toute cette affaire. Nous n'avons pas encore compris cette physique. Un de leurs chefs m'a dit un jour qu'il était d'accord qu'ils devraient inclure la biologie dans leurs modèles, mais il m'a dit qu'ils n'ont pas encore la physique correcte à ce sujet et qu'il faudrait encore cinq ans pour y arriver. Alors pourquoi, bon sang, les politiciens sont-ils en train de dépenser une fortune avec notre argent alors que nous en avons moins les moyens [NDT, en ce moment], pour faire des choses destinées à empêcher des événements qui se produiront dans 50 ans ? Ils ont embauché des scientifiques pour qu'ils leur disent ce qu'ils voulaient entendre. Les Allemands et les Danois sont en train de se faire une fortune avec les énergies renouvelables. Je suis étonné que les politiciens ne soient pas un peu plus pragmatiques sur tout ça.
Nous avons vraiment besoin de scepticisme sur les prédictions de ce qui va arriver au climat dans 50 ans, ou quoi que ce soit. C'est tout à fait naïf, scientifiquement parlant, de penser que nous pouvons fournir des prédictions relativement précises sur le climat du futur. Il y a tant d'inconnues qu'il est absurde de le faire.. "
[....]
_____________________________________________________________________________________________________________

Stupéfiant ! N'est-ce pas ? Lovelock tient un langage que ne renierait certainement pas un scientifique climato-sceptique. Aussi bien sur la fragilité des modèles théoriques que sur la fragilité des modélisations informatiques et des prédictions... "qu'il est absurde de faire" tant sont nombreuses les inconnues.

La fin de l'interview portait sur les solutions à apporter au changement climatique; Quoique, quand on a lu ce qui précède on peut se demander où est la logique d'un raisonnement qui commence par affirmer qu'il existe d'énormes incertitudes dans les prédictions du changement climatique jusqu'à en arriver au point qu'on ne peut pas prédire le climat futur ...et qui se termine en proposant des solutions pour le moins draconiennes pour lutter contre le changement climatique. ..
Voyons cela :
_______________________________________________________________________________________________________________ .
Sur la manière dont les humains vont s'y prendre pour gérer le changement climatique.

We need a more authoritative world. We've become a sort of cheeky, egalitarian world where everyone can have their say. It's all very well, but there are certain circumstances – a war is a typical example – where you can't do that. You've got to have a few people with authority who you trust who are running it. And they should be very accountable too, of course.

But it can't happen in a modern democracy. This is one of the problems. What's the alternative to democracy? There isn't one. But even the best democracies agree that when a major war approaches, democracy must be put on hold for the time being. I have a feeling that climate change may be an issue as severe as a war. It may be necessary to put democracy on hold for a while.

"Nous avons besoin d'un monde plus autoritaire. Nous sommes devenus une sorte de monde égalitaire et effronté où chacun a son mot à dire. Tout ça c'est très bien, mais il y a certaines circonstances -une guerre est un exemple typique- où nous ne pouvons pas faire ça. Il vous faut quelques personnes qui ont l'autorité, auxquelles vous faites confiance et qui se chargent de l'affaire. Et ils devraient aussi, bien sûr, rendre des comptes.

Mais cela ne peut pas se faire dans une démocratie moderne. Ceci est un des problèmes. Quelle est l'alternative à une démocratie ? Il n'y en a pas. Mais même les meilleures démocraties sont d'accord pour que quand une guerre majeure approche, la démocratie soit suspendue pendant le temps nécessaire. J'ai le sentiment que le changement climatique pourrait être aussi sévère qu'une guerre. Il est peut-être nécessaire de suspendre la démocratie pour quelque temps."
__________________________________________________________________________________________________________________

Quelques commentaires : Comme je l'ai écrit plus haut, James Lovelock s'exprime, dans bien des domaines comme le feraient beaucoup de scientifiques climato-sceptiques y compris sur l'affaire du trou de l'ozone, pour certains d'entre eux. Ainsi, Lovelock est-il est parfaitement conscient des imperfections, des faiblesses, des nombreuses inconnues et du caractère hasardeux des résultats des modèles actuels qui sont pourtant présentés comme des quasi certitudes ( à 90%) par le GIEC, au grand public et aux politiques.

A l'évidence, le discours de Lovelock a beaucoup évolué au cours de ces dernières années, alors qu'il n'hésitait pas, en 2006, à nous prédire une hausse de température de +8°C et que " des milliards d'entre nous périront et quelques rares couples d'humains reproducteurs survivront seulement en Arctique où le climat sera tolérable". Nul doute, comme il l'avoue lui-même, que la lecture du livre de Garth Paltridge qui est effectivement critique et dévastateur pour la science climatique actuelle, y soit pour quelque chose.

Pourtant, bien qu'il soit manifestement pétri d'incertitudes comme la majorité des scientifiques raisonnables, James Lovelock, jugeant que notre société démocratique, "égalitaire et effrontée où chacun a son mot à dire", ne peut convenir pour résoudre un problème qu'il sait pourtant imprévisible, suggère l'avènement imminent d'un régime autoritaire, parce qu'il a "le sentiment que le changement climatique pourrait être aussi sévère qu'une guerre". C'est assez curieux comme raisonnement. Je ne relèverais pas si ce genre d'affirmation n'était aussi fréquemment entendue et partagée par les tenants d'une certaine frange de la "deep ecology" dont le réchauffement climatique est le cheval de bataille ...

Est-il nécessaire de rappeler à ces fans (plus nombreux qu'on ne le pense) d'un "régime autoritaire" au nom d'un état de guerre contre le changement climatique, que c'est justement au nom de la survie de la démocratie que les pays alliés ont combattu contre l'autoritarisme pendant la dernière guerre et qu'aucun des pays démocratiques engagés au côté des alliés n'a jamais "suspendu la démocratie", même pendant cette dure période ?

Ce texte de Lovelock mérite d'être lu et médité. Il est éclairant sous bien des aspects, pour le débat actuel.

 

Par Enoch - Publié dans : Ecologie - Communauté : écologie nature et histoire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 11 avril 2010 7 11 /04 /Avr /2010 11:47

Dès sa réélection, le Président de la Commission européenne, M. Barroso, avait dévoilé son ambition de relancer le développement des Organismes génétiquement modifiés (OGM) en Europe. La mise en œuvre n’a pas tardé : le 2 mars 2010, la pomme de terre transgénique Amflora commercialisée par l’entreprise allemande BASF était autorisée à la culture. Cette date marque un tournant dans les politiques communautaires sur les biotechnologies pour deux raisons. D’une part, il s’agit de la première autorisation accordée à la culture d’une variété de plante transgénique depuis le maïs Monsanto MON 810 en 1998. Un moratoire de fait vient donc d’être levé après douze ans. D’autre part, la décision sur la pomme de terre concerne cette fois une entreprise européenne et non plus américaine. L’argument de la compétitivité internationale pourra jouer à plein pour justifier cette manœuvre pro-OGM.

Mais il y a encore plus grave. Si le contexte politique le permet, la Commission pourrait réviser la procédure d’autorisation des OGM en court-circuitant les États et en se basant seulement sur les avis pseudo-scientifiques de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (AESA). Ceci constituerait un nouveau déni de démocratie dans une Union européenne où les peuples refusent très majoritairement les produits transgéniques.

Par la voix de la secrétaire d’Etat française à l’écologie, Chantal Jouanneau, le gouvernement Fillon a manifesté son opposition à la décision communautaire sur la pomme de terre Amflora. Mais ne nous y trompons pas. Avec l’abandon de la scandaleuse taxe carbone et le recul global sur les questions écologiques, la posture gouvernementale sur le dossier des OGM est plus que jamais le fil ténu par lequel tient encore le Grenelle de l’environnement. Aucune conviction anti-OGM chez Nicolas Sarkozy et ses ministres, mais plutôt une stratégie politique de circonstances...

Le M’PEP propose d’en finir avec la guérilla juridique qui oppose depuis des années plusieurs États membres (notamment l’Autriche, la Hongrie ou l’Irlande) à la Commission européenne et à l’Organisation mondiale du commerce. Il faut faire de la désobéissance européenne, c’est à dire dénoncer la directive 2001-18 et le règlement 1829/2003 sur les OGM, dénoncer le Traité de Lisbonne, et interdire purement et simplement les cultures et les importations de plantes transgéniques. Interdire les importations d’OGM doit s’accompagner d’une réorientation radicale des productions agricoles : désintensification de l’agriculture, diversification, relocalisation, contrôle des prix et des quantités... ce qui générera des bénéfices sociaux et environnementaux conséquents. Aucun gouvernement de gauche ne pourrait gouverner sans pratiquer la désobéissance européenne, comme l’illustre très bien le dossier agricole.

Dans l’immédiat, le M’PEP appelle à signer deux textes concernant les OGM en Europe :

 la pétition lancée par Inf’OGM, intitulée « Le gouvernement français doit réclamer à la Commission européenne une réévaluation des OGM ! »  : http://www.infogm.org/

 l’Initiative Citoyenne Européenne sur la régulation des OGM lancée par le mouvement Avaaz : http://www.avaaz.org/fr/eu_health_and_biodiversity/ ?vl

Par Enoch - Publié dans : Ecologie - Communauté : écologie nature et histoire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 7 avril 2010 3 07 /04 /Avr /2010 19:48

06-04-2010

Substances chimiques : gare aux cocktails explosifs

Au cours des cinquante dernières années, le nombre de substances chimiques synthétiques auxquelles nous sommes quotidiennement exposés a crû de manière très significative. Omniprésentes, on les rencontre dans les aliments, les boissons, les médicaments, l’air ambiant, les produits cosmétiques, les produits d’entretien et même dans les matières textiles, les vêtements et les chaussures étant traités chimiquement.
Pour preuve, une récente étude, menée par l’université suédoise des sciences agricoles, a recensé la présence de 57 pesticides dans les rivières et les ruisseaux suédois. De même, en 2005, une étude réalisée aux Etats-Unis avait décelé près de 200 substances chimiques en moyenne, incluant des pesticides, des dioxines, des substances chimiques industrielles et des matières ignifuges (1) dans le sang de nouveau-nés.

Or, jusqu’alors, les recherches évaluant l’impact de cette exposition, tant pour la santé humaine que pour l’environnement, se focalisaient sur une famille de substances particulière. Mais, des travaux récents « montrent que l'approche individuelle est trop simpliste pour évaluer le risque chimique et pourrait avoir sous-estimé les effets généraux des substances chimiques ».
Commanditée par la Commission européenne, une équipe de chercheurs de l'université de Göteborg en Suède s'est intéressée sur le facteur de risque des «cocktails chimiques» dans le corps humain et les effets d'un tel mélange sur les humains et l'environnement. Menées en collaboration avec l'université de Londres, ces analyses ont montré que « l'effet combiné du cocktail est bien plus toxique que l'effet des substances chimiques individuellement ». Réagissant dans le corps, les produits chimiques forment des composés qui deviennent bien plus forts que chaque substance prise distinctement.

A la lumière de ces enseignements, les ministres européens de l'environnement ont appelé la Commission européenne à réviser les procédures d'évaluation des risques des substances chimiques et à modifier la législation existante sur les effets combinés des produits chimiques. D’après l’un des auteurs du rapport Thomas Backhaus du département des sciences végétales et environnementales de l'université de Göteborg : « Le nombre d'associations chimiques auxquelles sont exposés les organismes vivants de la planète est impressionnant. Évaluer chaque association concevable n'est donc pas réaliste et il convient d'appliquer des approches prophétiques dans l'évaluation des risques. Nous avons besoin de directives sur la façon de gérer les effets de cocktails chimiques afin de pouvoir évaluer les risques sur les hommes et l'environnement.»

Pour l’heure, la Commission a jusqu’en 2011 pour rédiger de nouvelles recommandations sur la base de la législation existante quant à la façon de gérer ces associations chimiques, et évaluer les changement législatifs à envisager.
Cécile Cassier


1- Qui protège de la combustion les matériaux qu’elle recouvre en les rendant ininflammables.

 

Envoyer cet article
à un ami
S'abonner pour recevoir
l'actu. par mail (gratuit)

Par Enoch - Publié dans : Ecologie - Communauté : Ecologie par blogs
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 25 mars 2010 4 25 /03 /Mars /2010 08:48

Semer l’avenir – récolter la diversité: une pétition

Pour imprimer une pétition.

S.v.p. commandez des pétitions supplémentaires et renvoyez les remplies jusqu’au 15 avril 2010 à:
Forum Civique Européen, F-04300 Limans. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site des initiateurs de cette pétition: www.saatgutkampagne.org, ou écrire à forumciviqueeuropeenkarola@yahoo.fr

Depuis des millénaires les hommes ont cultivé cette diversité. Elle appartient à tous et en premier lieu aux populations indigènes qui l’ont cultivée. Qu’elle soit accessible à tous est la base de notre pain quotidien et de la souveraineté alimentaire. Dans beaucoup de pays ce sont encore aujourd’hui surtout les paysans et les paysannes qui améliorent et multiplient, échangent et vendent les semences.

L’UE veut adopter une législation commune concernant les semences pour tous les pays membres d’ici 2010. Les transnationales des semences exigent le renforcement de leurs droits de propriété intellec-tuelle, par la possibilité d’inscrire des brevets sur les variétés et par la restriction sinon l’interdiction de toutes les semences paysannes et variétés non enregistrées.

Les dix plus grandes transnationales comme Bayer, Monsanto, Limagrain et Syngenta, contrôlent déjà 67% du marché mondial des semences. Pour étendre leur marché, elles veulent imposer au reste du monde leurs variétés dites modernes qui rendent les paysans dépendant des engrais et des pesticides produits par ces mêmes transnationales, et de l’irrigation artificielle.
Ce ne sont pas leurs variétés industrielles qui pourront nourrir la population mondiale à l’avenir, mais la grande diversité des variétés adaptées aux conditions spécifiques de chaque région et capables de s’adapter aux changements climatiques.

Les négociations sur une nouvelle législation en Europe se passent jusqu’à présent à huis clos entre les représentants des transnationales et les fonctionnaires européens et nous craignons le pire. Pour influer sur ces négociations une participation la plus large possible à cette campagne est nécessaire.

Nous exigeons
• le droit de produire nos propres semences, de les multiplier et de les échanger
• le renforcement de la diversité régionale par un soutien à ceux qui améliorent et cultivent des variétés biologiques
• L’interdiction des OGM dans l’agriculture
• L’interdiction des brevets sur les plantes
• Une nouvelle procédure pour l’inscription de nouvelles variétés, excluant les OGM et les va-riétés dépendantes de produits chimiques
• L’arrêt du gaspillage d’énergies dans l’agriculture en renonçant à l’utilisation des variétés nécessitant une multitude de produits chimiques, par les monocultures et les transports à travers le monde

Par Enoch - Publié dans : Ecologie - Communauté : écologie nature et histoire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /Fév /2010 21:51

Pétition pour la vérité sur les conséquences de Tchernobyl
Abrogation de l'accord OMS-AIEA

L'Organisation Mondiale de la Santé doit oeuvrer pour la santé publique. L' Agence Internationale de l'Energie Atomique est chargée de promouvoir le développement de l'énergie nucléaire. Deux missions antagonistes, et pourtant ! En 1959, ces deux organismes ont signé un accord qui les oblige à coopérer étroitement. Depuis lors, les populations du monde entier payent au prix fort l'existence de cet accord incestueux. Signez vous aussi la pétition pour abroger l'accord qui lie l'OMS à l'AIEA.

> En savoir plus

> Télécharger la pétition

Par Enoch - Publié dans : Ecologie - Communauté : écologie nature et histoire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés