L'Esprit d'Enoch
Un de mes collègues chercheur m'a fait parvenir un document amusant et surtout très révélateur des distorsions qu'apportent à la vraie démarche scientifique, les méthodes de financement actuelles qui visent à ne faire travailler les chercheurs que sur des contrats industriels ou sur d'autres formes de pilotage. En matière de recherche comme dans toute autre matière, les crédits c'est à dire l'argent indispensable à la poursuite de ses travaux, est le nerf de la guerre.
Hélas ! Hélas, Hélas, comme je vous l'ai déjà dit dans "ce blog, pourquoi faire", nous en sommes arrivés à des sommets en matière de distorsions et de détournements de la science dont on peut mesurer chaque jour les effets destructeurs : Omniprésence des lobbies, pression des médias, résultats déviants filtrés ou carrément interdits de publication, disparition de l'indépendance intellectuelle des chercheurs, effets de "mode" récurrents etc. Ce n'était pas comme cela, il y a quelques années !
Le plus révélateur de ce petit document c'est qu'il a été composé par un étudiant en PhD (Thèse de doctorat) d'une université américaine.Il s'appelle Jorge Cham et vous pourrez trouver la version
originale (en anglais évidemment) de son petit diagramme sur son site, (www.phdcomics.com) très amusant et très typique des pressions qui s'exercent sur
les jeunes chercheurs outre-atlantique mais aussi sur les nôtres, hélas, depuis peu (notamment par le biais de l'ANR (Agence Nationale de la Recherche)). Si vous êtes anglophone, je vous en
recommande la consultation...
Voici le diagramme original :
Ci-dessous une interprétation libre. Je l'ai un peu adaptée tout en en conservant l'esprit. J'ai rajouté deux flèches inverses autour de "modifier la théorie pour coller aux données " (car, hélas, certains vont jusqu'à modifier les données. Cela s'est vu récemment !):
Une autre illustration de cette même dérive a été relevée par un autre collègue et ami, lecteur espagnol, dans le livre de Pilkey, O.H., and L. Pilkey-Jarvis, 2007 :
"Useless Arithmetic: Why Environmental Scientists Can’t Predict the Future" New York, Columbia University Press. On y trouve cette phrase éclairante :
Le chercheur dit :
"Nous allons faire une analyse objective... Donnez moi les objectifs et je ferai l'analyse !"
.
Alors, quand j'entends ou que je lis partout que telle ou telle commission adhoc est composée de "2000 chercheurs indépendants" (comme le GIEC, par exemple) et que je vois mes contemporains considérer cela comme une preuve que tout ce qui se dira ou s'écrira sera réellement indépendant, je baisse la tête.
Croyez moi, ami lecteur, c'en est à peu près fini de l'indépendance des chercheurs. Ils sont presque tous soumis à de tels impératifs de nos jours que sauf à se condamner à être privés de crédits
et à végéter dans un placard pendant des années comme le dit Richard Lindzen, ils n'ont d'autres choix que d'obtempérer et de se plier à la Pensée Unique. Ils ne sont pas tous comme Galilée, Einstein, Maiman, Darwin, Wegener etc!
Il est d'ailleurs significatif que beaucoup de ceux qui refusent d'adhérer, de nos jours, à la pensée unique en matière de climatologie et qui le clament haut et fort, sont, ou hors d'atteinte ou
retraités comme Richard S. lindzen, Frederick Seitz et Bill Gray, parmi d'autres...
Allez voir la page "paroles de grands chercheurs" . Vous serez étonnés : Il y a de très nombreux résistants parmi les bons spécialistes qui ne se privent pas de parler !
Merci pour l'info sur le livre de N. Broad
pour le thème du problème dans la recherche, il y a l'excellent ouvrage de N. Broad "la souris truquée"( Le Seuil) qui suppose qu'environ 10% des résultats admis par les biosciences sont sujets à caution, voir carrément falsifiés.
Assez détonnant quand on songe que ces résultats entrent eux-mêmes dans d'autres modèles, produisant sans doute des erreurs en cascade...