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L'Esprit d'Enoch

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Toutes les pensées d'Enoch sur la vie écolo-économique, les conflits religieux et leurs rapprochements et les travers de la vie pour aller droit

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Israël et le feu nucléaire !

On accuse Israël d’être une puissance coloniale. C’est l’inverse qui est vrai. La grande faiblesse d’Israël, c’est qu’il ne possède pas de territoire en dehors des strictes limites du territoire national. Israël, contrairement à la France (les DOM-TOM) l’Angleterre ou les Etats-Unis, ne possède aucune base à l’étranger. C’est là son grand point faible. Lorsque les Iles Malouines ont été menacées par l’Argentine, l’Angleterre a envoyé la grande armada pour conserver cette possession lointaine. Les Etats-Unis, chaque fois que ses intérêts sont menacés, n’ont jamais renoncé à envoyer leurs troupes ; la liste des pays sur lesquels elles stationnent serait trop longue pour être énumérée ici.

Israël est du point de vue militaire et stratégique, dans la pire des situations ; il est encerclé par une cohorte de pays hostiles. Si Israël ne faisait pas des opérations hors de ses frontières pour briser cet encerclement, il ne pourrait survivre bien longtemps. Les récentes incursions au Liban et à Gaza sont des opérations de survie et non d’agression de type colonial comme certains le sous-entendent.

Le double front

La stratégie arabo-musulmane se déploie actuellement dans deux domaines.

- Le premier, est le terrain militaire proprement dit. Il s’agit de maintenir en armes des légions de fanatiques (Hezbollah et Hamas)

- Le second est diplomatique. Il consiste à déployer une intense propagande (dont le rapport Goldstone est le point d’orgue) pour délégitimer à l’avance toute tentative de l’Etat Hébreu de briser l’encerclement mortel dont il est l’objet.

Aujourd’hui, la situation a atteint un point tel, que la plus minuscule des concessions faite par Israël serait ipso facto interprétée comme une grande victoire de ses ennemis et un encouragement à le combattre davantage.

La seule et unique chance de survie à long terme de l’Etat Hébreu est de demeurer inébranlable dans ses certitudes. Les pays arabes sont enfermés dans leurs contradictions. Leur impuissance à parvenir à leur fin (la destruction de l’Etat Juif) bloque tout développement de leur société et constitue ainsi un puissant ferment de dissolution de leur structure de domination étatique. Progressivement, la société civile, maintenue dans la misère et l’oppression, bascule dans le clan des islamistes radicaux et se retourne contre ses dirigeants. Sans une « victoire », fut-ce une victoire purement symbolique, les dictatures arabo-musulmanes ne peuvent perdurer. Cette urgence à vaincre explique la crispation des capitales arabes sur la question des «constructions de nouveaux logements » et l’énorme pression qu’elles exercent pour obtenir gain de cause sur ce point.

Pour Israël, faire la plus petite concession aujourd’hui, aurait pour effet de renforcer ces dictatures vermoulues, et de donner une bouffée d’oxygène au climat de guerre que par leur double langage, elles entretiennent en permanence.

Ces dernières décennies, Israël a fait toutes les concessions unilatérales possibles, lesquelles ont toutes été interprétées non comme des pas vers la Paix, mais comme l’aveu d’une défaite et ont conduit à un renforcement du clan de la guerre, avec notamment l’entrée en scène de l’Iran d’Ahmadinejad avec ses appels à la destruction d’Israël et ses positions négationnistes.

La stratégie des ennemis d’Israël qui quémandent d’ultimes et minuscules concessions, est limpide. Elle vise à entamer le processus de destruction de l’Etat hébreu par un grignotage incessant.

En soutenant la stratégie arabo-musulmane, les pays européens, rejoints par l’actuel Président des Etats-Unis, sont conduits à valider des scénarios qui se retourneront contre eux car ils mènent à une radicalisation des conflits mondiaux dans lesquels le facteur « Islam » est prépondérant. A terme, les pays occidentaux seront dans une situation identique à celle que connaît Israël. Ils devront se battre pour assurer leur survie.

La troisième menace

Que doit faire Israël face à la troisième menace que représente le feu nucléaire iranien ?

Pour répondre à cette question, il est important d’analyser quelle serait l’attitude des nations confrontées à un tel risque.

Tout d’abord, les Etats-Unis, les seuls à avoir fait usage du feu nucléaire. Lorsqu’ils décident de bombarder Hiroshima et Nagasaki, la survie de leur nation ou l’intégrité de leur territoire n’étaient pas en jeu. Le risque était grand d’un enlisement du conflit avec le Japon, avec ses centaines de milliers de morts, les mettait dans une situation de faiblesse par rapport à l’URSS. Ils ont dès lors estimé juste de faire usage du feu nucléaire.

Ecoutons ce qu’en dit le général de Gaulle :

« Ils (les américains) ont pu obtenir la capitulation immédiate du Japon, alors que, sans elle, rien ne prouve qu’ils auraient gagné avant des années et des années. Grâce à la bombe, Truman a pu refuser à Staline une zone d’occupation au Japon, comme celles qu’il avait dû lui concéder en Allemagne et en Autriche. Grâce à la bombe, il a pris le risque du pont aérien de Berlin et de l’intervention en Corée. Grâce à la bombe, il a pu instaurer l’Alliance atlantique et faire échapper la Grèce et la Turquie à la mainmise de Moscou. » (1)

De Gaulle se livre à une véritable apologie de l’usage de la bombe par les Américains. Lui-même n’hésiterait pas à en faire usage dans des circonstances où la survie du pays n’est nullement en jeu. Ainsi, à propos de la crise de Bizerte en 1963, A. Peyrefitte l’interroge :

« Vous avez dit que si des éléments menaçants s’installaient à Bizerte, nous savons ce qu’il resterait à faire. Qu’est-ce à dire ?

GdG.- Eh bien, vous n’avez pas compris ? Nous aurions tôt fait de liquider Bizerte avec une petite bombe. » (1)

Peyrefitte abasourdi réalise que le général de Gaulle était prêt à faire usage de l’arme nucléaire dans ce conflit « C’était donc bien ça qu’il avait voulu me dire il y a six mois et que je n’avais pas voulu croire… » (1)

Une riposte inéluctable

Pour de Gaulle, l’arme nucléaire n’est pas un gadget coûteux et inutile. Pour lui il est évident que la nation doit en faire usage si elle est menacée réellement : « riposter à mort si on est soi-même agressé à mort, c’est de l’ordre de l’inéluctable » (1)

A partir de quel niveau de danger, Israël, considèrera qu’il est « agressé à mort » et qu’il doit « riposter à mort » pour reprendre l’expression du général de Gaulle ?

Ce dernier, aurait-il toléré qu’une grande puissance menace, à plusieurs reprises de détruire la France, comme le fait l’Iran avec Israël ?

Il est manifeste au regard de l’ensemble des propos qu’Alain Peyrefitte rapporte, que :

1°) les déclarations réitérées appelant à la destruction de l’Etat par un chef d’Etat voisin sont incontestablement et sans aucune ambiguïté, une menace de mort. Lorsqu’elles s’accompagnent de la mise au point de bombes nucléaires ; de l’armement aux frontières d’Israël de dizaine de milliers de soldats fanatisés (Hezbollah et Hamas), elles deviennent « agression à mort ».

2°) un pays qui subit de telles menaces est en droit de faire usage de la totalité des moyens dont il dispose et en tout premier lieu, du feu nucléaire pour se protéger et assurer la protection et la survie des populations.

L’application par Israël de la doctrine gaullienne conduirait sans l’ombre d’un doute, à riposter à mort à l’agression iranienne et partant, à légitimer l’usage de l’arme nucléaire contre l’Iran.

Les dirigeants iraniens doivent être mis face à leur responsabilité et savoir que le compte à rebours au terme duquel, s’ils persistent dans leur folle entreprise, comme disait le Président Jacques Chirac en bon héritier du gaullisme, « Téhéran sera rasée » (Nouvel Obs. 23.06.2008).

Par Antoine Lecuyer

(1) Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle, tome 2, fayard éd. 1997

Publié le 04/02/2010 à 18h43 dans politique

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