L'Esprit d'Enoch
Communiqué de presse
Le 8 septembre 2009
La Commission européenne fait la promotion des OGM américains,
aux dépens de ses propres agriculteurs...
Incroyable ! Alors que les firmes américaines, pour nous imposer leurs maïs OGM interdits à l’importation dans l’UE, l’incorporent en petite quantité dans du soja, lui-même OGM, la Commission européenne, gênée de devoir bloquer ces livraisons non conformes dans les ports, demande aux états membres de prendre leurs responsabilités en autorisant l’importation de ces maïs OGM !
Le pire, pour la Commission, serait que nos négociants arrêtent d’importer du soja américain avec le spectre d’une pénurie en soja pour nourrir nos animaux cet hiver.
A aucun moment la Commission ne se remet en cause sur l’échec du développement des protéines végétales en Europe, sujet sur lequel elle nous montre qu’elle n’est pas à une capitulation près.
Aujourd’hui, 75 % de nos protéines végétales sont importées du continent américain sous forme de tourteaux et de graines de soja. L’Europe a préféré délocaliser la production de ces protéines végétales, imposant ainsi à ses agriculteurs la jachère, puis la monoculture des céréales, et donc des excédents artificiels avec à la clé des prix très bas pour ses producteurs.
Face au refus des OGM exprimé par la majorité des citoyens européens, le bon sens voudrait que la Commission reconnaisse ses erreurs et renoue avec une politique agricole en faveur des cultures d’oléagineux et de protéagineux. Le soja peut très bien se cultiver sur près de la moitié des terres de l’UE.
Rien de cela ! La Commission nous propose encore une nouvelle capitulation en faveur de l’Amérique et de ses OGM.
Si Mariann Fisher Boel était Commissaire à l’industrie, il faudrait s’attendre à ce qu’elle déclare « A quoi bon produire des Airbus quand on peut acheter des Boeing »
Coordination Rurale - Union Nationale /
Contact : Olivier Petit
Voici la lettre adressée par Fabrice Bouchut, agriculteur et membre de DLR aux responsables de la FNSEA
Monsieur le Président,
Je me permets de vous écrire car la Fnsea court à sa perte. Le monde agricole est en pleine tourmente, surtout le secteur laitier dont je fais partie, et on voit une Fnsea qui piétine et qui n’ose pas s’attaquer à la racine du problème.
Je veux vous parler de vos constats qui sont forts justes sur le lait, les fruits et même sur l’Europe. Sauf que sur ce dernier point il y a un gros problème entre les discours et les actes, un peu comme le double discours permanent de notre gouvernement. D’un coté vous soutenez le régime de Bruxelles en votant oui au réferendum de 2005, en étant très favorable au traité de Lisbonne qui pour vous doit être ratifié au plus vite, de l’autre vous faites des discours de constats à la radio ou à la télé sans défense réelle de notre profession. C’est à dire qu’il y a des choses que l’on ne peut pas laisser passer comme les 11 millions d’euros d’amendes, ou le remboursement de 350 millions d’aides octroyé aux fruitiers......., rien que pour cela c’est 1000 tracteurs français à Bruxelles (minimum syndical).
Je vous rappelle juste que vous êtes président du syndicat agricole majoritaire de la France et non un homme politique (c’est à se le demander ces 6 derniers mois) et par ce biais vous devez représenter la base ; et la base a dit NON le 29 mai 2005 à 78,5 %, elle a montré sa colère à s’abstenant à plus de 75 % pour les élections européennes du 7 juin 2009. Nous ne voulons pas de cette Europe antidémocratique, fédérale, supranationale et, cerise sur le gateau, ultralibérale, il faudra bien vous y faire. D’ailleurs ce modèle qui agit contre les intérêts des peuples est mort ce 7 juin avec un taux d’abstention record dans toute l’Europe (60 %). La pensée unique à laquelle vous semblez appartenir gangrène notre pays et cela ne va pas durer malgré ce que vous croyez.
Votre devoir est de représenter la base c’est à dire de dénoncer le traité de Lisbonne qui est la copie conforme du TCE de 2005 et qui est loin d’être une avancée comme vous le prétendez. Car avec lui nous perdons notre droit de véto à l’OMC et qui mieux que la France peut défendre les valeurs agricoles de notre pays et de l’Europe. Il inscrit aussi dans le marbre le libre échange mondial avec à terme l’abaissement des barrières douanières, des taxes douanières .... sans oublier la concurrence libre et non faussée. A l’heure actuelle c’est la loi de la majorité qualifiée qui s’applique et on voit bien le désastre. Alors comment ne pas exploser de rires, quoique maintenant c’est de la colère, quand on entend M Lemaire et son homologue allemand être pour la régulation alors même qu’ils cèlent notre destin dans le sens contraire avec Lisbonne.
Vous allez penser que je suis un euroronchon de base et bien détrompez vous, je suis un pro européen convaincu c’est que durant les années 80 il y a eu un holp up réalisé par les technocrates de Bruxelles et aidés par nos politiques qui se sont couchés, en nous faisant avaler de force ces fameux traités qui ont détournés de sa vocation première la belle idée européenne. L’Europe d’aujourd’hui ne défend plus ces peuples, mais plutôt des intérêts privés. On veut nous faire croire que les paysans français doivent tout à l’Europe, et bien non nos aides sont de l’argent franco français. La France donne plus de 19 milliards d’euros (amendes comprises) à L’Europe et n’en perçoit que 13 (aides agricoles comprises) ;
Pour finir vous savez très bien que l’enlisement et le manque de réactivité face à la crise actuelle sont dus en grandes parties au dogme bruxellois et vous le laissez transparaitre dans vos discours. Alors faites face, vous avez encore une troupe de soldats avec vous, ne les laissez pas dépérir tel les troupes napoléoniennes pendant la campagne de Russie car c’est bien de l’avenir de notre syndicat et des jeunes générations agricoles dont il est question.
Recevez, monsieur le président, mes sincères salutations.
Fabrice Bouchut Président de syndicat de Larajasse - Monts du Lyonnais - Rhône